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PILE DE WOLLASTON

formées de zinc et de cuivre soudées à une extrémité et recourbées plongeaient par les autres extrémités dans deux vases voisins, de manière à les relier métalliquement ; l’orientation de ces lames était d’ailleurs la même pour toutes. Dans les vases extrêmes on plaçait d’une part une lame de cuivre, de l’autre une lame de zinc, qui servaient respectivement de pôle et de pôle — .

Il est évident que cette disposition n’évitait en rien les inconvénients dus à la polarisation des électrodes.

Les vases ou tasses qui contenaient le liquide étaient généralement rangés en cercle, d’où le nom de pile à couronne de tasses ou, par abréviation, pile à couronne.

321. Pile de Wollaston. — Pour éviter la polarisation, Wollaston disposa les couples de manière que les actions chimiques ne pussent avoir lieu que pendant le temps où l’on utilisait réellement

Fig. 217. — Pile de Wollaston.

le courant. Il plaçait à cet effet les vases contenant le liquide sur une seule ligne (fig. 217) : les métaux, disposés comme dans la pile à couronne, au moins comme groupement général, étaient tous fixés sur une même traverse en bois. Lorsque l’on abaissait celle-ci, les lames métalliques se trouvaient placées dans le liquide et la pile fonctionnait; mais le courant cessait de passer si on relevait la traverse, ce qui sortait les métaux hors du liquide acidulé, interrompait le circuit et faisait en même temps cesser toute action chimique.

La polarisation était donc limitée à la durée même pendant la-

quelle on utilisait le courant; disons de plus que le contact à l’air libre de ces lames sur lesquelles s’étaient condensés des gaz amenait même une dépolarisation qui ne se fût pas effectuée aussi complètement, même la pile ne fonctionnant pas, si les lames métalliques étaient restées dans le liquide.

Ajoutons que pour diminuer la résistance, Wollaston employait comme électrodes positives des lames de cuivre de grandes dimensions qui étaient repliées de manière à envelopper aussi complètement que possible la lame de zinc.

C’est dans un but analogue que l’on construisit les piles à hélice, dans lesquelles les lames de zinc et de cuivre étaient enroulées ensemble autour d’un axe vertical, les divers tours de spirale étant séparés les uns des autres par de l’osier ou tout autre corps mauvais conducteur. Les spirales métalliques correspondant aux divers couples étaient montées sur des traverses qui permettaient de les sortir ensemble du liquide acidulé. Cette disposition a été imaginée par Hase. Pouillet avait fait construire pour la Sorbonne une pile de cette nature présentant 12 couples de 5 à 6 mètres carrés chacun : les lames métalliques sont fixes et ce sont les seaux pleins d’eau acidulée qui montent ou descendent ensemble avec le plancher qui les supporte.

322. Piles d’Young et deMuncke. — Ces piles, qui permettent de réunir un grand nombre d’éléments sous un petit volume, sont formées de lames de cuivre et de zinc placées alternativement et plongeant dans un seul vase contenant le liquide acidulé. Les lames extrêmes de cuivre d’un côté et de zinc de l’autre servent de pôles.

Bien que la cause de la production du courant soit ici la même que dans les piles précédentes, il se présente une différence prove-

Fig. 218.

nant de ce que les lames successives plongent, non pas dans des liqu ides distincts, mais dans un seul et même bain acide.

Si l’on place dans un liquide acidulé (fig. 218) alternativement des lames de zinc et de cuivre, de telle sorte que l’on ait aux extré-

PIIÆ DE MUNCKE.

mités deux lames d’un même métal, il est évident, par raison de symétrie, que les deux lames extrêmes doivent être au même potentiel et que, si on vient à les réunir par un fil métallique, ce fil ne pourra être le siège d’aucune action particulière, il ne pourra être traversé par un courant.

Si les deux lames extrêmes sont de nature différente (fig. 219), l’une de cuivre et l’autre de zinc, il s’établira entre elles une différence de potentiel qui sera la même que si ces deux lames existaient

«es-

seulés, les actions des autres lames s’entre-détruisant deux à deux, et le fil conjonctif sera traversé par un courant qui sera dû à l’action d’un couple unique.

Il n’en sera plus de même si les lames sont réunies métalliquement de deux en deux (fig. 220).

Si nous considérons par exemple les deux lames A, B, reliées entre elles par la pièce métallique zc, elles constituent avec le liquide

interposé un circuit qui sera parcouru par un courant local marchant dans le liquide du zinc au cuivre et allant dans la pièce zc du cuivre au zinc. Mais, dans ce circuit, la résistance liquide entre B et A est beaucoup plus grande que la résistance du métal zc, de telle sorte que la différence de potentiel qui, par suite de l’action chimique, s’est établie entre le zinc et le liquide se répartit très inégalement, et que la différence qui existe entre le potentiel du liquide

qui baigne la lame de zinc et le potentiel du cuivre est plus grande que celle qui existe entre le cuivre et le zinc à travers zc : donc la présence du couple AB aura amené une différence de potentiel entre le liquide compris dans l’espace M et le liquide compris dans l’espace N; les deux couples voisins A'B' d’un côté, et At Bt de l’autre ne se trouveront donc pas dans des conditions identiques, et comme ils agiront d’une façon analogue à celle que nous venons d’expliquer, ils augmenteront l’effet produit et la différence de potentiel due à leur action sera triple de ce qu’elle était entre M et N. L’effet se continuera de la même façon, augmentant avec le nombre des couples et proportionnellement à ce nombre.

Dans la pile de Muncke, l’effet est celui que nous venons d’indiquer, mais pour tenir moins de place les couples, tous constitués de même et orientés dans le même sens, sont imbriqués les uns dans les autres. En même temps que grâce à cette disposition on augmente le nombre de couples et par suite la différence de potentiel pour un espace donné, on diminue la résistance puisque l’on diminue l’épaisseur des couches de liquide traversées. Aussi les effets produits par cette pile sont-ils énergiques; mais leur durée est faible à cause de la polarisation qui se produit rapidement.

En général, toutes les pièces métalliques sont fixées à demeure dans un cadre en bois que l’on peut à volonté introduire dans l’auge contenant le liquide acidulé, ou en sortir pour le plonger dans de l’eau pure afin de hâter la dépolarisation.

323. Chaîne galvanique de Pulvermacher. — Cet appareil a été proposé pour des applications médicales : c’est une forme particulière .de la pile de Yolta. Il est constitué (fig. 221) par une série d’éléments dont chacun est formé par deux fils, l’un de cuivre, l’autre de zinc, enroulés sur un cylindre de bois, dans deux sillons héliçoïdaux parallèles, ce qui évite tout contact. Les extrémités du fil de zinc communiquent par une articulation avec le fil de cuivre du couple suivant : les fils libres des couples extrêmes sont reliés à des poignées conductrices servant d’électrodes. L’ensemble forme une chaîne flexible que l’on plonge dans de l’eau vinaigrée au moment de s’en servir. On a évidemment ainsi une pile de Yolta avec les inconvénients ordinaires de la polarisation.

Bien que cette pile puisse servir aux usages médicaux, elle ne présente aucun avantage particulier, sauf son petit volume, qui ne nous paraît pas compenser les inconvénients provenant de l’affaiblissement rapide du courant et de l’incertitude sur la grandeur des effets obtenus.

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