‹ Traité pratique d'électricité (volume 2)Chapitre 75 sur 83 · INTERRUPTEUR FOUCAULT · texte numérisé non relu

INTERRUPTEUR FOUCAULT

couche d’alcool; l’étincelle de rupture est devenue très brève, la période variable est donc raccourcie.

Le mercure est attaqué dans ces conditions également, et l’on s’en aperçoi t rapidement, car l’alcool se trouble et se colore ; mais cela ne gêne en rien le fonctionnement de l’appareil.

L’interrupteur est constitué essentiellement par une tige verticale à ressort MN (fig. 247) qui oscille dans un plan vertical; la durée de cette oscillation peut être modifiée par le déplacement d’un contrepoids G que l’on fixe à différentes hauteurs à l’aide d’une vis de pression. Cette tige verticale porte, à mi-hauteur environ, une branche horizontale qui, à une extrémité, est terminée par une traverse K de 1er doux qui se trouve placée au-dessus d’un électro-aimant et sera attirée lorsque celui-ci sera traversé par un courant; si le courant est interrompu, l’attraction cesse et le système oscillant qui avait

Fig. 247. — Interrupteur Foucault.

dévié de sa position d’équilibre y revient par suite de l’élasticité de la tige verticale et dépasse même cette position par sa vitesse acquise.

Du côté opposé à la traverse de fer doux, la branche horizontale porte deux pointes de fer E, e qui lui sont perpendiculaires et dont chacune se meut dans un godet contenant du mercure recouvert d’une couche d’alcool. Considérons d’abord un de ces godets seulement : le mercure est relié à l’un des pôles d’une pile, tandis que la traverse est reliée à l’autre pôle, plus ou moins directement. Quand ■l’interrupteur est au repos, la pointe ne pénètre pas dans le mercure, le courant ne passe pas. Mais si on vient à provoquer des oscillations, la pointe, alternativement, entrera dans le mercure et en sortira; tantôt par conséquent le courant passera, tantôt il sera interrompu. Les godets peuvent d’ailleurs être plus ou moins élevés, de manière à limiter la durée du passage du courant.

Le pôle — de la pile locale, un ou deux éléments Bunsen, commu-

nique avec l’électro-aimant et de là, par la tige verticale et la branche horizontale, à F une des pointes,- tandis que l’autre pôle communique avec le mercure : il est facile de voir que le courant passera quand le système oscillant sera à une extrémité de sa course et que l’action de F électro-aimant sera de F en écarter pour le ramener à l’autre extrémité; mais alors la pointe e se soulèvera, le courant sera interrompu, F électro-aimant L cessera d'agir et le système tendra à revenir a sa position première en vertu de son élasticité, et ainsi de suite. Le mouvement régulier de l’interrupteur sera donc ainsi assuré.

Quant à la pile qui fournit le courant inducteur, l’un de ses pôles communique avec le mercure du second godet D, l’autre avec l’une des extrémités du fil inducteur, tandis que la seconde extrémité de ce dernier fil est reliée avec la tige verticale et par là avec la seconde pointe : le courant inducteur passera toutes les fois que cette pointe plongera dans le mercure et sera interrompu quand elle en sortira; ces mouvements sont assurés [par l’oscillation du système complet. Il y a également par G, G des communications avec les armatures du condensateur.

L’appareil fonctionne très bien : il existe cependant, dans la disposition adoptée, des dérivations de l’un des circuits dans l’autre, dérivations sans utilité et qu’il serait aisé et avantageux de faire disparaître.

Au début, Foucault avait employé un commutateur simple à mercure dans lequel les interruptions se produisaient à la surface d’un bain de mercure, mais où le mouvement de la tige plongeante était entretenu comme l’est le mouvement de l’interrupteur à marteau. Cette disposition, légèrement modifiée, se retrouve dans divers modèles (fig. 248).

353. Inégalité des courants induits. — Il résulte de la cause même du développement des courants induits que si l’on considère une bobine danslaqüelle lecircuit induit estcomplet, ce circuit sera traversé par des courants alternativement directs et inverses. Ges courants Successifs correspondent à des quantités égales d’électricité; mais ils n’ont pas la même intensité, parce qu’ils n’ont pas la même durée; c’est-à-dire que la force électromotrice n’a pas la même valeur : le Gourant inverse qui correspond à la fermeture du circuit inducteur a une intensité moindre, correspond à une force électromotrice moindre que le courant direct qui se produit lors de la rupture du ciredit inducteur.

Si l’on fait passèr la succession des courants induits dans un

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