‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 25 sur 133 · FER. 8T · texte numérisé non relu

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calcique; mais il ne faul le mêler qu'à froid avec la dissolulion , qu'on ne doit pas non plus faire bouillir ensuite.

Cette méthode ne saurait, sans les plus grandes précautions, fournir un résultat qui se rapproche de la vérité, parce qu'il est très-difficile de recueillir sur un filtre l'oxyde ferrique précipité par le carbonate barytique ou calcique , sans que la quantité de cet oxyde soit accrue par un peu d'oxyde ferrique, auquel donne lieu i oxydation de l'oxyde ferreux, alors même qu'on observe toutes les règles que j'ai tracées.

Voici quelle est la méthode à suivre pour déterminer la quantité de l'oxyde ferreux dans une combinaison des deux oxydes de fer. On prend un poids quelconque de cette combinaison , et on la traite comme il vient d'être dit à l'occasion des méthodes précédentes, c'est-à-dire qu'on l'introduit dans un flacon susceptible d'être hermétiquement bouché, et qu'on verse dessus de l'acide c/iJorbydriqtte, après avoir préalablement rempli le flacon degax acide carbonique. Le flacon n'a pas besoin d'être aussi grand que lorsqu'il s'agit de déterminer la quantité de l'oxyde ferrique au moyen de la dissolulion du sulOde hydrique. Une fois la dissolution opérée, on verse rapidement une dissolution de chlorure aurico-potassique ou sodique dans le flacon, on bouche celui-ci, et l'on laisse lo tout en repos pendant quelque temps, dans un lieu frais, sans le chauffer. L'oxyde ferreux contenu dans la dissolulion réduit de l'or, et se convertit en oxyde ferrique.

S'il ne se réduit pas d'or, c'est une preuve que la substance ne contient point d'oxyde ferreux. On en acquiert mieux encore la conviction en ajoutant à une autre dissolution de celte substance une dissolulion de cyanure ferrico-jyotassique , au moyen de laquelle les plus petites traces d'oxyde ferreux dans une liqueur contenant une grande quantité d'oxyde ferrique se reconnaissent à la formation d'un précipité bleu.

S'il est déposé de l'or à l'élut métallique, on le réunit au bout de quelque temps sur un filtre, on le lave bien, on le fait rougir faiblement, et on en détermine le poids, d'avec lequel, avec lo secours des tables, on calcule la quantité de l'oxyde ferreux. Lu faisant cette expérience, il est nécessaire d'éviter autant que possible Je contact do l'air pendant que la dissolution dans l'acide chlorhy-

drique s'effectue, afin qu'il ne se convertisse point d'oxyde ferreux en oxyde ferrique avant l'addition de la dissolution aurique.

On n'obtiendrait pas le même résultat si, à la dissolution de chlorure aurico- potassique ou sodique, on substituait celle de chlorure aurique; avec quelque soin que ce dernier ait été préparé, l'or qu'il contient se réduit plus facilement, par l'effet de circonstances accidentelles, que celui qui existe dans le chlorure aurico -potassique ou sodique cristallisé : c'est pourquoi sa dissolution donne des résultats moins certains que celle de ce dernier sel.

Si la substance contient une petite quantité de matières étrangères qui soient insolubles dans de l'acide chlorhydrique, on les obtient pour résidu en dissolvant l'or réduit dans de l'eau régale; on les réunit alors sur un filtre, on les lave, on les fait rougir, et on en détermine le poids ; on déduit ce dernier de celui de l'or réduit, dont alors seulement on connaît la quantité d'une manière exacte et rigoureuse.

Cette méthode de déterminer la quantité de l'oxyde ferreux peut être mise en usage dans une foule de cas où celle de trouver la quantité de l'oxyde ferrique ne saurait être employée.

H a déjà été dit que toutes ces méthodes ne peuvent point être mises en usage lorsque la substance qu'on veut analyser n'est pas soluble dans l'acide chlorhydrique. Quand ce cas a lieu, non-seulement on manque de méthodes pour trouver les quantités relatives de l'oxyde ferreux et de l'oxyde ferrique , mais souvent môme aussi on n'a pas de moyen pour déterminer avec certitude à quel degré d'oxydation le fer se trouve dans la substance. En analysant celte dernière, le fer qu'elle contient s'obtient à l'état d'oxyde ferrique. Ordinairement on admet que le fer y était à l'état d'oxyde ferrique quand l'analyse ne donne pas d'excédant, et lorsqu'il y en a un on suppose que c'est une preuve de l'existence d'une certaine quantité d'oxyde ferreux. Si l'analyse a été faite avec soin , cette conclusion est exacte, lorsque le fer entre comme partie constituante principale dans la substance qu'on examine; mais, quand ce dernier cas n'a point lieu, il faut renoncer à l'espoir de déterminer par des expériences le degré d'oxydation auquel le fer se trouve dans la substance sur laquelle on opère, Lors môme que

les autres oxydes contenus dans cette dernière ne sont point réductibles par le gaz hydrogène, on ne saurait employer ce modo de réduction pour déterminer la quantité d'oxygène dans les oxydes du fer , parce qu'ordinairement , dans les substances que l'acide chlorhydrique ne peut dissoudre, les oxydes du fer ne sont point eux-mêmes susceptibles d'être réduits par le gaz hydrogène.

Conclure le degré d'oxydation du fer de la couleur que présente la substance, c'est courir souvent le risque de se tromper beaucoup; cependant on a coutume d'admettre qu'une couleur verte ou noire est due à de l'oxyde ferreux, et qu'une couleur rouge, jaune ou blanche, provient, au contraire, de l'oxyde ferrique. Il est bien vrai qu'une couleur noire, surtout lorsqu'en même temps la substance agit avec force sur l'aiguille aimanlée , annonce la présence de l'oxyde ferreux ; mais celui-ci peut alors être accompagné d'une grande quantité d'oxyde ferrique.

[ A. ces méthodes il faut ajouter celle qui a été proposée par M. Fuchs pour la détermination de l'oxyde ferreux et de l'oxyde ferrique dans les phosphates de fer.

On dissout une quantité pesée de phosphate de fer dans l'acide chlorhydrique, et on fait bouillir quelques minutes avec un excès de ce dernier, afin de chasser tout l'air atmosphérique du matras en verre dans lequel on a fait la dissolution. On y introduit alors une lame de cuivre pesée, et l'on continue l'ébullilion jusqu'à ce que la couleur de la liqueur indique qu'elle ne contient plus qu'un sel ferreux. Le cuivre se dissout aux dépens de l'oxygène de l'oxyde ferrique, et se convertit en chlorure cuivreux, que l'excès d'acide retient à l'état de dissolution incolore. On mélange la liqueur avec de l'eau bouillie, et on en sépare la lame de cuivre, qu'on lave à l'eau chaude , qu'on sèche et qu'on pèse. La perte correspond à deux équivalens de cuivre pour chaque équivalent d'oxygène enlevé à l'oxyde ferrique, et par conséquent pour chaque équivalent d'oxyde ferrique que la dissolution renfermait.

Pour déterminer maintenant la quantité d'oxyde ferreux, on dissout une nouvelle quantité de minerai dans l'acide chlorhydrique ; on l'oxyde au maximum, au moyen d'un courant de chlore,

donl on chnssc l'excès par l'ébullilioii. On y plonge alors une lame de cuivre, et Ton continue comme il vient d'être dit.

En opérant ainsi, un connaît la quantité totale do fer sous la forme d'oxyde ferrique, et Ton peut facilement en déduire celle de l'oxyde ferreux.

Pour celte opération , il faut avoir du cuivre entièrement privé de fer. M. Fuchs prépare ce cuivre en précipitant du sulfate de cuivre au moyen du fer, faisant bouillir le précipité avec de l'acide chlorhydrique, le lavant avec de l'eau, le fondant et le faisant laminer. On décape chaque fois les lames de cuivre, avant de s'en servir, avec de l'acide chlorhydrique; on les lave ensuite avec do l'eau. On doit effectuer l 'ébullilion dans un matras à long col étroit, de manière à éviter l'absorption de l'oxygène de l'air.

Les nouveaux procédés de galvanoplastie permettraient sans doute d'obtenir facilement, au moyen de la décomposition du sulfate de cuivre par la pile, des lames de cuivre sulhsammenl pures pour celte opération.

Iji méthode de M. Fuchs cesse d'être rigoureusement exacte quand la substance minérale renferme de l'arsenic, parce que ce métal se dépose en paillettes minces sur le cuivre métallique. E. P.]

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