‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 36 sur 74 · THÉORIE 1>U COMITÉ DE DUBLIN · texte numérisé non relu

THÉORIE 1>U COMITÉ DE DUBLIN

3° Le praaûer hniit est lié à la systole ventrlculaire , et il a la même durée qu'elle.

k"" La cause du premier In^dt commence et finit avec la contraction du Tentricule, et continue son action pendant toute la durée de la systole.

5° Le premier bruit ne dépend pas de Tocclnsion des valvules mitrale et tricuspide, puisque ce mouvement des valvules n'a lieu qu'au commence-

cœur fût ensnite tenu verticalement, et le stéthoscope, placé sur les cavités ventriculaires, pendant qu'une main les «omprimait à Textérieur, de manière à chasser une colonne de liquide à travers les troncs artériels : Ton entendit alors un bruit semblable au premier bruit du cœur. Lorsqu'im plaçait le stéthoscope sur les ventricules, après que tout mouvement avait cessé dans le cœur, et quand celui-ci était complètement vide, de sorte que sous la pression de la main, les faces internes des parois pussent frotter l'une contre l'autre, on entendait un bruit assez analogue au premier bruit du cœur. Si Ton introduisait un doigt dans le ventricule gauche, à travers TorlÛce mitral, et si, avec ce doigt, on exerçait de doux frottements sur la surface interne de cette cavité, on produisait un bruit semblable au premier bruit du cœur, et perçu à l'aide du stéthoscope appliqué extérieurement. Lorsque, par un tube de verre, on laissait tomber, d'une certaine hauteur, de l'eau sur les valvules aortiques avant leur destruction, on déterminait un bruit tout à fait semblable au second bruit du cœur; et si, faisant passer le tube entre les valvules, on exerçait de l^ers frottements de bas en haut et de haut en bas, on entendait un bruit semblable au bruit de râpe. {London med. Gax., t.xvi, 1834-35, p. 777.)

ni^it de ia systole, et a une durée beaucoup moindre qu'elle.

&' Le premier bruit u'est pas produit par le fpotlemrat réc^M*oque de la aurlaêe interne des ventricules, puisqu'un tel j^ottement ne saurait avoir lieu qqe iorôque le sang a été chassé hors des fientncules, et qse c^^ieûdant le piseraier bruit coifiiQeiice avec le commencement de ia systole ventriculaire. '

7? u wm^m \m^ ^t pi»d«|t, «ojt par le bruscpie passage du sang sur la sui&ce iriié^ilière des ventricules dans son cours vers les orifices jrt^ripliç, spjj; pjif Jç j^ruit piu^ulafre des yenÇriç^]^, spji; Yr?i§efl[iy?ijJ^pn4 pap pes à^m^ Çî^Mses il iaim

%p Le desiième brwt a lieu au8f»tôt après la systole ventriculaire, et s^ production est liée è TiB^té des'îfgJvHi^ SOï'fi^P^ çt pidu^op^es; il p^paU in k la résistaiii^ subite gue k tonsion de ees valvules ^pose au mouvement rétrograde imprhné siux cpïonnes sanguines, après chaque systole, par j,^ ré^çfiQp élastjque fies grQS tf o^ps ariérids»

En terminant ce rapport, le comité de D«dbini déclarait que , malgré le Joifr jeté par ces expéfienpes sftj: )a qi|e^qij dps brij}^ let des mouvements du cœur, la nature même du sujet rendait difficile la solution complète du problème , et que

THÉORIE DtJ COMITÉ DE LONDRES. 56S

son importance tnérittit de rionreiks intestat*

Les reclierthes dn comité de Lmidi^ (1) nous pHraisseitt atteindre ce bot, et confirmer encdre les résultats obtenus antèrieorcatient Voici les conclusions de ces eipériences:

l"* Le premier bruit du cœnr , tel qa'â eàt eutendu dans la poitrine, est de fliture complexe : il résulte d*Qn bruit constant ou essentiel , et d*im sàtre qui n'eèt peiro^tible qne dans certaines circonstances. Cet élément ooiKtant dn prentier bmit petti être cdn^iérë eotnme intMnsèque : il settible ' ^pèirïre du passage soudain des ventricules « d'an état de Mcciditè dans ta diastole ; à une tension ettt^me dans la sysiiole; le brtiit extrinsèque od subsidiaire qui, êuïB phisieurs circonstances^ contribue pour une grande part au premier br dit( protiem du choc dû cteur cmtte h patbl du thorax.

2* Là collision des molécules sangtiines, sblt te» unes contre les autres, soit contre les parois in-

(I) Premier rapport du comité âe Londres de VAsêo-dation scientifique de la Grande-Bretagne^ lu ao congrès de Bristol en 183^. (Signé par les docteurs G. Williams, R.-B. Todd et J. Oendinning.) Williams, op. cit., p. 310. —Comme ce rapport est un pfeu long, noua ne consignetona pas lel lefe expérience^ elles-mêmes, qtH d'iHllenrs oflt beau^bp d'analogie atec edles dn dodeur WitHôtnê.

aô4 THÉORIE D£S BHUITS DU CCKUK*

ternes dn cœur ou les valvules, etc. , parait n'avoir aucune part à la production du premier bruit dans Tétat normal : le jeu des valvules auricnlo-ventriculaires semble aussi n'y entrer pour rien (1) ; le choc des surfaces opposées, à l'intérieur des cavités, est une cause purement hypothétique.

3<* La cause principale, et ou peut dire la seule, du second bruit, est l'occlusion soudaine des valvules sigmoïdes par les colonnes de sang qui retombent sur elles, dans la diastole, chassées par la réaction élastique des artères.

&<" Les colonnes charnues semblent agir en même temps que les parois des ventricules, et, en raison de cette action simultanée, il parait impossible que les valvules auriculo-ventriculaires se ferment avec un bruit de claquement analogue à celui des valvules sigmoïdes.

Enfin, une série de recherches entreprises à Philadelphie, par un comité réuni sous la direction de MM. les D" Pennock et Moore (1), vient ap-

(1) Cette proposition, fondée sur des résultats négatife, parait trop exclusive au docteur Williams : des expériences ultérieures lui ont démontré que les valvules auriculoventriculaires, les cordes tendineuses, etc., peuvent concourir également à la formation du premier bruit. (Loc. cit., p. 311.)

(1) Relation d'expériences sur V action du ■ coeur, par MM. Pennock et Moore ; extrait du Médical Examiner, n"* 44, Philadelphie, 18^9. Ces expériences ont été faites en

THÉORIE DU GOmXÉ DE PHILADELPHIE, $65

porter une dernière confirmation aux faits les plus importants que nous voulons établir. De seize expériences pratiquées sur des animaux de grande taille, ces observateurs concluent ce qui suit:

1*" L'impulsion du cœur est l'effet de la contraction ventriculaire , et elle est syncbronique avec cette systole : la sensation qu'elle donne à la main provient du choc de la pointe du cœur contre le thorax.

2° La sortie du sang des ventricules est déterminée uniquement par le rapprochement des parois latérales du cœur, et non par celui de la pohite de Torgane vers sa base ; pendant la systole , le cœur accomplit un mouvement spiral et s'allonge {Ex^ périences 6, 10 et 11).

3° Le ventricule se contiacte, et l'oreillette se dilate au même moment, dans la moitié du temps nécessaire pour la systole, la diastole et le repos. A la fin de la systole du ventricule succède immédiatement la diastole, qui occupe environ un quart du temps d'un mouvement entier , et simultanément l'oreillette s'affaisse en versant dans le ventricule une partie du sang qu'elle contient, et sans être accompagnée de contraction musculaire ; le

présence de MM. les docteurs Hardy, Wood, Stillé et Burns, sur des veaux, des moutons et des chevaux. Leur analogie avec celles des comités anglais nous dispense de les rapporter.

366 THÉORIE DÉS BROlfs DU GOBlJft.

qiiart restant est i^mpB pàf fé repos déà vètîtrièrilës, et, vers la fin de ce repfe, les orèîBcttësàè contractent par unmonvèmentbref, rapide, etfli^ tendent le^ ietrtrifciiléà {)ar nne quatilité de sanig Jidditionffellë : cd mouvement se propage immèdiaténïeht àui veiitricUlës dont IM systole^ lied ; 3è àbrtè qtiè letti-s tontrâctîbns sont presque ci^tlriûès {Expériences i5 et lÔ).

/i° Depuis la fin de leur diastole jus(qu'ati coihmeiiceraént de letii- systole, leîs ventHcidés sont dans un état de repos coinplei , leur cdvîté restant pleine, mais non entièrement distendue ; les oreillettes, au contraire, soiit pendant tout te temi^s partiellement dilatées.

5° Les bruits sont produits par les tiiouveiïienls du cœur ou ^u fluide qiii lé parcottït, et non par le cboc dé Tofgane contre là poîtrîfie , coiniîië le prouvent toutes les expériences : ils avaient , èà èfret , une întèiisîtê pîlis gi-andè qiiaiid le Stélïtoàcope était appliqué sur le cœur ïmniédiatément , que lorsqu'il était plaCé sur tè thorâx oti siir fès poumons interposés.

6° teé bridtà sont pks distliïètà IciriSque la paroi inusculàiré est mince et se contracte avec rapidité: de là le caractère clair et claquant du premier bruit sur le ventricule droit, comparé au nruit du veiitricalè gauche.

7° Le premier bruit, le choc du ccèûi* et h sys-

THÉORIE DU COMITÉ Dfi PHitADÈtPMlE. 867

tcfe vetitrîctlWlfc ^ônt sitiitiltirtfës : ce pTemJer brait petit réstilter de caii^ imiltipîès, tdies que la contraction des oreillettes, le claquement des yalvules auriculo-ventriculaires, l'éruption du sang Ëors des ventricules et le bruit de contracdou musculaire Dans les expériences â, U, 6 et ÎOj, lorsque le cœur eut été enlevé de la poitrine, et lé ventricule ouvert et vidé du sang qu'il contenait , et quand les valvuleé auriculo-ventriculaires étai^tit Biaintenoes relevées, un bruit analogue au premier ^ faisait encore entendre : il peut donc être attribué surtout à h contraction musculaire. On peut aussi conclure de Texpérience l6,que les valvules auriculo-ventriculaires sont pour quelque chose dahs sa production.

8° Le second bruit reconnaît pour cause unique Tocclusion des valvules semi-lunairès par le choc en retour des colonnes sanguines artérielles. Ce qui le prouve, c*est la plus grande intensité de ce bruit sur l'aorte que partout ailleurs, le sang ayant une tendance plus forte à repasser par l'orifice aortique ; c'est la faiblesse du bruit au niveau dei'artère pulmonaire, qui est courte et distribue aussitôt te sang aiix poumons, et dans laquelle le choc en retour contre les valvules est alors peu énergique ; c'est la disparitioA du bruit quand le cœur se congesdoune et se contracte faiblement ; et c'est enfin son abolition complète, lorsque, dans les ex-

368 XHÊOUIE DES BRUITS DU GGEUR.

périences, on tenait relevées les valvules aortiques. 9*" Le second bruit et la diastole ventricidaire sont simultanés.

Si nous résumons succinctement les diverses théories précédemment exposées, voici le tableau que nous présentera leur analyse :

laeoHec.

Turner.

Corrigan.

D'Espine.

Pigcaux.

Pigeaux.

r*" BRUIT.

i Contraction venlricu- I laire,

1 Contraction ventriculaire.

Choc du sang contre/ les parois ventricu>l laires, dans la dias- \ i tôle.

l Contraction ventricu- I laire.

(Choc du sang contre les papis ventriculaires, au moment de la diastole.

/Frottement du sang contre les parois des 1 ventricules , les ori- { fices et les parois des gros vaisseaux, au moment de la systole.

2e BROIT.

Contraction auriculaire.

Choc du cœur retombant sur le péricarde pendant la diastole.

Choc réciproque de la surface interne des parois opposées des ventricules pendant la systole.

Dilatation vcnlriculaire.

Choc du sang contre les parois de l'aorte et de Fartère pulmonaire, au moment de la systole.

Frottement du sang contre les parois des oreillettes, les orlûces auriculo-ventriculaires et la cavité des ventricules, au moment de la diastole^

Oope.

TÂBLEàU GÉNÉRAL. 369

1" BRUIT. 2e BRUIT.

{ CoUision moléculaire i Collision moléculaire I du sang dans la sys- 1 du sang dans la dias- I tôle. ( tôle.

/ Bruit de tension des / Claquement des val- \ Valvules, bruit d*ex- 1 vules slgmoïdes dans l tension musculaire J la diastole.

1839. I brui^ rotatoirc dans!

\ la systole. I

1 Claquement des \al- 1 Claquement des valvules auriculo-ven- ) vules slgmoïdes dans triculaires dans la) la diastole.

^ systole. (

! Passage du sang dans ( Passage du sang dans les cavités du cœur \ les cavités droites, gauche. '

( Contraction du ventri- ( Contraction du ventri- I cule gauche. | cule droit.

I Irruption du sang dans | Claquement des val- Carlile. ! les artères pendant) vules slgmoïdes dans ( la systole. | la diastole.

IChoc de la pointe du / Choc de ia face anlécœur contre le tho- 1 rieure du cœur, au ra\ , au moment de i moment de la diasla systole. ( toie.

( Irruption du sang dans / Piojection du sang les ventricules con- 1 dans les artères con-

Bnrdadi J *®°^"* ^® ^'^''^» ^") ^^^^^^ ^e Tair, au ^ moment de la con- j moment de la systraction des oreil-f tôle, lettes.

PiMagnel.

Bottillaud.

Gendrid.

Page 1