CHAPITRE XIV
Détermination de C oxyde manganeux. — L'oxyde manganeux peut être précipité par plusieurs des réactifs dont on se sert pour précipiter la magnésie , avec laquelle il a de la ressemblance , sous le rapport de ses propriétés chimiques. Le meilleur de tous est le carbonate potassique , et surtout le carbonate sodique , ce dernier pouvant être facilement obtenu exempt d'acide silicique. La précipitation de l'oxyde manganeux par les carbonates alcalins exige qu'on observe un grand nombre des précautions sur lesque/fes je me suis étendu en traitant de la détermination quantitative de la magnésie. H est bon de chauffer un peu la liqueur après l'addition de carbonate alcalin , et il n'est pas nécessaire que la précipitation se fasse à la chaleur de l'ébullition. On n'a pas Ixsoin non plus , après avoir séparé , par la filtration , la liqueur du carbonate manganeux précipité , de l'évaporer jusqu'à siccité à une forte chaleur.
Le carbonate manganeux est insoluble dans l'eau ; par conséquent il se laisse mieux laver que le carbonate magnésique. On le sèche ensuite, on Je fait rougir dans un creuset de platine , et on le pèse. La calcinât ion lui enlève son acide carbonique , et le convertit en oxyde mangano-manganique brun , ce qui exige cependant une chaleur assez forte, quoiqu'il ne soit pas nécessaire de pousser celle-ci jusqu'au rouge blanc. D'après le poids de l'oxyde mangano-manganique , on détermine celui de l'oxyde manganeux , si le manganèse existait sous ce dernier état dans la substance qu'on a analysée.
Lorsque la liqueur de laquelle on doit précipiter l'oxyde manganeux contient des quantités considérables de chlorure ammonique ou d autres sels ammoniques , il faut la faire bouillir avec un excès de carbonate alcalin , jusqu'à ce que l'odeur dei'ammo-. niaque ne se fasse plus sentir.
. L'oxyde manganeux est précipité aussi, comme la magnésie, par une dissolution de potasse pure. Le précipité, qui est de l'hydrate manganeux, a d'abord une teinte blanche; mais, tandis qu'on le lave sur le filtre , il change bientôt de couleur, en absorbant de l'oxygène, et devient d'un brun-noir à partir de la surface. On le convertit également en oxyde mangano-manganique par une très-forte calci nation. Cependant il n'y a qu'un petit nombre de cas dans lesquels on se serve de la potasse pure pour précipiter l'oxyde manganeux; on préfère ordinairement le carbonate alcalin.
L'oxyde manganeux peut bien être déterminé à l'état de sulfate, quand il existe seul dans une liqueur de laquelle on n'a point d'autre substance à séparer quantitativement, et qui ne contient pas d'autre principe constituant fixe que lui ; mais ce mode de détermination ne réussit pas alors aussi bien qu'à l'égard de la magnésie. Quand on fait rougir du sulfate manganeux au contact de l'air, il perd une faible partie de son acide , et de là vient qu'après la calcinaîion une très-petite quantité du sel n'est plus dissoute par l'eau. Cependant cette quantité se réduit réellement à fort peu de chose, lorsque le sulfate manganique n'a point été calciné fortement, et il y a une foule de cas où Ton peut recourir à celte méthode pour déterminer quantitativement l'oxyde manganeux d'une manière expéditive. La marche à suivre est , du reste, la môme que celle dont j'ai précédemment donné la description à l'article de la magnésie (p. 24 ). H est bon , quand on opère ainsi, d'éviter un très-grand excès d'acide sulfurique, parce qu'on a de la peine à l'expulser sans que le résidu éprouve de perle.
Détermination de l'oxydemanganique et du suroxyde de manganèse. — Si le manganèse est contenu à l'état d'oxyde manganique dans la liqueur , ce qui arrive rarement , on peut précipiter ce dernier par l'ammoniaque. Le précipité d'oxyde manganique ainsi obtenu se convertit en oxyde mangano-manganique par une forte calcination; mais comme celle transformation exige une chaleur si forte qu'on ne parvient pas toujours à la produire avec une lampe à esprit de vin à double courant d'air, et que, môme en chauffant peu, on ne peut pas être parfaitement certain de n'avoir point fait éprouver une perle d'oxygène à l'oxyde , il est souvent bon de com-
mencet par convertir l'oxyde maganique en oxyde manganeux dans la liqueur , ou , si le manganèse se trouve dans cette dernière à i'élatde chlorure manganique, de transformer celui-ci en chlorure manganeux. Le meilleur moyen, pour arriver au but, est d'ajouter de l'acide chlorhydrique à la dissolution et deja chauffer long-temps; le chlorure manganique se convertit par-là en chlorure manganeux , avec dégagement de chlore. Il ne faut pas, au lieu d'acide chlorhydrique, mettre du sucre, de la gomme ou d'autres substances organiques dans la dissolution, comme on J'a proposé. La transformation du chlorure manganique en chlorure manganeux s'accomplit bien de cette manière; mais la présence de substances organiques non volatiles peut, dans une foule de cas , être nuisible et s'opposer à la précipitation d'un grand nombre de substances par les alcalis. L'alcool serait ce qui conviendrait \e mieux , si l'on voulait employer cette méthode pour convertir l'oxyde manganique en oxyde manganeux.
Lorsqu'on doit examiner soit l'oxyde manganique que la nature nous offre , tant à l'état de pureté qu'à celui de combinaison avec de Veau , soil du suroxyde de manganèse et des substances qui en contiennent , ce qu'il y a de mieux à faire , si ces substances ne renferment pas d'autres principes constituans fixes que le manganèse, c'est de les faire rougir jusqu'à ce que celui-ci soil complètement transformé en oxyde mangano-manganique. La perle en poids est due à l'oxygène, quand la combinaison ne contient aucune substance volatile, lorsque, par exemple, il n'y a point d'eau. Je ferai connaître plus loin (à l'article Hydrogène) comment on s'y prend pour déterminer le poids de l'eau.
Il y a plusieurs méthodes pour déterminer quelles sont, dans un suroxyde de manganèse , et !a quantité de cet oxyde et celle des substances étrangères. Cependant il est nécessaire de commencer par réduire en poudre fine le manganèse du commerce qu'on se propose d'examiner , après quoi on traite la poudre par l'acide nitrique étendu , afin de dissoudre les carbonates terreux qu'elle renferme. Si l'analyse se fait dans un but technique , on doit déterminer le poids de ces carbonates. La meilleure manière est de prendre une quantité déterminée de manganèse , de la meltre longtemps en digestion avec de l'acide nitrique étendu, puis, quand
celui-ci ne dissout plus rien , de la faire sécher jusqu'à ce qu'elle ne diminue plus de poids, et alors de la peser. La différence entre les deux poids exprime la quantité des carbonates terreux qui ont
Voici quelle est la méthode d'analyse la plus simple et le plus convenable : Après avoir pesé une quantité donnée de manganèse purifié et bien sec, on introduit cette substance dans une petite cornue tarée, à laquelle se trouve adapté un tube pesé contenant du chlorure calcique. Après la calci nation, l'accroissement de poids du chlorure calcique indique la quantité d'eau qui s'est volatilisée, et qui provient de l'hydrate manganique, dont le suroxyde contient ordi na i t errien t une certaine proportion ; la diminution de poids de la cornue fait connaître combien il s'est échappé d'eau et d'oxygène. Cependant il n'est pas possible , par la calcination dans la cornue, de convertir complètement le suroxyde de manganèse en oxyde mangano-manganique. C'est pourquoi on (ait tomber la substance que cette cornue renferme dans un petit creuset en platine, et on la fait rougir jusqu'à ce qu'après des pesées répétées elle ne change plus de poids; de celle manière, elle se trouve totalement convertie en oxyde mangano-manganique. Si l'on veut opérer la calcina lion sur une lampe à double courant d'air, il faut n'agir que sur de petites quantités, et tenir la matière rouge pendant long-temps, pour obtenir une conversion complète. Quand la quantité de matière est considérable, on emploie le feu • de charbon. 100 parties d'oxygène dégagé répondent à 818,85 de suroxyde pur. On voit qu'il faut beaucoup de précision dans celle expérience, puisqu'une petite quantité d'oxygène correspond à une grande de suroxyde. 100 parties d'eau vaporisée répondent à 981,76 d'hydrate manganique.
L'oxyde mangano-manganique est un degré d'oxydation du manganèse , qui , d'après les expériences d'Arfvedson, ne change point par l'action de la chaleur rouge. L'oxyde manganeux et le carbonate manganeux passent aisément à cet élal lorsqu'on les fait rougir fortement dans un creuset de platine , au-dessus d'une lampe à esprit de vin à double courant d'air, en ne s'opposant pas complètement a l'accès de l'air. L'oxyde manganique et le suroxyde
de manganèse ne se convertissent en oxyde mangano— manganique qu'il une chaleur plus soutenue.
S'il existe encore des substances étrangères dans celle qu'on analyse , on dissout celle-ci dans de l'acide chlorhydrique , avec le secours de la chaleur : on irai te ensuite la dissolution de manière à séparer l'oxyde manganeux dissous des principes constituais étrangers qui peuvent se trouver avec lui.
Manière de séparer C oxyde manganeux de la zircone , des oxydes du cérium , de Cytlria et de la thorine. — On peut fort bien employer, pour séparer l'oxyde manganeux de ces substances , le procédé auquel on a recours pour les isoler de la magnésie. L'oxyde manganeux n'est point précipité par l'ammoniaque , lorsque la dissolution contient une très-grande quantité de chlorure ammonique. Les autres substances, au contraire, sont précipitées par cet alcali. Une précaution importante à observer dans celte opération, c'est de filtrer avec rapidité cl à l'abri du contact de l'air, parce que l'oxyde manganeux ne tarde pas à absorber de l'oxygène dans la dissolution ammoniacale, et qu'ainsi il se sépare à l'élal d'oxyde manganique. Cependant il est difficile d'opérer de cette manière une séparation complète. Une autre méthode consiste à Taire rougir le mélange des terres avec l'oxyde manganeux, et à traiter la masse rougie par de l'acide nitrique faible et exempt d'acide nitreux ; l'acide dissout les terres, et laisse indissous l'oxyde mangano - manganique. On parvient mieux par le sulfate potassique que par l'ammoniaque à séparer l'oxyde manganeux des oxydes du cérium et de la thorine , ces substances étant précipitées par lui de la manière qui a été indiquée (p. 50 et 47). Après leur précipitation , on précipite à son tour l'oxyde manganeux.
Quelques-unes des terres citées seraient séparables de l'oxyde manganeux par le carbonate bary tique , à l'aide du procédé qu'on peut employer pour les séparer de l'oxyde ferrique , et qui sera décrit plus lard.
Manière de séparer l'oxyde manganeux de l'alumine et de la glu-4 cine. — On peut aussi recourir à l'ammoniaque et au chlorure ammonique pour séparer l'oxyde manganeux de l'alumine et de la glucinc. Mais toujours alois, même lorsque la liqueur contient
. beaucoup de chlorure ammonique , l'ammoniaque pure précipite un peu d'oxyde manganeux avec raluminc et la glucine. On s'en aperçoit à ce que les terres précipitées ne tardent pas à se colorer un peu en brunâtre au contact de l'air , parce que , sous l'influence de ce dernier, la petite quantité d'oxyde manganeux précipité se convertit en oxyde manganique. C'est pourquoi il faut redissoudre l'alumine et la glucine précipitées dans une dissolution de potasse pure , qui n'attaque point l'oxyde manganique. Au total , on doit procéder comme on a coutume de le faire pour séparer la magnésie de l'alumine au moyen de l'ammoniaque , et ainsi qu'il a été dit précédemment , p. 42.
On peut aussi séparer immédiatement i'uluminc , la glucine et l'oxyde manganeux par la potasse, en faisant bouillir légèrement la dissolution des deux substances avec un excès de dissolution de potasse pure. Cependant si la liqueur contient beaucoup de sels ammoniques , il est mieux et moins dispendieux de décomposer celle-ci à chaud par le carbonate potassique. . Le bicarbonate potassique, au contraire, ne saurait servir à séparer l'oxyde manganeux de l'alumine, parce que l'oxyde manganeux n'est dissous qu'en très-petite quantité parce sel.
Manière de réparer l'oxyde manganeux de la magnésie, — On procède de la manière suivante pour séparer l'oxyde manganeux de la magnésie : A la dissolution de ces deux substances on ajoute assez de chlorure ammonique pour que l'ammoniaque qu'on vient ensuite à y verser ne produise plus de précipité. Si la dissolution est acide , ou n'a pas besoin d'ajouter de chlorure ammonique, parce que la saturation , au moyen de l'ammoniaque, fait naître assez d'un sel ammonique. On ajoute ensuite assez de sulfhydrate ammonique pour que tout l'oxyde manganeux soit précipité à l'état de sulfure manganeux. Il n'est même pas nécestaire ici que le sulfhydrate ammonique ne contienne point d'ammoniaque libre. L'oxyde mangancux est précipité à l'état de sulfure manganeux , avec une couleur de chair tirant sur le rouge» quand ce dernier est en assez grandi» quantité. Ce sulfure ne contient pas de sulfure magnésique, quand on n'a point ajouté trop peu de sulfhydrate ammonique. Lorsque tout s'est parfaitement déposé, on filtre la liqueur ; si l'on voulait filtrer celle-ci avant que le pré-
cipité se fût complètement rassemblé , elle passerait avec trop «le lenteur à travers le papier. Le sulfure manganeux est ensuite lavé, non avec de l'eau pure, mais avec de l'eau à laquelle on a ajouté du sulfhydrate ammonique, environ deux à quatre gomtes par once d'eau. Après avoir subi le lavage , il change très promptement de couleur sur le filtre; il absorbe de l'oxygène, et devient à la surface d'abord brun, puis enfin noir. La promptitude avec laquelle le sulfure manganeux s'oxyde fait qu'il est absolument nécessaire ici que la fiitralion cl le lavage se succèdent d'une manière immédiate. La môme cause em^che aussi qu'on puisse calculer la quantité de l'oxyde manganeux d'après le poids de ce sulfure. C'est pourquoi on l'introduit avec précaution , ainsi que le filtre humide, dans un verre , et l'on verse dessus de l'acide cYùorhydrique. 11 se dégage du gaz sulfnle hydrique. On chauffe le verre très-doucement , jusqu'à ce que la liqueur n'exhale plus Vodeur de ce gaz. Alors on filtre celle-ci , et on en précipite l'oxyde manganeux , à l'aide du carbonate potassique ou sodique. On peut aussi convertir l'oxyde manganeux en sulfate manganeux , comme i\ a été dit précédemment , p 54 .
La liqueur séparée du sulfure manganeux par la filtration contient la totalité de la magnésie. On commence par la rendre un peu acide, en y ajoutant de l'acide chlorhydrique , afin de détruire Vexcès qu'on a mis de sulfhydrate ammonique, et on la laisse digérer long-temps , à une douce chaleur, jusqu'à ce qu'il ne s'en exhale plus d'odeur de sulfide hydrique. Alors on filtre cette liqueur, de laquelle s'est séparé du soufre trùs-divisé , et on détermine quantitativement la magnésie qui s'y trouve. On précipite celle-ci par le carbonate potassique ou sodique, ou , ce qui vaut mieux , on la convertit en sulfate magnésique.
Souvent aussi on précipite la magnésie et l'oxyde manganeux ensemble par le carbonate potassique , puis on les dissout dans de l'acide chlorhydrique, et on les sépare l'un de l'autre à l'aide des moyens qui viennent d'être décrits.
Stromeyer a indiqué une autre méthode pour séparer l'oxyde manganeux de la magnésie. On fait passer un courant de gaz chlore à travers la liqueur qui tient en dissolution ces deux substances , qu'ordinairement on a dissoutes dons de l'acide chlorhydrique.
60 MARCHE DE l/ANALYSE QUANTITATIVE.
Ce courant de gaz chlore y produit à froid du chlorure manganique. Une dissolution de bicarbonate potassique, versée alors dans la liqueur, en précipite de l'oxyde manganique, mais no précipite point la magnésie. En évaporant ensuite jusqu'à siccilé la liqueur filtrée , à une forte chaleur, on obtient cette dernière. Stromeyer prescrit, pour opérer la précipitation de la magnésie , une dissolution de phosphate sodique à laquelle on a ajouté de l'ammoniaque.
Au lieu du chlore gazeux, on peut employer l'eau de chlore 9 quand on n a que des quantités faibles d'oxyde manganeux à séparer de la magnésie. On peut également se servir du brome avec avantage , lorsque l'oxyde manganeux est plus abondant.
Manière de séparer l'oxyde manganeux de la chaux. — On peut s'y prendre de plusieurs manières pour séparer l'oxyde manganeux de la chaux. Si l'on n'a que fort peu d'oxyde manganeux à séparer d'une très-grande quantité de chaux , on ajoute à la dissolution assez étendue d'eau une quantité suffisante de chlorure aramonique pour que, quand ensuite on la sursature légèrement d'ammoniaque, il ne s'y forme pas de précipité. Si la dissolution est acide, on n'a pas besoin d'y ajouter de chlorure ammonique. On précipite alors la chaux au moyen de l'oxalate ammonique , puis on chauffe le tout, afin de pouvoir filtrer rapidement l'oxa* laie calcique ; car, lorsqu'on diffère la filtration, le sel se trouve môlé avec un peu d'oxyde manganique provenant de ce qu'une petite quantité de l'oxyde manganeux contenu dans la liqueur a absorbé de l'oxygène et est devenu ainsi insoluble. On précipite alors l'oxyde manganeux de la liqueur séparée de l'oxalate calcique par la filtration ; on peut aussi convertir cet oxyde en sulfate manganeux.
Cependant la méthode que je viens de décrire n'est point applicable quand on a beaucoup d'oxyde manganeux à séparer de la chaux. En effet, dans ce cas, non-seulement il est bien plus difficile d'éviter que de l'oxyde manganique vienne à se mêler avec l'oxalate calcique, mais encore il peut se précipiter réellement un peu d'oxalalc manganeux avec ce dernier sel, surtout lorsque la liqueur n'est pas fort étendue. 11 faut donc, en pareille circonstance, avoir recours à une autre méthode. On ajoute à la liqueur
assez de chlorure ammonique pour que l'ammoniaque qu'on y verse ensuite ne détermine pas de précipité. Cette addition de chlorure ammonique n'est point nécessaire quand la liqueur est acide, parce que la sursaturation de celle-ci avec de l'ammoniaque produit assez de sel ammonique. On précipite ensuite l'oxyde manganeux , à l'état de sulfure manganeux, par le moyen du suifhydrate ammonique; on filtre très-promptement, après que le sulfure s'est un peu déposé, et Ton couvre l'entonnoir et le verre avec des plaques de verre , afin de s'opposer autant que possible au contact de l'air atmosphérique , dans la crainte que du carbonate calcique ne se mêle avec le sulfure manganeux. Le mieux est de mettre la liqueur dans un flacon susceptible d'être bouché, avant d'y ajouter le sulfhydrale ammonique, afin que le sulfure manganeux puisse se bien rassembler sans que l'accès de l'air atmosphérique soit à craindre. Après avoir lavé le sulfure avec de J'eau, à laquelle on a ajouté un peu de sulfhydrate ammonique , on le traite par l'acide chlorbydrique, de la manière qui a été indiquée précédemment. Quant à la liqueur qui a été séparée du sulfure manganeux par la fillralion, on y ajoute de l'acide chlorhydrique jusqu'à ce qu'elle soit devenue acide, afin de détruire le sulfhydrate ammonique qui a été mis en excès , et on la chaufle doucement jusqu'à ce qu'elle n'exhale plus l'odeur du sulfide hydrique. Pendant celle opération, il se sépare toujours des traces de soufre, dont on doit débarrasser la liqueur en la filtrant. On sursature ensuite un peu la dissolution avec de l'ammoniaque, et on précipite la chaux par l'oxalale ammonique.
Celle méthode est d'autant plus préférable à h première, que, d'après Turner, l'oxalale calcique est un peu soluble dans une liqueur qui contient beaucoup d'un sel manganeux.
On peut aussi se servir avec beaucoup d'avantage du chlore gazeux ou du brome pour séparer l'oxyde manganeux de la chaux. Après que le manganèse a été converti, dans la dissolution chlorhydrique des deux bases, en chlorure ou en bromure manganique, on introduit la liqueur dans un flacon susceptible d'être bouché. La, au moyen d'un léger excès d'ammoniaque étendue, on précipite I oxyde manganique, on bouche le flacon, pour prévenir laccèsde l'aie atmosphérique, cl on laisse l'oxyde se séparer com-
<J2 MARCHE DE i/aNALYSE QUANTITATIVE.
plèlement. On décante ensuite le liquide clair, on lave très-rapidement l'oxyde manganique, afin qu'il ne s'y mêle pas de carbonate calcique, et on précipite la chaux de la liqueur filtrée par le moyen de l'oxalate ammonique.
Si l'oxalate calcique qu'on a séptré contient un peud'oxalale manganeux, il faut le faire rougir, puis le traiter par l'acide nitrique très-étendu , qui dissout le carbonate calcique, laissant de l'oxyde mangano-manganique produit par sa réaction.
Manière de séparer l*oxyde manganeux de l'alumine , de la magnésie et de la chaux. — Lorsqu'on a de l'alumine, de la magnésie et de la chaux à séparer de l'oxyde manganeux , la marche qu'on doit suivre varie suivant la quantité de ce dernier.
Si la quantité en est peu considérable, on ajoute du chlorure ammonique à la liqueur, précaution inutile quand elle contient de l'acide libre; puis on précipite par l'ammoniaque l'alumine, qui entraîne toujours des traces de magnésie et d'oxyde manganeux. Pendant la filtration, l'alumine est garantie autant que possible du contact de l'air atmosphérique , afin qu'il ne s'y mêle point de carbonate calcique. Ensuite on précipite la chaux de la liqueur filtrée par le moyen de l'oxalate ammonique. Alors, pour séparer de J'alumine les traces d'oxyde manganeux et de magnésie qui l'accompagnent , on la traite par la potasse, de la manière qui a été indiquée précédemment, p. 58; les petites quantités d'oxyde manganeux et de magnésie sont dissoutes dans de l'acide chlorhydrique, et mêlées avec la liqueur qu'on a séparée de l'oxalate calcique par la filtration. On isole ensuite l'oxyde manganeux de la magnésie par les moyens qui ont été décrits plus haut.
Lorsqu'au contraire la quantité d'oxyde manganeux est assez considérable , après avoir précipité par l'ammoniaque l'alumine, avec des traces de magnésie et d'oxyde manganeux , on filtre la liqueur, et on en précipite du sulfure manganeux , à l'aide dusulfhydrate ammonique. La liqueur séparée du sulfure manganeux par la filtration est rendue acide par de l'acide chlorhydrique, et Chauffée jusqu'à ce qu'il ne s'en dégage plusd odeur de su Inde hydrique; ensuite on la filtre , ou la sursature avec de l'ammoniaque, et on en précipite la chaux par le moyen de l'oxalate ammonique. On dissout ensuite le sulfure manganeux dans du l'acide chlorhy-
drique. On peut mêler ensemble la dissolution du sulfure man«aneux, la dissolution chlorhydrique des traces d'oxyde manganeux et de magnésie qui se sont précipitées avec l'alumine , et qui en ont été séparées par la potasse , et la liqueur débarrassée de l'oxalale calcique par la fîllration, puis séparer la magnésie de L'oxyde manganeux. Cependant il est mieux de précipiter l'oxyde manganeux de la dissolution du sulfure manganeux, cl la magnésie seule de )a liqueur séparée de l'oxalale calcique par la filtrntion, puis d'analyser également seules , et de déterminer quantitativement les traces de magnésie et d'oxyde manganeux qui se sont précipitées eh même temps que l'alumine.
Manière de séparer Coxyde manganeux de la strontiane. — On peut séparer l'oxyde manganeux de la slrontiane par le procédé suivant : \ la dissolution des deux bases on ajoute assez de chlorure ammon/qu^ pour que l'ammoniaque n'y détermine point ensuite de précipité. Si la liqueur est acide, on n'a pas besoin d'y ajouter de chlorure ammonique, et il Suffit d'y verser de l'ammoniaque.On précipite ensuite l'oxyde manganeux à l'étal de sulfure manganeux. En filtrant ce dernier, il faut éviter le contact de l'air atmosphérique, afin qu'il ne se forme pas de carbonate strontianique.On rend alors acide la liqueur séparée du sulfure manganeux par la fiUration, on la filtre pour la débarrasser du soufre qui a été rais en liberté, et on en sépare la strontiane. Cette méthode mérite la préférence sur celle qui consiste à précipiter la strontiane au moyen de l'acide sulfurique , parce que le sulfate strontianique n'est point absolument insoluble dans l'eau.
Manière de séparer l'oxyde manganeux de la baryte. — On sépare l'oxyde manganeux de la baryte par l'acide sulfurique , en suivant la môme marche que pour séparer la magnésie de celle dernière. D'après les expériences de Turner, il existe de la baryte dans presque tous les minérais de manganèse.
Manière de séparer l'oxyde manganeux des alcalis. — Il n'y a aucune difficulté à séparer IVxyde manganeux des alcalis lixes. Après avoir rendu la liqueur ammoniacale, on précipite l'oxyde manganeux à l'état de sulfure manganeux. La liqueur séparée de ce dernier par la lillraiion est rendue acide; on la chauffe, on la
(H MARCTTF. DE i/ ANALYSE QUANTITATIVE.
filtre, et Ton détermine les alcalis dans le liquide filtré , en suivant la marche qui a été tracée précédemment.