‹ Traité pratique d'électricité, comprenant les applications aux sciences et à l'industrie et notamment à la physiologie, à la médecine, à la télégraphie, à l'éclairage électrique, à la galvanoplastie, à la météorologie, etc., etcChapitre 28 sur 36 · APPLICATIONS DE LÉLECTRICITÉ STATIQUE · texte numérisé non relu

APPLICATIONS DE LÉLECTRICITÉ STATIQUE

superposées; sur les régions polaires sont installées des bobines dont les fils sont réunis de manière à ce que les effets s'ajoutent : les autres extrémités sont reliées au circuit qui comprend l'amorce ou les amorces; Une armature de fer doux est appliquée entre les pôles de l'aimant pouvant tourner autour d'une charnière parallèle à la ligne des pôles : le mouvement lui est communiqué par une pièce métallique terminé par un bouton et constituant avec elle un levier coudé. Lorsque l'on écarte l'armature de fer doux, il se produit une variation de l'état magnétique et un courant prend naissance, courant correspondant à une force électro-motrice d'autant plus forte que le mouvement est de moindre durée, qu'il est plus brusque, ce que l'on obtient en frappant fortement avec le poing

Fig. 5 .'0. — Exploscur, coup de poing. (Bréguet.)

sur le bouton. Un ressort est porté sur le bras du levier coudé et vient loucher une vis de butée, établissant une communication métalliqueentrelesbornes où aboutissent les filsdu circuit extérieur; tant que le contact est maintenu les électro-aimants sont fermés sur eux-mêmes et presque rien ne parvient dans le circuit extérieur qui n'est parcouru par la totalité du courant que lorsque le ressort cesse de toucher la vis, rompant ainsi le court circuit ; cette rupture se produit vers la fin du mouvement et l'appareil est disposé pour que, à cet instant, l'extra-courant vienne ajouter son effet à celui du courant induit.

Enfin un verroir*métallique immobilise l'armature lorsque l'appareil ne doit pas fonctionner afin d'éviter les accidents.

Dans un modèle d'exploseur (fig. 567), M. Marcel Deprez dispose une bobine B sur une pièce de fer doux placée entre les branches, d'un aimant en U et mobile autour d'un axe parallèle à ces branches Lorsque, à l'aide de la manette F, on porte brusquement les pièces

mobiles d'un pôle à l'autre, un courant induit prend naissance dans le circuit dont fait partie la bobine.

M. Marcel Deprez a également combiné un exploseur (fig. 568) qui comprend un aimant en fer à cheval A et une armature de fer

doux B qui peut s'appliquer exaclement contre les pôles et que Ton en peut écarter par l'action d'un levier coudé E sur lequel on donne un coup de poing ; mais c'est cette armature qui porte la bobine G dont le fil est gros et court. Le courant qui s'y produit par suite du mouvement n'est d'ailleurs pas utilisé directement, mais il est dirigé dans le fil inducteur d'une bobine de RuhmkorfT munie de l'interrupteur de Marcel Deprez (351). Dans ces conditions on observe des étincelles chaudes et susceptibles de provoquer l'inflammation des corps combustibles.

690. Électricité atmosphérique et terrestre. — L'atmosphère est le siège de phénomènes électriques qui se manifestent de diverses façons : tantôt d'une manière brusque en produisant des efiets considérables, comme il arrive par les temps orageux, et tantôt d'une façon à peine sensible et telle qu'il faut employer des appa-

Fig. 568. ~ Exploseur Marcel Deprez. (La Lumière électrique).

reils délicats pour mettre ces phénomènes en évidence. Nous nous occuperons d'abord de ces derniers.

Les diverses couches de l'atmosphère ne sont pas dans le même état électrique, elles ne sont pas au même potentiel : les observations montrent qu'elles sont d'autant plus électrîsées positivement qu'on s'élève davantage ; par convention les couches qui sont au contact de la terre sont supposées au potentiel zéro.

Ce n'est en somme que la difiTérence de potentiel entre les diverses couches atmosphériques ou entre celles-ci et le sol que nous pouvons observer ; nous n'avons aucun moyen de reconnaître l'état absolu d'une couche déterminée au point de vue électrique ; un éleclroscope quelque sensible qu'il soit ne fournit aucune indication lorsqu'il est placé dans une couche d'air quel que soit le degré d'électrisation de celle-ci. C'est un fait d'observation qu'il est d'ail-

leurs facile d'expliquer par l'hypothèse que nous avons admise sur le rôle électrique du milieu ambiant.

690. — Pour observer des effets électriques à l'aide d'un éleo troscope à feuilles d'or il faut mettre les feuilles d'or en équilibre électrique avec une couche située à un autre niveau que celui où elles se trouvent, il faut les amener au même potentiel. C'est à quoi l'on arrive par exemple en enlevant le bouton qui surmonte l'appareil et le remplaçant par une longue tige verticale terminée en pointe (fig. 569) : la partie supérieure de celle-ci, à cause de sa pointe, prend le potentiel de l'air environnant et à cause du conducteur métallique, les feuilles d'or prennent le même potentiel; si, comme il arrive ordinairement, il n'a pas la même valeur que celui

Fig. 569. — Élcctroicope do Saussure.

de la couche dans laquelle se trouvent les feuilles d'or, celles-ci divergent : on peut, suivant la méthode ordinaire, reconnaître la nature de rélectrisation en approchant de l'appareil, que l'on désigne sous le nom d'électroscope de Saussure, un bâton de verre ou un bâton de résine électrisé par frottement.

Lorsque Ton fait des observations dans une station météorologique fixe on peut remplacer l'éleclroscope par un électromètre de Thomson qui permet d'évaluer la différence de potentiel et non pas seulement de la mettre en évidence. Dans ce cas on peut avoir un conducteur métallique vertical d'une grande longueur; pour que, à la partie supérieure, l'équilibre électrique s'établisse promptement, on a proposé de remplacer la pointe par une baguette de papier roulé imprégné d'azotale de plomb ; lorsqu'on l'enflamme.

le papier brûle en s'effilant en pointe et les gaz qui résultent de la combustion en se dégageant amènent rapidement Tégalité de potentiel comme cela avait été indiqué par Volta. L'appareil devient beaucoup plus sensible que par Faction de la pointe; à vrai dire, il peut subsister quelques doutes et Ton peut se demander si la combustion même n'est pas une source d'électrisation. On peut plus sûrement employer le procédé indiqué par sir William Tbomson qui établit la communication de l'appareil avec un vase métallique isolé contenant de l'eau qui s'écoule goutte à goutte par un tube métallique de petit diamètre ; l'égalisation de potentiel entre le vase et la couche d'air est promptement obtenue par ce procédé.

691. — M. Mascart a combiné une disposition dans laquelle il a réuni cet appareil à écoulement et son électromètre (277) de manière à obtenir l'enregistrement photographique des indications de Télectromètre. L'eau s'écoule d'un vase en laiton de grandes dimensions placé sur des supports isolants par un tube métallique de l'^SOà i mètres de longueur. Le vase est relié à l'électromètre par un fil métallique soutenu par des supports isolants.

L'électromètre est placé dans une chambre obscure ; on dirige ^ sur le miroir un faisceau lumineux de direction constante ; le faisceau réfléchi vient frapper une plaque photographique se mouvant verticalement, c'est-à-dire dans une direction perpendiculaire au plan dans lequel se déplace le faisceau réfléchi.

Le faisceau lumineux peut être produit par une petite lampe au gazogène qui possède un pouvoir photogénique suffisant et qui dépense peu ; la lampe est placée dans une lanterne fermée et la lumière reçue par une lentille est dirigée à travers une fente verticale et projetée sur le miroir de l'électromètre qui la renvoie sur une plaque sensible placée dans une caisse présentant, à cette hauteur une fente horizontale. La plaque sensible reçoit son mouvement vertical descendant d'une horloge à pendule et à poids.

La ligne de repère est donnée par la lumière qui est réfléchie sur la face plane de la lentille fixée à l'électromètre l'intensité du faisceau est plus faible, mais donne une trace suffisante; Torientation de la lentille doit être telle que sa face plane soit parallèle à la direction du miroir lorsque l'aiguille est mise en communication avec le sol.

Enfin la plaque sensible est placée dans un châssis entre une lame de verre noir et une lame de verre blanc sur laquelle on a gravé des traits équidistants tels que leur distance mesure le dépla-

478 TRAITÉ D'ÊLEGTRICFTÉ.

cernent du châssis pendant une heure; il y a en outre des chiffres permettant le repérage.

692. — Il faut employer des dispositions particulières lorsqu'il s'agit d'observations à faire dans des voyages, des explorations. L'électroscope porte alors une courte tige à la partie supérieure ; on a d'autre part un conducteur métallique souple terminé à une •extrémité par un anneau que l'on enfile sur la tige de l'appareil et à l'autre par une flèche. On lance cette flèche qui, terminée en pointe, se met successivement au même potentiel, ou à peu près au moins, que les couches qu'elle traverse ; arrivée à une certaine hauteur l'anneau est entraîné, glisse sur la tige métallique et quitte l'électroscope qui reste chargé comme il était à l'instant où le contact a cessé, c'est-à-dire comme la couche dans laquelle était la flèche à cet instant. Il a fallu s'assurer, pour pouvoir compter que les résultats de ces observations sont exacts, que le frottement de la flèche contre l'air n'est pas susceptible de charger l'électroscope. On fait aisément cette vérification en recommençant la même expérience, mais lançant la flèche horizontalement, c'est-à-dire dans une couche qui est au même potentiel que l'éleclroscope et reconnaissant que les feuilles d'or ne divergent pas.

693. — Ainsi que nous l'avons dit d'une manière générale, le potentiel des diverses couches s'accroît à mesure que l'on s'élève; si l'on cherche à déterminer la forme d'une couche qui est à un potentiel déterminé, on reconnaît qu'elle est horizontale si le terrain au-dessus de laquelle elle se trouve est plan ; mais s'il est accidenté, s'il présente des parties saillantes, des constructions qui s'élèvent au-dessus du plan horizontal, cette couche se relève également au-dessus de cette partie, suivant ainsi la forme delà surface matérielle, ces surélévations sont d'autant moindres que la couche considérée est à une plus grande altitude, si bien que, à partir d'une certaine hauteur, elles s'efiacent de plus en plus et que les couches d'égal potentiel tendent à devenir des plans horizontaux.

En faisant des observations en un même point , on trouve que l'état électrique change d'un instant à l'autre, présentant en général deux maxima et deux minima chaque jour et que, de plus, la valeur moyenne de la journée (qui correspond à peu près à celle que l'on observe à 11 heures du matin) varie d'un jour à l'autre.

Toutes les circonstances atmosphériques influent d'ailleurs et modifient d'une manière très notable les conditions électriques.

Quelques chiffres donneront une idée approximative de la grandeur des phénomènes et de ses variations. Sir William Thomson a

£LKCTRIG1T£ atmosphérique. 479

trouvé que pour deux points distants verticalement de i pied, la différence de potentiel atteignait, à File d'Axran, la valeur de 23 volts. D'autre part Télectricité en janvier, à Bruxelles, a été trouvée treize fois plus considérable qu'en juin.

694. — Quelle est l'origine de cette électricité? Existe-t-elle naturellement dans l'atmosphère, sa repartition changeant seulement sous des influences qui n'ont pas été définies nettement jusqu'à présent? ou bien est-elle la conséquence d'actions diverses qui, à chaque instant provoquent une rupture électrique et amènent ainsi une différence de potentiel entre la terre et l'atmosphère? Pour expliquer qu'il en puisse être ainsi, on a invoqué comme cause, les combustions vives ou lentes qui se font à la surface du sol, la respiration des animaux, l'évaporation des liquides, etc. Toutes ces causes peuvent avoir une certaine influence; il semble douteux qu'elles donnent une explication complète et il est préférable d'avouer que l'on ne connaît pas l'origine réelle de l'éleclrisation de l'atmosphère.

Les effets de cette électrisation ne sont pas mieux connus, d'une manière générale, que ses causes. Laissant de côté les phénomènes qui se produisent dans les temps d'orage et dont nous parlons un peu plus loin, nous ne pouvons guère rien citer de certain. Il résulterait cependant d'intéressantes recherches el d'expériences faites dans les régions polaires par M. Lemstrôm que, comme on le soupçonnait, les auroles boréales ou aurores polaires sont des conséquences de Télectrisalion du sol et de l'atmosphère.

Il paraît vraisemblable que l'état électrique de l'atmosphère agit sur les êtres vivants ; chez certains sujets nerveux les approches de l'orage s'accompagnent de sensations, mal déterminées d'ailleurs, dont on ne connaît pas la cause, mais qu'il semble d'autant plus naturel de rattacher à l'état électrique que souvent ces sensations disparaissent ou s'atténuent considérablement au premier coup de tonnerre qui ramène l'équilibre électrique au moins pour un temps. Il n'est pas douteux que lorsque l'air est fortement chargé d'électricité, c'est-à-dire lorsque la différence de potentiel entre deux couches voisines est considérable, le corps ne doive être le siège de phénomènes électriques, de manifestations électriques diverses. Le fait a été observé et on connaît les récits classiques des étincelles que lançaient les piques des soldats de Bélisaire et les feux qui surmontaient les javelots des légionnaires de César. On a même cité des cas dans lesquels en élevant les mains pendant la nuit on voyait des aigrettes lumineuses qui se produisaient au bout des doigts. Il

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n'a pas été constaté que, dans ces conditions assez spéciales pourtant et qui dénotent une électrisation intense, il ait été observé de sensations spéciales, d'effets particuliers.

Si l'on n'a pas de renseignements précis sur l'action de l'électricité atmosphérique normale sur l'homme et les animaux, on a pu faire des expériences sur les végétaux. Une plante placée au centre d'une cage métallique en treillage métallique à très larges mailles peut être considérée à tous égards comme dans les conditions ordinaires d'air, de chaleur, de lumière, d'humidité, mais elle doit être au potentiel zéro, n'étant influencée en rien par les phénomènes électriques qui se produisent dans Tatmosphère au dehors de la cage. On a fait pousser comparativement des plantes ainsi protégées contre l'électricité et des plantes de même espè.ce à l'air libre entièrement ; malheureusement les résultats n'ont pas été tous concordants et, tandis que MM. Grandeau, Leclerc et Celi ont trouvé que les plantes sous cage étaient moins vigoureuses que celles à l'air libre, M. Naudin arrivait à un résultat inverse : il est vrai que les recherches n'avaient pas porté sur les mêmes plantes et que les conditions climatologiques n'avaient pas été les mêmes. Mais lorsque l'on songe à l'influence que l'électricité exerce sur les combinaisons de l'azote, même lorsque cet agent agit à très faibles doses, comme l'a montré M. Berthelot (397), on ne peut s'empêcher de croire que l'électricité atmosphérique doit jouer un rôle réel dans les phénomènes chimiques de la végétation. Nous pensons qu'elle n'est pas sans action sur les animaux.

695. Électricité des nuages orageux. — Indépendamment des traces d'électricité que l'on peut recueillir à diverses hauteurs, même dans une atmosphère calme, il est possible d'observer des phénomènes beaucoup plus intenses par les temps orageux ; les variations du potentiel peuvent être beaucoup plus rapides et, de plus, les nuages peuvent présenter une électrisation très marquée.

Cette électrisation a été mise en évidence par l'expérience classique de Franklin, par les recherches de Dalibard, de Romas et de Richer; dans toutes ces expériences, en somme, un conducteur terminé en pointe est élevé à une certaine hauteur ; la partie inférieure qui est isolée se met en équilibre avec la partie supérieure qui, elle-même, est en équilibre avec la couche où elle se trouve : il y a donc à la base une différence notable de potentiel avec les couches voisines du sol, d'où résultent des effets qui peuvent être considérables. Aussi ces expériences sont-elles dangereuses et ont-elles amené des accidents. Elles sont abandonnées mainte-

nant. Mais les effets des variations électriques de l'atmosphère se font sentir dans les lignes télégraphiques étendues dans lesquelles, sous cette influence, naissent des courants qui peuvent être assez énergiques.

696. — On a recherché l'origine de l'électricité des nuages et l'on a invoqué diverses causes : il serait possible que, sans avoir recours à aucune hypothèse particulière, il fût possible d'expliquer cette électrisation, qui peut être très accentuée, simplement par l'électrisation même des couches d'air.

La condensation de la vapeur à l'état vésiculaire, qui paraît constituer les nuages, en diminuant l'étendue sur laquelle est répartie une quantité donnée d'électricité doit élever le potentiel, la capacité devenant moindre. Mais en outre, M. Pellat a fait ressortir que la variation de potentiel des diverses couches suffirait pour expliquer qu'un nuage, par l'ascension d'un niveau à un autre, pût atteindre un potentiel bien supérieur à celui d'un nuage qui serait resté immobile. Celte difl'érence pourrait être environ de 600 unités (électrostatiques) pour deux nuages dont l'un serait à une altitude de 4200 mètres, l'autre à une altitude de 600 mètres. D'après les recherches de M. Mascart, on doit considérer que cette difiTérence de potentiel suffit pour expliquer les effets et notamment les étincelles électriques qui peuvent jaillir entre ces nuages.

697. Éclairs et tonnerre, —lorsqu'un nuage fortement électrisé, comme il s'en trouve dans les temps orageux, se trouve à une certaine distance du sol, il agit.par influence sur les corps qui sont à la surface du sol et aussi sur les couches superficielles, notamment sur les couches aquifères qui sont conductrices ; si l'action électrique augmente soit par suite d'un rapprochement du nuage, soit par suite d'une électrisation plus forte qu'il acquiert par une cause quelconque, l'équilibre électrique se rétablit par une ou plusieurs étincelles éclatant à travers l'air et suivant, non pas le chemin géométriquement le plus court, mais vraisemblablement le moins résistant au passage de l'électricité ; on dit alors que la foudre tombe. L'éclair, c'est rélincelle même et le tonnerre est le bruit qui l'accompagne. Les corps qui sont sur le passage de réleclricité peuvent subir des actions très énergiques, on dit qu'ils sont foudroyés.

Des effets analogues peuvent se produire entre deux nuages voisins dont l'un au moins est électrisé; quoique, alors, la foudre ne tombe pas, il peut en résulter des eflets spéciaux pour les corps qui sont dans le champ d'action de ces nuages.

Les éclairs sont constitués par un trait lumineux présentant une

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forme .en zigzag caractéristique ; leur longueur peut être considérable, dans certains cas, elle a été évaluée à plus de 10 kilomètres. Ils sont de très courte durée : Wheatstone examinant un disque tournant rapidement à la lueur d'un éclair ne put observer aucun déplacement apparent des figures qui y étaient tracées, il en conclut que la durée était inférieure à 0*,00l.

Cette courte durée, jointe à Téclat très vif de rétincellê et à sa production inopinée, fait qu'il est difficile de l'observer aisément. On l'a étudiée cependant, et maintenant l'étude devient relativement facile depuis que les progrès de la photographie rapide ont permis d'obtenir l'image photographique des éclairs. On a reconnu que, comme il arrive pour les autres étincelles, l'éclair est souvent formé de plusieurs traits lumineux présentant quelquefois un certain parallélisme et quelquefois se ramifiant pour aboutir à des points différents.

Nous parlerons plus loin du phénomène connu sous le nom d^éclair en boule.

698. — Le tonnerre est un bruit fort qui accompagne l'éclair. Quelquefois il esft bi*ef, le plus souvent il est prolongé et présente des renforcements caractéristiques. Le bruit est sec, bref lorsque l'éclair est relativement court et que ses divers points sont à peu près à la même distance de notre oreille; s'il en est autrement, à cause de la vitesse relativement faible du son, Timpression dure un certain temps; le bruit est bien produit simultanément, ou à peu près, en tous les points de l'éclair, mais il parvient avec un retard d'autant plus grand que les points d'où il émane appartiennent à une partie plus éloignée de l'éclair; il est possible en outre que la production de l'écho sur les nuages contribue à allonger la durée du tonnerre.

C'est aux échos qui peuvent aussi prendre naissance qu'on attribue en général les augmentations de bruit, les grondements si caractéristiques du tonnerre; cette cause doit intervenir dans une certaine mesure; elle peut n'être pas la seule et Ton peut invoquer également la forme sinueuse, brisée, de l'éclair qui change la loi suivant laquelle le son nous parvient : pour certaines parties, le son émané de divers points arrive successivement, pour une autre direction de Téclair, le son arrive simultanément de tous les points.

Les effets de la foudre sur les corps qui sont foudroyés sont analogues à ceux que produisent les étincelles des machines ou des batteries, ils sont seulement plus puissants. La foudre produit la combinaison des corps, comme il est prouvé par l'acide azotique que

ÉLECTI'.ICITÉ ATMOSIMIÉRIQIJE. 48;

Ton a observé dans des pluies d'orage; elle produit la Ibniialion d'ozone, rinllarnmation des corps combustibles, allume des incendies; elle amène Tincandescesce des conducteurs métalliques qu'elle traverse, leur fusion, leur volatilisation même: elle brise, fait éclater les corps qui présentent une conductibilité insuffisante; elle fond des matières, presque réfractaires comme le sable; elle transporte à distance des masses d'un grand poids; elle produit l'aimanlation de barreaux d'acier et affole les aiguilles aimantées.

Enfin la foudre agit sur les êtres vivants; quelquefois elle les atteint sans produire aucune action spéciale autre qu'un éblouissement passager; mais quelquefois elle provoque des désordres graves, la paralysie de tout ou partie du corps et souvent la mort même.. <^es actions peuvent être accompagnées de lésions matérielles apparentes qui peuvent cependant ne pas exister, même dans les cas de mort ; on peut admettre que, dans ces cas, il y a eu action sur le système nerveux, sur le cerveau, sur le bulbe, c'est au moins ce qui semble résulter d'autopsies faites sur des individus foudroyés ou tués accidentellement par de puissantes décharges et sur des animaux que l'on soumettait à des actions électriques énergiques émanant de machines d'induelion.

099. Éclairs en boule. — A côté de la foudre et de l'éclair que l'on observe assez souvent, il y a lieu de signaler un phénomène plus rare et dont l'exi^àtence même a été niée; quoique des observalions très nettes le décrivent : nous voulons parler du tonnerre en boule, de l'éclair globulaire. On désigne sous ce nom un globe lumineux dont les dimensions ont été variables suivant les cas, mais dont le diamètre n'a que rarement été évalué supérieur à 1 mètre \il est vrai que comme souvent on ignorait la distance, on a dû se iiorner à des comparaisons basées sur la grandeur du diamètre apparent, comparaisons qui ne peuvent rien apprendre de précis). Ce globe, dont on ne signale pas le point de départ, se déplace lentement pendant un temps qui, dit-on, a dépassé 5 à 6 minutes, ne produit aucun effet sur son passage, jusqu'à ce que, soudainement, sans cause apparente, en général, il éclate, produisant des ravages analogues à ceux de la foudre même.

Pendant longtemps, faute de pouvoir expliquer ce phénomène, on n'était pas éloigné de le nier et d'admettre que les observateurs avaient été trompés par des apparences; mais, outre qu'il existe <les relations très précises, émanées d'observateurs instruits, M. Planté a pu reproduire un phénomène analogue : il prend deux disques de papier à filtrer, humectes d'eau distillée et séparés par

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une couche d'air et mis en rapport avec les pôles d'une pile secondaire de 800 couples : on v.oit apparaître une véritable boule de feu qui court de côté et d'autre entre les deux surfaces, présentant ainsi une grande ressembjance avec le tonnerre en boule. On ne sait d'ailleurs, au juste, en quoi consiste ce phénomène qui exige pour se produire à la fois une grande tension et un puissant débit d'électricité.

700. Choc en retour. — Ce n'est pas seulement au point où tombe la foudre que les êtres vivants peuvent être impressionnés, mais à une distance quelquefois assez grande; des effets analogues peuvent aussi se produire à la suite de décharges entré les nuages et sans que la foudre tombe à proprement parler : c'est là ce qui constitue le choc en retour. L'explication en est facile.

Considérons un nuage électrisé agissant par influence sur les objets placés sur le sol et les amenant à un état électrique contraire au sien ; si le nuage se décharge lentement, ces objets reviendront progressivement à l'état neutre et aucun effet ne se manifestera. Mais si le nuage est brusquement ramené à l'état neutre par une décharge avec un autre nuage, par exemple, l'influence cessera brusquement et brusquement, s'ils sont en contact avec le réservoir commun, avec le sol conducteur, ces objets seront aussi ramenés à l'état neutre : ils seront donc le siège d'un mouvement brusque de l'électricité. 11 ne semble pas que cette action soit suffisante pour produire des effets appréciables sur les corps inorganisés, mais ils suffisent pour agir sur les êtres vivants, produire des secousses et même amener la mort d'animaux et d'hommes qui s'y sont trouvés exposés.

701. Paratonnerres. — Pour éviter les effets fâcheux qui peuvent résulter de l'électricité des nuages orageux, il suffit d'éviter le rétablissement brusque de l'équilibre électrique, il suffit d'éviter que les corps que l'on veut protéger soient soumis à l'action de rétincelle. Franklin, se basant sur le pouvoir des pointes, parvint à réaliser en 1752 les conditions qui permettent d'atteindre ce résultat.

Si, au-dessous d'un nuage orageux, on vient à placer un conducteur métallique terminé en pointe à sa partie supérieure et aboutissant à sa partie inférieure dans des couches aquifères, constituant vraiment le réservoir commun, l'influence se produira et, peu à peu, comme nous l'avons expliqué pour l'expérience classique (74), le nuage sera déchargé soit par l'action directe de la pointe, soit par l'action des molécules d'air électrisées qui, repoussées par la pointe,

ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE. m

viennent le neutraliser. On aura ainsi agi préventivement, on aura empêché la foudre de se produire : ce conducteur métallique que nous venons de décrire, c'est le paratonnerre. Il est clair qu'il doit, pour être le plus efficace possible, être placé au-dessus des objets qu'il doit proléger. On n'est pas d'accord d'ailleurs sur la zone que protège un paratonnerre déterminé: on admet approximativement qu'il garantit l'espace compris dans un cône dont il serait l'axe, la pointe du paratonnerre étant le sommet, et dont la base serait égale à l fois 4/2 la hauteur.

702. — Les paratonnerres sont généralement placés sur les toits

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