‹ Traité pratique d'électricité (volume 2)Chapitre 1 sur 83 · PLACE DE L’ODÉON · texte numérisé non relu

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PRÉFACE

L’électricité dont l’étude avait été jusqu’à présent l’objet de recherches de laboratoire et dont les applications étaient réduites presque exclusivement à la télégraphie et à la galvanoplastie, l’électricité entre maintenant dans une nouvelle période, celle de l’utilisation industrielle. L’Exposition internationale d’électricité n’a pas fait naître cette situation, elle l’a seulement manifestée, elle l’a consacrée, et c’est parce qu’elle répondait à des besoins réels que son succès a été si grand. Il faut reconnaître, cependant, que cette Exposition et le Congrès qui en a été J’auxiliaire naturel n’auront pas été sans apporter un puissant concours à cette application d’une science dont les origines sont toutes récentes. L’attention des ingénieurs, des industriels, l’attention du grand public même a été mise en éveil par les merveilleux résultats que l’on y pouvait étudier et, par là, de nouveaux progrès ont été accomplis.

En présence des résultats déjà acquis, de ceux qui sont en voie de réalisation et de ceux qu’il est permis d’entrevoir comme prochains, beaucoup se sont trouvés déroutés. Les données classiques qui figuraient seules encore sur les programmes officiels de l’enseignement des dernières années sont insuffisantes, nous ne dirons pas pour permettre une étude complète des applications nouvelles de l’électricité, mais même pour saisir les principes sur lesquels elles reposent. Certes des publications spéciales ont été créées, dont la plupart ont une valeur réelle; nous ne croyons pas cependant quelles répondent à tous les besoins. Les unes s’adressent à un public restreint, aux savants, aux ingénieurs aux industriels qui sont déjà au courant de toutes ces questions soit d’une manière générale, soit sur une partie restreinte de l’électricité ; les autres, sont des ouvrages de vulgarisation, d’une lecture facile, cherchant plutôt à inté-

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cesser qu’à instruire et qui, si elles s’adressent à un nombre plus considérable de lecteurs, ne font pas connaître, ne peuvent pas faire connaître les données plus techniques des problèmes qui se sont posés, de ceux qui se posent journellement. Nous avons pensé qu’il y avait place pour un traité spécial entre ces deux genres d’ouvrages; nous avons cru qu’il y a un public intelligent, avide de s’instruire, possédant des connaissances générales qu’il est susceptible d’appliquer, désireux de se rendre compte de ce que l’on peut obtenir, 'de ce que l’on peut espérer du nouvel agent; pour ce public, composé d’ingénieurs attachés aux industries ou aux services les plus variés, d’architectes, de médecins, de physiologistes, d’industriels, les ouvrages spéciaux donnent trop de détails, et supposent connus des faits et des principes qui, jusqu’à présent, ne font pas partie de l’éducation générale; par contre, les ouvrages de vulgarisation paraissent insuffisants et ne permettent pas de se former une idée nette des méthodes générales, des ressemblances ou des différences entre divers systèmes.

C’est pour ce public que nous avons écrit spécialement le Traité des applications de V électricité ; sans nous dissimuler les difficultés que cette publication présentait, nous avons cherché à satisfaire à un programme qui est compris implicitement dans les lignes qui précèdent.

Nous avons pensé qu’il convenait de commencer par rappeler les principes généraux sans la connaissance exacte desquels, il est impossible d’avoir une notion nette des applications : nous avons donc dû commencer par un exposé théorique. Mais comme nous n’avions pas à enseigner les faits principaux, mais seulement à les rappeler, nous avons pu être très bref sur les appareils classiques, sur les expériences élémentaires qui sont relatées avec détail dans tous les traités de Physique. Aussi cette partie théorique est-elle courte : nous avons, en revanche, beaucoup insisté sur les idées nouvelles, sur celles au moins qui sont indispensables, tout en nous efforçant de les traiter surtout au point de vue vraiment physique. Nous savons l’avantage

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que présente, toutes les fois que l’on peut y avoir recours, l’application des mathématiques; mais nous savons aussi que, trop souvent, leur introduction masque complètement le phénomène même; le fait est vrai notamment pour l’électricité qui peut fournir de nombreux énoncés de problèmes aux mathématiciens; mais il ne faut pas que, dans un ouvrage de physique appliquée, les faits disparaissent derrière les équations. Nous espérons avoir apporté toute la rigueur possible dans nos déductions; les calculs y sont rares cependant, et sauf sur quelques points essentiels, ils sont rejetés en note et peuvent être passés sans inconvénient réel.

Comme ce traité Électricité n’est pas destiné spécialement à préparer à des examens, nous avons pu rompre avec quelques traditions qui sont entretenues soigneusement encore par les programmes officiels. C’est ainsi que notamment nous avons traité tout d’abord le magnétisme, ne voulant pas séparer l’électricité statique de l’électricité dynamique ; dans la presque totalité des traités de physique, et même dans les ouvrages où l’on s’occupe plus spécialement d’électricité, le magnétisme est intercalé entre les deux parties de lelectricité, de telle sorte que l’on arrive difficilement à se rendre compte des liaisons intimes qui existent entre les phénomènes statiques et les effets dynamiques.

Nous avons renoncé absolument à la théorie des deux fluides: en réalité elle n’est jamais utilisée dans l’électricité dynamique, quoique l’on s’abstienne de le dire nettement, de telle sorte qu’il y a en réalité deux hypothèses distinctes : la théorie de Franklin, légèrement modifiée, satisfait à tous les besoins de l’électricité statique aussi bien qu’elle le fait naturellement pour l’électricité dynamique. Nous l’avons adoptée dès le début.

En ce qui concerne les applications mêmes, nous ne pouvions songer à donner le détail de tous les appareils qui ont été imaginés et nous avons du nous imposer des limites rigoureuses. Dans chaque catégorie, pour chaque principe, nous avons décrit un seul appareil, celui que nous croyons devoir répondre le

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