DE L'IRIDIUM
Détermination de l'iridium. — On peut recourir au procédé suivant pour précipiter l'iridium de ses dissolutions, et en môme temps le séparer de presque tous les autres oxydes métalliques dont il a été parlé précédemment. On concentre la dissolution, on y ajoute une solution concentrée de chlorure potassique ou de chlorure ammonique, puis on y verse de l'alcool très-fort, de manière qu'elle contienne environ soixante pour cent de son volume d'alcool. Par-là se trouve précipité un chlorure iridicopotassique ou iridico-ammonique, insoluble dans l'alcool , qui l'est complètement lorsque la liqueur contient un léger excès de chlorure potassique ou de chlorure ammonique. On lave le précipité avec de l'esprit de vin. Si l'on veut déterminer l'iridium dans le sel double qui s'est formé, et que ce dernier ait été précipité par du chlorure potassique, on le traite par le gaz hydrogène, en suivant la même marche qu'à l'égard du chlorure rhodicopotassique (p. 173). Quand le sel double a été précipité par du chlorure ammonique, la réduction laisse de suite de l'iridium métallique, dont on détermine la quantité ; il se dégage du chlorure ammonique et du gaz chloride hydrique.
D'autres méthodes pour isoler l'iridium seront décrites en détail quand je dirai comment il faut s'y prendre pour séparer ce métal de l'osmium et du platine.
Manière de séparer Viridium d'autres métaux. — L'iridium peut être complètement précipité par le gaz sulfide hydrique de ses dissolutions, lorsque celles-ci ont été rendues acides. Il se produit alors des degrés de sulfuration du métal correspondant à ceux d'oxydation qui existent dans la liqueur. Ces sulfures sont
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d'un brun foncé ou presque noir, et ils ressemblent parfaitement à ceux que l'on obtient du platine, du palladium et du rhodium. Ils ne deviennent point acides par la dessiccation. On parvient aisément, au moyen du gaz sulfide hydrique, à séparer l'iridium de substances que ce réactif ne précipite point d'une dissolution acide. Le sulfure d'iridium qui a été produit se dissout dans de l'acide nitrique, à froid, sans laisser de résidu, et quand la dissolution est concentrée, on peut l'en précipiter en ajoutant de l'acide chlorhydrique , du chlorure potassique ou du chlorure ammoniquc et de l'alcool.
Comme le sulfure d'iridium se dissout aussi dans le sulfhydrate ammonique, on pourrait employer ce réactif pour séparer l'iridium de plusieurs oxydes métalliques dont les sulfures n'y sont point solubles. Précipité d'une dissolution de ce genre par un acide, le sulfure d'iridium est, d'après Berzelius, su lubie jusqu'à un certain point dans l'eau , à laquelle il communique une couleur rouge-brune, de manière qu'après la Oltralion de la liqueur acide, l'eau de lavage se colore fortement. Cependant un grand excès d'acide s'oppose à la solubilité de l'iridium; c'est pourquoi, lorsqu'on évapore la liqueur, la portion dissoute se sépare à mesure que l'acide devient plus concentré, quoique tout ne se précipite point. Une petite quantité d'acide nitrique dans la liqueur oxyde ensuite le sulfure d'iridium, tandisqu'on évapore la liqueur, et la transforme en sulfate indique.