UUUU
W étant évalué en milligrammètres.
A cause de la grande résistance des tissus comparée à celle de la pile, m peut sans grande erreur remplace e par E force électromotrice. Dans le cas où l'on emploie un condensateur de capacité C on a :
C (tant évalué eu microrarad.
interrompus en ayant soin de préciser tant les données du courant même que celles qui caractérisent les interruptions. * Pour l'application des courants induits on se sert souvent d'électrodes identiques à celles qui servent pour les courants continus; mais on emploie souvent aussi des conducteurs terminés par des sphères ou des olives métalliques de petites dimensions qui permettent de limiter plus spécialement l'action à un point déterminé ; quelquefois enfin on remplace ces électrodes par de petits balais métalliques que Ton promène à la surface de la peau.
722. — Les courants induits ne présentent pas toujours les mêmes propriétés et il conviendrait dans chaque cas de choisir le courant d'après les eifets que l'on veut obtenir. Il existe une différence essentielle suivant que le fil de la boj^ine induite est fin et longy ou qu'il est gros et court.
La force électromotrice d'une bobine induite, pour un même courant inducteur et une même nature d'interruption, croit avec la longueur plus rapidement que l'intensité ; quant à l'énergie elle croit plus vite encore ^ Les actions qui ne dépendent que de la quantité d'électricité mise en jeu seront d'autant plus fortes que le fil induit sera plus long ; mais en même temps croîtront plus rapide ment les effets qui dépendent de la différence de potentiel et de l'énergie dépensée. Suivant donc que Ton voudra ou non développer ces derniers effets il faudra prendre un fil long ou un fil court.
La section du fil induit n'intervient pas directement dans la mesure de l'intensité; mais elle joue cependant un rôle efficace en ce qu'elle détermine en réalité la distance à la bobine inductrice des couches successives des spires induites si bien qu'il y a intérêt au point de vue de l'intensité à prendre des fils fins. La force électromotrice et l'énergie varient en raison inverse de la section, de telle sorte que, en ce qui concerne ces éléments, il y a, à plus forte raison, intérêt à prendre des fils fins^ Mais il faut remarquer
1. Reprenons en la développant un peu une formule donnée précédemment (3oO, note).
Si q est la quantité d'électricité, mise enjeu par l'électricité d'un courant induit d'intensité I qui commence ou qui finit, si / est la longueur du fil induit, on a, K étant un coefficient dépendant de Tappareil 9 a Kl/; on a également q » it, i étant rintensilé moyenne du courant induit et t sa durée : on déduit de là :
Kl/ Si e est la face électromotrice correspondante, r la résistance du fil induit on a e = ir
506 TRAITÉ D^ÊLKGTRICITÉ.
d'aulre part que la diminution de section produit une augmentation de résistance et par suite fait croître la quantité de chaleur dégagée. Aussi convient-il de ne pas donnerun tropfaible diamètreau fil induit.
Dans le cas des machines magnéto-électriques, il faut faire intervenir la rapidité de la rotation, tous les éléments du courant croissant en même temps que la vitesse.
Les extra-courants, étant produits par des fils gros et courts relativement, sont donc caractérisés parce que l'énergie et la force électromotrice ne sont pas grandes par rapport à l'intensité du courant produit.
Ces diverses indications permettent de faire un choix parmi les courants d'induction lorsque l'on sait, ce qui n'est pas malheureusement le cas général,, de quel élément dépend l'effet que l'on veut obtenir.
723. Appareils d'induction spéciaux. — Les appareils d'induction employés en physiologie ou en médecine sont de formes différentes suivant les usages auxquels on les destine, notamment suivant qu'ils doivent être facilement transportables ou non.
Occupons-nous d'abord des appareils de laboratoire pour lesquels le poids et les dimensions sont de peu d'importance. Dans un grand nombre de cas, trop fréquents malheureusement peut-on dire, on cherche à obtenir des effets d'induction sans chercher à les évaluer même d'une manière approchée ; on peut alors faire usage d*une machine d'induction quelconque. La bobine de Ruhmkorff est commode, mais on n'a aucune idée de ce que l'on obtient; la machine de Clarke serait préférable d'abord parce que l'on peut faire varier les effets dans un sens connu en employant les bobines à fil fin ou les bobines à gros fil, puis parce que l'on peut agir en faisant varier la vitesse de rotation; il est vrai que, alors, on produit un double effet, les courants deviennent plus faibles lorsque la vitesse de rotation diminue et de plus les changements de sens ou les variations d'intensité deviennent moins nombreuses dans un même temps.
ùi
«t comme r = — - , p étant la résistance du spéciflque du fil et $ sa seclion, il vient immédiatement :
Ces formules bien entendu ne sont pas complètes car elles supposent implicitement •que tous les points du circuit sont i la même distance du circuit inducteur, ce qui n*est pas.
APPLICATi6nS SPËCIALES de L*ÊLëCTRICITÊ. 507
Il n'existe jusqu'à présent aucun appareil permettant de mesurer exactement les courants induits en donnant les divers éléments qui les caractérisent; il n'est même pas possible de reproduire dans des expériences différentes exactement les mêmes effets; on peut cependant obtenir approximativement cette condition.
On ne se sert guère dans les laboratoires que d'appareils voltafaradiques, de bobines d'induction. Il est alors deux éléments principaux sur lesquels il faut pouvoir agir : le nombre des interruptions du courant inducteur pour un temps donné et l'intensité du courant induit pour un nombre donné d'interruptions; ce sont là idenx questions complètement différentes et indépendantes.
724. — L'interrupteur Foucault et les trembleurs à ressort plus
Kig. 57i. — Intcrniplour pour bobino d'fnductioii. {Caiffc.)
•OU moins modifiés dans leurs dispositions matérielles sont fréquemment employés ; on peut aussi employer un électro-diapason; tous ces interrupteurs sont sous la dépendance du courant inducteur. Il •en est de même de l'interrupteur de Gaide (fig. 57^4) qui consiste en •un pendule composé IL mobile autour d'un axe horizontal entre un ressort R et un électro-aimant E; comme dans les trembleurs, le courant passe par l'axe de rotation, par le pendule et par le ressort avant de se rendre à l'électro-aimant et à la bobine inductrice; lorsque le pendule oscille, chaque fois qu'il vient buter contre le ressort, il ferme le circuit et est attiré par l'électro-aimant dont il se rapproche, l'attraction cesse puisque le circuit est ouvert et le pendule retombe par son propre poids, l'action continue donc; à
chaque oscillation le courant passe, puis est interrompu dans la bobine inductrice. Ce qui caractérise ce trembleur c'est que le système tout entier est monté sur une pièce en ébonite Y à laquelle on peut donner diverses positions ; suivant la position, le pendule passe à la verticale à chaque oscillation ou est arrêté dans sa course par le ressort avant cette position, il en résulte que l'on fait varier aussi à volonté la durée de l'oscillation au moins dans une certaine mesure.
725. — Dans quelques cas, les interruptions du courant inducteur sont obtenues directement et ne dépendent pas du courant; c'est le cas où, par exemple, on intercale sur le circuit inducteur une roue à interruptions de Masson que l'on fait tourner soit à la main, soit à l'aide d'un moteur quelconque. On peut également faire usage d'un métronome, pendule composé dont le mouvement est entretenu par un rouage d'horlogerie et dont on fait varier la durée des oscillations en déplaçant un curseur sur une tige graduée. On adapte à Taxe un fil métallique recourbé dont la pointe vient à chaque instant plonger dans un godet de mercure; si alors le fil qui vient de la pile aboutit à ce mercure d'une part, tandis que le fil qui va à la bobine inductrice est en relation avec l'axe de rotation on voit que le circuit sera fermé pendant tout le temps que le fil sera plongé dans le mercure et sera ouvert quand le fil sera hors du mercure; naturellement, comme dans l'interrupteur de Foucault, il sera bon de recouvrir le mercure d'une couche d'alcool. On fera varier la rapidité des interruptions en déplaçant le curseur de manière à changer la durée des oscillations ; on agira sur la durée du passage du courant induit en changeant la position du niveau du mercure par rapport à la pointe métallique, le circuit restant fermé d'autant plus longtemps que ce niveau sera plus élevé, et inversement.
726. — Dans ces diverses dispositions, on peut bien faire varier à volonté la fréquence des interruptions; mais on change aussi, par là même, la durée du passage du courant et cela suivant une loi difficile à préciser. Dans le cas du métronome même, bien qu'on puisse agir séparément sur chaque élément, on ne peut obtenir des durées de courant réellement égales lorsque l'on change la fréquence. On conçoit cependant que dans certaines recherches de physiologie, il y aurait intérêt à ne faire varier que l'un de ces éléments. C'est pour répondre à cette condition que MM. Trouvé et Onimus ont imaginé l'appareil régulateur des intermittences (fig. 575), appareil que l'on intercale dans le circuit inducteur; il se compose d'un cylindre E mû par un mouvement d'horlogerie dont la vitesse peut
être maintenue constante à Taide d'un régulateur à ailettes J, J'; ce régulateur peut d'ailleurs varier de manière à donner des vitesses différentes 1, 2, 3, 4, 5 tours par seconde.
Le cylindre présente vingt circonférences tracées à égales distances sur sa surface. Sur la première se trouve 1 cheville; il y en a 2 également espacées, sur la seconde circonférence, 3 sur la troisième, 4 sur la quatrième, 20 sur la vingtième, ces chevilles étant régulièrement distribuées sur chaque circonférence. Un stylet F mobile parallèlement à Taxe du cylindre peut se placer au-dessus dé chacune des circonférences; il porte à la partie inférieure une came qui s'appuie sur le cylindre sous l'influence d'un ressort;
Ffg. 575. — Interrupteur Trouvé et Onimus.
lorsque le cylindre tourne, la came soulève le stylet chaque fois qu'elle est rencontrée par une des chevilles ; le nombre des mouvements pour un tour du cylindre sera donc égal au nombre des chevilles qui se trouve sur la circonférence au-dessous de laquelle se trouve le stylet. Il est bien évident que, pour une même vitesse de rotation du cylindre la durée du mouvement du stylet reste la même qu'il soit soulevé 1, 2, 3, ou 20 fois par tour du cylindre (il n'en serait pas de même si l'on venait à changer la vitesse de rotation du cylindre).
Il est facile de comprendre comment on peut obtenir des interruptions de durée constante à l'aide de cet appareil, ou au contraire
010 TRAITÉ D'ÊLËGTRIGITÊ.
des passages de courant ayant une durée invariable. Pour cela le stylet communique par son axe avec Tun des pôles de la pile; d'autre part son extrémité libre repose sur une pièce métallique et touche, lorsqu'elle est soulevée, une autre pièce également métallique. Supposons que la pièce inférieure soit mise en communication avec la bobine inductrice; le stylet touchera cette pointe et le courant passera, excepté aux instants où la came sera soulevée par une cheville; il y aura interruption du courant pendant le passage de la cheville et ces interruptions, quel qu'en soit le nombre, auront la même durée si l'on ne change pas la vitesse du cylindre.
Supposons au contraire que ce soit la pièce supérieure qui ait été mise en communication avec la bobine inductrice ; alors le courant ne passera pas lorsque le stylet sera en repos, et il s'établira seulement pendant le temps que la came étant soulevés par une cheville la pointe du stylet viendra toucher la pièce supérieure . Pour les mêmes raisons que précédemment, et dans les mêmes conditions, les durées de passage du courant seront donc bien égales.
On pourra donc avoir des interruptions ou des passages de courant d'égale durée et dont le nombre pour un même temps variera suivant la série 1, 2, 3,.... 20. Mais on ne pourra dépasser ce dernier rapport sans modifier cette durée parce qu'il faudrait changer la vitesse de rotation du cylindre.
11 est clair que s*il était nécessaire d'obtenir d'autres rapports, il suffirait d'employer un cylindre sur lequel les chevilles seraient distribuées suivant une autre loi.
727. Réglage des courants induits. — L'intensité du courant induit, pour une même loi de variation du courant inducteur (c'està-dire pour un même interrupteur), dépend de divers autres éléments que l'on peut faire varier à volonté.
On peut évidemment d'abord agir sur l'intensité du courant inducteur, soit en prenant un plus ou moins grand nombre d'éléments, soit en faisant varier la résistance du circuit par un des procédés que nous avons déjà indiqués.
Mais il y a un autre procédé qui a été employé dans l'appareil connu sous le nom de chariot de Du Bois-Reymondy il consiste à faire varier la distance entre la bobine inductrice et la bobine induite, l'action diminue évidemment lorsque la distance augmente.
L'appareil est constitué par un banc en bois G (fig. 576) présentant une rainure longitudinale parallèlement à laquelle se trouve une règle graduée; à une extrémité s'élève une planchette verticale en bois supportant à une certaine hauteur la bobine inductrice H
APPLICATIONS SPËCIALES DE L\ËLECTRICrrÉ. 511
maintenue horizontalement par une de ses extrémités et parallèle à la rainure, sur la face opposée de cette planchette se trouve en général l'interrupteur L qui peut être d'un modèle quelconque.
Un chariot en bois, qui pénètre dans la rainure, y glisse et peut s'arrêter en un point quelconque, supporte la bobine induite H dont Taxe est parallèle à la rainure et qui est creusée cylindriquement à sa partie centrale. Elle est à une hauteur telle que lorsque le chariot est poussé à fond de course la bobine inductrice pénètre précisément dans l'ouverture centrale de la bobine induite qui la recouvre entièrement; les extrémités des fils de la bobine induite aboutissent à deux bornes où se fixeront les fils qui serviront d'électrodes.
11 est facile de concevoir que l'action inductrice sera la plus considérable possible lorsque la bobine induite sera à fond de course et qu'elle diminuera au fur et à mesure qu'elle s'éloignera
Fi^. 570* — Bobino à chariot de Du BoU-Reympnci. (Gaiffe.)
de cette position. L'indication de la distance qui sépare les deux bobines précisera, pour un courant inducteur et un mode d'interruption donnés, les courants induits produits.
L'action inductrice se produit à grande distance, aussi faut-il que le banc et la règle graduée aient une grande longueur. A une distance de 1",50, dans les appareils du modèle ordinaire, et avec un courant inducteur produit par 2 Bunsen, on entend un bruit très distinct dans un téléphone placé dans le circuit de la bobine induite.
Enfin, comme nous l'avons dit, les dimensions du fil de la bobine induite exercent une influence, aussi a-t-on généralement trois chariots différents portant des bobines de même diamètre mais recouvertes respectivement de fils gros, moyen et fin et dont les longueurs sont respectivement aussi faibles, moyenne et grande. On emploie chaque bobine suivant les résultats à atteindre, en se rappelant que
]a diiTérence de potentiel obtenue croit avec le nombre des spires et que la quantité d'électricité augmente quand la résistance du fil diminue.
728. Machines d'induction transportables. — On a adopté des dispositions assez variées pour les appareils d*induction destinés à être facilement transportés : nous décrirons quelques-uns des types qui sont actuellement le plus usités en commençant par les appareils volta-faradiques.
Appareil de M. Gaiffe. — Le modèle de M. Gaifle, qui rappelle
Fig. 577. — Appareil d'induction de poche. {Gaiffe.)
une disposition primitivement adoptée par Ruhmkorff, se compose d'une boîte de petites dimensions (fig. 577) comprenant trois compartiments. Le premier renferme la pile L, qui est formée de deux éléments au sulfate de mercure (328) ou au chlorure d'argent (325) ; dans le second se trouve la bobine d'induction M en face de laquelle se trouve l'interrupteur à ressort P dont on peut faire varier entre certaines limites la rapidité des vibrations; les communica-
lions entre la pile et la bobine sont fixes et s'établissent naturellement lorsque Ton met les éléments en place. Le troisième compartiment contient des électrodes de formes diverses que l'on applique suivant les cas et des conducteurs souples.
On règle la fréquence des courants en agissant sur Tinterrupteur; d'autre part on peut faire varier l'intensité par l'emploi du gradualeur; cet organe est composé d*un cylindre creux de laiton B interposé entre la bobine et le fer doux. Les courants induits qui se produisent dans cette enveloppe métallique diminuent d'une manière notable la production des courants induits; on augmentera donc l'action de ceux-ci en sortant le graduateur, et inversement.
Des bornes dans lesquelles on fixe les extrémités des conducteurs qui aboutissent aux électrodes permettent de recueillir à volonté les courants induits seuls, les extra-courants seuls, ou enfin les courants induits et les extra-courants réunis.
729. Machine magnéto-électrique de Page. — Cette machine, dont un modèle spécial aux applications médicales a été construit par Breton, est formée d'un aimant en fer à cheval devant les pôles duquel tourne une traverse de fer doux : autour des pôles est enroulé un fil constituant deux bobines réunies l'une à l'autre. Le déplacement du fer doux produit des variations dans le champ magnétique par suite de la réaction sur l'aimant, d'où résultent des courants induits dans le circuit des bobines. Les actions simultanées sur les deux bobines sont de sens contraire, aussi faut-il, pour que les actions soient concordantes, que les fils aient des enroulements inverses. La période qui ramène l'appareil à deux positions identiques est d'un demi-tour seulement de la traverse pendant lequel il y a deux changements de sens du courant; il y aura donc quatre changements de sens pour un tour complet de la traverse. Si donc on veut avoir des courants redressés, il faut disposer un commutateur spécial.
Le réglage dans ces machines se fait d'une part en modifiant la vitesse de rotation, ce qui change le nombre des interruptions en même temps que l'intensité, et d'autre part en faisant varier la distance du fer doux à l'aimant, ce qui modifie seulement l'intensité.
730. Machine magnéto-électrique de M. Gaïffe. — Dans ce modèle (fig. 578), M. Gaiffe a réuni les principes des machines de Clarke et de Page; il y a des bobines tournant devant un aimant, bobines contenant un noyau de fer doux, et des bobines entourant les régions polaires de l'aimant permanent; on réunit les courants produits dans ces deux paires de bobines à l'aide d'un commutateur
GARIEL. ir. — ^3
:,\i TRAITÉ D'ÉLECTRICITÉ.
qui doit présenter une disposition particulière puisque, pour une révolution complète, le courant change quatre fois de sens dans les bobines fixes et deux fois seulement dans les bobines mobiles.
Le réglage de l'intensité du courant pour une même vitesse de rotation est obtenue en approchant ou éloignant, à l'aide d'une vis, l'aimant de l'armature mobile.
731 . — Dans les appareils que nous venons de décrire ou de signaler, on ignore, comme nous l'avons dit le mode d'action de rélectricité et on ne peut avec certitude, rapporter les effets observés aux phénomènes mécaniques, thermiques ou chimiques; comme nous l'avons dit aussi nous sommes porté à penser que ce sont ces
Fiç. 578.— Machine magnclo-éicotriqiie. {Gai/fe.)
derniers qui interviennent et nous ne croyons pas que rélectricité ait une action physiologique spéciale.
Mais il y a un certain nombre de cas dans lesquels les effets qui sont utilisés, comme moyens thérapeutiques par exemple, sont d'une nature bien déterminée, thermiques ou chimiques. Nous allons en donner des exemples.
732. Du GALVANOCAUTÈRE. — Dans un certain nombre de cas que ce n'est pas ici le lieu de déterminer, les chirurgiens emploient des pièces métalliques portées à Tincandescence : c'est là ce qui constitue le cautère ou, en précisant, le cautère actuel. Quels que soient lés avantages de ce procédé, son emploi était très limité à cause des conditions mêmes dans lesquelles il était utilisé : la pièce métallique était chauffée à la température voulue et appliquée au point
ÂPPLIGATIOiNS SPÉCIALES DK L'ÉLECTRICI TË. 515
indiqué ; mais on conçoit que le refroidissement ne tardait pas à se manifester; pour éviter qu'il ne fût trop rapide, il fallait donner au cautère une masse assez considérable, ce qui le rendait peu aisé à manier sans s'opposer absolument à ce refroidissement, il était évident que le cautère serait susceptible de très nombreuses applicalions^si l'on parvenait à obtenir qu'une masse métallique de formes et de dimensions quelconques pûl être maintenue à une température déterminée, cette température pouvant varier suivant les circonstances. Deux solutions ont été données de ce problème et ont rendu
Fig. 579. — Pile à galvanocautère. {Trouve'.)
de grands services : l'une est le thermocautère de Paquelin dont nous n'avons pas à parler ici, l'autre est le galvanocautère dont l'emploi a été signalé pour la première fois par Heider, à Vienne (1845).
738. — Le galvanocautère repose sur réchauffement que subit un fil de platine traversé par un courant : il comprend donc essentiellement deux parties ; l'appareil producteur du courant et le cautère proprement dit.
L'appareil producteur de courant peut être quelconque : jusqu'à présent on a employé seulement les piles et les accumulateurs.
M. Trouvé emploie une pile au bichromate de potasse : le liquide
est placé dans un vase de dimensions assez grandes de manière a diminuer la polarisation. Il y a iO zincs et 10 charbons groupés de manière à faire deux éléments à grande surface (fig. 579); ces plaques sont placées à côté les unes des autres, séparées par des jarretières de caoutchouc que l'on place en haut et en bas des charbons; elles sont toutes maintenues dans un cadre rigide en ébonite présentant une poignée A à la partie supérieure, de telle sorte que Ton peut aisément plonger les couples ensemble dans le Kquîde excitateur, l'en sortir plus ou moins complètement, le plonger dans Teau, etc.
Les fils qui conduisent le courant au cautère sont fixés à des bornes placées à la partie supérieure du cadre.
Pour régler le courant et, par suite, la température à laquelle est porté le fil, il faut pouvoir faire varier l'intensité du courant : le meilleur procédé consiste dans l'introduction dans le circuit d'un rhéostat de forme quelconque. On se dispense souvent de cet appareil et l'on règle l'intensité en enfonçant plus ou moins les couples dans le liquide. On fait ainsi varier la résistance de la pile et par suite celle du circuit tout entier dans des proportions très grandes.
Dans quelques anciens modèles, M. Trouvé avait adapté au cadre en ébonite un tube de caoutchouc par lequel on pouvait insuffler de l'air dans le liquide d'après les indications de Grenet;mais cette disposition paraît avoir été généralement abandonnée, elle exigeait l'emploi d'un aide supplémentaire, ce qui était un inconvénient.
Bien que tous les modèles de piles puissent convenir, c'est presque exclusivement la pile au bichromate qui a été employée; dans le modèle de M. Chardin, la pile est tout entière renfermée dans une boîte; le liquide est contenu dans deux auges en verre, les zincs et les charbons, groupés toujours de manière à constituer deux éléments de grande surface, sont fixés à la face inférieure d'une planchette que l'on peut faire monter ou descendre à l'aide d'une vis, le mouvement étant guidé par des tiges métalliques latérales, La boîte s'ouvre sur le côté pour pouvoir enlever les auges, mettre ou jeter le liquide, le remplacer par de l'eau pour le lavage des plaques, etc.
734. — Dans un autre modèle. M. Chardin a cherché à rendrez la pile transportable alors qu'elle est prête à fonctionner. La boîte est alors plus large (fig. 580) et il existe, entre les plaques exlrènnes de chaque élément F et les tigesqui guident le mouvement, deux espaces vides dans lesquels on place les auges L contenant le liquide; quand on abaisse la planchette supérieure, elle vient s'apphquer par
APPLICATIONS SPÉCIALES DE L*£LECTR ICITÊ. 517
deux feuilles de caoutchouc qui sont fixées à sa face inférieure sur les bords de ces auges de manière à rendre la fermeture hermétique. Lorsqu'on veut faire fonctionner la pile, on lève la planchette, on place les auges sous les laines de zinc et de charbon, et on abaisse de nouveau la planchette d'une quantité plus ou moins considérable suivant que l'on veut obtenir un courant plus ou moins intense. On fait la manœuvre inverse lorsque l'on cesse de se servir de la pile; mais comme alors les plaques entraînent un peu de liquide qui corroderait la boite, on place au-dessous de chaque élément une petite auge vide en ébonite M.
Dans une autre disposition imaginée par M. Boisseau du Rocher, les zincs et les charbons sont fixes et placés dans des auges en porcelaine; celles-ci ont une forme particulière et présentent deux parties, le liquide est renfermé dans la partie inférieure, mais en y insufQant de l'air on peut le faire monter par pression dans la cavité supérieure où il vient baigner les zincs et les charbons, s*élevant plus ou moins suivant la quantité d'air insufflée. Il suffit de laisser échapper l'air pour que le liquide retombe dans la cavité inférieure par son propre poids.
735. — Il n'est pas difficile d'imaginer d'autres dispositions qui pourraient être adoptées pour répondre à des besoins divers.
Nous n'insisterons pas et nous dirons seulement que nous avons mesuré la force électromotrice et l'intensité du courant qui, dans une expérience donnée, amenaient un cautère à l'incandescence convenable :
La force électromotrice de la pile était de S'^^^^^fi environ, sa résistance de 0****",!, l'intensité du courant de 20 ampères et la résistance du cautère de 0***'™,08.
Il est évident que l'on peut sans difficulté remplacer la pile par un accumulateur : il existe plusieurs modèles qui présentent cette disposition. Comme on ne peut, dans ce cas, faire varier la résistance de la pile ni le nombre des éléments, il faut nécessairement joindre un rhéostat à l'appareil pour régler l'intensité du courant.
On charge l'accumulateur avec une pile quelconque qui peut être peu puissante; pour éviter les inconvénients que présente l'emploi des piles à liquides, M. Chéron a proposé de charger l'accumulateur à l'aide d'une pile thermo-élec»rique.
736. — Le cautère proprement dit comprend un manche sur lequel on fixe à volonté les pièces métalliques de formes variées suivant les circonstances.
Le manche (fig. 581) est formé par une substance isolante, de
rébonite ou du bois le plus souvent, qui est traversée de part en part dans le sens de sa longueur par deux conducteurs métalliques; à une extrémité se fixent les fils qui viennent de la pile, à l'autre on fixe par des vis les extrémités du conducteur métallique qui constitue le cautère.
L'un des conducteurs qui traversent le manche est sectionné obliquement vers sa partie médiane et, par suite de l'élasticité, les deux portions tendent à se séparer, le courant est alors interrompu; pour le rétablir il suffit d'appuyer sur une pièce en ivoire B située latéralement et qui met en contact les deux parties coupées.
De plus, un mouvement de verrou permet de maintenir ce con-
Fig. 580. — Pile à galvanocautère. (Chardin,)
tact sans qu'il soit nécessaire de continuer à appuyer; un mouvement du verrou en sens contraire rend libre le conducteur intérieur et interrompt le courant.
Primitivement on a cherché à donner au galvanocautère des formes qui rappelaient les cautères autrefois en usage; et comme on ne peut amener à l'incandescence une masse de platine ayant des dimensions un peu grande, on enroulait un fil de platine fin (0""",5 de diamètre environ) sur un support de porcelaine ayant la forme du cautère; c'est ainsi que l'on obtenait, par exemple, le cautère en olive.
Mais on reconnut bientôt que le galvanocautère pouvait être utilisé sous de nombreuses autres formes d'une manière au moins aussi avantageuse; on eut alors des cautères propres à faire des pointes de feu, à pénétrer au besoin dans les tumeurs, cautère formé par un fil recourbé de manière à présenter deux parties parallèles très voisines et un sommet à angle plus ou moins aigu (fig. 581). On emploie aussi très fréquemment le couteau galvanique ou cautère
^^' ^^' Fig. 58i. Pis. 583.
cultellaire formé par une lame assez mince, résistante cependant et recourbée dans le plan de sa partie élargie (fig. 582); Ce couteau sert dans un grand nombre de cas; amené à une température convenable, le rouge sombre, qui correspond à 700 ou 800' environ, il produit l'hémostase; à une température plus basse, il n'entamerait pas les tissus assez aisément, à une température plus élevée, il pourrait amener des hémorrhagies.
biO TRAITÉ D*£LECTiUOtTÊ.
737. — Le galvanocautère rend également de grands services sous la forme d'anse galvanique : Tanse galvanique (fig. 583) comprend comme les cautères précédents un manche A avec poignée permettant de faire passer ou d'interrompre le courant. Un fil de platine assez fin pour être souple, assez résistant cependant, passe dans deux guides à l'extrémité d'une tige d'ivoire F fixée sur le prolongement du manche de manière à former au delà une boucle, une anse G; par ses extrémités il est fixé à un treuil que l'on peut faire mouvoir à l'aide d'un bouton E de manière à rétrécir à volonté la boucle.
Les guides placées à Textrémité de la tige d'ivoire F communiquent par des pièces métalliques fixées sur cette tige avec les conducteurs situés dans le manche, de telle sorte que lorsque le circuit est fermé l'anse est traversée par le courant et peut ainsi être amenée à l'incandescence. On conçoit aisément alors que, si l'on a embrassé le pédicule d'une tumeur avec l'anse, en faisant passer le courant et agissant sur le treuil, on arrivera à sectionner le pédicule.
738. Actions thermiques au contact des électrodes : galvanoruNCTURE ou électrolyse. — Indépendamment des modifications chimiques que le courant doit nécessairement amener dans l'intimité des organes qu'il traverse, il agit aussi chimiquement aux points d'entrée et de sortie dans le corps, aux points d'application des électrodes. Cette action peut être assez minime pour passer presque inaperçue, elle doit même être telle si elle n'est pas le but que l'on se propose d'atteindre; elle peut, au contraire, être très notable.
Pour diminuer l'action chimique superficielle, qui est faible d'ailleurs tant que le courant ne dépasse pas 30 milliampères, il faut augmenter la surface des électrodes en employant de larges plaques, des feuilles d'amadou imbibées d'eau salée, ou, comme l'a proposé M. Apostoli, de la terre glaise rendue humide par une dissolution saline.
Si le courant présente une intensité suffisante et que les électrodes soient de faibles dimensions, on obtient une action chimique modérée qui est capable de produire la rubéfaction ou même la vésication. M. le D' Boudet de Paris a proposé d'appliquer ce procédé dans les cas où l'on cherche à obtenir ces résultats; mais, comme il est inutile dans ce cas de faire traverser tout ou partie de l'organisme par le courant; il a disposé un excitateur spécial. Cet excitateur (fig. 584) se compose de deux pièces circulaires métalliques placées concentriquement; elles sont isolées l'une de l'autre
APPLICATiOriS SPÉCIALES D£ L*ÉL£CTR1C1T£. 521
et portées par un manche en métal; chacune d'elles communique par un fil métallique avec un des pôles de la pile; le courant passe donc par la peau et les parties superficielles de Tune de ces plaques à l'autre, en général, de l'anneau extérieur à la plaque intérieure. On règle l'action en faisant varier soit l'intensité du courant, soit la durée de son passage.
Contrairement à l'opinion de M. Boudet de Paris, nous ne croyons pas qu'il y ait là une action thermique, mais une action chimique. Dans l'action d'un courant sur des tissus animaux, il y a décomposition des diverses parties constitutives et notamment des sels qui s'y trouvent compris, sels parmi lesquels existent en certaine proportion des sels alcalins à acides organiques. Il se passe, dans ce cas,
Fig. 584. — Excitateur coacenlrique.
ce qui se produit dans l'électrolyse en général, le métal se portant au pôle négatif et le radical acide au pôle positif; mais ces éléments, au contact de l'eau, produisent des actions secondaires donnant des bases alcalines d'une part et des acides de l'autre; nous pensons que ce sont ces substances qui agissant chimiquement produisent les effets que nous venons de signaler.
739. — C'est d'ailleurs certainement à ces actions chimiques qu'il faut attribuer les effets observés au contact des électrodes lorsque le courant est plus énei^ique ou agit plus longtemps; il y a alors une action caustique incontestable qui se traduit par la formation de véritables eschares : au pôle négatif se forment des eschares molles, au pôle positif des eschares dures et rétractiles, les unes et
Ifi TRAITÉ D'ÉLECTRICITÉ.
les autres analogues à celles qu'aurait produites directement Faction des alcalis ou celle des acides. Ajoutons que, au pôle positif, on observe également la coagulation de Talbumine, effet dû également à la présence des acides organiques.
Ces effets ont été appliqués en chirurgie et constituent la base de ce^quel'on appelle la galvanocaustique chimique ou électrolysCy que l'on applique le plus souvent sous la forme particulière de galvanopuncture. On introduit dans les tissus au point où l'on veut agir des aiguilles en acier ou en fer doux; si elles doivent agir seulement profondément, comme c'est le cas pour les anévrysmes, elles sont garnies d'un vernis isolant excepté à leurs extrémités ; dans ce cas, il convient qu'elles soient très fines et il faut employer des dispositions spéciales pour les enfoncer. Les têtes de ces aiguilles sont alors munies d'une pince où l'on attache le fil qui aboutit au pôle positif de la pile, tandis que le fil négatif est en communication avec une large électrode appliquée à quelque distance sur la peau du malade. On fait passer le courant, en prenant la précaution nécessaire de le faire croître progressivement et, de même, de ne le faire cesser que pi*ogressivement. Dans des opérations faites sur des anévrysmes, on a pu atteindre l'intensité de 50 milliampères et prolonger l'action pendant 10 minutes. Quand on fait usage de plusieurs aiguilles, on les met souvent. en contact avec la pile successivement; quelquefois cependant on a établi le contact simultanément pour toutes.
II semble hors de doute maintenant et contrairement à des opinions opposées qui ont été exprimées à diverses reprises que, dans le cas des anévrysmes, les aiguilles doivent être mises en contact avec le pôle positif toujours et non avec le pôle négatif ou alternativement avec les deux. C'est du reste en conformité avec ce que l'on sait de l'action des pôles sur le sang.
740. — Une autre application de l'action électrolytique des courants consiste dans le passage de substances médicamenteuses dans l'organisme sous l'influence des courants, non que, comme il a été avancé à tort, on puisse faire pénétrer ainsi des substances complexes quelconque, mais seulement quelques éléments simples ; c'est ainsi que, en mettant en contact avec la peau (à l'aide d'un bain local, par exemple) une dissolution d'iodure de potassium, où plonge l'électrode négative d'une pile tandis que l'électrode positive est appliquée sur la peau, on peut, par suite d'une action électrolytique suivie d'absorption, faire pénétrer une petite quantité d'iode. Mais d'une part, l'iode n'est pas, comme il a été dit, transporté au pôle
positif, il se combine, dès son entrée sans doute, et sou existence ne peut être décelée que par l'analyse des sécrétions qui peuvent en renfermer, l'urine, par exemple; d'autre part, la quantité qui pénètre ainsi est très petite (Laurel, 1885).
Il est possible cependant que cette méthode puisse être utilisée dans quelques cas exceptionnels d'intolérance de certains médicaments ; mais il ne paraît pas douteux qu'elle n'ait pas la généralité qu'on a cru pouvoir lui attribuer.
741 . — Emploi de l'électricité comme moyen de diagnostic. — Si les procédés électriques sont peu variés, en réalité, en thérapeutique, il n'en est pas de même de l'emploi de ces procédés comme méthode d'observation, de diagnostic. Nous ne pouvons qu'indiquer sommairement les applications principales qui ont été proposées, nous ne doutons pas d'ailleurs qu'elles ne se multiplient de plus en plus et cette considération devrait suffire pour que les médecins se tinssent au courant, au moins d'une manière générale, des progrès de l'électricité.
Un fil de platine (métal présentant une grande résistance au passage du courant, une très faible conductibilité) traversé par un courant assez intense est facilement amené à l'incandescence. La lumière qu'il produit serait d'un prix élevé et ne peut être employée à l'éclairage d'une manière pratique ; elle a été utilisée par M. Trouvé qui dans le polyscope s'en est servi comme moyen d'éclairage des cavités en chirurgie; le fil de platine fin, porté par un manche isolant contenant deux conducteurs, comme le manche du galvanocautère,est placé devant un réflecteur émaillé de forme variable qui a le double avantage d'augmenter la quantité de lumière envoyée dans une direction donnée et d'empêcher le rayonnement et par suite réchauffement dans les autres directions (fig. 585 et 586).
Le polyscope fonctionne à l'aide d'une pile ou d'un accumulateur; un rhéostat permet de varier l'intensité du courant et par suite la puissance d'éclairement.
Actuellement, M. Trouvé, emploie dans la construction du polyscope de petites lampes à incandescence pour remplacer le fil de platine.
742. — M. Trouvé a employé le même procédé pour éclairer et voir les cavités profondes : à l'intérieur d'une sonde, on introduit en face d'une fenêtre latérale un fil de platine f (fig. 587) amené à l'incandescence par le passage d'un courant ; la lumière est renvoyée normalement à la sonde à travers la fenêtre par un prisme à réflexion totale et éclaire les parties voisines. La lumière émanée
524 TRAITÉ D*ÉLECTRICIT£.
de ces parties fait le même trajet en sens contraire. Une série de lentilles placées convenablement dans la sonde ou sur un prolongement permet d'avoir une image nette de la partie que Ton veut examiner.
Dans un nouveau modèle, M. Trouvé remplace le fil de platine par une petite lampe à incandescence placée dans un réservoir en verre
Fig- 585. Fiy. 588. Fig. 587.
plein d'eau pour éviter réchauffement : ce changement entraîne d'ailleurs quelques modifications de détails.
Reprenant la même idée, M. Boisseau du Rocher a construit un appareil qu'il appelle électromégaloscopc et qui ne diffère de Tappareil précédent que par les dispositions optiques sur lesquelles il est sans intérêt d'insister ici.
Les lampes à incandescence ont été proposées et peuvent être
APPLICATIONS SPÉCIALES BK L*£LBCTRICITÉ. .5t5
employées avec avantagepour obtenir un éclairement convenable dans nombre de circonstances ; nous en avons déjà donné des exemples.
743. Mesures des températures. — Nous avons déjà décrit les aiguilles thermo-éleclriques qui permettent de comparer aisément
5Î6 TRAITÉ D'ÉLECTKICITÉ.
les températures de deux points déterminés, soit qu'il s'agisse, par exemple d'étudier ce qui se passe à ce point de vue chez un insecte vivant comparé à un insecte mort, soit que l'on cherche la différence qui existe entre la température d'un muscle qui travaille et celle d'un muscle qui ne travaille pas, ou la différence que l'on observe entre la température du sang artériel et celle du sang veineux. Nous n'insisterons donc pas, et nous nons bornerons à décrire le dispositif que M. Redard a combiné pour permettre de déterminer la température absolue en un point du corps (fig. 588).
M. Redard emploie deux éléments fer-maillechort d'une forme spéciale; ils sont entourés d'une chemise de fer de ms^nière à ne présenter que ce métal à la périphérie. Ils sont montés en opposition et leur circuit comprend un galvanomètre G, auquel on a donné une forme très ramassée. L'un des élémentsE est appliqué, maintenu sur la peau au point que l'on veut étudier; l'autre D est introduit dans un tube rempli de mercure plongé dans de l'esprit de bois où plonge également un thermomètre. On opère par la méthode de réduction au zéro; on cherche à amener et à maintenir au zéro l'aiguille du galvanomètre et on y arrive soit en chauffant l'esprit de bois avec une lampe à alcool, soit en le refroidissant par l'insufflation d'air froid à Taide d'une poire de caoutchouc P. Lorsque l'aiguille du galvanomètre est au zéro, la température indiquée par le thermomètre est précisément celle du point où est appliqué le second élément.
744. Explorateur Trouvé; pince exploratrice. — L'explorateur Trouvé est destiné à reconnaître la nature d'un corps dur situé au fond d'une plaie et que ne permet pas de distinguer un sondage à l'aide d'une sonde ordinaire; il se compose (fig. 589) d'une sonde constituée par une matière isolante et dans laquelle passent deux fils métalliques qui, à l'extrémité libre, dépassent légèrement l'enveloppe et sont terminés par des pointes aiguës. A l'autre extrémité la sonde porte un petit Irembleur à électro-aimant, tout à fait analogue à une sonnerie qui n'aurait pas de timbre ; le mouvement du trembleur est visible car le système qui est de petites dimensions est compris entre deux lames de glace ; il se produit d'ailleurs un bruit qui est suffisamment distinct, même à quelque distance ; ce système est relié, par deux cordons souples renfermant une âme conductrice recouverte de soie, à une pile qui peut être de petites dimensions également et qui, fermée hermétiqnement, peut se porter en bandoulière.
A l'état de repos, le circuit n'est pas fermé, et, par suite, le trembleur ne fonctionne pas; lorsque Ton veut faire une exploration, on
APPLICATIONS SPÉCIALES DE L'ÉLECTRICITÉ. ôiT
introduit la sonde dans la plaie ou dans ïa fistule jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée par le corps dur dont on veut connaître la nature ; s'il s'agit d'un os ou d'un fragment d'os, la substance osseuse même humide étant très peu conductrice, le courant ne s'établit pas; si, au contraire, la sonde a rencontré un fragment métallique, le métal établit la communication entre les deux pointes, le circuit est fermé
FIg. 581). — Explorateur Trouve.
Fig. 590. — Pince exploratrice Trouvé.
et le trembleur entre en action. L'effet se produit même si un morceau d'étoffe recouvre le fragment métallique, comme il arrive souvent dans le cas de blessures par arme à feu, parce que les pointes des fils pénètrent à travers l'étoffe jusqu'au métal.
On peut aisément reconnaître si le fragment métallique est constitué par du plomb ou par un métal dur comme le fer ou le cuivre.
Dans le premier cas, les pointes ont pénétré d'une petite quantité dans le métal et un léger déplacement de la sonde ne fait pas cesser le contact, le courant continue de passer; dans le cas du cuivre ou du fer, il n'en est pas de même : le contact ne s'est établi que superficiellement et le moindre mouvement de la sonde le fait cesseï' pour une pointe ou pour les deux, le courant ne passe plus, le mouvement du trembleur s'arrête.
Quelquefois même, lorsque le fragment considéré n'a pas pénétré trop profondément, on peut distinguer le cuivre du fer en approchant une petite aiguille aimantée suspendue par un fil de coton, aiguille qui est influencée par le fer et non par le cuivre. Mais cette distinction ne peut pas toujours être effectuée.
Nous indiquerons en parlant de la bobine d'induction comment on peut être renseigné dans des cas analogues à ceux que nous signalons.
Le même trembleur peut être appliqué utilement aux pinces qui sont employées à faire l'extraction de fragments métalliques; les branches de ces pinces (fig. 590) sont isolées l'une de l'autre au pivot et sont reliées aux bornes du trembleur ; lorsque les mors^ généralement garnies de pointes, serrent le morceau de métal, le circuit est fermé, le trembleur fonctionne; il reste immobile, au contraire, tant que le fragment métallique n'est pas serré par les mors ou lorsque les mors sont fermés sur un os ou une partie osseuse non conductrice.
745. Étude de la sensibilité, de la contractilité. — Un élément important de diagnostic, surtout dans les affections du système nerveux, c'est la sensibilité générale ; il n'est pas sans intérêt de l'étudier au point de vue des actions électriques. On promène à la surface du corps deux pointes mousses dont la distance a été fixée à l'avance et qui communiquent avec les bornes d'une machine d'induction et l'on cherche s'il est des points oii l'on ne perçoit pas la sensation spéciale éprouvée sur les autres parties de la peau, des points aneslhésiques pour l'action électrique. Il peut aussi y avoir d'ailleurs des points hyperesthésiques. On peut même obtenir une mesure de ces modifications en employant une bobine inductrice formée de deux fils traversés en sens contraire par des courants : l'induction sera nulle quand les courants seront égaux, elle croîtra avec la différence d'intensité; cette différence d'intensité mesurera donc la grandeur de l'action produite. Au lieu de mesurer les intensités, on peut, comme l'a fait M. Boudet de Paris, établir les deux fils en dérivation sur une même pile et mesurer la grandeur de la résis-
tance qu'il faut introduire dans Fune des dérivations pour provoquer une sensation.
Il est utile également de mesurer le retard de la sensation : on opère alors à l'aide de la méthode d'enregistrement. On provoque une excitation et on inscrit sur le cylindre le moment où cette excitation s'est produite : le patient presse sur un bouton quand il perçoit la sensation, le bouton met en jeu un signal Marcel Deprez qui enregistre ainsi l'instant où la sensation a été perçue. La distance des deux tracés obtenus permet de mesurer le temps qui a séparé l'excitation de la sensation.
746. — L'étude de la contractilité se fait en cherchant quelle est
Fig. 591. — Pont différentiel da Dr Boudet do Paris.
la plus faible étincelle ou le plus faible courant qui puisse provoquer la contraction d'un muscle déterminé.
On peut pour obtenir des mesures numériques employer la bobine d'induction à courants inducteurs différentiels que nous avons indiquée plus haut.*
On peut également utiliser cet appareil pour l'étude spéciale de l'acuité de la sensation auditive ; le pont difïérentiel de M. Boudet de Paris employé dans ce cas est une forme particulière de la balance d'induction. Une pile P (fig. 591) est reliée à un microphone M qui est soumis à l'action de vibrations quelconques produites par un rouage d'horlogerie, ou seulement en mettant une montre contre le microphone : des bornes a et by où aboutissent les fils de la pile, partent les deux circuits B et B' qui s'enroulent d'une manière égale mais en sens contraire sur une bobine munie d'un noyau de
fer doux ; Tun de ces circuits comprend une boîte de résistance r. Enfin un autre fil fin C, est enroulé sur la bobine et forme un troisième circuit comprenant un téléphone.
Lorsque les courants circulant en Bet B' auront des valeurs déterminées (valeurs égales si les circuits sont identiquement disposés sur la bobine) aucun courant induit ne sera produit ; mais il en naîtra aussitôt que, en agissant sur la boîte r, on aura modifié Tintensité de l'un des courants. Il y aura donc des vibrations dans le téléphone, mais le son ne sera perçu que si ces vibrations sont assez fortes, c'est-à-dire que s'il existe une assez grande différence d'in-
Fig. 502. — Sphygmophone.
tensité entre les courants. La plus petite valeur de la résistance qui permet d'entendre un son peut être prise cmnme caractérisant l'acuité auditive.
747. Myophone. Sphygmophone. — L'emploi du téléphone et du microphone a été proposé et utilisé dans un certain nombre de cas; il a même semblé tout d'abord que cette sensibilité extrême serait très précieuse pour l'exploration du fonctionnement de certains organes. Il ne semble pas, quant à présent, que le succès ait répondu aux espérances ; non pas que les appareils ne soient pas assez sensibles, mais au contraire parce qu'ils sont trop sensibles et qu'il est difficile d'analyser les bruits que l'on perçoit et d'en dégager celui
sur lequel l'atlenlion doit être surtout portée; il est à souhaiter que par la suite, une étude attentive permette d'utiliser ces précieux moyens d'investigation.
M. Boudet de Paris a donné au microphone (fig. 482) une forme particulière qui sous le nom de myophone lui a permis d'étudier le bruit musculaire ; le fonctionnement de l'appareil se comprend aisément.
Il en est de même du sphygmophone (fig. 592) qui sert à l'étude du pouls et qui est une application du microphone au sphygmographe, l'appareil enregistreur de celui-ci étant remplacé par un appareil produisant le son dans le téléphone.
Il a de même appliqué le microphone au tambour explorateur de Marey (fig. 593) ; celui-ci relié à un embout par un tube de caout-
Fig. 593. — Microphone à transmission.
chouc, peut, par exemple s'appliquer sur la peau au niveau des vaisseaux et servir comme sphygmophone. Dans quelques cas, il peut être utile d'adapter à l'embout une membrane tendue munie d'un bouton explorateur.
748. Sonde exploratrice. Emploi de la balance d'induction. — La sonde exploratrice est destinée à reconnaître principalement l'existence de calculs ou autre corps durs dans la vessie. Elle est formée d'une sonde rigide ordinaire A (fig. 594) qui se termine par un cylindre formant poignée et dans lequel se trouvent des charbons qui constituent un microphone ; le microphone est placé dans un circuit qui comprend une pile M et un téléphone E.
La sonde étant introduite dans la vessie, si l'appareil est convenablement réglé on n'entend, en mettant le téléphone à l'oreille, qu'un frôlement lorsque le bec de la sonde rencontre la muqueuse ;
532 TRAITÉ D*£LECTRICIT£.
mais tout choc contre un corps dur produit un bruit sec très nettement perceptible et qui donne une certitude absolue.
Enfin, comme nous l'avons dit, la balance d'induction (616) peut être employée pour. diagnostiquer la présence dans le corps de morceaux de métal dont on ne peut vérifier directement l'existence. Lorsque l'appareil est réduit au silence, en approchant une bobine
Fig. 594. — Sondo exploratrice à microphone. {Chardin.)
de l'endroit où se trouve le métal un bruit doit se produire dans le téléphone même lorsque le métal est à une assez grande distance. Bien que Ton n'ait pas obtenu des résultats satisfaisants dans le cas du président Garfield pour lequel la méthode avait été imaginée, il ne paraît pas douteux qu'elle ne soit appelée par la suite à rendre de réels services.
749. — Depuis la publication du premier volume de cet ouvrage, de nombreuses inventions ont été faites que l'on ne saurait faire rentrer dans le cadre des chapitres précédents parce qu'elles se rapportent à des appareils de mesure ou à des appareils de laboratoire. Nous ne poumons songer à les signaler tous; il en est quelques-uns cependant qui, par leur originalité, par leur disposition vraiment nouvelles nous paraissent mériter d'être indiqués; nous les décrirons donc sommairement dans cet appendice qui devrait en réalité figurer plutôt à la fin du premier volume.
Nous faisons de nombreuses omissions, nous ne l'ignorons pas ; mais. elles sont volontaires ; nous pensons que, avec les renseignements fournis jusqu'à présent, il est possible de se rendre compte aisément du fonctionnement des instruments que nous passons sous silence.
750. Machine a influence du type de M. Wimshurst. — Cette machine intéressante a été construite par la maison Bréguet d'après les idées de M. Wimshurst (fig. 595) ; elle se compose de deux disques en veire placés parallèlement à une petite distance et pouvant tourner en sens contraire autour d'un axe passant par leurs centres et perpendiculaire à leur direction. Chaque disque porte 12 secteurs formés de feuilles métalliques au centre desquels se trouve une pastille métallique.
Deux peignes métalliques montés sur des pieds en verre et placés aux extrémités du diamètre horizontal embrassent les deux disques ; deux conducteurs diamétraux perpendiculaires l'un à l'autre et inclinés de45'* sur l'horizontale se terminent à leurs extrémités par des pinceaux métalliques qui frottent contre les secteurs par l'intermédiaire des pastilles. Quand la machine fonctionne, le mouvement
des disques doit être tel que les secteurs se déplacent d'un peigne vers le pinceau le plus voisin.
La machine, mue généralement par un moteur électrique, est placée sous une cage en verre. Les conducteurs ou prises de contact
Fig. 595. — Machine à inauonco Wimshurst. (Bréguet.)
de la machine sont reliés aux peignes et traversent les vitres de la cage : ils peuvent être reliés à des condensateurs, comme dans les machines à influence déjà employées, machine de Holtz, de Voss, etc.
On amorce la machine à l'aide d'une palette ou d'un cylindre
d'ébonile que Ton frotte et que Ton approche de l'un des pinceaux.
La théorie de celte machine n'est pas encore bien connue ; nous ne croyons pas nécessaire de donner de son fonctionnement une explication qui est certainement incomplète *.
Cette machine présente l'avantage d'un fonctionnement très régulier : elle est peu influencée par l'état hygrométrique de l'air et marche bien, même par des temps humides. Déplus elle n*estpas sujette à des renversements de polarité et chacun de ses conducteurs a une charge qui conserve toujours le même signe.
Dansles modèles construits, le mouvement des disques est obtenu par l'action d'un moteur électrique actionné par une pile.
751. Machine rhéostatique de quantité. — M. Planté a donné une nouvelle disposition à la machine rhéostatique que nous avons décrite (317) : elle est analogue comme disposition générale à celle-ci mais les condensateurs qui la composent sont déchargés alors qu'ils sont reliés parallèlement (en quantité) et non en tension. Un petit commutateur que l'on fait tourner rapidement rehe les condensateurs successivement à la source et au circuit dans lequel on veut employer la décharge.
Dans des expériences qu'il a réalisées, M. Planté a employé comme source une batterie secondaire de 400 à 800 couples qui avait été chargée parS Bunsen : la machine comprenait 160 condensateurs d'une capacité moyenne de 0,015 microfarad chacun. En tournant le commutateur, on obtient une série continue d'étincelles brillantes, mais très courtes.
M. Planté a obtenu à l'aide de cette machine des effets très curieux dont il a étudié quelques-uns; il explique le rôle de celte machine en admettant que les condensateurs sont chargés au même potentiel que la source, et que l'écoulement de l'électricité lorsque l'on décharge les deux condensateurs se produit sous l'influence de cette différence de potentiel, mais avec cette condition que la résistance des condensateurs agissant alors comme source électrique peut être regardée comme nulle.
752. Voltmètre et ampèremètre de Sir Wiluam Thomson. — Ces appareils sont des galvanomètres d'une forme spéciale étalonnés et permettant des vériflcations faciles ; ils ont spécialement pour but de permettre des mesures de quantités très différentes comme ordre de gi^andeur en évitant l'emploi des shunts qui ne donnent pas toujours une exactitude suffisante.