CHAPITRE XVII
Détermination du cobalt et de Voxyde cobattique. — Une dissolution de potasse pure est le meilleur réactif pour précipiter l'oxyde cobaltique de sjs dissolutions. Le précipité est volumineux, et c'est un sel basique, ayant une couleur bleue, qui passe au vert au bout de quelque temps. 11 est bon de précipiter l'oxyde à chaud, ou de chauffer un peu après la précipitation j la couleur du prtçj-
pilé change ainsi, et devient d'un rose sale par l'effet d'une ébullition prolongée ; c'est alors de l'hydrate cobaltique pur. Ce précipité est difficile à laver; aussi le mieux tst-il d'employer pour cela de Veau chaude. Après le lavage, on le sèche et on le fait rougir, ce qui le rend noir* puis on le pèse.
Cependant, lorsqu'on suit cette marche, il est impossible de déterminer la quantité de l'oxyde cobaltique d'une manière exacte, surtout si elle est un peu considérable. Après avoir Tait rougir J'oxyde à plusieurs reprises, on obtient à chaque fois des poids différens, et toujours on trouve une quantité d'oxyde supérieure à celle qu'on devrait avoir, La raison en est que, pendant la calcinalion, ou plutôt pendant le refroidissement, il passe à un étal supérieur d'oxydation, inconvénient qu'on ne saurait éviter, même en le laissant refroidir promptement dans un creuset couvert.
Par conséquent , lorsqu'on veut déterminer avec précision la quantité de cobalt que contient l'oxyde rougi , co qu'il y a de mieux à Taire , c'est d'en peser une certaine quantité, do la convertir en cobalt par le gaz hydrogène, et de calculer, d'après le poids du métal, la quantité totale de l'oxyde. La réduction s'exécute très-aisément de la manière suivante : Le flacon a contenant
du zinc et de l'eau, on y verse de l'acide sulfurique par l'entonnoir b, et l'on dégage ainsi un courant lent de gaz hydrogène. Celui-ci s'échappe par un tube de vtrre courbé à angle droit , et muni de deux boules ce , dans lesquelles se condense la plus grande partie de l'humidité du gaz; pour dessécher complètement co dernier, on Je fait passer à travers un autre tube de verre d rempli de chlorure çalçique, apr& quoi il arrive, dans la boule do verre f* sur
100 MAhCflE DE L'ANALYSE QUANTITATIVE.
l'oxyde cobaltique. Aux deux côtés de oette boule g, qui doit être en verre fort et difficile à fondre, sont soudés deux tubes de verre. On Ta pesée vide; puis, après y avoir introduit l'oxyde et avoir nettoyé les tubes avec une barbe de plume des particules qui auraient pu y rester adhérentes, on Ta pesée de nouveau, afin desavoir quelle est la quantité d'oxyde sur laquelle on opère. Les diverses parties de l'appareil sont réunies par des tubes de caoutchouc.
Lorsque tout l'appareil est plein de gaz hydrogène, on com-, mence à chauffer doucement la boule g avec l'oxyde cobaltique ; on augmente la chaleur par degrés, jusqu'à ce que la boule soit bien rouge. Celte forte chaleur rouge est absolument nécessaire, parce que sans cela le cobalt réduit s'enflammerait pyrophoriquement au contact de l'air atmosphérique. 11 se produit de l'eau, dont une partie s'échappe avec le gaz hydrogène excédant , mais dont une autre partie se dépose en gouttelettes dans le tube postérieur de la boule gf d'où on la chasse avec la flamme d'une petite lampe à esprit de vin. Lorsqu'il ne se forme plus d'eau , tout l'oxyde cobaltique est converti en métal ; on cesse de chauffer la boule, mais en continuant encore pendant le refroidissement à faire passer du gaz hydrogène sur le régule.
Après le refroidissement complet, on pèse la boule g avec le cobalt réduit. On doit, avant de peser, tenir pendant quelque temps la boule aussi inclinée qu'il est possible de le faire sans rien laisser tomber du métal qu'elle contient. Celte boule, avant la réduction, avait été pesée pleine d'air atmosphérique ; mais, après sa réduction , elle contient du gaz hydrogène , ce qui la rendrait plus légère si l'on ne remplaçait pas ce gaz par de l'air ordinaire. La pesée fait connaître la quantité de métal existant dans celle d'oxyde sur laquelle on a opéré , la différence entre les deux dernières pesées indiquant la quantité d'oxygène qui se trouvait dans l'oxyde cobaltique. D'après la proportion du métal et de l'oxygène dans la quantité d'oxyde qui a été mise en expérience , on calcule la quantité de l'un et de l'autre dans la masse entière de l'oxyde, parce qu'on n'a pu soumettre la totalité de cette dernière à la réduction. Si le cobalt était à l'état d'oxyde dans la substance
analysée, on calcule la quantité de celui-ci d'après celle de métal qu'on a obtenue.
Lorsque l'oxyde coballique dont on s'est servi pour opérer la réduction n'a pas été bien lavé , et qu'il contient des substances étrangères, notamment de l'alumine, le métal réduit s'enflamme pyrophoriquement à l'air, avec quelque force môme qu'on l'ait calciné.
Une dissolution de carbonate potassique , même lorsqu'on fait bouillir les dissolutions d'oxyde cobaltique avec elle , et que celles-ci ne contiennent pas de sels ammoniques , ne précipite point l'oxyde cobaltique complètement, comme fait la potasse pure; mais, quand on agit avec la circonspection convenable, ce dernier réactif peut précipiter si complètement l'oxyde cobaltique, que le sulfhydrate ammonique n'en fasse plus ensuite découvrir aucune trace dans la liqueur filtrée.
Si la liqueur de laquelle on veut précipiter l'oxyde cobaltique contient de l'ammoniaque libre et des sels ammoniques, l'oxyde ne saurait être précipité par la potasse. Il est vrai qu'on peut mêler la dissolution avec une suffisante quantité de carbonate potassique, et détruire ensuite peu à peu les sels ammoniques par l'évaporation; mais cette méthode, surtout lorsque les sels ammoniques sont abondans, est assez compliquée, et d'ailleurs elle ne donne point un résultat exact , même lorsqu'on a poussé l'évaporation jusqu'à siccité; car l'oxyde coballique n'est point précipité complètement par les carbonates alcalins, et, par l'évaporation à siccité, il se convertit en suroxyde de cobalt.
JJ est donc préférable et plus expédilif, dans ces cas, de précipiter l'oxyde cobaltique, à l'état de sulfure coballique, par le suifhydrate ammonique. La dissolution de l'oxyde doit être neutre; on peut aussi la rendre ammoniacale , car le sulfure coballique est absolument insoluble dans les alcalis libres. Le sulfure cobaltique forme un précipité noir, qui est moins volumineux que celui du sulfure de fer, et qui ne s'oxyde pas aussi aisément à l'air. On se sert, pour le laver, d'une eau à laquelle on a ajouté un peu de sulfbvdrate ammonique, ce qui vaut mieux que d'employer l'eau pure.
Pour déterminer la quantité du cobalt, dans le sulfure cobal-
lôfc MARCHE DE ï/ ANALYSE QUANnTATlVï£
tique, on le relire encore humide de l'entonnoir, et on le met dans un verre, après l'avoir détaché autant que possible du papier; on brûle le filtre sur le couvercle d'un creuset en platine ou en porcelaine, et Ton introduit aussi la cendre dans le verre. Alors on fait digérer le sulfure à chaud avec de l'acide nitrique ou de l'eau régale, jusqu'à ce que tout le cobalt soit dissous et qu'il ne reste plus que du soufre d'un jaune bien pur. L'acide ehlorhydrique seul n'a pas le pouvoir de décomposer le sulfure cobaltique. On étend ensuite la dissolution avec de l'eau, on la ûllre, et on lave le résidu ; puis on précipite l'oxyde cobaltique par la dissolution de potasse. L'oxyde ainsi obtenu est rougi au feu et pesé. On en réduit alors une partie, par le moyen du gaz hydrogène, et, d'après la quantité de métal qu'on y trouve , on détermine celle de ce même métal dans la totalité du précipité d'oxyde cobaltique.
Il ne faut pas mettre le fdtre avec le sulfure cobaltique en digestion dans l'acide nitrique ou l'eau régale , parce que ces acides, en agissant sur le papier, dissoudraient assez de matière organique pour que la potasse ne pût plus ensuite opérer complètement la précipitation do l'oxyde cobaltique.
Détcrmii aùon du iuroxyde de cobalt. — Le suroxyde de cobalt se réduit, comme l'oxyde cobaltique, en cobalt métallique, quand on le traite par le gaz hydrogène à une température élevée. S'il est mêlé avec d'autres oxydes dont on ne puisse le séparer que dans des dissolutions, il faut dissoudre la substance dans de l'acide chlorhydrique. En la chauffant long-temps avec ce dernier, le suroxyde de cobalt se convertit en chlorure cobaltique, avec dégagement de chlore. On précipite ensuite de l'oxyde cobaltique do la dissolution , en y versant de la potasse.
On rencontre souvent de nombreuses difficulté» à séparer l'oxyde cobaltique d'autres substances, parmi lesquelles il s'en trouve plusieurs dont on ne parvient pas à le dégager avec beaucoup de précision.
Pour déterminer la composition du suroxyde de cobalt, Winkclblech se servait de l'acide oxalique, dent l'emploi a une prééminence marquée dans l'analyse des suroxydes en général. Celui de cobalt se convertit par là, avec dégagement de gaz acide carbonique, en oxalatc cobaltique, qui est fort peu hygroscopique. 11 y
a nécessité ici que le suroxyde soit réduit en poudre très-fine (l'oxala le coballique contient 2 atomes d'eau et 40,9 pour cent d'oxyde cobal tique ).
Gomme, d'après les recherches de Winkelblech, le suroxyde de cobalt a de l'analogie avec les oxydes manganique et ferrique, sous le rapport de la composition et de plusieurs propriétés, il convient de l'appeler oxyde cobaltique ; alors le corps qui jusqu'ici a reçu ce dernier nom porterait celui d'oxyde cobal teux.
Manière de séparer Coxvde cobaltiaue de Coxude zinriuue — * L'oxyde cobaltique ne peut point être séparé de l'oxyde zincique par la dissolution de potasse pure, même en faisant bouillir la dissolution des deux oxydes avec un grand excès de cette dernière. L'oxyde zincique se dissout bien par-là, mais l'oxyde cobaltique, qui reste sans se dissoudre, en retient toujours une grande quantité, dont nul excès de potasse ne parvient a le dégager.
La meilleure méthode , pour séparer les deux oxydes l'un de l'autre, consiste à les convertir en acétates, de la dissolution desquels, après y avoir ajouté de l'acide acétique libre, on précipite le zinc, à l'état de sulfure , par le moyen du gaz sulOdc hydrique. L'oxyde coballique demeure dissous, mais seulement lorsque la liqueur contient suffisamment d'acide acétique libre; car le gaz sulfide hydrique précipite tout le cobalt, à l'état de sulfure, d'une dissolution d'acétate cobaltique neutre. 11 est nécessaire que la liqueur ne contienne pas d'autre acide que l'acétique, parce qu'en présence d'un acide inorganique, le zinc n'est pas complètement précipité par le gnz sulfide hydrique.
La meilleure manière de convertir les deux oxydes en acétate est celle que j'ai indiquée p. 95, quand il a été question des moyens de séparer l'oxyde zincique de l'oxyde manganeux.
[M.Berzelios recommande, comme irès-exacle, la méthode suivante, qu'il emploie pour séparer entièrement l'oxyde zincique de l'oxyde coballique et de l'oxyde niceolique; cette mélhode peut évidemment servir à séparer l'oxyde zincique lorsqu'il est mélangé avec un seul de ces oxydes.
Après avoir séparé la plus grande partie de l'oxyde zineique en faisant bouillir le mélange avec une dissolution de potasse caus-
10 V MARCHE DE l' ANALYSE QUANTITATIVE»
tique, on lave le résidu avec de l'eau froide, puis avec de l'eau bouillante, jusqu'à ce que toute la potasse soit enlevée; on chauffe l'oxyde au rouge, et on le pèse ; puis on le mêle intimement, dans un creuset en porcelaine, avec du sucre en poudre, ne laissant point de cendres par l'incinération. (M. Berzelius conseille l'emploi des cristaux de sucre déposés dans une dissolution alcoolique ; mais le sucre candi du commerce, lorsqu'il est en cristaux choisis parfaitement nets et incolores, ne laisse, ainsi que je m'en suis souvent assuré , aucune tracé appréciable de cendres. )
Le sucre étant carbonisé avec précaution , on met le creuset de porcelaine, avec son couvercle, dans un creuset de terre, et on remplit l'espace compris entre les deux creusets avec de la magnésie caustique ; on chauffe ce creuset, également muni de son couvercle , dans un fourneau à vent , et on lui donne pendant une heure le plus fort coup de feu possible. Les oxydes se réduisent par cette opération ; le cobalt et le nickel restent à l'état de carbures, et le zinc se volatilise entièrement. On redissout les métaux qui restent dans l'acide nitrique, on évapore la dissolution à siccité, au bainmarie, dans un creuset de platine taré ; on chauffe au rouge vif le résidu, et on pèse l'oxyde. La perte de poids fait connaître la quantité d'oxyde zincique qu'on a chassée.
Une des principales conditions pour que l'expérience réussisse est que le mélange des oxydes soit parfaitement bien lavé avant qu'on le chauffe au rouge ; car s'il renferme de la potasse, cette dernière réagit sur le creuset de porcelaine; il convient d'essayer, avec de l'eau bouillante, si les oxydes, après avoir été chauffés au rouge et avant d'être mélangés avec le sucre, contiennent de la potasse, parce qu'on peut encore séparer , par un nouveau lavage , celle qui serait restée.
11 est probable qu'on ne peut employer pour la réduction de ces oxydes que des creusets non émail lés, en biscuit de porcelaine, ou des creusets en terre réfractaire blanche et compacte; l'émail de la porcelaine entrerait en fusion , par suite de la température très-élevée qu'il est nécessaire de produire pour arriver à la complète volatilisation du zinc.
M. UJIgren a proposé une autre méthode. On précipite la disso-
lution des oxydes zincique, cobaltique et niccoliqueparducarbonaie sodique, après avoir éloigné préalablement, s'il y a lieu, les oxydes terreux et les autres oxydes métalliques. On évapore le tout à siccité, et on chauffe légèrement , de sorte qu'en reprenant par l'eau le carbonate sodique se dissout seul ; on recueille les oxydes, on les lave , on les pèse, et on les réduit par l'hydrogène, dans un tube de verre, à la chaleur du rouge obscur. Lorsqu'il ne se dégage plus d'eau, on laisse refroidir le tube, en continuant le courant de gaz; puis, après avoir fermé au chalumeau une de ses exlrémités,on le remplit d'une dissolution de carbonate ammonique; on le bouche, et on le maintient pendant deux jours à la température de 40 degrés environ. Le carbonate ammonique dissout complètement l'oxyde zincique , lequel n'a pas été réduit par l'hydrogène à \a température peu élevée qui a suffi pour la réduction des deux autres oxydes; on lave avec du carbonate ammonique le cobalt et le nickel exempts de zinc. On évapore avec précaution la liqueur ammoniacale, qui laisse l'oxyde zincique, qu'on chaude au rouge et qu'on pèse.
Pour que cette méthode de séparation réussisse, il faut que les oxydes que Ton soumet à la réduction soient tiès-divisés, de manière à ce que tout l'oxyde zincique soit en contact avec le carbonate ammonique ; s'il n'en est pas ainsi , il faut préalablement les réduire en poudre très-fine. E. P.]
Manière de séparer l'oxyde cobaltique de l'oxyde ferrv\u.e. — On emploie, pour séparer l'oxyde cobaltique de l'oxyde ferrique, les mêmes moyens que pour dégager celui-ci de l'oxyde manganeux. A la dissolution des deux oxydes on ajoute, surtout quand il y a peu d'oxyde ferrique, du chlorure ammonique, qui , mis en suffisante quantité dans une dissolution d'oxyde cobaltique, empêche ce dernier d'être précipité par l'ammoniaque. Si la dissolution est fort acide, on peut se dispenser d'y ajouter du chlorure ammonique. On sature ensuite la liqueur avec de l'ammoniaque, en observant les mêmes précautions que celles qui ont été décrites p. 16. Puis on précipite l'oxyde ferrique par un succinate alcalin neutre, et Ton traite le succinate ferrique ainsi qu'il a été dit précédemment. On détermine alors la quantité d oxyde cobaltique<contenue
iOfl MÀBCire DE L*ANALYSE QUANTITATIVE.
dans la liqueur qui a été séparée du succinate ferrique parla fil—* Iraiion. Pour cela, on y verse du sulfhydrateammonique, aGn de précipiter l'oxyde à I 'état de sulfure cobaltique, qu'on Iraile comme il a élé prescrit plus haut.
Souvent on sépare les deux oxydes par l'ammoniaque seulement. Mais il Tant alors ajouter une très-grande quantité de chlorure ammonique à la liqueur, ce dont on peut néanmoins se dispenser si elle est fort acide. Cette méthode de précipiter l'oxyde ferrique, non parlo succinate ammonique , mais par l'ammoniaque, et do le séparer ainsi de l'oxyde cobaltique, convient surtout lorsque sa quantité est très-faible relativement à celle de ce dernier. Cependant elle n'est point, à beaucoup près, aussi exacte que la première.
Ni l'uno ni l'autre des deux méthodes ne procure de l'oxyde ferrique parfaitement exempt de toutes traces d'oxyde cobaltique , dont la présence peut y être constatée à l'aide du chalumeau.
ta méthode de séparer les oxydes cobaltique et ferrique l'un de l'autre, par le moyen du carbonate barytique, est moins applicable qu'aux cas où il s'agit de séparer l'oxyde ferrique d'autres oxydes. Lorsqu'on traite à froid la dissolution des deux oxydes par un excès de carbonate barytique, il se précipite de l'oxyde cobaltique avec l'oxyde ferrique, et la quantité en est trop grande pour qu'on puisse la négliger, môme dans des analyses qui n'exigent pas un haut degré de précision.
Scherer indique, pour séparer l'oxyde cobaltique de l'oxyde ferrique, une méthode qui repose principalement sur ce que les sels ferriques, quand ils sont neutres ou basiques, sont précipites de leurs dissolutions par la chaleur de l'ébullition, propriété dont Herschel avait déjà tiré parti. Celte méthode consiste à dissoudre les deux oxydes dans de l'acide sulfurique, dans de l'acide chlor hydrique, ou dans un mélange des deux acides; il faut éviter la présence de l'acide nitrique. On ajoute ensuite, en remuant bien , de la dissolution d'hydrate potassique, jusqu'à ce qu'un papier de tournesol no soit plus que très- faiblement rougi. Pour ne pas dépasser ce terme, il faut employer, sur ta fin, une dissolution de potasse étendue. Si Ion avait versé trop d'alcali , de mauiofe y u I n'y t ût plus do réaction atide, on devrait ajouter
assez d'acide pour qu'après avoir bien remué, on vit reparaître la réaclion acide, mais point assez pour redissoudre tout le précipité.
Dans cette saluration partielle, le fer se précipite à l'état de sel basique. La faible réaction acide sert à annoncer que tout l'oxyde ferrique n'est point encore précipité, attendu que le sulfate ^baltique neutre et le chlorure de cobalt n'exercent aucune action sur le papier de tournesol ; si la saturation a été portée jusqu'au point que j'ai indiqué, la dissolution ne contient qu'une peli te portion de l'oxyde ferrique, pendant qu'il ne s'est point encore précipité un seul atome d'oxyde cobaltique. On étend d'eau la dissolution, et on la fait bouillir avec le précipité déjà produit. L'ébullition n'a pas besoin d'êlre continuée longtemps; cor, au moment où elle commence, les dernières traces de fer se précipitent, à l'étal de sousael. On filtre la dissolution chaude, et on lave le sel ferrique basique avec de l'eau bouillante. L'oxyde cobaltique est précipité de la dissolution filtrée, au moyen de l'hydrate potassique, et de la
manière ordinaire.
Pour pouvoir déterminer l'oxyde ferrique comme tel, on l'arrose, sur le filtre, avec de l'ammoniaque, ce qui fait qu'après le lavage, il est complètement exempt d'acide.
La présence de l'acide nitrique doit être évitée dans cette méthode d'analyse, parce que le nitrate ferrique basique est plus selubie que ne le sont d'autres sous-sels ferriques.
La séparation des oxydes peut être faite aussi par l'ammoniaque ; cependant il y a impossibilité, en présence de l'ammoniaque, de recouriràta dissolution d'hydrate potassique pour précipiter l'oxyde cobaltique de la liqueur fiftrée.
Manière de séparer l'oxyde cobaltique de l'oxyde ferreux. — lorsqu'on a de l'oxyde ferreux et de l'oxyde cobaltique à séparer l'un de l'autre , il faut commencer par convertir le premier en oxyde fenique, soit par l'acide nitrique, soit par un courant de chlore gazeux , si les dissolutions sont acides et étendues.
Manière de séparer t oxyde cobaltique de l'oxyde manyaueux. — Il est très-difficile de séparer l'oxyde cobaltique de l'oxyde manganeux. On n'y parvient qu'autant qu'on convertit les deux oxydes en chlorures métalliques, et qu'on traite ceux-ci pur le gaz hydrogène, ce qui réduit le chlorure coba'tique on cobalt métallique ,
avec dégagement de gaz chloride hydrique, tandis què le chlorure manganeux reste sans éprouver aucun changement.
On commence par précipiter les deux oxydes ensemble, opération pour laquelle on peut employer une dissolution de potasse pure, si la liqueur ne contient point de sels ammoniques ou d'ammoniaque. Quand elle en contient, on doit se servir du carbonate potassique, avec un excès duquel on évapore la liqueur jusqu'à siccité. On peut aussi, ce qui vaut mieux, précipiter les deux oxydes ensemble d'une dissolution neutre ou ammoniacale, par le sulfhydrate ammonique, décomposer les sulfures par l'acide nitrique, et précipiter les deux oxydes de leur dissolution nitrique en versant dans celle-ci une dissolution de potasse.
On lave les oxydes, on les fait rougir, et on les pèse. On en introduit autant qu'on le juge nécessaire dans une boule de verre, aux deux côtés de laquelle sont soudés des tubes de verre, et, tandis qu'on fait chauffer la boule, on dirige sur eux un courant de gaz chloride hydrique, afin de les convertir en chlorures métalliques. Pour dégager le gaz chloride hydrique, on se sert d'une bouteille semblable à celle de l'appareil représenté p. 99. Seulement on introduit du chlorure sodique dans le flacon a, et l'on ne verse que peu à peu l'acide sulfurique par l'entonnoir b. Pour que le gaz chloride hydrique ne s'échappe pas de l'entonnoir bt il suffît d'introduire danscelui-ci un lubedeverre qui s'étende jusqu'au commencement de la longue branche de l'entonnoir. On choisit un tube de verre assez gros pour que l'acide sulfurique versé dans l'entonnoir ne puisse tomber que goutte à goutte dans le flacon. A l'aide de cette simple précaution, on peut se passer entièrement de tube de sûreté. Si Ton veut faire arriver davantage d'acide sulfurique sur le chlorure sodique, on n'a qu'à soulever pour un instant le tube de verre dans l'entonnoir; mais cela n'est point nécessaire dans la plupart des cas, et il ne convient môme pas de le faire, parce qu'on détermine ainsi un trop grand dégagement de gaz chloride hydrique, et la formation d'une écume qui pourrait faire monter la masse hors du flacon a.
Pour dessécher le gaz chloride hydrique , on lui fait traverser un tube de verre , d, plein de chlorure calcique : il passe ensuite sur les oxydes contenus dans la boule de verre g , et qu'on chauffe
avec la flamme d'une lampe à esprit de vin, pour les convertir en chlorures métalliques. Mais il faul long-tems pour que cette conversion soit complète. Aussi serait-il beaucoup plus avantageux delà faire en dissolvant les oxydes dans de l'acide chlorydrique; cependant il n'est pas possible d'introduire exactement une quantité déterminée de ces chlorures dans une boule de verre.
Lorsque la conversion en chlorures métalliques est accomplie, on remplace le flacon a par un autre d'où Ton peut dégager le gaz hydrogène d'un mélange de zinc, d'eau et d'acide sulfurique concentré, et l'on dirige ce gaz sur les chlorures, tandis que l'on chauffe fortement la boule dans laquelle ils se trouvent. Le dégagement du gaz hydrogène ne doit être arrêté que quand il ne se dégage plus que des quantités insignifiantes de gaz chloride hydrique on ne peut arriver à ce que le dégagement de ce dernier gaz cesse tout-à-fait , car , môme après la réduction complète du chlorure cobalfique, des traces extrêmement légères de gaz chloride hydrique s'exhalent du chlorure manganeux, que le gaz hydrogène ne réduit point , à la vérité , mais qui attaque le verre sous l'influence d'une forte chaleur. Par conséquent, dès qu'il ne se forme plus qu'un nuage presque imperceptible quand on tient à l'extrémité de l'appareil une baguette de verre qui a été trempée dans l'ammoniaque , on laisse refroidir la boule, sans néanmoins arrêter encore le dégagement du gaz hydrogène.
Après le refroidissement parfait , on plonge la boule dans de l'eau, qui dissout le chlorure manganeux et laisse du cobalt métallique extrêmement divisé. Cependant le chlorure manganeux n'est pas dissous d'une manière complète; il en reste encore des flocons bruns, qui augmentent lorsque la dissolution demeure exposée pendant long-temps à l'air atmosphérique. Mais il suffit de quelques gouttes d'acide chlorhydrique pour dissoudre ces flocons. Gomme ils restent plus long-temps en suspension dans l'eau que le cobalt métallique , on peut les décanter avec la dissolution de chlorure manganeux. On verse alors sur le cobalt de l'eau qu'on a rendue faiblement acide en y ajoutant quelques gouttes d'acide chlorhydrique trcs-éiendu : cette eau dissout complètement les traces de manganèse qui pourraient rester encore, mais n'attaque point le cobalt ; on la décante promptement , et on lave de noiu
110 MARCHE DE L*AtiALÏSE QUANTITATIVE.
veau le métal avec do l'eau pure. Ou peut le réunir sur un filtre pesé, le sécher rapidement à une chaleur très-modérée, et le peser ensuite. Si l'on veut acquérir plus de certitude encore, on en peso une portiou, qu'on chaude dans du gaz hydrogène, ainsi qu'il a été dit p. 99. Prenant alors la dissolution du chlorure manganeux, on en précipite du carbonate manganeux par le carbonate potassique, comme il a été prescrit précédemment, p. 53.
Dœbereiner donne la méthode suivante pour séparer le cobalt du manganèse. On convertit les deux métaux en chlorures , on dissout ceux-ci dans de l'alcool anhydre , et à la dissolution saturée on ajoute quinze à vingt fois son volume d'éther, pour que le chlorure de manganèse se précipite par-là à l'étal de poudre, tandis que celui de cobalt demeure dissous) on décante la dissolution bleue qui surnage le précipité pulvérulent , on dissout celui-ci dans la plus petite quantité possible d'alcool anhydre, et l'on mêle de nouveau la dissolution avec une grande proportion d'éther. De cette manière, tout le chlorure de cobalt adhérent se trouve dissous, et, après qu'on a répété deux fois la môme épreuve, le chlorure do manganèse reste pur. Il est nécessaire d'employer de l'éther purgé d'alcool pour précipiter le chlorure de manganèse et do toujours laisser le mélange en repos, pendant six à douze heures, avant de séparer du précipité la liqueur chargée de chlorure cobaltique.
Manière de séparer l'oxyde cobaltique de l'alumine. — L'oxyde cobaltique peut être séparé de l'alumine par la dissolution de potasse pure, qui le précipite, en laissant la terre dissoute.
Manière de séparer l'oxyde cobaltique de la magnésie. — Voici quelle est la meilleure manière de séparer l'oxyde cobaltique de la magnésie. A la dissolution des deux oxydes on ajoute assez de chlorure ammonique pour que l'ammoniaque qu'on y verse ensuite ne précipite ni l'un ni l'autre. Cette addition n'est point nécessaire quand la liqueur est acide. On verse alors du sulfhydrate ammonique dans la liqueur. Le sulfure cobaltique qui se précipite est recueilli sur un filtre et lavé avec de l'eau à laquelle on a ajouté un peu de sulfhydrate ammonique. Pour déterminer la quantité de cobalt qu'il contient, on le traite comme je l'ai dit précédemment Quant à la liqueur séparée du sulfure cobaltique
par la filtra lion, on détruit par un acide l'excès de sulfhydrato ammonique qui s'y trouve, et on détermine ensuite la quantité de magnésie qu'elle lient en dissolution.
11 est cependant à remarquer que, suivant Berzel i us, celte séparation n'est pas toul-à-fail aussi exacte qu'on l'admet ordinaire* ment. Avec le sulfure de cobalt il se précipite souvent un peu de sulfure magnésique, surtout quand le sulfhydrate ammonique ne contient pas un excès de soufre ou de sulfide hydrique. Après que le sulfure de cobalt a été converti en oxyde cobaltique , la présence de la magnésie peut aisément passer inaperçue dans ce dernier. Il est bon de dissoudre l'oxyde cobaltique dans de l'acide nitrique, d'évaporer la dissolution à siccité . et de chauffer le résidu sec à une température qui ne s'élève pas jusqu'au rouge visible: on obtient par-là du suroxyde de cobalt , et la magnésie peut être extraite avec le secours de l'acide sulfurique étendu , ou de l'acide nitr/que. Ce dernier est préférable , parce qu'il n'est besoin que d'évaporer la dissolution jusqu'à siccité, et de faire rougir le résidu, pour obtenir de la magnésie pure. Cependant cette méthode d'analyse n'est point complète, et il est dillicile d'extraire toute la magnésie que contient un oxyde cobaltique sans dissoudre en môme temps un peu de celui-ci.
Lorsqu'on peut obtenir l'oxyde cobaltique et la magnésie à l'état d'acéiates neutres , on les sépare l'un de l'autre de la dissolution étendue, au moyen de gaz sulfide hydrique. S'il n'y a pas d'acide acétique libre, l'oxyde cobaltique peut être assez complètement précipité à 1 état de sulfure , et la magnésie demeure dissoute.
[Selon M. Ullgren, on sépare la magnésie de l'oxyde cobaltique et de l'oxyde niccolique de la manière suivante : On précipite la dissolution qui renferme les trois oxydes par un mélange de chlorite de potasse et de potasse caustique; les oxydes cobaltique et niccolique se précipitent sous forme d'hy peroxydes, mélangés ou combinés avec l'hydrate magnésique. On lave le précipité, et on le fait digérer, pendant qu'il est humide, avec une dissolution de chlorure merctirique ajouté en excès, à une température de 30° à 40°. Il se forme ainsi un composé double de chlorure magnésique et de chlorure merçurique j la magnésie se dissout, et il se préci-
pitc à sa place une quantité proportionnelle de chlorure mcrcurique basique. On évapore la dissolution et l'eau de lavage à siccité dans un creuset de porcelaine pesé; on augmente la chaleur pour chasser le chlorure mercurique, et Ton arrose le résidu avec de l'acide nitrique pur, qu'on évapore ensuite à siccité au bainmarie. Quand le nitrate magnésique est sec, on le chauffe au rouge, et on pèse la magnésie. On porte aussi au rouge les oxydes cobal tique et nie colique pour chasser ie mercure, et on les sépare ensuite par les méthodes ordinaires. E. P. ]
Manière de séjmrer l'oxyde cobaltique de la chaux. — On sépare l'oxyde cobaltique de la chaux par l'oxalale ammonique. A la dissolution des deux oxydes on ajoute assez de chlorure ammonique pour que l'ammoniaque qu'on y verse ensuite en excès ne précipite pas d'oxyde cobaltique; on peut se dispenser de celte addition quand la liqueur est acide. On précipite alors Jn chaux par l'oxalale ammonique, et, après avoir filtré la liqueur, on en précipite à son tour l'oxyde cobaltique par les moyens qui ont été indiqués plus haut. Mais il est nécessaire de filtrer très -rapidement l'oxalate calcique, et d'éviter autant que possible le contact de l'air, afin que l'oxyde cobaltique n'absorbe point d'oxygène dans la liqueur ammoniacale.
Comme l'oxalate cobaltique exige une grande quantité d'ammoniaque pour se dissoudre , on ne saurait guère recommander celte méthode, quoique ce soit celle qu'on emploie ordinairement. On obtient un meilleur résultat en procédant comme il suit : K la dissolution ammoniacale des deux substances on ajoute du suifhydrate ammonique, qui précipite l'oxyde cobaltique, à l'état de sulfure cobaltique. On filtre rapidement , et , pendant la filtralion , on évite autant que possible le contact de l'air atmosphérique, afin que l'oxyde cobaltique ne se môle point avec du carbonate calcique ; ensuite on le lave avec de l'eau à laquelle on a ajouté une petite quantité de suîfhydrate ammonique. Prenant alors la liqueur séparée du sulfure cobaltique par la filtration , on détruit l'excès de suîfhydrate ammonique, en y versant de l'acide chlorhydrique , puis on en précipite la chaux. 11 est bon d'employer un flacon susceptible d'être bouché, pour laisser au
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sulfure coballique le leinps de bien se déposer, cl de ne filtrer qu'après, aûn que la chaux contenue dans la dissolution puisse traverser le filtre avant que l'air atmosphérique ail donné naissance à du carbonate calcique.
Manière de séparer l'oxyde cobaliique de la stronliane. — Pour séparer l'oxyde cobaltique de la stronliane, on emploie le même procédé que pour l'isoler de la chaux. On pourrait aussi opérer celte séparation au moyen de l'acide sulfurique.
Manière de séparer l'oxyde cobaltique de la baryte. — C'est avec de l'acide sulfurique qu'on sépare l'oxyde cobaltique de la baryte. Après avoir débarrassé la liqueur du sulfate barylique , par la ûltration , on en précipite l'oxyde coballique par de la potasse pure.
Manière de séparer C oxyde coballique des alcalis. — Pour séparer J'oxyde cobaltique des alcalis fixes , on ajoute à la dissolution neutre ou ammoniacale du sulfbydrale ammonique, qui précipite du sulfure cobaltique. Prenant alors la liqueur filtrée, on y détruit d'abord l'excès de sulfbydrale ammonique par un acide, après quoi on détermine la quantité de l'alcali par les moyens connus.