Brûleur A. Gérard à écart invariable
rant passe tout entier dans Télectro-aimant, puisque les charbons ne se touchent pas; celui-ci agit donc et faisant basculer le support rapproche les charbons mobiles des charbons fixes : le courant
Ll!;S ACTIONS CALORIFIQUES £T LES COURANTS. 127
s'établit alors entre les charbons, le courant dérivé s'affaiblit, el l'électro-aimant cessant d'être assez puissant, le support sous l'ac-. tion d'un ressort revient à sa position normale produisant ainsi l'écart nécessaire pour la formation de l'arc. Ce système produit évidemment aussi le rallumage si l'extinction avait lieu.
456. — Le brûleur Gérard (fig, 330) est basé sur un principe analogue, seulement les deux systèmes de couples de charbon sont placés dans des plans inclinés symétriquement disposés par rapport à l'axe de Tappareil ; de cette manière l'arc qui constitue comme le sommet d'une sorte de pyramide est dirigé vers la partie inférieure et aucune pièce ne porte ombre sur le sol. Une disposition caractéristique de ce système consiste dans l'adjonction d'un électro-aimant dont les pôles voisins de l'arc, agissant sur lui comme sur un conducteur mobile, le repoussent au point le plus bas possible; cette
Fig. 33i. — Principe de U lampe soleil. {La Lumière électrique,)
disposition augmente l'éclairement produit par la lampe, mais produit un bruit désagréable.
Ajoutons sans insister que, dans ces conditions, l'arc agit comme un chalumeau à très haute température et peut être utilisé pour la chaleur considérable qu'il dégage.
457, — Lampe-soleil. — La lampe-soleil, due à MM. Clerc et Bureau, présente l'application, sous une forme qui semble absolument pratique, de faits qui ont été signalés par M. Le Roux en 1868 et dont M. de Baillehache avait tenté une application.
Elle met à profit la haute température développée par l'arc pour échauffer une matière réfractaire, la chaux, qui devient incandescente et par suite éclairante. Comme on l'a dit, c'est la lumière Drummond, produite par l'arc voltaïque.
Elle se compose essentiellement d'un bloc de marbre (fig. 381
TRAITÉ D*ÊLEGTRIC1T£.
et 332) taillé en tronc de pyramide et assujetti entre des fragments de pierre qui le dépassent légèrement du côté de la petite base, de manière à présenter de ce côté une légère cavité. Une boîte de fonte F maintient ces diverses pièces et en fait un bloc compact. Les charbons A, B qui ont la forme d'un cylindre à section semi-circulaire, passent dans des rainures de même forme glissant entre le bloc de marbre et les pierres qui s'y appliquent latéralement; par leur extrémité ces charbons viennent buter contre les pierres en face d'une ouverture qui débouche dans la cavité que nous avons signalée. Si la lampe est placée verticalement, les charbons descendent à fond
Kig. 33i. — Lampe soleil. {La Lumière élfctrique.)
par leur propre poids, pour d'autres positions on arrive à obtenir ce résultat par l'action de ressorts ou de contrepoids agissant sur ces charbons. Enfin, au début, un petit charbon de plombagine réunit les pointes des deux charbons de manière à ce que le courant pourra passer lorsque la lampe sera placée dans un circuit.
Lorsque le courant passe, il brûle promptement le crayon de plombagine et dès lors l'arc se forme, la lampe est allumée. Sous l'influence de la chaleur dégagée, le marbre est d'abord transformé en chaux, puis celle-ci devient incandescente et c'est principalement à son action que l'éclairage est dû. Il importe de remarquer en effet que les pointes des charbons ne sont pas visibles.
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La nature de la source lumineuse donne à la lumière de la larape-soleil une coloration jaune, coloration chaude qui la distingue de la lumière fournie par les lampes à arc; elle contient moins de rayons très réfrangibles que celle-ci, ce qui est un avantage à divers égards; elle se rapproche comme coloration des.
Fig. 333. •« Ltmpe soleil. {La Lumière électrique.)
lumières que nous sommes habitués à voir, lumière du soleil, du^ gaz et des lampes, bien plus que la lumière de l'arc.
La lampe-soleil ne se rallume pas automatiquement si une extinction de quelque durée se produit; si au contraire l'extinction a été courte, de moins d'une minute, par exemple, l'arc se reforme. Cela tieRt à ce que la masse de chaux étant assez notable ne se refroidit que lentement et qu'il faut plus d'une minute pour que sa tempe-
64BTIL. H. — 9
130 TRAITÉ D'ÊLKGTRIGITÊ.
rature se soit abaissée au-dessous du point où Tare peut se former. Cette propriété du bloc de chaux d'être comme un réservoir de chaleur a de plus l'avantage d'atténuer les in^égularités du courant; la température de la chaux ne varie pas instantanément comme rintensité de celui-ci, elle est le résultat de l'intensité moyenne. Si le courant s'affaiblit, la température s'abaisse lentement et est très peu diminuée au moment où le courant reprend son intensité primitive, et inversement.
Ce fait, d'une part, et d'autre part le fait que l'on ne voit pas les pointes de charbon incandescentes expliquent qu'il n'est pas nécessaire que les charbons présentent une aussi grande homogénéité que dans les ian^pes où ce sont ces pointes incandescentes qui sont la vraie source de lumière.
458. Présent et avenir de l'éclairage électrique. — Nous avons indiqué les avantages de l'éclairage électrique et nous avons dit que les appareils permettent d'obtenir toutes les intensités lumineuses qui peuvent être nécessaires, depuis les plus minimes jusqu'aux plus considérables. Quelles sont actuellement les conditions dans lesquelles on peut employer la lumière électrique comme éclairage courant et que peut-on penser qu'il adviendra de ce système?
Si l'on veut un éclairage minime, quelques lampes à incandescence que l'on allume successivement dans diverses chambres, on peut employer une pile de quelques éléments, pile au bichromate de potasse que l'on dispose de manière à renouveler aisément tout ou partie du liquide et qui fonctionnant constamment est employée à charger des accumulateurs; ce sont ces accumulateurs qui, introduits le soir dans le circuit des lampes, serviront de source du courant.
Ce système est simple, il demande peu d'entretien; mais il parait difficile d'évaluer, quant à présent, la dépense, et, par suite, de déterminer le prix de l'unité d'éclairement. C'est là une application qui semble avoir peu d'intérêt pratique.
La question à ce point de vue est déjà plus intéressante s'il s'agit d'éclairer un vaste appartement, un hôtel avec des salles de réception; dans ce cas et avec l'insuffisance générale de dispositions prises pour la ventilation, l'éclairage par incandescence est particulièrement indiqué, on peut dire qu'il s'impose. Il conviendra d'avoir dans ce cas une machine à gaz actionnant une machine d'induction qui fournira le courant; comme les machines seront, en général, surveillées d'une manière insuffisante et que, par suite, il pourrait survenir quelque arrêt provenant du moteur ou du gé-
nérateur de courant, il serait prudent d'avoir une batterie d'accumulateurs qui serait chargée dans la journée et qui resterait en réserve pour les cas d'accidents, ou qui, au besoin, ajouterait son effet à celui de la machine dans le cas où Ton voudrait un éclairage exceptionnel, supérieur comme intensité à Téclairage courant. Les accumulateurs paraissent nécessaires, car on ne peut s'astreindre à avoir des machiner de rechange ; outre la dépense de premier établissement qui serait doublée^ la place manque souvent.
Dans ces conditions, il est possible que l'éclairage par l'électricité ne soit pas d'un prix plus élevé que l'éclairage au gaz, en tout cas la différence n'est pas considérable; mais les avantages sont tels que nous nous étonnons que ce mode d'installation ne soit pas plus répandu.
Enfin, il arrive que l'on a de vastes établissements dans lesquels le service de l'éclairage a une importance très grande et dans lesquels on peut et on doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour l'assurer de la manière la plus complète et la plus satisfaisante. Dans ces cas, il ne parait pas douteux que l'éclairage électrique, plus satisfaisant à tous égards, est moins coûteux que l'éclairage au gaz. Il faut, bien entendu, une installation complète et un service spécial d'entretien : le moteur est, suivant les cas, une puissante machine à gaz ou mieux une ou plusieurs machines à vapeur; il y a un certain nombre de machines génératrices du courant, nombre réglé par la puissance exigée, par la disposition des circuits divers sur lesquels sont réparties les lampes; il est indispensable d'avoir une machine de rechange toujours prête à fonctionner pour parer aux accidents qui pourraient survenir. Il faut, dans certains cas, avoir dans le circuit un ou plusieurs rhéostats de manière à pouvoir faire varier au moment opportun l'intensité du courant et par suite l'intensité de l'éclairement, soit d'une manière absolument générale, soit dans certains circuits, comme cela est nécessaire dans les théâtres pour produire les effets de lumière.
Il existe dès à présent un certain nombre de grands établissements éclairés à la lumière électrique parmi lesquels on peut citer l'Opéra de Paris.
Nous ne pouvons entrer dans le détail de ces installations ; outre que la description serait fort longue, ces installations varient absolument suivant les conditions et nous n'en pourrions rien déduire de général.
Mais nous pensons que ce n'est point encore dans ces installations raème considérables que réside l'avenir de l'éclairage électrique et
que c'est seulement lorsque sera résolue et appliquée la distribution de rélectricité que l'éclairage électrique se développera, d'autant plus rapidement que, outre les facilités que l'on trouvera pour l'installer, le prix sera notablement abaissé. Cette distribution est appliquée sur un réseau plus ou moins vaste dans diverses villes, à New-York, à Londres par exemple; quand le système aura la sanction du temps, qu'il sera mieux connu parce qu'il aura été étudié pendant son fonctionnement, il se développera, nous n'en doutons pasl
Nous n'insistons pas sur ce côté de la question parce que nous aurons à reprendre ultérieurement, et d'une manière générale, celte question de la distribution de l'électricité S
1. Pendant rimpression, des installations générales de distribution d*électricité pour réclairage ont commencé à fonctionner à Tours et à Dijon ; nous n'avons pas encore de données suffisantes pour apprécier les résultats qui paraissent satisfaisants d'ailleurs.