‹ Traité pratique d'auscultation, ou, Exposé méthodique des diverses applications de ce mode d'examen à l'état physiologique et morbide de l'économieChapitre 72 sur 74 · PERCUSSION ET AUSCULTATION COMBINÉES · texte numérisé non relu

PERCUSSION ET AUSCULTATION COMBINÉES

de la pénétration de Tair dans le tissu cellulaire voisin, pourrait être soupçonnée si la percussion trouvait au cou une sonorité inaccoutumée en rapport avec l'emphysème. Dans le cas où une tumeur molle et dépressible serait située sur le larynx, on pourrait juger de la profondeur à laquelle celui-ci serait situé, par celle à laquelle on obtiendrait de la sonorité, en pressant sur la tumeur avec le plessimètre, et en percutant ensuite. »

ET DE l'auscultation COMBINÉES.

Laennec avait eu l'idée de combiner l'auscultation et la percussion : il avait proposé l'emploi simultané de ces deux modes d'examen pour certains cas d'ascite (\ ) et de pneumo-thorax (2) ; on y a recours ordinairement pour manifester et mieux percevoir le bruit hydatique. Deux médecins des États-Unis, MM. Gammann et Clark sont allés plus loin : ils ont

(1) Voyez plus haut, la uote 2 de la page 531.

(2) a On peut, dit-il, esUmer retendue de l'espace occupé par l*air, en auscultant et percutant en même temps dans différents points ; on entend alors une résonnance semblable à celle d'un tonneau vide, et mêlée par moments de tintement (t. i, p. 139).» — M. Piorry indiquait pareillement, dès 1826 {Traité de Ui per» cussion médiate, p. 18, et Procédé opératoire de la percussion, p. 26), l'emploi combiné de la percussion et de Tanscultation; M. Donné l'aurait désigné sous le nom à^acouophonie , et M. Fournet, qui rapporte le fait dans ses Recherches cliniques (p. 561), dit avoir essayé ce mode d'investigation sans avoir pu en faire aucune application utile.

généralisé cette méthode mixte (4); ils en ont tracé les règles et exposé les avantages pour le diagnostic physique. Nous allons donner une analyse sommaire de leur travail (2).

« Lorsque Ton obtient un son par la percussion ordinaire sur le corps humain , mille parties se dispersent et se perdent, pour une qui arrive à Foreille ; mais si l'on pouvait recevoir les vibrations sonores au bout d'une tige solide, élastique, homogène, bien peu se perdraient par irradiation, et presque toutes seraient perçues à l'autre bout. Quoique les vibrations soient alors conduites par une petite surface, le son gagne beaucoup en clarté et en intensité. »

Partant de ce principe, les docteurs américains proposent, pour V auscultation, de substituer au stéthoscope ordinaire un cylindre plein, en bois de cèdre, taillé dans la direction des fibres ligneuses , d'une longueur de cinq à six pouces, et d'un diamètre d'environ dix lignes, garni d'une plaque sur laquelle repose l'oreille (3). Pour la percussion , on se sert du plessimètre. Voici, du reste, comment on peut procéder à cette |>erctiS8ton auscuUatoire ( Auscultator^

(1) A new mode of ascertaîning the dimensions^ form and condition of internai Organs by Percussion and auscultation, [New-Yorky journ. ofmed. and surg. Juillet 1840.)

(2) Voyez Panalyse détaillée et les eipériences faites par Puû de nous. {Union médicale, 1850.)

(3) Le cylindre doit dépasser un peu le niveau de la plaque pour être appliqué directement au tuyau de l*orellle, sans changement de milieu (un cylindre plein, avec une plaque unie, \t tout d'un même morceau, nous a paru préférable). On pourra se servir, pour Pauscultation de la poitrine, d'un instrument taillé en coin à sa partie inférieure, qui déprime mieux les espaces iotercostanx sans toucher les côtes.

ET AUSCULTATIOM COMBINÉES. 707

percussion) : on place le cylindre sur la région centrale de Torgane à explorer, et l'on ausculte pendant qu'un autre observateur percute, à très-petits coups, avec un seul doigt. MM. Cammann et Clark font remarquer aussi qu'avec un peu d'exercice il est possible au même individu de percuter et d'ausculter à la fois. Quel que soit le mode qu'on emploie, on frappe d'abord quelques coups sur le plessimètre, tout près du stéthoscope, pour avoir le son type du viscère, puis on s'éloigne par degrés jusqu'à ce que d'autres milieux donnent des sons tout à fait différents : si Ton veut contrôler ce premier résultat, il y a avantage à partir au contraire d'un point plus éloigné de la circonférence, pour se rapprocher du centre ; déplus on a soin de marquer successivement les points où le son parait plus ou moins changer.

Les docteurs américains ont établi des sons types auxquels on puisse comparer les autres : aux extrêmes de l'échelle, ils ont placé le son donné par un os et celui que fournit un liquide contenu dans le thorax ou l'abdomen.

« Le son osseux est celui qui se distingue le plus facilement des autres : son timbre est très-élevé, trèsintense ; il frappe l'oreille avec une force pénible ; il €6t plein et éclatant, et se propage à une grande distance ; il est un peu prolongé et légèrement métallique.

« Le son aqueux se transmet très-imparfaitement à travers les parois abdominales ou thoraciques ; il se reconnaît plutôt à ses propriétés négatives ; dans Vabdomen, il est rapide, comme sous l'oreille, aigu, tfuue intensité médiocre, brusque, non élastique,

bien moins conductible et moins impulsif que le son osseux. Dans le thorax, ce son aqueux a des caractères encore moins distincts : il ressemble tout à fait à celui du poumon sain : de là, la facilité de distinguer un organe solide ou induré d'un liquide contenu dans la poitrine.

« Le son cardiaque se rapproche beaucoup du son osseux : il en a Tacuité, la clarté et la conductibilité, mais à un degré moindre ; il est rapide, immédiat, intense, impulsif et un peu pénible à l'oreille; il a, principalement à la circonférence du cœur, comme un timbre métallique voilé.

a Le son hépatique^ comparé au cardiaque , est plus grave, plus continu , moins librement conduit par Torgane où il se forme, mais il est clair, intense, immédiat et impulsif.

a Le son pulmonaire normal , celui du pneumothorax ou de la pneumatose abdominale, diffèrent des précédents; mats pour ces c^s, la percussion ordinaire est préférable, les vibrations sonores étant alors mieux conduites par Tair que par un milieu solide. »

Avec la méthode nouvelle, il serait possible de limiter et de mesurer les organes solides, « dans toutes les conditions de santé ou de maladie, avec presque autant d'exactitude que s'ils étaient sous les yeux, » soit le ccBur (et tous ses diamètres , excepté Tantéropostérieur), soit le foie, soit encore la rate ou même les reins.

C'est surtout à la mensuration du (O^r que MM. Cammann et Clark se sont attachés : ils recommandent de le dessiner au moyen de quatre diamè-

Page 1