ZINC
ajoute un excès de carbonate alcalin , et on fait bouillir le tout : on réunit ensuite sur un filtre le carbonate zincique qui s'est précipité, et on le lave. Si, au contraire, la dissolution contient des sels ammoniques , il faut préalablement détruire ces derniers par le carbonate alcalin, avec le secours de la chaleur. Le mieux alors, après avoir ajouté à la dissolution assez de carbonate alcalin pour pouvoir décomposer les sels ammoniques, est de l'évaporer Jusqu'à siccité. On verse ensuite beaucoup d eau chaude sur la masse sèche, on fait bouillir la liqueur, et on réunit le carbonate zincique sur un filtre. 11 faut avoir soin de ne pas se tromper à l'égard de la quantité de carbonate alcalin qu'on ajoute, et observer les mêmes précautions qui ont été prescrites (p. 26 ) pour le cas où il s'agit de précipiter la magnésie, au moyen du carbonate alcalin, d'une dissolution qui contient des sels ammoniques. Si , après avoir versé un excès de carbonate alcalin dans une liqueur contenant de l'oxyde zincique, on évaporait jusqu'à siccité très-lentement et à une douce chaleur, qu'on versât de l'eau froide sur la masse sèche, et qu'ensuite on réunit le carbonate zincique sur un filtre, la liqueur filtrée retiendrait encore beaucoup d'oxyde zincique en dissolution , ce qui n'a pas lieu quand on fait dessécher le liquide à une forte chaleur, et qu'on traite le résidu ainsi qu'il a été prescrit précédemment.
Quand on précipite l'oxyde zincique par le carbonate alcalin , il ne faut jamais négliger d'examiner si la liqueur séparée du carbonate linéique par la filtration contient encore de l'oxyde zincique. Le meilleur moyen de s'en assurer consiste à y verser queU ques gouttes de sulfhydrale ammonique. S'il se produit ainsi un volumineux précipite blanc, c'est une preuve qu'il y a encore de l'oxyde zincique dissous. Cette petite quantité de sulfure zincique produit est traitée ensuite comme il sera dit tout à l'heure. Lorsque les précautions prescrites ont été observées dans la précipitalion du carbonate zincique , on ne peut tout au plus obtenir par cette épreuve que des quantités impondérables de sulfure de zinc.
Le carbonate zincique qu'on a obtenu est séché, puis fortement rougi dans un creuset de platine, sur une lampe à esprit de via à double courant d'air; il perd ainsi son acide carbonique, après quoi on le pèse.
Souvent on se sert du sulfhydralc ammonique pour précipiter l'oxyde zincique à I état de sulfure zincique. Si la dissolution du sel /.incique est neutre, on y ajoute immédiatement du sulfhydralc ammonique; si elle est acide, on commence par la sursaturer avec de l'ammoniaque, qui, lorsqu'on en met une suffisante quantité, dissout l'oxyde zincique; ensuite on précipite du sulfure zincique , qui est insoluble dans tout excès quelconque d'ammoniaque. Le sulfure zincique se sépare sous la forme d'un volumineux précipité blanc ; ou ne doit pas filtrer avant que ce précipité se soit complètement déposé; on décante alors le liquide clair, et on jette le sulfure sur un filtre. Si Ton néglige cette précaution , le sulfure zincique bouche de suite les pores du papier, et la liqueur ne traverse plus le filtre qu'avec une lenteur extrême. Le sulfure est lavé avec de l'eau à laquelle on a ajouté du sulfhydrate ammonique; on le retire, encore humide, de l'entonnoir, et on le met digérer, avec le filtre, dans de l'acide chlorhydrique concentré, qui le dissout, en donnant lieu à un dégagement de gaz sulfidc hydrique. Lorsque la digestion a duré assez long-temps pour que Todeur du sulfidc hydrique ait disparu presque entièrement, on filtre la liqueur, et on précipite l'oxyde zincique par le carbonate alcalin.
Suivant Abich , le sulfure zincique précipité peut , par une demi-heure de calcination, au fourneau à manche, dans un creuset de platine , être totalement converti en oxyde zincique exempt d'acide sulfurique. Mais il faut pour cela une chaleur très-considérable.
Manière de séparer Coxyde zincique de l'oxyde ferrique. — On sépare l'oxyde zincique de l'oxyde ferrique, quand sa quantité est très-peu considérable relativement à celle de ce dernier, en se servant d'ammoniaque pure , dont on verse un excès dans la dissolution des deux oxydes. L'oxyde zincique reste dissous, tandis que l'oxyde ferrique se précipite. Après avoir séparé la liqueur de ce dernier, par la filtration, on précipite l'oxyde zincique, en y versant du carbonate alcalin et l'évaporant à siccité.
Cependant, cette méthode ne peut être employée que quand il s'agit de séparer l'une de l'autre des quantités extrêmement faibles des deux oxydes. Si les quantités de ces deux substances sont plus
zinc. 9à
considérables, il est impossible d'obtenir l'oxyde ferrique exempt d'oxyde zincique. Dans ce cas, il faut séparer les deux oxydes par le succinale ammonique ou par le succinate sodique , en ayant soin , avant d'ajouter le sel , de neutraliser la dissolution par l'ammoniaque, ou plutôt de l'en sursaturer très-légèrement, de manière à précipiter une petite quantité d'oxyde ferrique.
La séparation de l'oxyde zincique et de l'oxyde ferrique peut fort bien être exécutée au moyen du carbonate calciquc , ou mieux encore du carbonate bary tique. On dissoul les deux oxydes dans un acide, et de préférence dans l'acide chlorhydrique , dont on évite de mettre un excès ; puis on ajoute un excès de carbonate bary tique, que l'on agite soigneusement à froid ayee la liqueur. Au bout d'une heure, l'oxyde ferrique est complètement précipité; on l'obtient , séparé du carbonate bar) tique excédant , par la méthode qui a été décrite p. 72, quand j'ai parlé des moyens de séparer J'oxyde manganeux de l'oxyde ferrique; on sépare également l'oxyde zincique de la baryte dissoute, dans la liqueur filtrée, en agissant comme il a été dit, au môme endroit, pour opérer la séparation de l'oxyde manganeux.
Dans cette opération , comme dans toutes celles pour lesquelles on emploie le carbonate barylique, on obtient constamment un peu plus d'oxyde ferrique qu'on ne devrait en obtenir, parce qu'il se précipite un peu d'oxyde zincique avec lui ; mais la quantité de ce dernier se réduit à fort peu de chose.
Une autre méthode, pour séparer l'oxyde zincique de l'oxyde ferrique , consiste à dissoudre les deux oxydes dans de l'acide acétique, et à faire passer un courant de gaz sulfide hydrique à travers la dissolution. L'oxyde zincique se précipite tout entier, à l'état de sulfure de zinc, tandis que le gaz sulfide hydrique, traversant une dissolution d'acétate ferrique qui contient un excès d'acide acétique, n'en précipite que du soufre et point de fer.
Le plus difficile, dans celte méthode, est de faire dissoudre l'oxyde ferrique par l'acide acétique. Si l'oxyde a été rougi au feu , il est presque insoluble dans l'acide acétique. S'il se trou-rc a létal humide, il se dissout bien dans de l'acide acétique qui n'est pas trop étendu , mais souvent il se sépare de celle dissolution sous la forme d'une gelée, même à froid, et alors on ne peut plU3
le redissoudre en njouianl de nouvel acide. Si l'on cliauffe la liqueur, la presque totalité de l'oxyde se précipite.
Pour éviter cette difficulté, on dissout l'oxyde ferrique et l'oxyde zincique dans de l'acide sulfurique. La dissolution a lieu même lorsque les oxydes ont préalablement été rougis avec force ; seulement , il faut alors employer un acide concentré , c'est-à-dire mêlé avec environ parties égales d'eau. On verse cet acide sur les oxydes rougis, dans une capsule de platine, et l'on chauffe, en évitant toute projection, jusqu'à ce que l'eau et la plus grande partie de i'acide sulfurique en excès se soient volatilisées. L'eau qu'on ajoute «lors dissout totalement, à l'aide de la chaleur, la masse blanche des sulfates; s'il restait un peu d'oxyde ferrique rouge, on décanterait la liqueur qui le surnage , et on le traiterait de nouveau par quelques gouttes d'acide sulfurique. On verse , dans la dissolution des sulfates, un excès d'une dissolution d'acétate barylique, sans faire chauffer. On pourrait filtrer, pour séparer le sulfate bary tique qui se précipite, ajouter de l'acide acétique libre à la liqueur filtrée, et séparer l'oxyde ferrique de l'oxyde zincique, en faisant passer un courant de gaz sulfide hydrique à travers le liquide. Cependant, comme on éprouverait, dans ce cas, de la difficulté à recueillir le sulfate barytique sur un filtre, parce que la liqueur ne doit pas être chauffée, il est plus simple , immédiatement après la précipitation au moyen de l'acétate barytique, de diriger un courant de gaz sulfide hydrique à travers la liqueur laiteuse, à laquelle on a eu soin d'ajouter de l'acide acétique libre. L'oxyde zincique se précipite d'abord avec une teinte veidàtre due à quelques parcelles de sulfures de fer; mais ce précipité se décolore en chauffant la liqueur et y faisant passer de nouveau du gaz sulfide hydrique.
On recueille le précipité sur un filtre, et on le lave avec de l'eau à laquelle on a ajouté un peu de dissolution de sulfide hydrique. On le fait digérer à chaud, avec le filtre, dans de l'acide chlorhydriquc, on filtre, et Ton précipite l'oxyde zincique de la liqueur acide filtrée.
La dissolution séparé.! du sulfure de zinc est traitée par l'acide v sulfurique, qui précipite la baryte qu'elle contient; puis on la chauffe avec de l'acide nitrique pour convertir l'oxyde ferreux en
zinc. 95
oiydeferrique, et Ton précipite ce dernier par l'ammoniaque, après avoir ûUré pour séparer le sulfate barytique.
Il est nécessaire de suivre exactement la marche qui vient d'être tracée» il Test aussi que la liqueur du sein de laquelle on se propose de précipiter l'oxyde zincique, au moyen du gaz sulfide hydrique, ne contienno pas d'acides organiques , si ce n'est de l'acide acétique; autrement une portion de l'oxyde zincique ne se séparerait pas à l'état de sulfure de zinc , mais resterait en dissolution dans la liqueur.
Manière de séparer t'oxyde zincique de l'oxyde ferreux. — Lorsqu'on a de l'oxyde linéique et de l'oxyde ferreux à séparer l'un de l'autre, il faut commencer par convertir celui-ci en oxyde ferrique , en chauffant le tout avec de l'acide nitrique; l'oxyde ferrique peut ensuite être séparé au moyen d'un succinate alcalin ou du carbonate barylique ; ou bien on convertit les deux oxydes en sulfates, et l'on sépare ensuite les oxydes par le gaz sulfide hydrique. La transformation des deux bases en acétates s'opère de la même manière que celle qui vient d'être exposée; on les dissout dans de l'acide sulfurique, et l'on traite les sulfates par l'acétate barytique.
Manière de séparer Coxyde zincique de l'oxyde nmnyaneux. — V oxyde zincique peut être séparé de l'oxyde manganeux par la potasse pure. Lors même qu'on ajoute un grand excès de dissolulion de potasse à la dissolution des deux oxydes, qu'on fait bouillir le tout pendant long- temps, qu'ensuite on filtre et lave avec beaucoup de soin l'oxyde manganeux, qui, au contact de l'air, se convertit partiellement en oxyde maiiganiquc, il n'en reste pas moins combiné avec le manganèse une petite quantité d'oxyde zincique, qu'on ne peut point enlever par la potasse.
La meilleure manière d'opérer la séparation des deux oxydes consiste a les transformer en sulfates, à verser de l'acide acétique libre dans la dissolution, et à faire passer du gaz sulfide hydrique à lra\crs cette dernière. Le zinc seul se précipite, à l'état de sulfure, tandis qu'en présence de l'acide acétique libre, l'oxyde manganeux fout entkr demeure dissous.
Mais il est nécessaire que la liqueur ne contienne que de l'acido acétique et point d'autres acides organiques. Si les deux oxydes sont dissous dans un acide quelconque qui puisse Cire chassé par
96 marche de l'analyse quantitative.
l'acide sulfurique, on ajoute celui-ci à la dissolution, et l'onévapore jusqu'à siccité; puis on dissout les sulfates, on verse de l'acétate bary tique et de l'acide acétique libre dans la liqueur, et l'on en précipite le zinc, à l'état de sulfure, par un courant de gaz sulfide hydrique. On filtre , et Ton détermine l'oxyde manganeux, dans la liqueur filtrée, après avoir enlevé la baryte par le moyen de l'acide sulfurique.
Manière de séparer l'oxyde zincique de la zircone, des oxydes du cériutn, de l'yUria, de la thorine et de la glucine. — Pour séparer l'oxyde zincique de ces substances , on pourrait convertir les oxydes en sulfates, ajouter de l'acide acétique libre à la dissolution, et précipiter le zinc, à l'état de sulfure, par le gaz sulfide hydrique.
Manière de séparer C 'oxyde zincique de l'alumine. — On sépare ces deux oxydes l'un de l'autre, soit en les dissolvant dans un grand excès de potasse, et précipitant le zinc de la dissolution , à l'état de sulfure, par un courant de gaz sulfide hydrique ; soit en les convertissant en acétates, et traitant la dissolution de ceux-ci par le gaz sulfide hydrique, qui précipite du sulfure de zinc. La conversion de l'oxyde zincique et de l'alumine en sulfates, surtout quand ces substances ont été préalablement rougies au feu, s'accomplit delà même manière que celle des oxydes aincique et ferrique , lorsqu'on doit séparer ceux-ci par le moyen du gaz sulfide hydrique.
Cependant on trouve dans la nature une combinaison d'alumine et d'oxyde zincique, appelée gahnite, qui est insoluble dans les acides. Ce minéral résiste aussi à Faction du carbonate potassique avec lequel on le fait fondre. On ne peut le rendre soluble dans les acides qu'en le fondant avec de la potasse pure, ou en le faisant rougir fortement avec du carbonate barytique. Le traitement de cette substance par la potasse s'exécute de la môme manière que celui de quelques combinaisons silicifèrcs par la potasse ou la baryte. La marche à suivre sera décriteen détail plus loin, lorsque je parlerai de l'analyse des substances silicifères.
Manière de séparer l'oxyde zincique de la magnésie. — On sépare l'oxyde zincique de la magnésie de la môme manière que l'oxyde manganeux de celle terre. On ajoute du chlorure ammonique à la dissolution, pour que l'ammoniaque qu'on y verse ensuite ne précipite ni la magnésie ni l'oxyde zincique ; mais on peut se dispen-
zinc . 97
ser de celte addition quand la liqueur est acide, parce que la saturation avec l'ammoniaque produit assez de sel ammoniqtie. On verse ensuite du sulfhydrate ammonique dans la dissolution , pour en précipiter le zinc, à l'état de sulfure zincique. On rend acide la liqueur séparée de ce dernier par la filtration, on la chauffe, et, après l'avoir filtrée, on en extrait la magnésie.
On peut aussi séparer la magnésie de l'oxyde zincique par le moyen du gaz sulûde hydrique, après avoir préalablement converti les deux bases en acétates. La manière de procéder est alors la même que quand on veut, à l'aide du gaz sulfide hydrique, séparer l'oxyde zincique de l'oxyde manganeux dans leurs dissolutions acétiques (p. 95).
Manière de téparer C oxyde zincique de la chaux. — On peut séparer l'oxyde zincique de la chaux par le même procédé qui sert à séparer la chaux de la magnésie. On rend la dissolution ammoniacale, et on en précipite la chaux par l'oxalate ammonique. L'oxalate zincique ne se précipite point, parce que l'ammoniaque le retient en dissolution. On verse du carbonate potassique dans la liqueur séparée de l'oxalate calciquc par la fillralion, et on l'évaporé jusqu'à siccité, à une forte chaleur; de cette manière, on obtient du carbonate zincique.
On pourrait aussi séparer la chaux de l'oxyde zincique en versant de l'ammoniaque dans la dissolution de ces deux substances , et ajoutant ensuite du sulfhydrate ammonique à la liqueur, pour en précipiter le zinc, à l'état de sulfure zincique. Mais celui-ci exigerait qu'on filtrât rapidement , et qu'on eût soin , pendant la filtration , de le garantir autant que possible du contact de l'air, afin qu'il ne s'y mêlât pas dr» carbonate calcique. Comme on ne peut point ainsi donner au sulfure zincique le temps de sa déposer, il est bon d'en opérer la précipitation dans un flacon qui puisse être bouché , ce qui permet d'interdire tout accès à l'air atmosphérique. On laisse le sulfure se déposer dans ce flacon, avant de le jeter sur un filtre. La liqueur qu'on en sépare par la filtration est rendue acide et chauffée ; puis on la filtre, et on précipite la chaux.
Lorsque la chaux et l'oxyde zincique peuvent être convertis en acétates, on les sépare de la dissolution acétique par le gaz sullide H. 7
hydrique , qui précipite le zinc à l'état de sulfure. La conversion des deux oxydes en acétates s'opèro en les précipitant, par un carbonate alcalin, à l'état de carbonates, qu'on dissout ensuite dans de l'acide acétique.
Manière de séparer l'oxyde zincique de la strontiane. — La strontiane peut être séparée de l'oxyde zincique par la même méthode que la chaux ; cependant il ne faut choisir que l'une des deux dernières méthodes dont j'ai parlé, et non recourir à l'oxalate ammonique.
Manière de séparer ? oxyde zincique de la baryte. — On sépare la baryte de l'oxyde zincique en précipitant la première de la liqueur par l'acide sulfurique, et précipitant ensuite l'oxyde zincique du liquide séparé du sulfate barylique par la flltralion.
Manière de séparer l'oxyde zincique des alcalis. — Pour séparer l'oxyde zincique des alcalis fixes , on rend la dissolution ammoniacale, et on en précipite le zinc, à l'état de sulfure zincique, au moyen du sulfhydrate ammonique. La liqueur filtrée est ensuite rendue acide , chauffée et filtrée, après quoi on l'évaporé jusqu'à, siccilé, et on fait rougir le résidu sec; les alcalis restent combinés avec l'acide auquel ils étaient unis avant leur séparation , quand toutefois ils ne forment point avec lui un sel susceptible d'être détruit par l'action de la chaleur.
Lorsque les alcalis et l'oxyde sûneique peuvent être convertis en acétates , on fait passer, dans la dissolution de ceux-ci , un courant de gaz sulûde hydrique, qui précipite le zinc à l'état de sulfure.