THÉORIE MÉCANIQUE DU MAGNÉTISME
ET DE L'ÉLECTRICITÉ
De même qu*il existe une mécanique des masses matérielles, laquelle s'étend à Fastronomie en prenant pour point de départ la loi d'attraction Newtonienne, de même il existe une mécanique des masses non matérielles, dont la conception a fait progresser Tétude des phénomènes électriques et magnétiques.
Cette Mécanique du magnétisme et de t électricité n'est pas une science nouvelle. On en trouve les éléments dans la plupart des traités de physique moderne; mais ils y sont, pour ainsi dire, noyés au sein de Fexposé des expériences qui ont conduit à la découvert^ des lois élémentaires ou qui ont eu pour objet d'en vérifler les conséquences.
A partir du moment où un agent naturel devient une source d'énergie puissante dont l'industrie s'empare, il franchit le laboratoire du physicien et fait son entrée dans le domaine de la méca^ nique. Il en a été ainsi pour la vapeur, il en est de même pour l'électricité.
L'impossibilité de créer ou de détruire les masses matérielles
nous apparaît aojourdliai comme une rérité primordiale ; après avoir été méconno pendant des siècles, la principe de la conservation de la matière est derenn fondamental «n chimie. La mécanique trooye, analognement, un guide précieux et sûr dans le principe de la conservtUion de F énergie, conséquence forcée de Fimpossibilité du mouvement perpétuel. « Dans la nature, » a dit un grand penseur, ce rien ne périt, tout change de forme. » Comme la matière, l'éneigie a ses métamorphoses : travail mécanique, chaleur, électricité, combinaisons chimiques, et d'autres, sans doute, encore inconnues. L'Univers est un immense réservoir d'énei^e ; nous n'y pouvons puiser que par voie d'échange, c'est-à-dire qu'en lui rendant sous une autre forme l'équivalent de ce qu'il nous livre ; la compensation est toujours mathématiquement rigoureuse. Envisagée dans toute sa généralité, la mécanique pourrait se définir la science de la transformation de rénergie.
Les analogies sont nombreuses entre rélecbdté, le magnétisme, la chaleur et la lumière ; la science en découvre chaque jour de nouvelles. Les belles expériences de M. Hertz démontrent l'existence d'ondes électriques analogues aux ondes lumineuses. A peine Fresnel avait-il créé son admirable théorie de la lumière, que déjà Faraday songeait à attribuer aux mouvements de Téther la cause des phénomènes électriques et magnétiques. Cette conception, reprise et développée par Clerk Maxwell et par Sir W. Thomson, peut constituer la base d'une théorie qui deviendra probablement féconde, mais qui ne trouverait pas actuèliement sa place dans un Traité pratique d électricité.