‹ Traité pratique d'électricité, comprenant les applications aux sciences et à l'industrie et notamment à la physiologie, à la médecine, à la télégraphie, à l'éclairage électrique, à la galvanoplastie, à la météorologie, etc., etcChapitre 26 sur 36 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ STATIQUE ET DES PROPRIÉTÉS DE L'ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE

683. Bluteur Électrique. — Il est peu d'applications basées sur les propriétés de rélectricité statique ; celles qui ont été proposées ne paraissent pas être entrées dans la pratique. Pour la plupart, elles utilisent Tétincelle électrique et, en général, il est plus commode d'employer les appareils d'induction qui ne sont pas aussi sensibles que les machines électriques aux influences atmosphériques : nous en signalerons cependant quelques-unes.

Il n'existe à notre connaissance qu'un appareil utilisant la propriété fondamentale des corps électrisés, celle d'attirer les corps légers ; c'est un bluteur électrique construit en Amérique et qui a figuré à l'Exposition de 1881. Nous ignorons s'il est employé 'industriellement dans l'autre continent; il est curieux et mérite une description sommaire.

Le bluteur électrique a pour but d'obtenir la séparation du son et de la farine, en évitant le passage à travers le blutoir, tamis cylindrique animé d'un mouvement de rotation et soumis à de vives et nombreuses secousses. Ces secousses présentent l'inconvénient de disséminer dans l'atmosphère les parties les plus fines; d'où, perte d'une substance utile, production d'une atmosphère impure, probablement nuisible aux ouvriers et susceptible dans certains cas de produire des détonations par l'approche d'une flamme.

Le blutqur électrique inventé par MM. Thomas, B. Osborne et Kingsland Smith comprend un tamis horizontal animé d'un mouvement de va-et-vient sur lequel, à une extrémité, est amenée la farine brute; au-dessus de ce tamis sont disposés horizontalement des cylindres en caoutchouc durci (fig. 559) tournant autour de leurs

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axes; ils frottent à la partie supérieure sur des peaux de mouton garnies de leur laine et s'éleclrisent ainsi superficiellement. En passant au-dessus de la farine brute les parties électrisées attirent le son sans agir sur la farine pure qui est tamisée comme à l'ordinaire. Le son entraîné par le cylindre en est détaché par les peaux de mouton el retombe dans de petites gouttières parallèles aux cylindres ; à l'aide d'un frotteur mû par une corde sans fin, le son est progressivement amené à Tune des extrémités de la gouttière d'où il tombe dans un canal latéral où une vis d'Archimède l'entraîne dans un réservoir où il est recueilli.

Dans l'appareil exposé en 1881, il y avait 24 cylindres montés 3 par 3 sur 8 axes; chacun d'eux avait un diamètre de 0",i5 et une longueur de 0",25 environ ; ils faisaient 30 à 35 tours par minute.

Fig. 559. — Bluteur électrique {La Lumière électrique.)

La surface occupée ne dépassait pas 2 mètres carrés; l'appareil exigeait une force de 1/2 cheval vapeur et était susceptible, paraît-il, de bluter 200 à 300 kilogrammes de farine par heure suivant la nature des grains employés.

684. Condensation des fumées et poussières par l'étincelu;: ÉLECTRIQUE. — M. Lodgc, au. cougrès de la British Association^ i Montréal, en 1884, a montré que des poussières mises en suspension dans l'atmosphère se déposent rapidement sous l'influence de décharges électriques. M. Walker (de Londres) pensa à appliquer cette curieuse propriété à la condensation des fumées du plomb volatil des fourneaux; cette condensation ne se fait dans les conditions ordinaires que très lentement et très imparfaitement; dans des expériences faites sur les fumées mêmes qui traversaient la cheminée et que Ton recueillait dans un récipient muni d'ouvertures

fermées par des lames de verre, on étudia l'effet des étincelles électriques; ces étincelles, fournies par une machine de Voss, atteignaient 0'»,10 de longueur.

Les fumées étant au repos, lorsque la machine fonctionnait, on les voyait tourner rapidement, puis former de larges flocons et enfin se déposer. Un effet analogue fut observé lorsque l'on opéra sur le courant de fumées émanant directement des fourneaux; il ne se manifestait pas au point où agissaient les étincelles à cause de la rapidité du courant, mais il était très net à l'orifice de sortie.

Si dans les applications pratiques qui doivent être faites les résultats sont aussi avantageux que dans les expériences préliminaires que nous venons de citer, il est certain que ce procédé se répandra et sera appliqué à d'autres industries présentant des conditions analogues. Mais il nous parait probable que Ton emploiera alors, non des machines électriques, mais des appareils d'induction pour fournir les étincelles qui sont nécessaires.

685. Allumoir électrique. — L'étincelle électrique est susceptible d'enflammer un jet de gaz d'éclairage; cette propriété a été utilisée par M. Clarke pour construire un appareil destiné à remplacer les allumoirs à flamme d'huile ou d'alcool qui sont susceptibles de produire des accidents, d'enflammer accidentellement des corps combustibles.

L'allumoir électrique (fig. 560), comprend une poignée et un manche : la poignée est formée par un cylindre creux en ébonite; à l'intérieur se trouve une partie mobile constituant avec le cylindre une véritable machine électrique analogue au replenisher de sir William Thomson (313). On obtient le mouvement de rotation en pressant sur un bouton c qui, à l'intérieur, porte une crémaillère engrenant avec une roue dentée; lorsque l'on cesse de presser, un ressort à boudin ramène le bouton à sa position primitive. Par ce mouvement de rotation on amène deux conducteurs métalliques à des états électriques opposés.

Le manche est constitué par un cylindre en ébonite E de telle longueur qu'il est jugé nécessaire et présentant une partie ouverte à son extrémité libre ; deux tiges métalliques isolées l'une de l'autre traversent ce cylindre, elles communiquent à une extrémité chacune avec l'un des conducteurs électriques que nous avons signalés audessus. Les extrémités opposées fe, h^ aboutissent à la cavité creusée dans le manche où elles sont séparées par un intervalle que l'on a réglé à l'avance.

Lorsque Ton presse sur le bouton et que la machine fonciionne,

Pig. 560. — Allumoir électrique. {La Lutnière électrique.)

des étincelles éclatent entre ces extrémités ; si on les produit auprès de rorifice d'un brûleur à gaz, le gaz s'enflamme.

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