CHAPITRE II
Du cou.
par l^intermédjaire du cou que la tête se rattache au tronc; aussi peut-on dérer, qu'on me passe l'expression , comme une région de passage^ dans on ne trouve, pour ainsi dire, aucun organe qui lui soit propre. Les vaislérieb et veineux, la trachée, i'cesophage, la moelle épiiiière et tous les nerfs rencontre, ne font, en effet, que le traverser pour se rendre à l^r dcsiîiltérieure ; seuls, le larynx, organe de la phonation, et la thyroïde, lui appart en propre.
de du cou n'en est pas moins de la plus haute importance, car souvent le en est appelé à agir sur lui, soit pour y pratiquer des opérations dont le bui établir la continuité des voies aériennes ou digestives momenuinément inter - , soit pour remédier à des accidents graves provenant de la lésion des vais • MMt enfm pour toute autre cause.
rme varie selon l'âge et le sexe. Anguleux chez l'homme, et présentant des en rap|)ort avec l'énergie musculaire, il est généralement arrondi chez la et chez l'enfant, ce qui tient au relief moins considérable, non-seulement des ^ des éminences osseuses et du cartilage thyroïde, mais encore à une plus quantité de graisse, dont l'accumulation peut quelquefois beaucoup gêner les besdu chirurgien.
Migueur, qui semble varier suivant les personnes, reste cependant à peu près le, sauf les cas, bien constatés aujourd'hui, où une vertèbre cervicale vient à er. I..es individus dont le cou paraît court sont. ceux dont les épaules et les les sont relevées par une conformation particulière, mais la disUince du ster- B menton est approximativement la même que chez les individus dont le cou dungé; je me suis plusieurs fois assuré de ce fait par la mensuration. Aussi ontion apoplectique que l'on croit leur être particulière ne tient-elle pas tant ! brièveté du cou, plutôt apparente que réelle, qu'à l'embonpoint considérable tique toujours accompagne cette disposition. Je crois donc qu'il faudrait au soumettre à révision cette idée que, chez les individus dont le cou paraît plus les vaisseaux qui portent le sang au cerveau ayant moins de longueur, l'im- ( de ce liquide sur la puli)e cérébrale est plus immédiate et plus dangereuse. ( si la longueur effective du cou ne varie pas sensiblement, il n'en est pas de 4e sa largeur. Quelle différence entre le cou de ces athlètes herculéens qui Ht dans nos foires publiques, et celui de ces pauvres créatures amaigries par la €( l'inaction? C'est qu'en effet la largeur ne tient point, comme la longueur, taformation du squelette ; elle est due au développement musculaire, lequel iquérir par l'exercice des |)roporiious considérables, l'ai point à m'occuper ici de l'anatomie des formes extérieures du cou ; je uierai en temps et lieu les diverses saillies qu'on y remarque et dont le chi- I doit savoir tirer parti.
mbîlité de la tête sur le cou est très grande, si grande même que, soit dans la
aoit dans l'extension, soit dans les mouvements de latéralité, le menton ,
it 00 l'oreille peuvent venir toucher le sternum, le dos ou les épaules. Or, ccf
grands mouvements ne peuvent avoir lieu sans que Je c/)ié opposé à celui sens duquel la têle se porte augmente de longueur, disposition que le ch utilise pour se donner plus d'espace lorsqu'il pratique des opérations sur ces régions.
Cette mobilité de la tête est surtout considérable dans le sens de la fle: dans le cas de paralysie des extenseurs, elle i)eut être portée h ce point qne ton, par son contact avec les téguments qui recouvrent le sternum, en pr mortification. C'est ce qui eut lieu chez l'illustre maestro Donizetti , if ramollissement cérébral pour avoir demandé à sa noble intelligence plus q |K)uvait donner, peut-être.
Ije cou se divise naturellement en deux régions principales : 1** une po ou rélrO'Vertébrah, qui rentre dans la grande région rachidienne; et 2* ii Heure, que j'appellerai pré vertébrale^ trachélienne de Chaussier, de bea plus importante.
La région rétro-vertébrale a déjà été décrite, je n'y reviendrai pas; qi région prévertébrale, elle se divise elle-même en deux régions secondaires, par le muscle sterno-mastoîdien : l'une antérieure, que je nommerai hyo l'antre latérale, qui a reçn le nom de sus-clavkulaire. J'indiquerai sommai chemin faisant et pour obéir & l'ordre topographique, la disposition des lan névrotiques dans chaque région, mais je les décrirai d'une manière £;énér un chapitre intitulé Aponévroses du cou.
§ I. — Région hyoïdienne.
Cette grande région est ainsi limitée : latéralement, par les deux muscles mastoïdiens, que j'y fais rentrer complètement, afm de ne point scinder lev si intéressante; supérieurement, par la base du maxillaire inférieur et |)ar m qui, prolongeant sa direction, viendrait rencontrer les sterno-mastoïdiens; ii rement, par le bord supérieur du sternum et des clavicules. Ces limites se ji d'elles-mêmes tant elles sont naturelles, et il n'est pas besoin de séparer la p parties sous-jacentes pour les reconnaître; il suffit , en effet , de faire porta en arrière pour voir saillir les sterno-mastoïdiens, et, au besoin, une ligne la partie postérieure de rapo))hyse mastoïde au tiers interne de la clavicule ! cerait parfaitement cette indiciition.
Étudions d'abord l'anatomio des formes extérieures au point de vue chirti
De haut en bas sur la ligne mcdinno, la première saillie que l'on rencontre du menton, c'est l'angle du cariiiage thyroïde, vulgairement nommé />ommfd Chez l'homme, surtout chez les sujets maigres, on peut recomiaîtrc avec Ve du doigt l'écartemenl de ses deux lames, ce qui est tout à fait impossible femmes pourvues d'embonpoint et chez les jeunes sujets. En remontant ï ^ millimètres au-dessus de cet anjçle, on peut sentir, en déprimant fortement I ments, un corps dur et résistant comme perdu an milieu dès chairs, c*est b l'os hyoïde qui se déplace avec facilité.
Au-dessous du cartilage thyroïde, on rencontre un enfoncement qui r^ membrane crico-thyroïdienne, et immédiatement plus bas, la partie antéri l'anneau du cricoïde, au-dessous duquel existe une dépression qui permet de chez les sujets dépourvus de graisse et dont la thyroïde n'est pas très dévelop
lÊGION hyoïdienne. 691
cmiere cerceaux de la trachée. Chez les femmes, on remarque habiluellemeut en l eudroit une saillie doe à la présence de l'isthme de la glande thyroïde, toujours ■a voliiuiineuse chez elles.
Enûn, tout à fait en bas, se voit la fossette dite sus-stcrnale, dont la i)eau s'ennce légèrement à chaque inspiration.
Sar les côu'^s de la région, les stcrno-mastoîdiens forment un relief très prononcé iBf toute leur étendue, de l'apophyse niamiida au sternum et à la clavicule ; la paration des faisceaux stemal et clavicolaire n'est souvent manpiée que par un très fer eofoncement ou foMette dont la connaissance importe au chirurgien. Ces saillies et dépriMiODS senent de point de re])ère dans certaines opérations: eu ainsi que le relMto cartilages thyroïde et cricoîde dirige dans la laryngotomie
la larv ngo-tracbéolpmie, de n}ùfm que c'ait |e long des mastoïdiens, ou dans jcartemeot de leora faisceaux inftriaurs» qu'on a proposé de |)énétrer pour aller à
recherche des caruCidai ou àu tronc brachio-céphalique.
La région hyoïdiaooa la prélarail mal à une deicriptioR générale ; aussi , à eumple de tous les aolaorit h Mibdi?iserai-je en plmiaurs régions secondaires dont ■Bmites semnt d'ailknif anaa naUameut tracées.
h décrirai successivement s t*la région suê^hyoidienne^ comprise entre l'os hyoïde, ikap de la mâchoire et lea atamo-masloîdiana | 8* hl région sous-/iyoïdienney qui Ntope tout l'espace situé entra rbyiAle, le stemom et les deux sterno-mastoïdiens; ain 3* la région que raoOBVn CM dernier muscle, et que je désignerai sous le nom fc êff^no-mostoïdienne^
t* MaloA fus-liyoWlenM.
Cette région forme en |)artie le plancher de la bouche, la pami antérieure et une iKtie des parois latérales du pharynx. Située sur la ligne médiane, impaire et Métrique, elle est limitée à l'extérieur par la parabole du maxillaire inférieur ; latéknent, |>ar les vaisseaux carotidiens et le bord interne des muscles mastoïdiens; krieorement, |)ar l'os hyoïde. Profondément elle s'appuie sur la face inférieure de langue, avec laquelle elle est assez intimement confondue pour que M. Malgaigne, W nemple, ait cru devoir la décrire avec cet organe et n'en faire qu'une seule l^on. Elle concourt donc à constituer la i)arpi inférieure de la cavité buccale, et M quelques points en avant et en arrière, par exemple, elle est tapissée par la Uf cuic de la bouclie et du pliar>'nx.
8a direction est celle de la langue, c'est-à-dire qu'elle est curviligne, et, comme a^ a Doe portion horizontale et une verticale réi)ondant aux |X)rlion8 horizontale et ilicale de cet organe.
L'aogk arrondi, ouvert en bas et en avant, (|u'ellc présente dans la position norria da b léle, disparaît lorsque le menton est fortement relevé. Les téguments sont n tendos, ce qui facilite les incisions qu'on doit y pratiquer et qui seraient imposées dans l'état de relâchement où les met la flexion de la tète, la mobilité extrême de tous les éléments qui entrent dans la composition de cette poo, laquelle ne se compose que de parties molles et d'un sipielette flottant, l'os oide» doit être toujours présente à l'esprit du chirurgien, soit pour se mettre en fét contre elle, soit pour Tutiliscr. C'est ainsi, par exemple, que le déplacement iéni bcîle de l'hyoïde permet, lonKiu'on veut lier l'artère linguale, située parallè-
Pendant que ce travail s*acconiplit, les arcs vertébraux, c'est-à-dire les lames et les masses apopbysaires ont coinuieucé à paraître, et se développent par deux points latéraux qui viennent se rejoindre sur la ligne médiane. Quant aux apophyses épineuses et transverses, elles naissent par des points complémentaires.
Ainsi le racliis se développe en avant et en arrière de chaque côté de la ligne médiane, par deux moitiés symétriques, ainsi que Tavail annoncé iMeckel, sans pouvoir le démontrer; ce fait, en effet, n*est acquis à la science que depuis les travaux récents des embryologLstcs modernes. Béclard a donc commis une erreur, bien excusable il est vrai, en se refusant à admettre cette ossification des anneaux ou corps vertébraux par deux points latéraux, puisque la réunion des deux plaques primitives qui fo^n^ ront plus tard le corps vertébral s*eiïectue si rapidement, qu*on est resté longtemps avant d'acquérir la certitude de ce faiL Cette circonstance rend compte de la rareté de la non-réunion des corps vertébraux par arrêt de développement, comparée surtout à la fréquence de celle de lames postérieures, ou spina-bifida proprement dit; on sait, en eiïet, (|ue les arrêts de développement ont d'autant moins de chances de se produire, que les organes atteignent plus rapidement leur état définitif.
Dans le spina-bifida, la moelle épinière, ainsi que l'a démontré Ollivier, est nornu- Ien)ent développée et ne participe en rien à l'imperfection du rachis, remarque qui met à néant cette opinion de quelques anatomo-pathologisles, qui ont prétendu qoe l'arrêt de développement du rachis était la conséquence de celui du cordon rachidiei.
A partir de la naissance, le corps des vertèbres continue à croître en liauteur; à dix-huit ans, cet accroissement n'est pas encore terminé, et, par la macération, on peut isoler leur cartilage d'ossification. Ce n'est que de vingt à vingt-cinq ans que les apophyses se réunissent aux corps vertébraux, et que l'ossification et TaccroissemeDt du rachis sont terminés. Ces données permettent de comprendre quelle influence elTicace peut avoir sur les déviations vertébrales un traitement appliqué à l'époque où l'ossification n'est pas encore achevée; elles démontrent également que passé l'âge de vingt-cinq ans, tout essai d'amélioration permanente est à peu près illusoire, puisque les moyens mécaniques ne peuvent agir que sur les ligaments fibreux intervertébraux dont l'élasticité ramène inévitablement, comme le ferait un ressort, les parties déviées du rachis <i leur situation vicieuse primitive.
Chez les vieillards, le rachis subit des changements considérables; il semble que la colonne perd insensiblement sou élasticité, et le |K)ids des viscères qui y cstappendu parait l'entraîner en avant. Aussi voit-on les vieillards se courber, se voûter^ ainsi qu'on le dit avec beaucoup de vérité, et avoir besoin, i)ar suite de celle p^oje^ tion insensible de la partie antérieure et supérieure du corps en avant, de s'apjniyer sur un bâton pour conserver l'équilibre. Dans celte |)Osilion, l'ossification s'empire souvent du grand surtout ligamenteux antérieur, et des stalactites osseuses unissent extérieurement les vertèbres; mais lorsqu'on fend les corps vertébraux par leur milieu, ou retrouve toujours, au centre du disque intervertébral, le tissu fibro-cartilagineoi qui a conservé sa souplesse et échap|>é à l'ossification.