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vl périphérique persistait tout entière. La sensibilité du bout central provenait oc directement du pneumogastrique, de méine que le bout périphérique recevrait k ciuquièflie paire sa sensibilité récurrente (1).
Cette expérience, qui prouve nettement que le facial n*a en propre aucune sensi- Blet et que celle qu*il parait avoir est due à l'adjonction de fibres sensitives provelat toit du pneumogastrique, soit de la cinquième paire, est importante encore 1 ce qu'elle démontre que les nerfs pétreux ne communiquent aucune propriété MÎlive à la septième paire, et, par conséquent, ne sauraient ôtre regardés comme « filets venant de la cinquième paire et se rendant à ce nerf. Elle prouve de plus le ces deux filets, grand et petit pétreux , se portent au contraire du facial à la Mimème paire, et enfin que le nerf intermédiaire de lYrisberg ne joue en aucune pott» par rapport à la septième paire, le rôle de racine sensilive. Maïs, pour arriver à une démonstration satisfaisante de ce dernier point, il faut ir directement sur la portion intra-crânienne du facial, et cela constitue, il faut 91 le dire, une énorme difficulté. Là, effectivement, la septième paire est si ilbiidéoient située, qu'on n'y arrive qu'après avoir effectué de grands désordres; d'autre part, si l'on veut se borner à en opérer la section en faisant pénétrer iMminent par un étroit passage, on s'expose à le manquer ou à toucher d'autres ils nerveux. Néanmoins, en variant les procédés opératoires, M. Cl. Bernard est rivé à des résultats dont les uns sont tout à fait concluants, et dont les autres, quoile moins précis, permettent cependant, ainsi que nous allons le voir, de formuler wicfoes déductions pleines d'intérêt.
Lonqne sur un animal dont le crâne a été ouvert, on pince la masse des nerfs li Airnient la septième paire, c'est-à-dire, l'acoustique, le facial et le nerf inter- Sdiaire, on n'y trouve pas de sensibilité évidente (2). Ce défaut de sensibilité cait-il la conséquence du délabrement? Mais la cinquième paire expérimentée au ême moment donne tous les signes d'une vive sensibilité; d'ailleurs, la section de «te même septième paire pratiquée également dans le crâne, mais avec un instrucnt introduit par le trou de la veine mastoïdienne, n'a pas donné lieu non plus à îhdoulenr. Concluons donc avec M, Bernard, que le nerf de lYrisberg n'est point, «une l'ont prétendu Gaèdeckens et M. Cusco , un nerf de sentiment, jouant par |iport au nerf facial le rôle d'une racine postérieure et faisant de lui un nerf mixte. ien, d'ailleurs, môme dans la constitution anatomique de ce filet nerveux, n'autott «ne pareille conclusion. En effet, le ganglion géniculé, qu'on a voulu comparer B ganglions intervertébraux, donne naissance à des filets nerveux, ce qui n'a Mis lieu pour les ganglions des nerfs rachidiens.
Soit donc qu'on interroge la sensibilité du nerf facial dans le crâne avant ses anannoaes avec des nerfs sensitifs, soit qu'on expérimente sur sa portion extraderaenne, après avoir détruit ces anastomoses, on trouve ses fibres insensibles ; d'où 0 doit conclure qu'il est incapable de transmettre aux centres nerveux une imesaion sensible. Ainsi se trouve démontrée cette première proposition, à savoir, le les fibres du facial ne jouissent en propre d'aucune sensibilité et qu'elles ne ndnisent au cerveau aucune impression sensible. 2* Le nei'f facial eU un nerf moteur, — Ici les faits abondent, et l'on n'a que
(1) Cl. Beroard, Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux^ 1858, II, p. 29.
(2) Cl. Bernard, ouvr, cité^ p. iil.
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l'embarras du choix. Toua \oh expériinentatetirs sont d'acford snr ce point, à savoir. que, quel que soit le lieu où l'on opère, constamnoeot la section du facial paralysf» les muscles qui reçoivent leurs nerfs de la portion située au-dessous de la section. Seulement, ici encore, ainsi que Ta fait observer avec beaucoup de raison M. Cl. Bernard, il faut distinguer entre la section faite hors du crâne et à Tintérieur du crâne; en d'autres termes, il faut étudier la paralysie superficielle et la |>aralysic profonde de ce nerf.
Si le facial est coupé un peu après sa sortie du trou stylo-mastofdien, tous les muscles peauciers de la face sont et demeurent paralysés : ainsi l'aniinil ne peut pli» froncer ni élever le sourcil; le muscle orbiculaire palpébral ne se contractant pitu volontairement, les paupières restent eutr'ouvertes ; la narine ne peut plus se soulever, les lèvres restent immobiles dans une de leur moitié, et l'expression faciale en abolie du côté corresi)ondanl au facial divisé. Chez l'homme les mêmes pliénomènfs s^observent, et dans les cas très nombreux aujourd'hui où à la suite d'opérations chirurgicales ou d'accidents, le tronc du nerf a été coupé avant sa division eo deux branches termimalcs, on constate exactement les mêmes phénomènes. Seulemenf, à l'inverse de ce que l'on observe chez les animaux, les traits sont emportés parki* muscles non paralysés vers le côté sain, chose jusqu'ici complètement inexpliquée (I). Rnfîn, lorsque la section a |K)rté sur le tronc du nerf, innnédiatement à sa sortie do canal inflexe, on observe de plus la paralysie des nmscles stylo-glosse, digastriqiif, stylo-hyoïdien et glosso-staphylin, qui se manifeste par un embarras dans les moQvements de déglutition. Voilà pour la paralysie superficielle.
Quant à la paralysie pmfomle du facial, celle qui porte sur la portion intra-crânienne, elle est moins bien connue ; cependant on sait qu'elle donne Heu ft dei phénomènes du côté des tirgancs des sens et qu'elle influe sur les sécrétions salivaim et la calorification, ce qui fera le sujet de la troisième proposition qu'il me reMaà démontrer.
3" /i'n vertu dt^s propriétés motvfrcs dont il est doué, le facial ex€f*ce yne action sttr les orgaups des sens, snr les sécrétions, la cidorification, la circulation^ H enfin la nutrition de la face. — La section du facial déterminant l'abolitiOB des mouvements volontaires dans les muscles qui se distribuent h ce que Haller nommait les tutnniinn nru/i, c'est-h-dire entraînant la paralysie du muscle sourcilier,de l'ocripito-frontal, de l'orhiculain» palpébral et des muscles dits de Homer, dont les fonctions consistent à abriter l'œil contre une lumière trop vive, à étaler les lannei et les mucosités h la surface de la conjonctive et de la cornée, à les diriger fW§ le sac lacrjinal oi à les y faire pénétrer par le jeu d'aspiration qui a été précéderomnt indiqué (^oy. p. 362), il en résulte que la vue est toujours plus ou moins troublée du côté inalad(>. Lorsqu'on a examiné avec attention un individu atteint d'une parahsie faciale, on comprend à inerveilic que la surface cornéo-conjonclifile étant recouverte de mucosités dont elle ne peut se débarrasser, la vue ne soit pas aussi nette qu'à Tétat normal. Aussi arguer de ce trouble de la vision poar pn^ tendre, comino M. Ma]gaip;nn, (pio le facial a d'antres fonctions encore que celle d'animer les ninsclcs, (ju'il exerce, par exemple, une action inconnue et mysiérieiBe sur les fonctions visuelles, me semble une manière de raisonner en opposition formelle avec les expériences sur les animaux et l'observation (lini(|ue.
(1) Cl, Bcrannl, r ht. ritp, p. 41. — Liégeois, Thi'sfl df Pnris, p. 52.
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ïjk mi^oiM iV*flo\ions se repr^entonf h rocr^iRion do l'action du facial siirTolfarlion, roiiïo et le (çoût. Rolativomcnt à i'olfartion, li*s mnsclos qui ontonrcnt la narino lie se dilatant plus, par rouséqucnt h* courant d'air qui transporte les molécules odorantes à la muqueuse nasale se trouvant notablrniont nHluit ot nV*tant plus dirigé tt^cc b même précision, on a quelquefois ol)ser>é une diminution sensible de l'impression olfactive. Mais c'est là un fait qui n'est pas constant; malheureusement les e^pi'wnces sur les animaux ne |)euvent jeter que très |)eu de lumière sur celte question.
Il en est de nirme de lu diminution i\v 1 ouïe et de son exaltation dans d'autres ras, ph^'iiomènes observés assez fréquemment et ((ui trouvent leur explication dans la fiaralvsie des nuiscN's de l'oreille moyenne, et peut-être aussi des salpingo-staphylins rbanciéft de dilater Torifice de la trompe d'Ëustaclii.
C^uanl à l'embarras tout particulier dans le sens du gont, noté chez quelques
■Ktividiis, il reconnaîtrait |M)ur cause, suivant M. (A, Bernard, la paralysie de la corde
au twnpan. On sait que ce nerf s'accole au linp;ual, et qu'après avoir envoyé un filet
an ganglion sous-maxillaire, il en fournit un autn* qui se jette dans la langue; or,
comme il a une inlluence motrice, on peut supposer (pi'il agit de deux manières :
flOit en détenninant dans les vaisseaux d(* la langue ime perversion de la circulation
l|al troublerait la gustation, soit en exerçant sur l'élément contractile des papilles lin-
^ale^ une modifieation qui rah^ntirait l'absorption des substances sapides (1). Mais
ceMmt \h des hypothèses, vovonsles faits. Après la section de la corde du tympan
dans loreille sur les chiens, la s(M)sibilité gustative de la |)ortion de la langue h la-
«inelte se rend ce filet nenenx est toujours notablement amoindrie; d'où nous tirerons
CHle conclusion, sans nous prononcer autrement sur l'explication de ces troubles fonc-
tfennels. que l'altération du goiU, dans la paralysie faciale chez l'hounne, annoncera
C|nela maladie siège surle tronc du nerf au-dessus de Toriginede la conle tympanique.
Un des points sans contredit les plus curieux et les moins connus de l'histoire «lo facial, c'est son influence sur la sécrétion sali\aire. Voici comment M. Cl. Bermrd, par des expériences, prouve directement l'action de la corde du tympan sur Il ^ande sons*maxillaire et du facial jtrofond sur la parotide. On introduit dans le oootluit de AVharton un tube, on met du vinaigre sur la langue de l'animal, et f inslani d'aprt's on constate que la salive s'écoule al)ondamnient. (Comment s'opère cette transmission de l'excitation de la muqueuse buccale à la glande sous-maxillaire? ftr i* intermédiaire d'un nerf de sentiment «pii |>orle l'impressicm aux centres ner- ^eax lesquels renvoient à la glande l'excitation nécessaire à la sécrétion. Les ex|ié« riencen suivantes vont le démontrer.
1* L« choses étant disposé^'s comme il lient d'être dit, on coupe le lingual, c'est- ^ire les deux linguaux, afin d'interronipre des deux côtés toute conmiunication fensiliTe avec l'encéphale, puis on place du vinaigre sur la |)artie antérieure de I lào^oe de l'animal; il ne s'écoule rien, ce qui prouve que l'impression sapide n'est pas perçue : si l'un galvanise alors le bout central, la sécrétion re]>arait, évidemment paire qne la galvanisation a réveillé la sensatifm gustative.
2* Si l'on divise an contraire la corde du tyn)|)au et (pi'on mette du vinaigre sur la lançne, la sécrétion n'a |>as plus lieu qu'après la section du lingual; la galvani* Miiou du bout central ne donne pas davantage de résultat. Mais en a|)pli(piant les léophoresau bout périphérique, la salive coule de nouveau ab(mdanle |)ar le tube.
'11 Cl. Iternard. ouvr, eitéf p. 174.
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N*est-il pas évident que la corde du tympan joue» par rapport k la glande nousmaxillaire, le rôle d'un nerf moteur, de même que le nerf lingual celui d*un nerf senaitif.
Pour la parotide, rcxpérience est plus difficile ; voici comment on procède. On découvre le conduit de Sténon, on y place un tube, et Ton constate que sous Tinfluence de Tintroduction du vinaigre dans la boncbe, la salive coule eu abondance; alors on coupe le facial au sortir du trou stylo-mastoïdien, et la sécrétion continue: preuve que ce ne sont point les filets traversant la glande qui régissent cette fonctioD. Mais si l'on di\ise le facial dans le crâne, on voit se tarir la sécrétion, d*où Ton conclut qu'elle est sous la dépendance immédiate des filets fournis par la septième paire dans le canal iaflexe.
( D'autre part, Tcnlèvement isolé du ganglion spliéno-palatin où se rend le grand nerf pétrcux n'ayant détern)iné aucune diminution dans la sécrétion parotidienoe, M. Cl. Bernard se trouve naturellement conduit à penser qu'elle doit être sous la dépendance du petit nerf pétreux et du ganglion otique, tout en avouant, cependant, que jusqu'ici cette l)y{)otlièse ne s'appuie sur aucun fait anatomique, puisque l'oi n'a point encore trouvé de filets allant de ce ganglion à la parotide. Enfin, pour compléter ce qui a rapport à ce sujet, je dirai que l'ingénieux expérimentateur s'eit assuré, par la galvanisation du ganglion cervical supérieur, que le grand sympathique exerce aussi une certaine innuence sur la sécrétion salivaire.
Quelle est donc la portion du nerf facial plus s|)écialement affectée à la sécrétioa salivaire? M. Cl. Bernard pense que c'est la petite racine du facial, c'est-à-dire le nerf intermédiaire de \> risberg. Pour lui, ce rameau représenterait une racine cépbilique du grand sympathique accolée au facial, et fournissant les nerfs pétreux d'abord, et, plus tard, la corde du tympan. Mais il est forcé de convenir que tout ceh n'cit qu'hypothétique, car il faudrait, pour que la démonstration fût complète, pooioir couper séparément dans le crâne le nerf de AVrisberg, ce qui est matériellement im* possible. Mais laissons là l'hypothèse, et acceptons seulement ce qui est démonUré, à savoir, l'inHuence du facial sur la sécrétion salivaire, influence que vient nettement démontrer encore l'expérience suivante, qui touche de trop près à la chirurgie poor que je ne croie pas devoir la rapporter.
Sur un chien auquel ou avait pratiqué plusieurs fistules salivaires, aussi didBcilef à guérir spontanément chez ces animaux que chez l'homme, on détruisit le facial ï son origine; quelques jours après, la plaie ne donnait ])lus d'écoulement de salive et môme se cicatrisait. Avec M. Cl. Bernard je pense qu'on n'a jamais rien observé d'analogue sur l'homme : il serait donc curieux de savoir ce qui adviendrait dai» le cas où existeraient simultanément une fistule salivaire et une paralysie profonde du facial (1).
Je noterai, mais simplement |)our compléter l'histoire physiologique du nerf faciil, son action sur la calorification et la circulation après sa section ou son arrachement Chez les lapins, on observe constamment une augmentation de 3 ou U degrés dans la température de roreilie correspondante, phénomène attribué, par M. Martin-Magroo, à ce que les vaisseaux paralysés et dilatés ne |)euvent réagir sur le courant sanguin plus considérable qui les parcourt, d'où augmentation de calorification (2). Qnoiqo'ii
(!) Cl. Bernard, ouvr. citét p. 158.
(2) Li<^geoi5, Thèse de Paris, p. 6t.