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RS

Si tous les récepteurs sont identiques sans que les résistances des divers circuits le soient, on a :

•(1 + rst)

le rendement diminue au fur et à mesure que le nombre des circuits augmente. Sa valeur ne serait constante que si l’on maintenait

constant le produit R2— , la résistance de la machine diminuant à

mesure que le nombre des circuits croît.

518. — 8° Distributions diverses. — Il existe d’autres modes de dis-

Fig. 393.

tribution que l’on peut rattacher à la distribution par dérivation, mais qui ne présentent pas le degré de simplicité des cas précédents.

Tel est par exemple le cas où deux conducteurs indépendants sont attachés aux deux bornes de la machine et où les récepteurs sont placés sur des traverses reliant ces conducteurs en des points différents (fig. 893).

Les relations qui existent entre les différences de potentiel pour chaque dérivation sont fort compliquées dans ce cas, même lorsque les dérivations ont la même résistance et sont également espacées; les intensités dans les diverses sections varient aussi, ainsi qu’il résulte des calculs de M. Cabanellas et il serait pour le moins difficile d’indiquer les modifications que devrait subir la force électromotrice de la machine pour que le régime restât le même dans certaines dérivations lorsque l’on en supprimerait quelques-unes. Il n’est même pas sûr qu’il soit possible de satisfaire absolument à cette condition.

Une autre disposition qui présente plus d’uniformité que le précédent, sans cependant égaler absolument les effets dans les diverses dérivations, consiste à établir des traverses entre deux conducteurs indépendants et aboutissant aux bornes de la génératrice mais de telle sorte que les extrémités de chaque traverse soient placées en ordre inverse sur chaque conducteur à partir de ces bornes

Enfin, il peut évidemment y avoir nombre d’autres combinaisons

fs, [

n it-1 •

Fig. 394.

plus complexes, mais il est évident qu’il est d’autant plus difficile d’obtenir la régulation du fonctionnement que le réseau présente une forme moins simple.

Quels sont les procédés dont on peut disposer pour satisfaire à l’une des conditions auxquelles on est conduit dans les cas simples : une intensité constante ou une différence de potentiel aux bornes constantes?

519. De la double excitation. — Soit une machine dynamoélectrique et supposons que, sur les inducteurs, il y ait deux fils enroulés (fig. 395) : l’un reçoit un courant i d’une source indépendante, d’une excitatrice par exemple, l’autre un courant émané de la machine elle-même.

Étudions d’abord le cas où le circuit de l’inducteur est en série, le circuit total comprenant le fil de l’anneau de résistance r, le cir-

LES ACTIONS MÉCANIQUES ET LES COURANTS. 227

cuit des inducteurs de résistance p, le circuit extérieur de résistance totale (réelle et fictive) x; soit I l’intensité du courant. Nous pouvons admettre comme approximation que la force électromotrice est proportionnelle à l’intensité du champ magnétique qui est elle-même

proportionnelle à la somme des courants; ce qui revient à remplacer la caractéristique par une droite, comme nous avons dit qu’on peut le faire, au moins entre certaines limites.

Soit :

aE = nu (I + i)

l’équation de cette caractéristique.

Nous avons d’autre part :

Nous pouvons éliminer I entre ces deux équations; il vient après réduction

nvi (p r -f- x) a (p + r + x) ~ nv

Si nous appelons s la différence de potentiel aux bornes de la machine, comme on a :

on a pour la valeur de cette différence :

nvix

a (p r -f- x) — nv

valeur qui peut s’écrire :

nvi

£ a (p + r) — nv

Et l’on voit que l’on peut maintenir s constant quel que soit æ, c’est-à-dire quelles que soient les variations du circuit extérieur pourvu que l’on ait :

a (p + r) — nv = 0 OU

La valeur constante de la différence de potentiel est alors :

nvi

Il n’est pas sans intérêt de signaler que l’on retrouve ainsi la solution à laquelle M. Marcel Deprez est arrivé par une autre méthode. Appliquons en effet à la caractéristique rectiligne BA (fig. 896) la méthode générale pour trouver la différence de potentiel aux bornes (caractéristique externe) (469). Menons 01' telle que

et OM tel que

tg I'OI = p + r

tg MOI — p + r -f- x

on aura :

= Mm

La caractéristique est déterminée par :

et par :

remplaçons cette caractéristique par une autre B'A' parallèle à 01'; la différence de potentiel aux bornes Wm deviendra constante. Ce changement de caractéristique que l’on obtiendra en modifiant

LES ACTIONS MÉCANIQUES ET LES COURANTS

n aura pour effet, à cause du parallélisme de 01 et O'B'A', de satisfaire à la condition

qui est bien celle que nous avons trouvée.

La valeur de M 'm est égale à OB', c’est-à-dire à -^HL- ,qui est également ce que nous avons trouvé.

520. — Imaginons maintenant que le courant au sortir de l’induit se divise en deux circuits; l’un comprenant le fil des inducteurs l’autre le circuit extérieur. Soient, outre les données précédentes, I le courant produit dans l’induit, le celui qui contribue à animer les inducteurs, ïx celui qui circule dans le circuit extérieur.

On a, d’abord pour l’équation de la caractéristique :

aE = nv (Ir + i)

On a d’autre part en introduisant les sections réduites

OU

D’autre part, la résistance totale du circuit est :

1 t rx p r + p x rx

Nous avons alors :

pr + p x + rx pr + px + tx r + x

Éliminons E,lr et I entre ces quatre équations.

On a successivement :

„ nv / x \

et :

E I (p r + px + rx) J (pr + px + rx) r -f- x x r

d’où, égalant :

— — (ælx + ri) = Ix (pr + px + rx)

On déduit enfin :

nvx apr + x (ap + ar — nv) a

pr + ptc -f- rx

En général, la valeur de Ix dépendra de #;mais elle en deviendra au contraire indépendante si l’on prend :

Dans ce cas, il vient pour valeur constante

On remarquera que la condition à laquelle nous arrivons est la même que précédemment, de telle sorte que, comme l’a fait remarquer M. Marcel Deprez, une machine disposée, construite pour satisfaire à Tune des conditions satisfera également à l’autre et qu’il suffira pour passer d’un système à un autre de modifier à l’aide d’un commutateur les liaisons entre les fils de l’induit, de l’inducteur et du circuit extérieur.

521. — Il existe encore d’autres solutions qui ont été proposées pour obtenir automatiquement la régulation du courant dans un système de distribution : nous indiquerons seulement le principe de la disposition adoptée par M. Maxim.

La génératrice du courant est une machine à excitatrice; il est évident que si l’on fait varier la puissance de l’excitatrice, le champ magnétique produit par les inducteurs variera et qu’il en sera de même de l’intensité du courant qui se manifeste dans les induits.

ap + ar — nv = Ü

OU

LES ACTIONS MÉCANIQUES ET LES COURANTS

Pour obtenir cette variation, M. Maxim a eu l’idée de modifier le calage des balais : ceux-ci sont montés sur une armature mobile qui tourne sous l’influence d’un levier soumis à l’influence d’un

ressort qui l’écarte d’un électro-aimant parcouru par le courant induit. Lorsque celui-ci pour une cause quelconque, vient à augmenter d’intensité, l’électro-aimant attire le levier malgré l’action du ressort et produit le mouvement des balais qui s’écartent de leur

position normale, ce qui affaiblit immédiatement le courant dans lo circuit inducteur.

Ce système est ingénieux, mais il présente des difficultés dans

Fig. 398. — Transformateur Gaulard et Gibbs.

l’application et bien que d’ingénieuses dispositions aient été prises pour y remédier, il ne semble pas qu’il se répande : il en est ainsi, en France, du moins.

On comprend que l’on pourrait agir autrement sur l’excitatrice,

LES ACTIONS MECANIQUES ET LES COURANTS. 233

soit en faisant varier, automatiquement ou non, la résistance de son circuit, soit en modifiant la vitesse de rotation : mais il n’y a pas eu d’essais tentés en grand dans ce sens :

522. Générateurs secondaires et transformateurs. — En supposant résolu pratiquement le problème de la distribution de l’électricité, il faut reconnaître que toutes les difficultés ne seront pas encore levées ; en effet, dans un même circuit, les divers appareils qui auront à utiliser le courant n’exigeront pas les mêmes conditions. Il pourra donc être nécessaire d’employer des transformateurs qui

Fig. 399. — Transformateurs Zipernowsky. (La Lumière électrique.)

recevant un courant dans des conditions déterminées d’intensité et de différence de potentiel rendront, avec une certaine perte, nécessairement, un courant dans d’autres conditions : des appareils de divers modèles ont été imaginés ; nous signalerons le principe des deux systèmes principaux.

MM. Gaulard et Gibbs ont combiné, sous le nom de générateur secondaire , un appareil basé sur le principe des bobines d’induction et permettant d’obtenir, à l’aide d’une source unique d’électricité, une machine à courants alternatifs, des courants électriques de différents potentiels et distribués sur un nombre quelconque de points. Ce sont, en effet, de véritables bobines comprenant un

circuit inducteur, que l’on met en relation avec une machine à courants alternatifs, et un circuit induit. En faisant varier la longueur et la section de ces fils suivant les différents cas, on peut pour un même courant inducteur obtenir des courants induits variés. L’introduction d’un noyau de fer doux dans la bobine permet même de faire varier les effets obtenus entre certaines limites. Au début, le courant inducteur passait dans un fil de cuivre de4mm entouré parallèlement de 48 fils fins où se produisaient les courants induits, le tout formant un câble que l’on enroulait autour de la bobine. Depuis, les

Fig-. 400. — Transformateur Zipernowsky. (La Lumière électrique.)

bobines furent constituées par la superposition d’anneaux métalliques présentant une solution de continuité dont les bords sont munis de deux oreilles; ces disques annulaires sont séparés par des couches de matière isolante et réunis de deux en deux par ces oreilles, de manière à former deux circuits, l’un pour le courant inducteur, l’autre pour le courant induit (fig. 398).

MM. Gaulard et Gibbs ont imaginé un redresseur de courants qui permet de recueillir aux bornes de l’appareil des courants redressés au lieu des courants alternatifs qui sont obtenus.

Ces appareils ont été essayés à Londres et à l’Exposition de Turin : ils auraient produit, paraît-il, des rendements de 86 et

LES ACTIONS MÉCANIQUES ET LES COURANTS

même 90 p. 100; ces chiffres semblent un peu élevés et il semble plus prudent de ne pas compter sur un rendement de plus de 80 p. 100, soit une perte de 20 p. 100, abstraction faite, bien entendu, des pertes qui ont lieu en dehors du transformateur.

MM. Zipernowsky, Déri et Blathv ont cherché à résoudre la même question, par des procédés un peu différents. Ils ont imaginé un système complet de distribution, mais nous n’avons à nous occuper que des transformateurs.

En principe, un transformateur comprend un noyau de fer doux (fig. 399) présentant la forme d’un cadre fermé sur lequel sont

Fig. 401. — Transformateur Zipernowsky. (La Lumière électrique.)

enroulés alternativement les fils inducteurs P et les fils induits S. Il est préférable, pour éviter les courants de Foucault, d’employer du fil de fer pour constituer le noyau.

Une disposition qui paraît rationnelle ressemble à l’anneau de la machine Gramme, les sections de rang pair a étant couplées pour former le circuit inducteur P et les sections de rang impair b pour former le circuit induit S (fig. 400).

Dans un autre modèle, les fils inducteur P et induit S constituent le noyau en forme de tore et le fil de fer doux verni entoure ce noyau sur toute son étendue (fig. 401).

Dans le système de distribution les transformateurs sont montés en dérivation.

traité d électricité:

Il semble que les transformateurs soient appelés à rendre de réels services dans la distribution de l’électricité; ils commencent à être utilisés industriellement, l’expérience montrera par la suite le parti qu’il est possible d’en tirer.

523. Exemples de distribution d’électricité et de transport d’énergie. — Le système de distribution de M. Marcel Deprez a été appliqué à l’Exposition d’électricité de 1881; la génératrice était une machine Gramme, modifiée de manière à satisfaire aux conditions que nous avons indiquées précédemment; l’excitatrice était une petite machine Siemens. La disposition des fils avait pour effet

Fig. 402. — Transformateur Zipernowsky. [La Lumière électrique.)

de maintenir un potentiel constant; il y avait plusieurs dérivations sur lesquelles se trouvaient des appareils divers, des lampes, et des moteurs Deprez actionnant des instruments divers. Les résultats furent satisfaisants et on constata une indépendance réelle, sinon peut-être absolue entre les divers appareils; on pouvait à volonté interrompre ou faire fonctionner chacun d’eux sans influencer la marche des autres.

Des expériences du même genre furent reprises également par M. Marcel Deprez, mais avec des circuits d’une plus grande longueur, à Miesbach (57 kilom.), à Vizille (14 kilom.) et surtout au chemin de fer du Nord (57 kilomètres). Nous devons dire d’ailleurs que la question étudiée dans ces différents cas n’était pas tant

LES ACTIONS MÉCANIQUES ET LES COURANTS

seulement la possibilité d’une distribution marchant avec régularité que celle du rendement que l’on peut espérer par ce mode de distribution de l’énergie. Nous reviendrons ultérieurement sur cette question.

Les solutions indiquées par M. Marcel Deprez ne sont pas les seules; il nous paraît inutile de traiter la question plus complètement et il importait surtout de montrer qu’elle est possible. Lorsque ce mode de distribution de l’énergie sera réellement entré dans la pratique, il y aura lieu d’étudier les meilleures dispositions à adopter. Sauf pour l’éclairage, et alors on se trouve en général dans des conditions relativement simples, nous ne pensons pas que d’ici quelque temps la distribution de l’énergie par l’électricité fonctionnera industriellement.

524. — En somme, si des essais sur le transport de la force ont été exécutés à diverses reprises depuis l’expérience de M. Fontaine en 1873, il n’y a eu d’applications réelles que dans un nombre de cas assez restreint, nullement, on peut le dire, dans le but d’utiliser des forces naturelles, du travail gratuit, mais pour satisfaire à certaines conditions particulières qui rendaient l’emploi de l’électricité commode. C’est ainsi que, en 1876, ce mode de transport de l’énergie fut utilisé à l’atelier de précision placé sous la direction du comité d’artillerie; le capitaine Manceron adopta ce moyen pour faire mouvoir une machine à diviser automatique très précise, puis une machine à diviser circulaire. Grâce à cette disposition les machines ont été mises absolument à l’abri des trépidations qui auraient résulté de la présence d’un moteur agissant directement ou relié matériellement à ces machines.

Plus tard, à la sucrerie de Sermaize, on utilisa à distance la force de la machine à vapeur de l’usine à faire fonctionner à distance une charrue (1500 mètres); pendant l’hiver, on se servit du même procédé pour décharger les bateaux chargés de betteraves.

Aux magasins de la Belle-Jardinière, un moteur qui est dans le sous-sol fait mouvoir par l’action de l’électricité une série de machines à coudre placées dans les étages supérieurs; une disposition analogue se rencontre aux magasins du Louvre.

Nous n’insisterons pas sur ces installations dont le nombre s’accroît, quoique lentement, non plus que sur quelques autres d’ordre différent que nous nous bornerons à signaler et qui présentent le caractère commun que, par suite des conditions particulières à chaque cas, le prix absolu du travail mécanique était d’importance secondaire, soit parce que l’électricité fournissait seule le moyen de

résoudre la question, soit parce que l’installation d’un moteur eût été très coûteuse.

C’est ainsi que l’électricité a été appliqué à la manœuvre d’un treuil à la gare des marchandises du chemin de fer du Nord. La génératrice, qui est une machine Gramme, est à 300 mètres environ du treuil et envoie le courant alternativement dans deux machines Siemens, l’une produisant le mouvement d’élévation, l’autre le mouvement de translation. La manœuvre de l’appareil est simple; la dépense correspondante ne paraît pas supérieure à celle qui résultait du travail à bras d’hommes et les opérations sont plus rapides.

Les ventilateurs qui ont été installés à l’École centrale et qui, agissant par aspiration sont placés dans les combles, reçoivent leur mouvement de machines dynamo-électriques auxquels on envoie le courant produit par une génératrice. On comprend quel est dans ce cas l’avantage de ce mode de transmission du travail et comment il eût été difficile et coûteux de transmettre le travail à ces appareils par des liaisons matérielles.

525. Expériences de Creil. — Donnons quelques détails sur l’installation de l’expérience faite par M. Marcel Deprez entre Paris et Creil.

A Creil la face motrice est fournie par une machine à vapeur de 200 chevaux. La machine génératrice est du modèle Gramme, modifiée par M. Deprez; elle contient deux anneaux dans deux champs magnétiques distincts constitués chacun par huit électro-aimants. Les électro-aimants sont en outre excités à part par une petite machine Gramme qui, à la vitesse de 1000 tours, développe une force électro-motrice de 210 volts, la résistance intérieure est de

-johm

Le fil qui entoure chaque électro-aimant est divisé en galettes ou sections que l’on peut réunir à volonté en série ou parallèlement; le poids total d’un électro-aimant est de 485 kilogrammes, la longueur totale du fil de 56 495 mètres.

L’anneau induit est du genre Pacinotti ou Gramme : le fil qui le recouvre, d’une longueur de 12 012 mètres, est divisé en 231 sections correspondant à autant de lames du collecteur. Les balais peuvent être déplacés de manière à changer le calage, à volonté.

La génératrice qui est de très grande dimension, donne à sa vitesse normale une force électro-motrice de 7500 volts; sa résistance est de 20 ohms. Elle est reliée aux bornes d’oû partent à Paris les circuits des réceptrices par deux conducteurs, un pour

LES ACTIONS MÉCANIQUES ET LES COURANTS

l’aller, l’autre pour le retour, dont la résistance totale est de 106 ohms (distance de Paris à Creil, 56 kilomètres). A Paris, il y a deux circuits montés en dérivation et comprenant chacun une réceptrice qui doit recevoir un courant de 10 ampères.

Chaque réceptrice est analogue aux dimensions près à la génératrice; le champ magnétique est constitué par six électro-aimants seulement; la longueur totale du fil qui les recouvre est de 25380 mètres. Les anneaux induits sont plus petits, le fil qui les recouvre a une longueur de 5775m par anneau. Enfin chaque réceptrice est animée, en outre, par une excitatrice dont la résistance intérieure est de 0ohm,420 et susceptible de développer une force électro-motrice de 100 volts environ. Cette excitatrice prend son mouvements sur l’axe de la réceptrice et anime seule les inducteurs, tandis que le courant produit par la génératrice et amené par la ligne passe seulement dans l’anneau.

Nous passons sous silence les nombreux détails relatifs tant à ces machines qu’aux appareils accessoires, commutateurs, disjoncteur d’arrêt, etc. dont la description serait trop longue.

Les réceptrices doivent faire fonctionner à Paris des appareils très divers :

Des machines électriques destinées à l’éclairage;

Des pompes destinées aux manœuvres des appareils hydrauliques;

Des machines-outils diverses.

Au moment où nous écrivons, des expériences incomplètes ont eu lieu : les machines ont fonctionné, mais pendant un temps assez court, parce qu’un accident est venu produire l’arrêt. On ne sait encore si le système fonctionnera convenablement au point de vue pratique, si l’indépendance des divers appareils existera réellement, et on ignore quel sera le rendement.

526. Traction électrique des chemins de fer. — Une application particulièrement intéressante du transport du travail mécanique par l’électricité, est son emploi pour la traction sur les voies ferrées, chemins de fer ou tramways : c’est la maison Siemens et Halske qui a établi la première une transmission de cette espèce Théoriquement le problème est simple : le courant est produit par une génératrice aune station déterminée; la voiture qui doit se mouvoir, seule ou entraînant un train plus ou moins considérable, possède une réceptrice dont le mouvement se communique à des roues motrices par une transmission quelconque : lorsque le courant de la génératrice parvient à la réceptrice, celle-ci entre en action et fait tourner les roues motrices dont le mouvement de rotation pro-

duit le déplacement de la voiture. Mais la difficulté principale consiste dans la transmission du courant de la génératrice à la réceptrice, qui est montée sur la voiture en mouvement. Dans quelques cas, il existe entre les deux rails un rail central soutenu à quelque distance du sol par des supports isolants : ce rail est en communication à une extrémité avec la génératrice; d’autre part la voiture porte des brosses métalliques frottant sur ce rail et reliées métalliquement à la réceptrice, à laquelle elles transmettent le courant; le courant s’écoule par les rails ordinaires : telle est la disposition qui a été adoplée en 1881 sur le chemin de fer de Berlin à Lichtenfeld.

Pour le tramway électrique qui fut établi à Paris lors de l’Exposition d’électricité en 1881, la réceptrice communiquait à la génératrice par deux tubes de laiton soutenus en l’air par des supports isolants et présentant dans toute leur étendue une ouverture longitudinale; dans chacun de ces tubes glissait une sorte de navette métallique qui frottait contre les parois; chaque navette était reliée par un fil métallique isolé qui passait à travers la fente du tube et venait se fixer à l’une des bornes de la réceptrice; le courant arrivait par l’un des tubes et s’écoulait par l’autre. Ce procédé ne paraît pas très satisfaisant.

Dans une locomotive qui doit être utilisée à New-York sur le chemin de fer aérien, le courant est envoyé à la réceptrice montée sur la locomotive par un rail central isolé sur lequel roule un galet en bronze.

527. Telphérage. — Parmi les applications intéressantes qui paraissent destinées à acquérir une réelle importance, on peut citer le système de telphérage qui a été proposé par Fleeming Jenkin et qui après avoir été étudié par lui et par MM. Ayrton et Perry, vient d’être récemment appliqué à une exploitation industrielle à Glynde (Angleterre).

Le telphérage est un système de transport de wagonnets par l’électricité sans aucun personnel sur les véhicules ni sur la voie. Pour diverses raisons faciles à comprendre et qui ne dépendent pas des conditions électriques, on a adopté des wagonnets suspendus à un rail ou cable d’acier soutenu en l’air par des poteaux isolants; les wagonnets sont réunis de manière à former un train comprenant une locomotive électrique; le rail qui sert de support au train est également utilisé pour la transmission du courant.

En réalité il y a deux lignes parallèles (fi g. 403) servant l’une pour la marche dans un sens, l’autre pour la marche en sens opposé; mais par suite d’une ingénieuse disposition, ces deux voies sont dis-

LES ACTIONS MÉCANIQUES ET LES COURANTS

posées de manière à éviter l’emploi de fil de retour pour le courant. A cet effet, chaque voie est composée de sections égales séparées entre elles par de petits intervalles et que nous désignerons pour l’une des voies par 1, 2,3... et pour l’autre par 1', 2', 3'... ; chacune des sections d’une voie est reliée à ses extrémités aux deux sections voisines de l’autre voie, de telle sorte que l’on a deux conducteurs continus, mais complètement séparés, isolés, et communiquant chacun avec une des bornes d’une génératrice M ; par exemple la borne positive sera en communication avec le conducteur 12'34'5... tandis que la borne négative sera reliée avec le conducteur l'23'45# ; mais il ne s’établit pas de courants parce que le cir-

cuit n’est fermé nulle part.

D’autre part les trains sont formés d’une série de wagonnets liés les uns aux autres de manière à présenter entre les roues extrêmes une longueur précisément égale à une section du conducteur, de

.sxxixizi:

Fig. 403.

telle sorte que les roues extrêmes sont nécessairement toujours sur deux sections contiguës, sauf le temps très court où elles passent ensemble sur les espaces qui existent entre les sections et où se trouvent des supports isolés complètement et de faible longueur. Les roues des wagonnets sont isolées; la première et la dernière du train sont reliées par des fils aux bornes du moteur qui occupe le milieu du train. Quand un train est sur la ligne il réunit donc nécessairement deux sections appartenant aux deux conducteurs et ferme le circuit; le courant s’établit, le moteur fonctionne, ses roues tournent, il se meut, entraînant le train tout entier. Quand les roues extrêmes arriveront aux espaces qui séparent les sections le courant cesserapendant un instant, mais le système continuera à se mouvoir en vertu de la vitesse acquise et atteindra bientôt les sections voisines : le courant se rétablira donc dans le moteur, en sens contraire de ce qu’il était précédemment; mais ce renversement ne change pas le sens de la rotation du moteur parce qu’il se produit à la fois dans l’anneau et dans les inducteurs; le mouvement se continuera donc.

Il importe de remarquer que l’on peut installer sur la ligne simul-

tanément plusieurs trains; cela revient, en somme, à établir plusieurs dérivations ; ce qui conduit à établir la génératrice de manière à obtenir une différence de potentiel constante aux bornes.

Pour des trains de même poids, la vitesse dépendra de la voie, suivant qu’elle sera droite ou courbe, en palier, en pente ou en rampe; pour être assuré que les trains qui se succèdent ne se rencontreront pas on a adapté au moteur un régulateur à force centrifuge, disposé de manière à interrompre le circuit si la vitesse est supérieure à la vitesse moyenne.

Les détails de ce système ont été très bien étudiés, il est inutile de les décrire ici; nous nous bornerons à ajouter que le telphérage établi à Glynde fonctionne d’une manière satisfaisante; il faut reconnaître que son installation est récente et qu’on ne peut encore déduire de ces premiers essais une conséquence certaine.

528. Rendement dans la transmission de l’énergie par l’électricité. — Si dans un nombre limité de cas la transmission de l’énergie par l’électricité est appelée à rendre de réels services à cause de circonstances spéciales, la question ne prendra un intérêt véritable au point de vue économique que si ce mode de transport est d’un bas prix, si le rendement qu’il est susceptible de fournir n’est pas trop faible, car nous avons signalé que s’il existe des forces gratuites, leur captation, pour ainsi dire, leur utilisation correspondait à une certaine dépense et que, même au point de départ, le travail à transmettre a une certaine valeur.

Un élément important de ce rendement est dans la distance à laquelle la transmission doit se faire; car s’il est vrai (509) que, en modifiant les conditions d’une machine on peut arriver à obtenir un rendement électrique indépendant de la distance, comme l’a dit M. Marcel Deprez, en réalité une machine donnée pour maintenir ce rendement constant doit transmettre une quantité de travail d’autant moindre que la distance est plus grande. Il en résulte que comme il faut tenir compte des dépenses afférentes à la machine, prix d’achat, amortissement, frais d’entretien, le prix de l’unité de travail recueilli à l’extrémité de la ligne augmente avec la distance; à plus forte raison si l’on tient compte de la dépense d’achat et d’installation de la ligne, dépense qui est loin d’être négligeable si la quantité d’énergie à transmettre est notable et c’est évidemment ce seul cas qui est intéressant au point de vue industriel.

Il faut reconnaître que les données que nous possédons sur ce sujet sont encore bien incomplètes : elles peuvent se résumer ainsi.

Dans des expériences faites à Munich (1881), Schuckert recueil-

LES ACTIONS MÉCANIQUES ET LES COURANTS. 243

lait 38 kilogrammètres tandis que, au point de départ à 5 kilomètres le travail fourni était de 75 kilogrammètres (?) ce qui représente un rendement de 54 p. 100.

Dans les essais faits à Munich-Miesbach (1882), sur une longueur de 57 kilomètres, M. Marcel Deprez a calculé des rendements électriques d’après le rapport du nombre de tours de la réceptrice et de la génératrice et il a trouvé des rapports variant de 46 à 68 p. 100; mais outre qu’il s’agit non du rendement électrique mais du rendement industriel, nous avons dit que le rapport du nombre de tours n’avait de signification précise que dans des cas très déterminés qui ne sont presque jamais réalisés.

Plus tard, en 1883, de nouvelles expériences eurent lieu au chemin de fer du Nord : les machines génératrice et réceptrice étaient à Paris reliées d’une part par un fil court et de l’autre par un fil allant passer au Bourget, d’une longueur de 17 kilomètres et d’une résistance de 160 ohms : il y a lieu de faire quelques réserves sur cette disposition en boucle qui ne reproduit pas les conditions de la pratique. Le travail moteur fut de 6,21 chevaux en moyenne; le travail recueilli au frein fut de 2,03, soit un rendement de 32,5 p. 100.

Dans une autre série le rendement atteignit 36,2 p. 100 et même exceptionnellement, il est vrai, 41,1 ; on ne peut évidemment compter sur ce dernier chiffre.

Enfin d’autres expériences eurent lieu entre Grenoble et Yizille à une distance de 14 kilomètres; le rendement a atteint des valeurs beaucoup plus considérables, puisque l’on a donné pour une expérience le nombre 62,3 p. 100; ce nombre paraît supérieur à ce que l’on pouvait atteindre : le rendement électrique ayant été évalué à 70,8 il semble que la valeur du rendement industriel soit trop grande notablement. Les expériences, en tous cas, ont montré d’une manière générale que le rendement croît avec la vitesse de rotation de la génératrice.

En résumé, on ne possède aucune donnée précise sur le rendement effectif sur lequel on pourrait compter dans le cas d’une application vraiment industrielle. Il y a là un doute qui est préjudiciable au développement de l’industrie électrique.

Il faut attendre les résultats que donneront les essais en cours et notamment les expériences de Creil avant d’être fixé sur le développement immédiat que peut prendre cette intéressante application, la distribution de l’électricité.

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