ÉLECTROMÈTRE CAPILLAIRE
constante capillaire du mercure en contact avec l’acide sulfurique change avec l’état électrique.
On démontre cette propriété à l’aide d’un tubeabc({\g. 192) triplement recourbé qui, à une extrémité, s’élargit et forme un réservoir b et, à l’autre, est librement ouvert. On verse du mercure dans la large branche d’où il passe dans le tube capillaire pour s’v arrêter à un niveau inférieur (dépression capillaire); on remplit la partie supérieure du tube d’acide sulfurique et l’on plonge l’extrémité dans un vase f contenant également de l’acide sulfurique surmontant une couche de mercure. Deux fils de platine sont plongés dans le mercure, l’un en c à la partie inférieure du tube capillaire, l’autre en d dans le vase f. Lorsque ces fils sont mis en communication l’un avec l’autre, le ménisque prend une position bien déterminée et fixe.
Mais si ces fils sont séparés et mis en communication avec des corps à des potentiels différents, avec les pôles d’un élément Daniell, par exemple, le ménisque change de position pour s’arrêter à un autre état d’équilibre. On pourra ramener le ménisque à sa première position en faisant varier le niveau du mercure dans l’autre branche ; et la grandeur de cette variation mesurera le changement capillaire, qui est en relation directe avec la différence de potentiel.
Sur ce principe, M. Lipmann a basé un appareil très sensible : il se compose d’un tube vertical terminé inférieurement par une pointe effilée plongeant dans une partie renflée contenant de l’eau acidulée au fond de laquelle se trouve une couche de mercure dans laquelle aboutit un fil de platine, tandis qu’un autre fil est fixé dans le tube vertical que l’on remplit de mercure jusqu’à une certaine hauteur. Le mercure ne s’écoule pas à la partie inférieure, par suite de la capillarité : on note sa position exacte à l’aide d’un microscope qui est dirigé sur la partie effilée et dont on amène le fil horizontal du
réticule au niveau du ménisque. Lorsque les deux fils sont portés à des potentiels différents, ce ménisque est déplacé; on le ramène en faisant varier la pression au-dessus de la colonne mercurielle. A cet effet, le tube en verre qui contient celle-ci communique par l’intermédiaire d’un tube de caoutchouc avec un réservoir à air que l’on comprime par la rotation d’une vis; d’autre part, un manomètre à siphon mesure la pression exercée dans le réservoir et, par suite, celle qui ramène le ménisque à sa position primitive.
Lorsque l’appareil doit servir à effectuer des mesures , comme il
Fig. 193. — Electromètre capillaire Lipmann.
n’y a pas proportionnalité entre les différences de potentiel et les variations capillaires, on doit graduer l’appareil par comparaison.
M. Debrun a imaginé un électromètre capillaire d’un usage plus commode : il comprend en somme les mêmes éléments que le précédent; mais le tube capillaire dans lequel se produisent les changements que nous venons de signaler est presque horizontal. Il en résulte que les modifications capillaires, qui ont pour effet de