‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 48 sur 133 · OR. 2J · texte numérisé non relu

OR. 2J

a diviser Por restant avec un tube de verre , afin de pouvoir être certain que tout l'argent a été dissous, tandis que, dans les essais qui viennent d'être décrits, et dont le but n'a de rapport qu'aux arts, on s'attache, au contraire, à conserver l'or sous la Forme de lame roulée, pour que sa pesée demande moins de temps. On réunit l'or divisé sur un filtre , on le lave bien , on le sèche , on le fait rougir , et on en détermine le poids. La prudence veut qu'on le dissolve dans de l'eau régale , afin de s'assurer que la dissolution est parfaitement exemple d'argent , et qu'elle ne donne pas de chlorure argentique après avoir été étendue d'eau.

k la dissolution qui a été séparée de l'or par la filtration on ajoute de l'acide chlorhydrique, afin d'en précipiter l'argent sous la forme de chlorure argeniique." Après avoir recueilli celui-ci sur un filtre, on peut encore déterminer les oxydes dissous dans la liqueur , dont les métaux existaient dans l'alliage. Cependant si, en dissolvant l'or dans l'eau régale , on a acquis la conviction qu'il contient encore de l'argent , celte dissolution peut être mêlée avec la liqueur séparée de l'or par la fillralion, ce qui précipite l'argent, à l'état de chVorurc argeniique. On réunit celui-ci sur un filtre, on réduit l'or contenu dans la liqueur filtrée; et, somme totale, on procède de môme que j'ai prescrit de le faire après que l'alliage a été traité par l 'eau régale.

Cependant, lorsqu'un alliage contient plus de quinze , mais moins de quatre-vingts pour cent d'argent , ni Tune ni l'autre des méthodes qui ont été décrites précédemment ne peut être employée dans des analyses scientifiques. On ne saurait alors exécuter l'analyse comme on a coutume de le faire lorsqu'on examine un pareil alliage d'or et d'argent dans un but qui ne se rapporte qu'aux arts. La méthode décrite p. 209 donne des résultats qui ne sont salisfaisans qu'après avoir été obtenus par une main exercée, mais qui, hors ce cas, deviennent si souvent incertains, qu'on ne peut même pas quelquefois en faire usage dans les arts.

Lorsqu'on veut analyser rigoureusement un alliage d'or qui contient enlre quinze cl quatre-vingts pour cent d'argent, il ne conviendrait pas de recourir à la méthode qui consiste à le fondre avec une quantité exactement pesée d'argent pur , et à traiter la masse fondue par l'acide nitrique pur. Il serait difficile de la mettre à

212 MARCHE DR l'aNAIASE QUANTITATIVE.

exécution en fondant l'alliage avec l'argent dans un petit creuset et dans un fourneau ; car, lorsqu'on procède ainsi , les parois du creuset se chargent fort souvent de globules très-petits de la masse fondue , qu'on a delà peine à réunir complètement. On ne saurait non plus recourir à la lime pour débarrasser l'alliage fondu de toutes les traces de la masse du creuset, parce qu'il est absolument nécessaire de consacrer la totalité des métaux fondus ensemble à l'analyse , attendu que la fonte n'est point uniforme partout et que sa composition varie dans ses diverses parties. La fusion ne réussit également pas bien, sans addition de plomb, sur une petite coupelle , dans le moufle d'un fourneau à essai , parce que la chaleur de celui-ci n'est point suffisante pour cela.

Il est donc préférable d'employer un métal plus fusible que l'argent, pour dissoudre l'alliage, afin de pouvoir le traiter ensuite par l'acide nilrique seul. Celui qui convient le mieux est le plomb pur, qu'on peut se procurer en faisant rougir l'acétate plombique du commerce. D'après les expériences de mon frère, en fondant environ trois parties de ce plomb avec une partie d'alliage d'or et d'argent dans un petit creuset de porcelaine, sur une lampe à esprit de vin, on obtient un alliage que l'acide nilrique pur décompose complètement , sans qu'il soit nécessaire de le laminer. On le traite par cet acide , jusqu'à ce qu'il reste de l'or pur, que, pour plus de sûreté , on doit redissoudre encore dans de l'eau régale, afin d'acquérir la conviction que la dissolution ne contient pas d'argent. On prend ensuite la liqueur séparée de l'or par la filtration, et on en précipite l'oxyde argentique dissous, à l'état de chlorure argentique. Quand on emploie de l'acide chlorhydrique étendu pour opérer celle précipitation , il peut arriver, si la liqueur n'est pas très-élcndue, que du chlorure plombique se précipite avec le chlorure argentique ; on peut à la vérité en débarrasser ce dernier par un lavage prolongé , mais la séparation n'a lieu qu'avec difficulté. Il est donc plus convenable d'employer , au lieu d'acide chlorhydrique, une dissolution de chlorure plombique, pour précipiter l'ox)de argentique de la liqueur.

S'il s'est formé une petite quantité de chlorure argentique pendant la dissolution de l'or, on la recueille sur un filtre, après avoir convenablement (fendu la liqueur avec de l'eau. On peut

or. 213

ensuite réunir sur le même fil ire le chlorure argentique qu'on a précipité par le chlorure plombique de la liqueur séparée de l'or par la fillration. Comme la dissolution de l'or dans l'eau régale peut contenir une très-petite quantité de chlorure plombique, il est à propos, dans ce cas, après avoir chassé l'acide nitrique, de précipiter l'or, non par l'acide oxalique, mais par une dissolution ferreuse. Cependant , comme il n'est pas possible d'employer la dissolution de sulfate ferreux, attendu que l'or réduit pourrait se trouver alors mêlé avec du sulfate plombique, le mieux est de choisir une dissolution de chlorure ferreux pour opérer la réduction de l'or.

En faisant usage de cette méthode, il est difficile de déterminer les petites quantités de fer et de cuivre, ou d'autres métaux , qui peuvent être contenues dans un alliage naturel d'or ou d'argent. Lorsqu'on veut trouver exactement la quantité de ces métaux , il convient de soumettre une portion de l'alliage à une autre méthode analytique qui p à la vérité , ne fournit pas d'une manière trèsexacte la quantité de l'argent, mais du moins permet de déterminer avec une précision suffisante celle des autres principes constituans. On réduit l'alliage en une lame très-mince, et on en prend un poids quelconque, que l'on traite par de l'eau régale. Lorsqu'il s'est formé une croûte de chlorure argentique sur la portion non encore attaquée de l'alliage, et que l'acide a cessé d'agir, môme en chauffant fortement le tout , on décante la liqueur, on lave ce qui reste de la lame avec de l'eau , et on dissout par de l'ammoniaque la croûte de chlorure argentique qui adhère à sa surface. On ajoute la dissolution ammoniacale à la dissolution précédemment obtenue dans l'eau régale ; ce qui , si cette dernière est acide , en précipite du chlorure argentique. Quant au reste de la lame d'alliage, on le traite de nouveau par l'eau régale, puis par l'ammoniaque, et Ton réitère ces deux opérations jusqu'à ce que tout l'alliage soit dissous. Après avoir réuni toutes les liqueurs, et les avoir étendues d'eau , on rassemble sur un filtre le chlorure argentique qui s'est formé, en ayant soin, toutefois, de se convaincre préalablement que la dissolution est acide. Prenant alors la liqueur filtrée, on en réduit l'or au moyen de l'acide oxalique; et après avoir séparé ce métal par la fillration , on détermine les petites quantités d'au-

214 MARCHE DE i/ANALYSE QUANTITATIVE.

très oxydes métalliques qui peuvent exister encore dans la dissolution.

Cette méthode est très-compliquée ; aussi ne doit-on y recourir que quand un alliage d'or ou d'argent contient d'autres métaux encore. Les quantités de chlorure et de nitrate ammouiques qui se forment par le mélange des liqueurs ne suffisent pas pour précipiter bien complètement le chlorure argentique ; c'est pourquoi il est prodent de prendre une autre portion de l'alliage, et de l'analyser d'après la méthode qui a été décrite précédemment , en la faisant fondre avec du plomb, et traitant la masse fondue par l'acide nitrique.

Manière de séparer ïor du cuivre. — Dans une analyse qui intéresse plutôt les arts que la science, on détermine la quantité d'or que contient un alliage d'or et de cuivre, en pesant la combinaison, kt fondant sur une coupelle, dans un four à essai, avec trois à qualrc Ibis son poids de plomb pur, et la coupelîant ensuite : on pèse l'or qui reste, et Ion calcule le cuivre d'après la perte.

Si l'alliage qu'on examine, outre de l'or et du cuivre, contient encore de l'argent , sortes de combinaisons qu'on a plus fréquemment intérêt 5 analyser dans les arts que celles qui consistent uniquement en or et en cuivre, on prend un poids quelconque de l'Alliage dont on a déjà déterminé la proportion d'or d'une manière approximalive parle moyen de la pierre de louche, on y ajoute assez d'une quantité exactement pesée d'argent pur, pour que la somme totale de ce dernier et de l'argent existant dans l'alliage soit à peu près triple ou quadruple de la quantité d'or ; on fond le tout avec trois ou quatre fois son poids de plomb pur, sur une coupelle, dans un fourneau d'essai , et on coupelle ensuite. Après que le cuivre et le plomb se sont complètement oxydés, et que les oxydes ont été absorbés par la coupelle, on pèse l'alliage restant d'or et d'argent : la perte indique à combien s'élèvent les quantités de cuivre. Pour séparer ensuite l'or de l'argent, on emploie la méthode par l'acide nitrique, qui a été décrite précédemment ; et après avoir déduit l'argent qui a été ajouté, on calcule, d'après la perte, quelle était la quantité de celui que l'alliage contenait.

Comme ces méthodes ne donnent pas de résultats fort exacts, et que ceux qu'elles fournissent ne peuvent suffire qu'aux besoins

or. 215

des arts, il est impossible d'y avoir recours dans des analyses scientifiques. Les détails dans lesquels je suis entré précédemment font assez connaître la manière dont on doit s'y prendre pour séparer l'or tant du cuivre seul que de l'argent et du cuivre.

Page 1