Alternateurs à disque . — Wilde a réalisé en 1867 une
machine à courants alternatifs ayant pour inducteurs des électro-
MACHINES A COURANTS ALTERNATIFS *iiS
aimants entre lesquels passaient les bobines de l'induit montées sur un disque tournant. La fig^ure 212 indique le principe de cette disposition. Dans la machine Wilde, les bobines étaient enroulées sur des noyaux en fer; pour l'excitation des inducteurs, on employait les courants produits par une ou deux bobines partielles, en les redressant au moyen d'un commutateur.
Fig. 2i3. — Allernateur Siemens.
Les alternateurs Siemens oni un inducteur analogue à celui delà machine Wilde, mais l'excitalioD est indépendante et produite par une petite dynamo à courants continus (fig. 213). Chacun des noyaux cylindriques d'électro-aimants est muni, à son extrémité d'une plaque de fer, en forme de trapèze, constituant un épanouissement polaire. Les bobines de l'induit ne contiennent pas de fer; elles sont enroulées sur des noyaux en bois; c'est là un induit à disque (n° 180); mais les entrefers, compris entre les couples de pièces
410 TIJAITÉ PRATIQUE D'ÉLECTRICITÉ
polaires opposées, ont une longueur relativement grande, ce qui
oblige à donner beaucoup de puissance aux électro-aimants pour
obtenir des flux utiles suflisants. Les boiiines de 1 induit sont habituellement réparties en deux groupes avec attelage en série, constituant chacun un circuit partiel desservi par un collecteur;
on peut capter les courants correspondants soit en tension, soit en quantité. Dans les machines à grand débit, on remplace les Ois de cuivre des bobines par des bandelettes de cuivre entourées d'un ruban de toile caoutchoutée.
Les granàes' machines de Ferranti ont un inducteur analogue à celui des machines Siemens; les deux couronnes de fonte qui forment les flasques servant de culasses aux noyaux cylindriques des électro-aimants sont installées sur glissières, ce qui permet de les séparer, au besoin, pour dégager l'induit et le rendre accessible (fig. 214). Chaque bobine de l'induit se construit en enroulant sur un noyau de bronze (divisé de manière à nuire à la production des courants de Foucautl], un ruban de cuivre dont les spires sont isolées entre elles par une lanière de fibre vulcanisée; ces bobines ont une forme très aplatie permettant de rendre inférieure & 2 centimètres la longueur de l'entrefer. Une de ces machines, employée à l'Usine des Halles, à Paris, produit une puissance utile de 179 chevaux (143 kilowatts par seconde}, avec une tension de 2 400 vols ; son induit contient 20 bobines, formant dix groupes de deux en quantité réunis en tension ; on entoure le collecteur d'une cage en verre, comme mesure de prudence. D'autres machines, construites pour l'usine anglaise de Deptford, sont beaucoup plus puissantes.
Fip. 215.
Pour les machines dont la puissance est relativement faible, M. de Ferranti emploie un induit très léger, enroulé en zigzag de manière à obtenir une forme étoilée, comme l'indique le schéma 215. Les deux parties voisines et sensiblement parallèles ab, cd
IBAITÉ FRATIQUB D'ÉLECTHICITÉ. 27
coupent (les flux de force dirigés en sens contraires, en sorte qu'elles sont le siège de courants qui s'ajoutent dans le circuit sinueux. L'inducteur contient autant de pôles doubles qu'il y ade
droites radiales dans l'induit. On construit l'induit au moyen d'un ruban de cuivre accolé à une lanière de fibre; les boucles ïnlé-
Fig. !I7. — Induclcur Morday.
rieures sont maintenues par des entretoises qui réunissent deux plateaux en bronze calés sur l'arbre (fîg. 216); la vitesse angu-
MACHINES À COURANTS ALTEaNATIFS 419
laire ie rotation puis s'élever jusqu'à 1 900 tours par minute. Dans toutes les machines Ferranti l'excitation des inducteurs est indépendante ; elle est faite par une dynamo à courants continus. Dans Valternaieur Mordey, l'induit est également à disque, mais il est fixe; c'est ^inducteur qui tourne. Cet inducteur à pMes multiples est excité par une seule bobine magnétisante enroulée autour d'un cylindre en fer doux monté sur l'arbre de rotation (fig. 217) ; ce noyau porte, à chaque extrémité un pignon en fonte à neuf branches recourbées autour de la bobine excitatrice; ces branches forment les épanouissements polaires. La couronne formée par tes bobines partielles de l'induit est placée dans tes entrefers des dents opposées des pignons inducteurs. L'immobihté de t'induit supprime l'emploi des collecteurs et des balais pour capter le courant; l'excitation est faite par une petite dynamo à courant continu dont t'induit est monté sur l'arbre de l'inducteur mobile de la machine.