‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 65 sur 74 · ART. II. — AUSCULTATION DES GROS VAISSEAUX · texte numérisé non relu

ART. II. — AUSCULTATION DES GROS VAISSEAUX

Étudions successivement les bruits que fournissent Vaorte^ les artères et les veines.

A létat normal, on entend sur le trajet de V aorte thoracique, deux bruits que Toreille ne peut distinguer de ceux du cœur, et, le long de Taorte ventrale, on ne perçoit plus qu'un bruit unique correspondant à la diastole du vaisseau. — Sur les artères voisines du cœur on entend de même deux bruits; sur celles qui sont plus éloignées, on n'en perçoit plus qu'un seul, qui s'affaiblit à mesure que Ton ausculte plus loin du centre de la circulation. — Sur les veines enfin, Toreille ne saisit la trace d'aucun bruit. A l'état pathologiqiie , des bruits anormaux se produisent dans ces diverses portions du système vasculaîre.

L Bruits aortiqueSi

Dans les maladies de l'aorte l'auscultation révèle tantôt un bruit unique, constitué, soit par un bruit de souffle, de râpe ou de scie, soit par un bruisse* ment plus ou moins prolongé ; tantôt un bruit double analogue à celui du cœur, ou bien un souffle double, ou bien enfin un claquement précédé ou suivi d'un souffle. — De ces bruits, les uns ne sont que la transmission de ceux qui se passent dans le cœur ; les autres sont des bruits intrinsèques.

En général , les bruits morbides sont doubles sur l'aorte thoracique, et simples sur l'aorte abdominale. Ils peuvent signaler des lésions nombreuses, soit de l'orifice même de l'aorte, telles que des rétrécisse-

VAISSEAUX. — AORTE. 6ûl

ments ou des insuffisances, soit de l'intérieur du vaisseaUf telles que des dépôts pseudo-membraneux, cartilagineux, des incrustations calcaires ossiformes, des érosions de la tunique interne , des rétrécissements, des dilatations, des anévrysmes en poche ou des anévrysmes variqueux.

Les signes des rétrécissements et des insuffisances de Torifice aortique ayant été exposés plus haut, rappelons seulement ici les phénomènes propres aux maladies du vaisseau lui-même.

Un souffle rude ou un bruit de râpe perçu exclusivement sur le trajet de l'aorte , dans une grande étendue, révèle l'existence , à la surface interne du vaisseau, de rugosités qui dépendent de pseudomembranes récentes , s'il y a fièvre , et de plaques cartilagineuses ou calcaires, s'il y a coïncidence d'apyrexie, surtout chez un vieillard dont l'artère radiale présente des ossifications. — Un souffle doux perceptible sur tout le trajet de l'aorte pectorale serait plutôt un signe de chlor(>-anémie , s'il coïncidait avec un bruit analogue dans les vaisseaux du cou.— Un souffle aortique, borné à une petite étendue, pourrait faire soupçonner un rétrécissement local du vaisseau, surtout si l'on constatait simultanément des pulsations énergiques des artères nées au-dessus de la portion rétrécie.

Un bruit de souffle ou de râpe perçu au premiw temps, derrière le sternum, avec matité dans le même point, et frémissement cataire (sans tumeur) , serait l'indice d'une dilatation de V aorte ascendante; et si ce bruit était suivi d'un souffle au second temps, on pourrait en induire qu'il y a en outre insuffisance des valvules aortitiues.

643 RÉSUME ras SIGNES ST&THOSGOPIQUES.

Un souffle systolique et un bruissement diastoli^ que, indépendants des bruits du cœur restés naturels, rendraient probable l'existence d'une poche anévrysmale dans laquelle le sang entre, et d'où il sort avec bruit. Le diagnostic sera plus certain si aux phénomènes stétboscopiques se joignent de la matité, du frémissement vibratoire, de l'impulsion ; et il ne restera plus aucun doute si Ton voit apparaître dans le même point une tumeur puisante.

Un claquement double, analogue au double bruit du cœur, ayant son maximum d intensité au niveau d'une tumeur agitée de mouvements d'expansion moins manifestes, ferait penser qu'il s'agit d'un sac anévrysmal rempli de caillots. — Enfin, un bruissement intense, prolongé, perçu indépendamment des bruits du cœur, sur l'un des points où l'aorte est en rapport avec le système veineux, annoncerait l'existence d'un anévrysme variqueuœ de V aorte.

Sur r aorte ventrale , les mêmes bruits morbides (généralement simples), tels que battement unique exagéré, bruit de souffle ou de râpe , bruissement , auront une signification pathologique semblable, sui« vaut qu'ils coïncideront avec les autres phénomènes ci-dessus mentionnés.

Enfin on constate parfois sur l'aorte abdominale une exagération de ses battements normaux , sans qu'il existe aucune lésion matérielle : ces battements révèlent l'état morbide désigné par Laennec sous le nom àQ palpitations de V aorte,

n. Bruits vaseulaires.

La plupart des bruits anormaux produits à l'orifice de l'aorte, ou dans son trajet, peuvent être entendus

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