ART&MS ET VEINBS
jusque dans leg artères qui en naissent ; mais, outre ces phénomènes de transmission , il est des bruits pathologiques dont la source est dans les artères ellesmêmes ; d'autres se produisent plus particulièrement dans les veines; quelques-uns, onfin, résultent de la combinaison de bruits artériels et veineux.
A. Bruits artériels. — On entend sur le trajet des artères, tantôt un souffle intermittent, doux à Toreille, coïncidant avec la diastole du vaisseau, perçu le plus souvent sur plusieurs artères à la fois, mais plus fréquemment sur les carotides^ et plus commun dans la (koite que dans la gauche. — Tantôt le souffle est plus rude : c'est un vrai bruit de râpe, plus rarement généralisé, et d'ordinaire accompagné d*un frémissement sensible à la main. — D'autres fois c'est un bruissement plus prolongé, plus aigu, ordinairement limité, et coïncidant aussi avec un frémissement vibratoire manifeste.
En général , plus les bruits sont rudes et circonscrits, plus ils annonceront certainement une lésion matérielle de V artère , tels que des rétrécissements, des rugosités de sa surface interne, des dilatations anévrysmales, des compressions par des tumeurs; le bruissement continu se rencontre plus particulièrement dans les anévrysmes variqueux. Plus, au contraire, les souilles sont doux et généralisés, plus ils annoncent une altération de l'économie tout entière, une maladie du sang, et, en particulier, la chlorose et ï anémie.
B. Bruits vasculaires veineux et mixtes, — Les bruits que nous réunissons sous ce titre sont, en général, continus, et ofifrent des nuances variées de timbre et do caractère. C'est tantôt un murmure
%kh RÊSDMÊ DBS SIGNES STÊTHOSGOPIQUËS.
sourd, diffus, semblable à celui qu'où entend lorsqu'on approche de son oreille un gros coquillage univalve (murmure continu simple), — Tantôt c'est un munnure plus intense, continu comme le précédent, mais renforcé à chaque systole du cœur, et qui donne la sensation de deux courants qui se feraient en seos inverse (bruit de souffle à double courant). Assez semblable au bruit d'un soufflet de forge, il devient parfois ronflant et sonore, au point d'imiter le bruit que l'on produit en fouettant le jouet d'enfant connu sous le nom de diable, et il constitue alors le bruit de diable, — D'autres fois enfin, on entend, soit seul, soit combiné avec l'une des deux variétés précédentes, un bruit sibilant et musical formé d'une succession do sons diversement modulés et qu'on a comparés à la résonnance du diapason, à la vibration d'une corde métallique (bruit musical , chant des artères ).
Ces trois espèces de bruits sont très- variables dans leur intensité et dans leurs caractères : ils se modifient, croissent, diminuent, par les moindres changements dans la tension des parties ou dans la pression du stéthoscope. lis se montrent principalement dans les vaisseaux du cou, plus fréquemment à droite qu'à gauche, et beaucoup plus souvent chez la femme que chez l'homme.
Ces bruits vasculaires se lient presque exclusivement à des maladies du sang ; ils sont l'indice le plus certain de la chlorose avancée et de Vanémie avec diminution notable des globules sanguins.
ABDOMEN. 6kb
Dans rétat normal, on n'entend guère, en auscuU tant sur le ventre, que les bruits des gaz qui se déplacent dans le tube digestif , et les battements aortiques déjà signalés. La plupart des actes qui s'accomplissent dans Fabdomen ne se traduisent par aucun bruit appréciable. — Les mouvements des parties revêtues par le péritoine, qui, normalement, s'opèrent en silence, peuvent donner lieu, quand le péritoine enflammé est tapissé de pseudo-membranes, à un bruit de frottement, qui est d'ailleurs beaucoup plus rare et plus faible que le frottement pleurétique, et qui ne se produit guère qu'au niveau des organes un peu résistants^ le foie par exemple.
D(BS secousses imprimées au tronc font naître quelquefois dans l'estomac un bruit de fluctiMtion trèsdistinct dans les cas de rétrécissement du pylore. — Dans le rétrécissement de l'intestin, on entend sou^ vent aussi un bruit de flot dû au déplacement des liquides par des contractions énergiques de l'intestin hypertrophié. — Un gargouillement perçu dans une hernie annoncerait l'existence d'une entérocèle.— Un frémissement développé par la percussion dans une tumeur de l'hypochondre droit signalerait la présence d'un kyste hydatique. — Un bruit de crépitation produit par une pression sur la région de la vésicule, pourrait faire soupçonner une accumulation de calculs biliaires : la pression sur les lombes déterminerait peut-être un bruit de frottement analogue dans des cas de concrétions rénales multiples. — La présence d'un ou de plusieurs calculs dans la vessie, se
646 RÉSUMÉ DES SIGUBS stéthosgopiques.
reconnaitrait également à un cliquetis particulier dû au choc du cathéter, et transmis à l*(NreiUe par le stéthoscope appliqué sur le pubis ou par la sonde ellemême garnie d'un tube acoustique. — Enfin, si Ton venait à distinguer des doubles pulsations dans une tumeur volumineuse du bas-ventre, on devrait conclure qu'il s'agit d'une grossesse extra-utérine.
GttAP. IV. — AtSGULTATION DE LA TÊTB.
Comme celle de Tabdomen, Tauscultation de la tête fournit bien peu de notions à la sémiotique. Le D^ Fisher, de Boston, a décrit un bruit de soufflet céphalique dans des cas de congestion, de compression et dans d'autres maladies du cerveau. Le D^ Whitney a cru entendre une égôphonie cérébrale dans des cas d'épancbement. Suivant M. Qendrin, les altérations des artères, même de l'intérieur du crâne, pourrraient se traduire par des bruits anormaux. — Enfin, d'après M. Ménière, Tintroduction de Taîr dans le tympan détermine un bruit de souffle quand cellô cavité eât vide, un sifflement quand elle est trêssèche, et un râlé bulleux quand il y a des liquides qiie l'air traverse en y pénétrant.
Outre les bruits fournis par les altérations des artèreSf dout nous avons parlé plus haut, on entend sur certaines tumeurs érectiles un bruit de souffle manifeste.
Les bruits que détermine le choc d'une sonde contre
TÊTE. — MEMBBES. 647
un corps étranger au fond d'une plaie , pourraient révéler la nature de ce corps. — Chez certains malades atteints d'arthrite , le glissement des surfaces articulaires opposées fait entendre un bruit de frottement analogue à celui de la plèvre. — Dans des cas douteux, Tapplication du stéthoscope sur le lieu d'une fracture permettrait de saisir, par le moindre mouvement, une crépitation qui eût échappé à l'oreille, même avec des mouvements beaucoup plus considérables.
AUSCULTATION 0BSTÉTAirJa.B.
Dans la grossesse, passé la première moitié de ia gestation, on entend plusieurs bruits, dont Tun se lie à la circulation de la mère {$ouffle utérin), et dont les autres dépendent du fœtus : ceux-ci sont produits ou par les battements du cœur de Tembryon ( bruits du cœur fœtal), ou par ses mouvements dans ta matrice {bruits de déplacement du fœtus ). — Parfois encore on perçoit un souiïle synchrone au pouls feetal, et qui paraît se passer dans le cordon lorsque cette tige vasculaire est entortillée autour du cou du fœtus, ou seulement comprimée entre le dos de l'enfant et les parois utérines {souffh ombilical); ce dernier bruit est beaucoup phjs rare et beaucoup moins important que les précédents.
A. Le souffle utérin est un souffle doux, syBchrone au pouls de la mère, plus ou moins prolongé, d'mï timbre tantôt sonore, tantôt plus aigu, et quelqttefoié même un peu musical. Entendu le plus ordinairement vers les régions inguinales, il est cependant nobile et peut disparaître momentanément et se re«
6&S RÉSUMÉ DES ^GNES 3TÉTH0SG0PIQUÉS.
produire ensuite sans aucune règle fixe. — Il se montre d'ordinaire vers le quatrième mois, et, au delà du cinquième, il manque rarement.
Comme le souffle utérin est un phéncMnène à peu près constant dans la grossesse et fort rare dans d'autres conditions , il est un signe très-probable , mais non pas certain de la gestation ; et par cela qu'il manque dans quelques cas, son absence ne suffit point pour exclure Tidée d'une grossesse.
B. Bruiis de déplacement du fœtus. — Tantôt c*est un choc unique ou redoublé , tantôt un bruit de frot^ tement lent et ^prolongé , donnant la sensation évidente d'un corps qui se déplace.* — Ces phénomènes commencent d'ordinaire à être perceptibles vers le quatrième mois , et quand ils sont bien manifestes , ils annoncent certainement l'existence d'un foetus vivant.
C. Bruits du cœur fœtal,— ^ Ce sont des battements doubles, semblables à ceux que l'on perçoit en auscultant le cœur d'un nouveau-né. — C'est habituellement vers le cinquième mois que l'on commence à les entendre ; d'abord faibles , ils augmentent de force graduellement et se répètent d'ordinaire de 430 à 440 fois par minute. Leur fréquence et leur intensité éprouvent d'ailleurs des variations momentanées indépendantes de la circulation maternelle.
Leur siège correspond, chez les différentes femmes, à des points très-variés de l'abdomen ; de plus , il change souvent chez la même femme. Mais en général» vers la fin de la grossesse , le double bruit devient plus fixe, et on le trouve le plus communément vers la fosse iliaque gauche. — Outre ces variations momentanées d'intensité et de caractère , il peut ,