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CHAPITRE IV

SYSTÈMES TÉLÉGRAPHIQUES ET TÉLÉPHONIQUES

529. — Presque toutes les applications des courants qui ont été proposées et essayées, jusqu’à ces dernières années, avaient pour but d’utiliser la rapidité extrême de transmission de l’électricité; seules, la galvanoplastie et les opérations analogues mettaient à profit l’énergie que ces courants peuvent transporter d’un point à un autre. Nous avons vu dans les chapitres précédents qu’il n’en est plus ainsi : mais les cas dans lesquels c’est surtout la quasi-instantanéité des actions qui intervient sont très nombreux et très nombreux les appareils qui, dans des buts divers, sont construits pour utiliser cette propriété. Nous ne saurions avoir la pensée de décrire tous ces appareils qui ont été imaginés dans les buts les plus variés ; il faut dire d’ailleurs que dans un très grand nombre de cas l’action de l’électricité est très simple et se réduit à produire à distance un enclenchement ou un déclenchement et que ce qui différencie les appareils, ce sont les dispositions mécaniques qui sont combinées en vue de produire une action déterminée après que le déclenchement a été obtenu; ces dispositions sont extrêmement ingénieuses, mais elles n’ont aucun rapport avec l’électricité. Aussi ne donnerons-nous que quelques appareils les plus usités et qui pourront servir à faire comprendre des dispositions analogues dont on trouverait la description dans des publications spéciales.

11 est un groupe étendu d’appareils qui, très différents dans leurs dispositions, ont cependant un but commun, celui de permettre de transmettre à distance une idée, une volonté ; ce sont les sonneries, les télégraphes, les téléphones et une série d’appareils tels que ceux usités pour l’exploitation des chemins de fer; nous nous en occuperons d’abord, réservant pour un autre chapitre les appa-

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reils qui sont destinés à enregistrer des phénomènes, à transmettre à distance des indications automatiques relatives à une action déterminée, etc.

530. Sonneries électriques. Trembleuses. — Le courant électrique est employé dans un grand nombre de circonstances à faire mouvoir des sonneries; tantôt ces sonneries frappent un coup ou un nombre déterminé de coups; tantôt elles produisent un tintement continu tant que le courant passe, elles sont alors dites trembleuses; quelquefois enfin, elles doivent suivant les circonstances agir comme trembleuses ou frapper un seul coup. Nous nous occu-

perons d’abord des trembleuses qui sont de beaucoup celles dont l’usage est le plus général.

Les sonneries trembleuses sont toujours construites sur le principe de l’interrupteur de Neef (198); voici la disposition ordinaire : devant un électro-aimant AA' (fig. 404) se trouve à quelque distance un morceau de fer doux M qui est porté par une lame de ressort maintenue fixe à une de ses extrémités E. Le fer doux vient presser contre un ressort N qui communique à la borne Let à l’un des pôles de la pile. Le fer doux porte d’autre part, à l’extrémité d’une tige métallique, diversement recourbée suivant les modèles, le marteau D destiné à servir de frappeur. Le fil de l’électroaimant aboutit d’une part à la borne K et par suite à la pile (ou au sol) et à l’autre extrémité au fer doux en E. Le fonctionnement de cet appareil est absolument le même que celui de l’in-

Fig. 404. — Sonnerie électrique.

terrupteur de la bobine d’induction. Lorsque le circuit vient à être fermé, le courant passe, l’électro-aimant devient actif, le fer doux est attiré; mais alors le fer doux quitte le ressort N, ce qui rompt le circuit et fait cesser le courant; l’électro-aimant, cesse d’être actif et, par l’élasticité du ressort, le fer doux est ramené en arrière. Mais ce mouvement ferme de nouveau le circuit et, dès lors, le même effet se reproduit et continue, tant que l’on n’a pas produit en un point du circuit une rupture qui arrête définitivement le courant.

En face du marteau et à quelque distance est placé le timbre B

Fig. 405. — Sonnerie de Redon. (La Lumière électrique .)

sur lequel il doit frapper; la distance doit être telle que lorsque le fer doux est attiré par l’électro-aimant il ne touche pas le timbre, mais qu’il en soit séparé par un petit intervalle. Lors du fonctionnement de la sonnerie, le marteau arrive au contact en vertu de sa vitesse acquise et de l’élasticité de son support; mais le contact est très bref, ce qui rend le son clair, il serait au contraire un peu étouffé si la disposition était autre.

Le timbre peut avoir naturellement des formes et des dimensions variées; il y a lieu surtout d’employer divers modèles si plusieurs sonneries sont placées dans le voisinage. Quelquefois on remplace

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le timbre métallique par une clochette en bois dur, en gaïac, par exemple : il se produit alors un tintement très distinct, mais moins bruyant. Dans quelques circonstances même, on supprime complètement le timbre et le marteau : le mouvement du trembleur produit un bruit suffisant pour appeler l’attention.

Le plus souvent les diverses pièces sont montées sur un même support métallique que l’on accroche verticalement à un mur, le timbre dirigé à la partie inférieure; une petite caisse munie d’ouvertures convenablement disposées recouvre le mécanisme, à l’exception du timbre et du marteau, et le met à l’abri de‘la poussière.

531. — M. de Redon a modifié la forme des sonneries et a construit un modèle ingénieusement disposé (fig. 405) : le système est tout

Fig. 406. — Bouton d’appel. [La Lumière électrique.)

entier recouvert par le timbre hémisphérique T qui sert ainsi d’enveloppe; d autre part, le marteau B au lieu d’être porté par une tige rectiligne est attaché à un ressort de forme demi-circulaire R qui convient spécialement à la place qu’il a à occuper à l’intérieur du timbre; le fer doux A est placé perpendiculairement à la longueur du ressort. Cette sonnerie dont il existe des modèles de grandes dimensions fonctionne également bien dans toutes les positions.

^ 53^. — L’installation d’une sonnerie susceptible d’être actionnée d un seul seul point, ne présente aucune difficulté; la sonnerie doit être intercalée dans un circuit comprenant également une pile et présentant une interruption au point où doit se faire l’appel : tant que le circuit restera ouvert, le courant ne passera pas et la son-

nerie restera silencieuse; elle entrera en action lorsque l’on fermera le circuit et fonctionnera aussi longtemps que le contact sera maintenu.

Donnons quelques détails sur cette installation.

La pile est généralement constituée par des éléments Leclanché; 4 éléments suffisent dans la plupart des cas. La pile peut servir pendant plusieurs années dans le cas d’un service ordinaire; si elle cesse de fonctionner, il suffit le plus souvent d’y ajouter de l’eau pour remplacer le liquide qui a disparu par évaporation.

Le circuit est constitué par du fil de cuivre ayant environ \ millimètre de diamètre et recouvert d’une couche isolante, soie ou coton; la pose ne présente aucune difficulté et il n’y a pas lieu de s’y arrêter. Nous dirons seulement que souvent il est inutile d’installer un circuit complet : on peut relier l’un des pôles à un tuyau

Fig. 407. — Poire à appel. (La Lumière électrique.)

d’eaujou de gaz et fermer le circuit d’autre part sur le même tuyau.

Il y a également à signaler les dispositions adoptées pour fermer le circuit lorsque l’on veut produire un appel, on peut évidemment employer les dispositions les variées et nous ne décrirons que quelques-uns des modèles que l’on rencontre le plus souvent.

Le modèle le plus employé est certainement le bouton d’appel : il est constitué par une plaque circulaire isolante A (fi g. 406) sur laquelle sont fixées deux lamelles métalliques R, R', communiquant chacune avec une partie du circuit. L’une de ces lamelles R estposée à plat, l’autre R est fixée à une extrémité et, formant ressort, se soulève d’autre part, de manière qu’elle ne touche pas la lamelle R' ; le tout est recouvert d’un couvercle circulaire isolant C présentant au centre une ouverture dans laquelle pénètre un bouton en ivoire B qui, renflé intérieurement, ne peut sortir et qui est pressé par la lamelle faisant ressort. Lorsque l’on appuie sur le bouton, on repousse le ressort R et l’on établit le contact ce qui fait agir la son-

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nerie. Le courant cesse lorsque l’on abandonne le bouton qui reprend sa place en même temps que la lamelle mobile s’écarte de la lamelle fixe.

Ce modèle peut être varié de bien des façons, c’est ainsi qu’il peut agir par l’intermédiaire d’un cordon de tirage comme lorsqu’il s’agit d’une sonnette ordinaire (fig. 408). Dans ce cas une tige cylindrique est reliée à ce cordon : elle porte une traverse métallique qui, en descendant, ferme le circuit en pressant contre deux lames métalliques légèrement courbées. Un ressort ramène cette

tige cylindrique et le cordon de tirage à leur position de repos lorsque l’on cesse d’agir sur celui-ci.

•On établit des contacts qui fonctionnent comme les boutons de sonnette de porte; d’autres qui agissent par l’action d’une pédale; d’autres qui fonctionnent lorsque l’on fait mouvoir une porte. Toutes ces dispositions et bien d’autres ne présentent aucune difficulté à concevoir ou à établir : il s’agit d’établir un système qui, à volonté, maintienne le circuit ouvert ou qui le ferme.

Nous signalerons d’autre part des modèles spéciaux dans lesquels les pièces qui servent à l’appel sont utilisées pour d’autres usages, notamment comme avertisseurs d’incendies.

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