‹ Traité pratique d'électricité, a l'usage des ingénieurs et des constructeursChapitre 21 sur 120 · E = IR · texte numérisé non relu

E = IR

se vérifiera numériquement pour un courant quelconque si Ton

rapporte E, I, R aux unités volt^ ampère et ohm. Dans la même

hypothèse le produit

El = RP

sera exprimé en watts-seconde. Si, dans la formule

JQ = RP,

on attribue à J la valeur 4,17, le flux de chaleur Q par seconde sera exprimé calories-grammes.

Ajoutons que les travaux de la Commission Internationale des Electriciens ont conduit à la définition pratique suivante, qui détermine ce qu'on appelle Vétalon de résistance :

Vohm est la résistance d'uîie colonne de mercure à 0 degré ayant 1 millimètre carré de section et 106 centimètres de longueur.

La valeur du volt est à peu près égale à la force électromotrice d'une pile Daniell.

La valeur de l'ampère est celle du courant que produit la force électromotrice d'un volt dans un circuit ayant la résistance d'un ohm. C'est aussi l'intensité d'un courant qui libère 4*^,05 d'argent à l'heure, par électrolyse d'un bain électrochimique.

Rappelons, enfin, que le watt est contenu 9,81 fois dans le

kilogrammètre (n® 7) .

73. Tariation de la résistance avec la température. — La résistance d'un métal conducteur dépend uniquement de sa substance lorsque sa température est maintenue constante.

Les métaux les plus conducteurs sont l'argent et le cuivre ; les

valeurs de la résistance R d'un fil d'un millimètre de diamètre et d'un mètre de longueur sont

„ „ , ( recuit. 0«'»»,0194

Pour rargent ] . . r^ \c..r.

® ( ecroui 0 ,0210

-. , . ( recuit 0 ,0206

Pour le cuivre ] , , ,^ \^,^

{ écroui 0 ,0210.

Cette résistance augmente avec la température ; elle devient à / degrés centigrades

les paramètres a et b ayant pour valeurs

Pour les alliages de métaux, les valeurs de a et de d deviennent différentes. La valeur de b est quelquefois négative.

Les corps solides non métalliques ont, en général, une grande résistance, qui varie avec leur état physique et en fonction de leur température.

Gomme le passage d'un courant dans un fil conducteur a pour efiet d'élever sa température, il en résulte que la résistance de ce fil devient une fonction de l'intensité du courant. Il faut que les variations de cette fonction avec l'intensité puissent être regardées comme négligeables pour que les formules d'Ohm et de Joule aient une signification simple.

74. Effets Peltier et Thomson. — Considérons un fil conducteur A A^ composé de deux métaux difi*érents soudés bout à bout en un point intermédiaire M. On constate expérimentalement qu'il s'établit alors entre deux points pris de part et d'autre de la soudure, dans son extrême voisinage, une différence de potentiel déterminée.

Portons, au moyen d'une source extérieure, les extrémités A et A' à des potentiels constants E et E' et supposons E > E'; un courant électrique d'intensité I s'établira de A en A^ Si nous

désignons par e et e' les valeurs que prend le potentiel immédiatement en amont et immédiatement en aval de la soudure, la quantité de chaleur dégagée par seconde sera

En tenaQt compte de la loi de Joule (R et R' désignant les résistances de AM et de MA', et la résistance en M étant regardée comme négligeable), nous pouvons mettre cette somme sous la forme

Rl« + (e — c') I + RI».

La différence {e-e') représente la variation brusque de potentiel, de Tamont à Taval de la soudure. Si cette variation est positive, c'est-à-dire si la chute de potentiel est dans le sens du courant^ il y a dégagement de chaleur au point M et, par conséquent, refroidissement de la soudure ; dans l'hypothèse contraire, c'est-à-dire si la chute de potentiel était en sens inverse du courant^ il y aurait absorption de chaleur en M et, par conséquent, échauffement de la soudure. Le phénomène calorifique est évidemment réversible ; si le courant d'intensité I était changé de sens, le dégagement ou l'absorption de chaleur serait remplacé par une absorption ou un dégagement de chaleur en quantité égale.

Peltier a constaté expérimentalement l'existence de ce phénomène réversible. Lorsqu'une soudure fer-cuivre est placée dans de l'eau maintenue à la température zéro, un courant de faible intensité allant du cuivre au fer fait congeler l'eau ; si l'on change ensuite le sens du courant, on fait fondre la glace. On donne le nom à' effets Peltier aux phénomènes de cette nature.

Sir W. Thomson a montré que l'effet Peltier se produit sur un conducteur homogène dont les divers points sont portés à des températures différentes, ce qui indique des variations de potentiel, indépendantes du courant, entre ces divers points. Soit un conducteur de cuivre AMA', dont on maintient les deux extrémités à la température zéro, tandis que Ton porte à une température plus élevée le point intermédiaire M ; si Ton fait passer un courant de A vers A', un emprunt de chaleur est fait sur la partie AB

LES COURANTS ELECTRIQUES 101

et restitué sur la partie BA^ En remplaçant le cuivre par le fer^ on obtient TeSet inverse. Sir W. Thomson à énoncé la loi suivante : Si les extrémités cT une barre homogène sont maintenues à des températures t et t', il existe dans cette barre tine force électromotrice proportionnelle ai — t'.

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