PILES SECONDAIRES
lames est adaptée une languette métallique qui permet d’établir les communications. L’ensemble de ces feuilles de plomb est plongé dans de l’eau acidulée par 1/10 d’acide sulfurique et renfermée dans un vase cylindrique, généralement en verre.
Cet élément est inactif par lui-même et il est nécessaire de le former; pour cela, on met chacune des feuilles de plomb en communication avec le pôle d’une pile (fig. 240) ou d’une machine produisant un courant continu : il se produit une action chimique par laquelle de l’hydrogène se dégage sur la lame qui correspond au pôle négatif de la pile; sur l’autre lame se porte l’oxygène qui, se combinant au plomb, forme une couche de peroxyde. Après un certain temps, on intervertit les communications de telle sorte que la lame sur laquelle se trouve l’oxyde soit reliée au pôle négatif de la pile. Ce sera donc sur cette lame que se portera l’hydrogène qui réduira l’oxyde en laissant le métal présentant une constitution particulière, une porosité notable qui est favorable à la condensation des gaz. Aussi, lorsque tout l’oxyde sera réduit, la décomposition continuant, l’hydrogène se condensera et le dégagement n’apparaîtra que lorsque le plomb sera saturé de gaz. Il y aura donc sur cette lame négative deux actions. Pendant qu’elles se produiront successivement, l’oxygène se sera porté d’une manière continue sur l’autre lame et aura formé sur toute sa surface une couche de peroxyde de plomb.
Si maintenant on rompt les communications avec la pile, l’élément secondaire est prêt à fonctionner, et si l’on vient à réunir par un filles languettes fixées aux lames de plomb, ce fil sera traversé par un courant provenant de ce que l’hydrogène condensé à la surface de l’une des lames se combine à l’oxygène de l’oxyde qui se trouve sur l’autre lame. Lorsque cette action aura pris fin, le courant cessera et les deux lames de plomb se retrouveront libres d’hydrogène et d’oxyde, mais l’une et l’autre présentant cet état superficiel qui, par la suite, rendra plus facile la charge de l’élément secondaire en facilitant la condensation des gaz.
En réalité, après une seule opération, comme nous l’avons indiqué, l’élément peut bien donner un courant, mais sa durée est très faible, parce que la couche d’oxyde de plomb formée est de peu d’épaisseur et que l’action chimique est promptement épuisée. Aussi la formation de l’élément exige-t-elle un assez long temps pendant lequel on le fait traverser par le courant d’une pile ou d’une machine, alternativement dans un sens et dans l’autre. Le passage d’un courant détruit ainsi l’effet du courant précédent; mais à chaque fois, l’é-
paisseur de l’oxyde augmente, en même temps qu’augmente sur l’autre face l’épaisseur de plomb poreux, ce qui permet d’accroître la quantité de gaz qui s’y condensera dans l’opération suivante.
Cette opération de la formation d’un élément Planté dure longtemps, plusieurs mois quelquefois, mais lorsqu’elle est complète, on peut en chargeant l’élément y accumuler de grandes quantités d’oxygène d’une part et d’hydrogène d’autre part; par suite, cet élément, lorqu’il fonctionnera, pourra donner naissance à un courant/ d’une assez grande durée. M. Planté a indiqué un moyen de hâter cette formation en plongeant, avant tout passage du courant, les lames de plomb dans de l’acide azotique étendu de moitié de son volume d’eau et les y laissant pendant vingt-quatre heures. Il se produit un décapage qui agit favorablement. Un élément secondaire ainsi préparé peut donner en huit jours, après trois ou quatre interversions du courant, des effets que sans le décapage l’on ne pourrait obtenir qu’en plusieurs mois.
344. Batterie d’éléments Planté. — Un seul élément Planté, dont la force électromotrice est d’environ 2, 1 volts, peut donner un cou-
Fig. 241. — Batterie secondaire Planté.
• rant assez intense pour rougir un fil de platine. Mais on a souvent intérêt à obtenir des effets plus énergiques et on les obtient en employant des piles en batteries, formées en accouplant des éléments Planté.
Afin d’obtenir des effets correspondant à une grande force électromotrice, il faut disposer ces éléments en série ou en tension. Mais pour les charger il est préférable de les grouper parallèlement ou en quantité, parce que la résistance opposée à la source d’électri-