‹ Traité pratique d'électricité, comprenant les applications aux sciences et à l'industrie et notamment à la physiologie, à la médecine, à la télégraphie, à l'éclairage électrique, à la galvanoplastie, à la météorologie, etc., etcChapitre 31 sur 36 · CD XL CD · texte numérisé non relu

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Fig. 57â. — Collecteur double. (Gaife.)

lorsque le circuit sera fermé par l'interposition d'un conducteur entre les électrodes P' et N', il sera traversé par un courant si les manettes A, B sont appuyées sur deux chevilles d'ordre dîiférent ; — que le nombre des éléments qui produisent le courant est représenté par la différence des chiffres correspondant aux chevilles sur lesquelles reposent les manettes; — que le sens pourra changer à volonté suivant que ce sera sur l'un ou l'autre cadran que se trouvera la manette correspondant au chiffre le plus élevé.

Par cette disposition, on peut, lorsque l'on ne fait pas usage de toute la pile, introduire dans le circuit les éléments situés au commencement, au milieu ou à la fin de la pile ; de cette manière on arrive à user plus régulièrement les éléments. Dans le cas où l'on fait usage d'un collecteur simple (dont il existe d'ailleurs différents

modèles) les éléments situés au commencement de la pile fonctionnent chaque fois que la pile est en action et par suite s'usent plus vite que les autres. ^

Pour éviter les effets désagréables, il faut toujours faire varier progressivement l'intensité du courant; c'est-à-dire qu'il faut introduire ou supprimer les éléments deux par deux sans qu'il y ait interruption. Pour satisfaire à cette condition, les manettes qui viennent établir les contacts sur les chevilles des cadrans sont établies en forme de T, c'est-à-dire qu'elles présentent une partie

Fi;. 573. .— Principe du collectaur doublt.

élargie à l'extrémité périphérique; cette partie étant d'une largeur plus grande que l'intervalle qui sépare deux chevilles, il en résulte que le contact s'établira avec une cheville avant qu'il ait cessé avec l'autre; il n'y aura donc jamais interruption.

Ou peut rencontrer d'autres formes de collecteurs, mais ils ne diffèrent pas au fond et ils doivent toujours satisfaire aux mêmes conditions générales.

746. Du MODE d'emploi des COURANTS. — Lorsque^l'on veut faire une application de courants continus entre deux points déterminés,

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il faut s'assurer à l'avance que la pile fonctionne; on vérifiera que le galvanomètre est dévié lorsque l'on a réuni les électrodes et que l'on met les manettes sur deux chevilles différentes quelconques.

Les électrodes ont des formes variées : tantôt ce sont des cylindres creux en laiton, à l'intérieur desquels on met des éponges que l'on a préalablement trempées dans l'eau salée; tantôt ce sont des tampons en charbon, de forme sphéroïdale, recouverts de peau que l'on a également imbibée d*eau salée avant de les appliquer sur la peau. Ces électrodes auxquelles aboutissent les extrémités des fils souples, dont les autres extrémités sont reliées à la pile, sont montées sur des manches de bois, manches isolants que l'opérateur tient à la main.

Quelquefois, on prend pour électrodes de larges plaques d'amadou, de larges lames métalliques recouvertes de peau, imbibées d'eau salée, ou de la terre glaise également mouillée d'eau salée (Apostoli) et que l'on applique sur la peau sur une assez grande étendue; l'emploi de ces électrodes de grandes dimensions a pour effet de diminuer la résistance au passage et de diminuer les actions locales qui se produisent en ces points de passage en les répartissant sur une plus large surface.

Si l'on veut agir sur un organe interne, on y introduit un conducteur recouvert par une enveloppe isolante, découvert seulement à son extrémité et communiquant avec un des pôles de la pile, l'autre étant relié à une large électrode que Ton place sur la peau.

11 est bon, avant l'application des électrodes d'avoir mouillé la place sur laquelle elles s'appuieront, de l'avoir imbibée d'eau salée et même, au besoin de l'avoir savonnée.

Les électrodes mises en place, on fera passer le courant dans le ' sens indiqué; on peut faire varier ce sens soit par l'interversion des électrodes, soit par le déplacement du commutateur, soit en avançant le plus la manette de l'un ou de l'autre cadran. On fera croître le courant progressivement en déplaçant ces manettes jusqu*à ce que le galvanomètre indique la valeur de l'intensité qui a été déterminée à l'avance d'après la nature de l'affection, les dispositions du malade et les effets que l'on veut obtenir. Il faut pendant toute la durée du passage du courant surveiller le galvanomètre : il arrive assez souvent en effet que l'intensité du courant s'accroisse sans que l'on ait changé le nombre des éléments; cela tient à ce que la peau s'imbibe et qu'il peut s'y produire une légère action chimique, deux actions qui diminuent la résistance : il faudra alors réduire le nombre des éléments employés.

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Quelquefois, au contraire, le courant diminue d'intensité et il faut alors le ramener à la valeur indiquée en augmentant le nombre des éléments employés; cet affaiblissement du courant peut provenir soit de la polarisation de la pile, soit des forces contre-électromotriees qui prennent naissance dans l'organisme à la suite des actions chimiques qui s'y produisent.

Lorsque l'on veut avoir une application locale de l'électricité, on emploie avec avantage des électrodes concentriques imaginées par le D' Boudet de Paris, et que nous décrivons plus loin (738).

717. Électrodes impolarisables. — L'électricité est employée fréquemment en physiologie pour provoquer certaines actions que nous n'avons pas à étudier ici ; les courants continus sont quelquefois utilisés, rarement cependant. Les moyens de production, de mesure, les procédés employés pour obtenir des variations sont absolument les mêmes que ceux que nous venons d'étudier; nous n'insisterons donc pas.

Mais il est quelques précautions particulières que nous devons signaler et sans l'emploi desquelles on risque de faire des erreurs graves.

Dans toutes les expériences relatives aux actions électriques dans les muscles ou les nerfs, par exemple, qu'il s'agisse des effets produits par réleclricité ou qu'il s'agisse au contraire des courants produits par ces organes, il faut éviter de laisser se produire des phénomènes de polarisation qui masqueraient les effets, qui affaibliraient ou même annuleraient ces courants.

S'il s'agit de faire agir un courant sur un nerf, on prend pour électrodes deux tubes de verre rétrécis à leur extrémité et bouchés par des tampons d'argile imbibée d'eau salée, tampons auxquels on donne la forme la plus commode à leur partie libre : les tubes sont remplis d'une dissolution saturée de sulfate de zinc ; des tiges de zinc amalgamé plongent dans le liquide et, par l'autre extrémité, sont reliées aux rhéophores de la pile.

Dans des expériences analogues sur les muscles on emploie souvent une disposition indiquée par M. Du Bois-Reymond. Dans deux vases en verre rempli d'une dissolution saturée de sulfate de zinc, on plonge deux lames de zinc amalgamé qui servent de rhéophores d'une part ; d'autre part, on dispose, avec du papier buvard coupé en bandes que l'on superpose, des supports que l'on imbibe du même liquide ; sur ces supports, on met l'organe à étudier ou, ce qui vaut mieux (de crainte que la dissolution de sulfate de zinc n'agisse sur les tissus) on place sur ces supports de petites masses

d'argile imbibée d'eau salée sur lesquelles on fera reposer Torçane.

Malgré toutes les précautions, on ne fait que diminuer la polarisation sans l'annuler tout à fait. Aussi convient-il, après chaque expérience, de dépolariser les électrodes; pour cela, supprimant Torgane étudié, on réunit les électrodes par une bandelette de papier.

Dans quelques modèles, les vases en verre sont supprimés et remplacés par des vases en zinc amalgamé qui sont directement en communication avec les rhéophores.

748. Des courants interrompus ; des variations de potentiel. — Les variations brusques des courants appliqués à des êtres vivants produisent des effets très considérables qui se traduisent par des mouvements, des contractions, et par de la douleur, très vive quelquefois. Si les variations sont très considérables, la mort même peut survenir. S'il s'agit de muscles détachés depuis peu de l'animal, les mouvements et les contractions se produisent également.

Enfin, si les variations se produisent très nombreuses et très rapides il peut survenir des phénomènes tétaniques.

Nous n'avons à nous occuper ici que des procédés que l'on peut employer pour obtenir ces variations du courant.

Le moyen le plus simple consiste à employer un procédé analogue à celui qui existe dans certaines piles médicales; on peut alors, à la main, produire ces interruptions à volonté, leur donnant la fréquence et la durée que l'on juge convenables. Mais cette méthode ne peut produire de variations ni très fréquentes ni très brusques ; de plus ce qui est nécessaire dans certaines expériences on ne peut les produire toujours identiques à elles-mêmes. Aussi le plus souvent emploie-t-on des procédés automatiques pour produire ces variations : nous décrirons les principales dispositions adoptées plus loin, à propos des appareils d'induction où elles servent beaucoup plus fréquemment que pour l'interruption de courants continus.

719. — Des méthodes un peu spéciales ont été proposées pour permettre d'obtenir des effets que l'on pourrait, pour ainsi dire, doser à volonté. M. le professeur Ghauveau a indiqué le procédé qu'il a employé pour arriver à ce résultat (1873).

Une pile de Daniell de 20 éléments est montée en série : ses pôles sont reliés par un fil fin de platine présentant une assez grande longueur et plié en zigzags égaux (pour occuper un moindre espace) au nombre de 20 par exemple : les sommets situés d'un même côté sont seuls utilisés : on sait que la différence de potentiel de chacun

d'eux au suivant est partout la même ; et si l'on met en contact avec le sol le sommet médian, les sommets suivants dans un sens, puis dans l'autre présenteront avec celui-ci des différences de potentiel, qui sont entre elles comme les nombresl, 2,. ..10 et — 1, — 2... — 10. On a d'autre part une sphère isolée d'un assez grand diamètre à laquelle aboutissent deux fils ; par l'un, elle sera mise en communication avec l'un des sommets et prendra sinon instantanément, au moins avec une extrême rapidité le même potentiel que ce sommet dès que là communication sera établie ; sur ce fil sont intercalés. un interrupteur automatique fonctionnant avec régularité et l'animal sur lequel on expérimente. Le second fil fixé à la sphère peut être mis en communication avec le sol.

La sphère ayant été déchargée et le fil étant relié à l'un des sommets, lorsque l'on fermera le circuit à l'aide du rhéotome, l'animal sera traversé par un flux d'électricité qui durera le temps très court nécessaire à obtenir la charge complète de la sphère ; l'aclion cessera quand ce résultat sera atteint, elle est indépendante de la mar. che plus ou moins régulière de l'interrupteur. On déchargera la sphère en la mettant en communication avec le sol et l'appareil sera prêt à fonctionner de nouveau quand agira le rhéotome, l'action se reproduisant identiquement si l'on n'a rien changé à la disposition des fils; si, au contraire, le fil conducteur est en contact avec un autre sommet, il y aura une action due à une autre quantité d'électricité les quantités en jeu dans les divers cas étant proportionnelles aux potentiels des sommets utilisés.

Cette méthode de M. Ghauveau qui permet d'obtenir des effets identiques à volonté ou des effets dans des rapports déterminés à l'avance lui a donné d'intéressants résultats.

720. — M. Chauveau avait aussi indiqué une autre méthode qui a été utilisée spécialement par M. Boudet de Paris (1881), elle consiste dans l'emploi d'un condensateur que l'on charge à l'aide d'une pile dont on connaît la force électromotrice que l'on peut faire varier à volonté. On charge le condensateur en mettant ses armatures en rapport respectivement avec les deux pôles de la pile ; puis on supprime ces contacts et on établit le contact de ces armatures avec les parties qu'il s'agit d'exciter. On peut disposer une clef qui, par la simple pression d'un bouton, établit et rompt la communication dans l'ordre convenable. Il importe de remarquer que, le circuit de la pile n'étant jamais fermé, celle-ci ne peut se polariser.

Cette méthode fournit également d'excellents résultats et il serait à désirer que les physiologistes se décidassent à faire usage de ces

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procédés qui permeltent des mesures numériques parfaitement définies et bien déterminées et qui donnent même la valeur en travail mécanique de Ténergie utilisée ^

721. Des courants induits en médecine et en physiologie. — C'est le plus souvent aux appareils d'induction que Ton a recours lorsque Ton veut produire des variations brusques; ces appareils sont d'un emploi commode et Ton comprend qu'ils soient avantageux à ce point de vue, dans la pratique. Mais leur emploi n'est pas sans présenter quelques inconvénients : il faut mettre en première ligne la difficulté, l'impossibilité même de faire des mesures, de déterminer numériquementla valeur des actions que Ton produit; puis, d'autre part, les effets d'induction correspondent à chaque instant à de fortes différences de potentiel et à de très faibles quantités d'électricité mise en mouvement, conditions très différentes de celles qui se présentent par l'emploi des piles. Il y a de plus une autre différence essentielle provenant de la faible durée des courants induits, faible durée qui peut être un inconvénient dans les expériences physiologiques ou dans les applications thérapeutiques dans lesquelles certaines actions peuvent ne pas se produire si la cause d'excitation est de trop faible durée.

Pour ces diverses raisons l'emploi des courants induits nous parait fâcheux et, jusqu'à nouvel ordre, jusqu'à ce que l'on soit mieux renseigné sur l'influence des éléments qui caractérisent les courants et sur les moyens de mesure dans les courants induits, il nous semblerait préférable de se borner à l'usage des courants

1. M. Boudet de Paris pense que Teffet produit dépend de rénergie du courant, qu*il évalue en travail mécanique : nous avons dit que nous étions disposé à admcUro cette opinion.

Dans cette hypothèse, le travail con*espondant i un courant d'intensité i, cvalu/e en milliampères, pour une difTérence de potentiel e entre les points d*entrée et de sortie du courant agissant pendant un temps t évalué en secondes est :

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