‹ Traité pratique d'électricité, comprenant les applications aux sciences et à l'industrie et notamment à la physiologie, à la médecine, à la télégraphie, à l'éclairage électrique, à la galvanoplastie, à la météorologie, etc., etcChapitre 29 sur 36 · VI · texte numérisé non relu

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F'ig. 570. — Paratonnerre.

des édifices; on dislingue alors deux parties : le paratonnerre, qui est la lige, s'élevant au-dessus du toit, et le conducteur qui relie celle-ci au réservoir commun.

Le paratonnerre est une lige de fer de hauteur variable, de 3 à 5 mètres en général, et de'0",02 de diamètre; elle est terminée à sa partie supérieure (fig. 570) par une pièce de cuivre qui y est solidement vissée, qui a le même diamètre et dont la hauteur est est de 0'»,20 à 0"*,25: elle se termine par un cône de 30* d'ouverture environ; le paratonnerre est relié à sa partie inférieure avec le conducleur qui est constitué par un câble en fil de fer ou plutôt par une série de barres de fer; l'ensemble ne doit présenter aucune solution de conlinuité, aussi convient-il de recouvrir tous les joints de nœuds

de soudure. Ce conducteur, comme le paratonnerre, peut être traverse par de grandes quantités d'électricité; aussi il faut lui donner une section suffisante. On n'a pas d'exemple qu'une barre de fer de O'^jOlS de côté ait été amenée à l'incandescence par le passage de la foudre; on prend donc des barres de fer ayant 0",015 ou mieux 0-,020 de côlé.

La partie inférieure du conducteur doit être largement en relation, avec une couche conductrice constituant vraiment le réservoir commun. S'il est possible, il faudra le descendre jusqu'à une nappe d'eau qui ne tarisse pas, alors même qu'il faudrait pour arriver à ce résultat prolonger le conducteur à une certaine distance du bâtiment; si l'on a une couche qui reste toujours humide, on peut à la rigueur s'en contenter; on y creuse alors une tranchée que l'on emplit de charbon de bois ou de braise et où aboutit la partie inférieure du conducteur; mais c'est là un pis-aller qu'il ne faut accepter qu'en cas de nécessité absolue.

11 importe di3 remarquer qu'il ne suffirait pas de faire jaboutir le conducteur dans une citerne, fût-elle même toujours remplie d'eau; il faut, de toute nécessité, que le cond jeteur soit en communication avec le réservoir commun, et non pas seulement avec de Tcau.

On a obtenu, à l'étranger, de bons résultats en reliant les parties inférieures des paratonnerres avec les conduites d'eau ; bien qu'il ne semb !e pas y avoir d'inconvénient, cette solution n'est pas acceptée en France.

7J3. — Lorsqu'il s'agit de garantir un édifice d'une certaine élendue, on emploie plusieurs paratonnerres dont le nombre et Ist position n'ont rien d'absolument déterminé; chaque paratonnerre présente un conducteur spécial jusqu'à la base de l'édifice ; ces conducteurs peuvent être réunis en un conducteur unique de large section pour se relier à la couche aquifère.

Il est bon, en outre, que les tiges des divers paratonnerres soient reliées à leur base par un conducteur métallique qui règne sur le loir.

Si dans la construction qu'il s'agit de protéger, il existe des pièces métalliques de quelque étendue, des réservoirs, des planchers ou des combles en fer, il est nécessaire de les relier métalliquement au conducteur. Faute de cette disposition, il pourrait éclater des étincelles, même à travers les murs, entre ces pièces et le conducteur, étincelles qui amèneraient un véritable foudroiement, secondaire pour ainsi dire.

La nécessité absolue d'une continuité métallique parfaite entre

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toutes les pièces, depuis le sommet du paratonnerre jusqu'à la couche aquifère, est la condition essentielle; pour éviter les accidents qui pourraient résulter de ce que cette condition n'est pas remplie, il serait bon de pratiquer de temps à autre un vérilable essai de la conductibilité électrique du conducteur; c'est là, d'ailleurs, une pratique qui commence à s'établir.

Il arrive quelquefois qu'à la suite d'un orage, la pointe du paratonnerre est fondue; le paratonnerre agit encore cependant d'une manière ulile. Son action est moins préventive et il décharge moins rapidement les nuages orageux; mais dans le cas où la foudre viendrait à. tomber, l'électricité suivrait de préférence, pour rétablir l'équilibre entre le nuage et le réservoir commun, le chemin peu

Fip. 571. — Paratonnerre Melseni.

résistant que lui offre le paratonnerre et le conducteur, d'autant que le sommet de la tige est plus voisin du nuage que les autres points de la construction.

704. Paratonnerres système Melsens. — M. Melsens a proposé de remplacer les paratonnerres tels qu'ils ont été construits jusqu'à présent par un autre système qui a été appliqué sur divers édifices et notamment à l'hôtel de ville de Bruxelles. Dans ce système, au lieu d'avoir un petit nombre de tiges élevées, on garnit toutes les parties saillantes de l'édifice, angles, pignons, clochetons, etc., de petites aigrettes formées de tiges de cuivre rouge de 0",006 de diamètre et terminées en pointe (fig. 571). Toutes ces aigrettes sont reliées à un réseau métallique, formé de conducteurs de section relativement faible, descendant jusqu'à la partie inférieure et de

liges métalliques horizontales ou obliques reliant les diverses aigrettes; ce réseau est relié intîmement à la couche aquifère.

L'action est la même que celle que nous avons expliquée plus haut : le bâtiment est garanti dans chacune de ses parties. La protection parait être très satisfaisante. L'avantage de ce système, c'est principalement son prix peu élevé. Cet avantage est réel pour les cas où on aurait appliqué à tout prix un système de paratonnerres comme il arrive pour les bâtiments publics; mais déplus, il permet d'en établir dans nombre de cas ou la dépense aurait fait hésitera adopter le système classique.

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