‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 104 sur 240 · PERLES · texte numérisé non relu

PERLES

Perles en verre (Fabrique en grand de) (2’ classe, par assimilation au déro

chage).

Détail des opérations. — Cette industrie, qui occupe un assez grand nombre d’ouvriers dans les villes de première classe, se pratique de la manière suivante.

Un nombre variable d'ouvrières sont rangées autour d’une

l’EItLES.

'table. Chacune a line lampe d’émailleur à sa disposition. De la main droite elles présentent à la llamme de la lampe une baguette en verre de quelques millimètres d’épaisseur et de couleur variée, selon la coloration qu’on tient à donner aux perles. De la main gauche, armée d’une tige en cuivre très-mince et ronde, elles détachent un fragment de verre, devenu presque liquide à la chaleur de la lampe : par un mouvement léger de rotation imprimé à la tige de métal, le verre prend tout de suite une forme ronde : on le soustrait à l’action de la flamme, on coupe la tige à quelques millimètres de la perle, et on laisse refroidir. Cette opération se fait très-rapidement et permet d’obtenir ainsi, soit des perles, soit des épingles à tête de verre de couleur variée : celles-ci sont en général fixées sur des tiges d’acier. Jusqu’ici rien d’insalubre. Mais il faut enlever du centre des perles la portion de tige de cuivre qui y est restée enchâssée. Pour cela, on plonge ces perles dans un bain d’acide azotique qui dissout le métal, en donnant lieu comme le dérochage à la production d’une grande quantité de vapeur d’acide hypo-azotique.

Les perles peuvent alors être enfilées avec des fils en caoutchouc; on en expédie de très-grandes quantités au Brésil et au Pérou.

Les causes d’insalubrité et d’incommodité, ainsi que les prescriptions qui doivent être ordonnées en cette circonstance, sont toutes celles du dérochage. (Voir Cuivre ( Industrie du), t. I, p. 580.)

On pourrait, à cause du travail du verre, rapprocher cette industrie de l’art céramique.

Perles fausses. Voir, au mot Alcali, le paragraphe Usages, t. 1, p. 199.

On les fabrique à l’aide des particules brillantes, ou écailles qui se détachent du corps des ablettes et qu’on ramollit dans l’alcali, pour en composer ce qu’on nomme dans le commerce l’essence de perles d’Orient. — On applique cette préparalion à la face interne des globes, etc, etc. L’emploi de l’alcali dans ce cas n’offre pas en général d’inconvénient.

PHOSPHORE

PHOSPHORE (Industrie du).

Phosphore hlonc (Fabriques <le) (2* classe). —5 novembre 1820.

Phosphore amorphe rouge (Fabriques «le) (5' classe). — 1857.

Le phosphore ne se trouve guère dans la nature qu’à l’état d’acide phosphorique, en combinaison avec les bases. On le rencontre à l’état de phosphate de chaux naturel; on le trouve dans l’économie animale, dans le cerveau, dans l’urine, où Brandt le découvrit en 1GG9. — On l’extrait des os, qui le contiennent à l’état de phosphate de chaux.

Fondu à soixante ou quatre-vingts degrés, il devient noir si on le refroidit brusquement. — Il se colore en rouge à la lumière, même dans le vide. On le conserve sous l’eau non aérée, à l’abri de la lumière; il s’y recouvre souvent d’une croûte blanche qu’on croit un hydrate de phosphore. 11 est éminemment cassant, s’il contient des traces de soufre.

Phosphore blanc.

Détail des opérations. — Extraction. — Depuis longtemps on a cessé de le retirer de l’urine, qui n’en donnait presque pas; il s’y trouvait à l’état de phosphate double de soude et d’ammo" niaque. On emploie les os calcinés.

Calcination des os. — Pour calciner les os, on se sert souvent de fours coulants, semblables à ceux de la fabrication de la chaux, et l’on fait rendre les vapeurs et les gaz infects dans une haute cheminée.

Calcination dans un four coulant fumivore. — On a essayé avec succès de brûler les gaz de la calcination en se servant d’un four coulant cylindrique dont l’embouchure supérieure est rétrécie et garnie d’un manchon en fonte près du bas; des ouvertures en créneaux mettent en communication la capacité de ce four avec une galerie circulaire qui aboutit à la cheminée. Une grille à barreaux mobiles se trouve au foyer, on la charge de combustibles légers qu’on allume; la flamme passe dans la galerie circulaire par les créneaux avant d’arriver à la cheminée. On charge d’os riches en matières combustibles, et, quand il s’est établi

rHOSl’HORE.

une combustion régulière, on enlève un à un les bancaux, afin que les os brûlés tombent sur le sol en pente; on entretient le fourneau d’os nouveaux qu’on introduit par le manchon supérieur à mesure qu’on relire des os brûlés. La combustion s’opère d’une manière continue par les gaz provenant de la matière organique des os; ces gaz, obligés de traverser une masse incandescente, passent brûlés dans la cheminée sans entraîner d’odeur infecte. Les os calcinés contiennent 80 à 82 pour 100 de phosphate de chaux tribasique.

On pulvérise les os calcinés dans un moulin à meules verticales.

Il faut décomposer le phosphate par l’acide sulfurique, qui donnera du sulfate de chaux et du phosphate acide de chaux. Celui-ci est retiré par des lavages continus et décomposé par le charbon et donne le phosphore.

On opère la décomposition des os par l’acide sulfurique dans un cuvier garni de plomb, on met environ cent litres d’eau bouillante pour vingt kilogrammes d’acide et vingt kilogrammes d’os en poudre qu’on n’ajoute que peu à peu, pour laisser dégager l’acide carbonique; on opère avec des quantités semblables de matières tant que le permet la capacité du cuvier.

La matière maintenue chaude est abandonnée à elle-même pour parfaire la réaction. Au bout d’un temps assez long, on décante le liquide clair qui surnage, et qui forme le phosphate acide.

L’épuisement du sulfate de chaux contenant du phosphate acide mis en liberté a lieu avec les liqueurs faibles provenant de lavages de sulfate déjà presque épuisé. On opère souvent par filtration au lieu d’opérer par délayage.

Quand on a réuni les liqueurs provenant de ces lavages méthodiques, on les concentre jusqu’à cinquante degrés dans des cuviers en plomb, à l'aide de la vapeur d’eau circulant dans un serpentin. Le sirop obtenu est mêlé à 20 pour 100 de son poids de poussier de charbon et constitue ce que l’on nomme le miel. On enlève l’excès d’acide sulfurique et l’eau de ce miel en le chauffant dans une chaudière de fonte et l’agitant constamment.

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