‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 73 sur 74 · ET AUSCULTATION COMBINÉES · texte numérisé non relu

ET AUSCULTATION COMBINÉES

très qu'ils tracent sur la région précordiale (\) et de huit points à distance à peu près égale , qu*ils marquent sur la circonférence de Torgane ; et, ces diamètres tracés, on les mesure tour à tour, on les compare à la moyenne normale, soit isolés , soit plutôt réunis, et d'après la somme des longueurs on peut préciser les dimensions du cœur et calculer rigoureusement l'augmentation de son volume.

La moyenne normale de ces quatre diamètres réunis s'étant trouvée sur le cadavre, de 45 pouces 7 lignes (2) pour l'homme, et d#U pouces 8 lignes (3) pour la femme, il en résulte, d'après les auteurs de la percussion auscultatoire , que , si la somme des diamètres calculée par leur méthode, dépasse ces moyennes, si surtout elle s'élève à H p. 5 l., on doit conclure à l'augmentation de volume du cœur, tandis que si elle leur est inférieure, il n'est pas probable qu'il y ait augmentation. Si le total des diamètres égale 46 p. 6 l. (4), l'existence d'une affection organique est à peu près certaine.

L'application de la percussion et de l'auscultation

(1) i^ Diamètre vertical : commence à la base du cceur, Jnste en dehors de la naissance de l'aorte, et s'étend en bas parallèlement à la ligne médiane du corps. — 2® Diamètre transverse ; coupe la première ligne à angle droit près de son centre. — 3® Diamètre obliqm droit : du bord supérieur droit de l'oreillette droite à la pointe du cœur, suivant une ligne tirée du sommet de l'épaule droite. — U** Diamètre obliqtie gauche: coupe la ligne du diamètre oblique droit à angle droit, et finit au point ob l'oreillette et le ventricule gauches se réunissent

(2) U y a dans le mémoire original, 11 pouces ; mais on sait que le pouce et la ligne, dans les mesures anglaises, ont un douzième de moins que les mêmes mesures françaises.

(3) 1& pouces 1 ligne, mesure anglaise, (a) 18 pouces 8 lignes, mesure anglaise.

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combinée» a été faite également au diagnostic ck quelques lésions chirurgicales du système osseux, e( principalement des fractura.

Lorsqu'un os est brisé, si Ton ausculte sur un des fragments, la percussion étant pratiquée sur l'auU^, le son osseux dont les caractères ont été signalés plus haut, est transmis à l'oreille modifié dans sa natifre : il est moins net et moins parfait. Que les fragments se touchent encore,' même par un point unique, le son sera moins intense et moins impulsif : toutefois la modification ne sera que très-légère; mais que iç moindre écartement existe, le son et le choc 9e perdront aussitô|.

La méthode mixte de percussion et 4'auscultation est susceptible de réaliser un progrès nouveau dans le diagnostic physique, e^ il est à souhaiter que des observateurs Tétudient sérieusement pour décider avec connaissance de cause quelle en ^t définiti^rer ment la valeur. D'après les expériences que nous avons faites, nous sommes tout (Ùsposés i admettre qu'elle peut, en effet, rendre des services pour la limitation des organes pleins. Cest dans la mensuration du ccBur qu'elle nous a semblé devoir être le plus utile : comme les moindres changements durables dans le volume de ce viscère ont upe grande valeur sémiotique, il s'ensuit qu'une rigoureuse appréciation de ses dimensions et un dessin exact de ses diverses cavités est un problème aussi hnportant que difficile à résoudre; et nous croyons que par le procédé nouveau, une mensuration singulièrement précise du eoeur peut être obtenue : après un certain nombre d'essais, nous sommes arrivés sans trop de peine à reconn^tre les limites de Vorgane avec une exacti-

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tttde parfois surprenante, et à distinguer le point d'o« Hgine des gros vaisseaux ou la ligne de séparation des ventricules et des oreillettes.

Mais, quoi qu'en disent MM. Cammann et Clark, et malgré fautorité des médecins de l'Amérique (1 ), le manuel opératoire nous a paru présenter quelque difficulté. Si, en effet, Ton prend un aide pour la percussion, suivant le procédé indiqué dans le mémoire des inventeurs, que d'inconvénients n'a point, en clinique et particulièrement dans la pratique civile, un mode d'examen qui exige le concours simultané de deux observateurs! Que si l'on cherche à ausculter soi-même et à percuter en même temps (comme les médecins américains le font aujourd'hui et comme nous l'avons essayé nous-mêmes) , on est certainement gêné dans cette double opération. Ëst-ii commode de percuter, alors qu'il faut , avec la tête, fixer le stéthoscope sur la poitrine ou l'abdomen du malade? Est-il facile, dans celte posture, de promener le plessimètre autour du cylindre, dans tous les sens, et de le porter tantôt à quelques lignes seulement, tantôt à une distance assez éloignée? Enfin, cette exploration , assez pénible et forcément assez longue , n'exige-t-elle pas du patient une bonne volonté et un concours qui font défaut dans bien des cas?

En résumé, la percussion auscultatoire nous paraît d'une exécution assez difficile : son étude approfondie doit demander au moins autant de temps que la percussion ordinaire ; si elle peut rivaliser avec cellenîi

(1) Nous tenons de notre honorable confrère et ami M. le docteur Keene, que la nouvelle méthode est préférée dans les hôpitaux de New-York, pour la mensuration du cœur principalement, et qu'elle est toujours pratiquée par un obserTateur unique.

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