‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 111 sur 240 · ALLUMETTES CHIMIQUES · texte numérisé non relu

ALLUMETTES CHIMIQUES

Conditions générales relatives à la fabrication des allumettes à matières inflammables , avec ou sans brait.

Emplacements et locaux des fabrications.

Les bâtiments destinés à la fabrication seront isolés;

Les magasins et les ateliers seront établis au rez-de-chaussée.

La dessiccation et le coupage du bois ne pourront avoir lieu que dans un bâtiment séparé de tous les autres ateliers.

Magasins des matières premières.

Les magasins suivants seront séparés les uns des'autres par un mur de refend ou par une cloison en briques.

1® Magasin du phosphore. — On tiendra le phosphore renfermé dans des boites de fer-blanc plongées dans un réservoir rempli d’eau et d’une contenance égale à cinquante fois au moins le volume des boites de phosphore.

On pourra sans inconvénient emmagasiner dans la même pièce la gomme trempée ou délayée ;

2* Magasin des provisions de chlorate, de gomme solide, de colle forte, de bleu de Prusse et de cinabre. — Ces substances seront renfermées dans des flacons, des barils ou des caisses.

PHOSPHORE

3° Magasin pour les allumettes en blanc, les carions et le papier.

4° Magasin de soufre en canons, si le soufrage des allumettes s’opère dans l’usine.

Ateliers distincts.

1° Atelier à la confection émulsive de la pâte de phosphore. — 11 ne doit renfermer que des ustensiles adaptés à la préparation de la pâte, et en quantité nécessaire pour une seule opération.

On placera sur le sol de cet atelier un réservoir contenant au moins deux cent cinquante litres d’eau et pouvant servir de baignoire en cas d’accident.

Les produits liquides du broiement à l’eau seront réunis en un seul vase, pour former l’émulsion.

2° Atelier consacré au broiement du chlorure de potasse et des matières colorantes. — On disposera cet atelier dans le voisinage du premier.

3° Atelier pour le soufrage et la trempe des allumettes. — Il sera séparé, ventilé et convenablement construit en briques; on y rendra le service facile au moyen de deux baies, closes à volonté de deux portes en tôle.

4° Étuves pour le dessèchement de la pâle inflammable. — Elles seront construites ou doublées et voûtées en briques, elles communiqueront par le haut avec une cheminée solide, s’élevant au-dessus des combles voisins. Les portes des étuves seront en tôle foifle sur châssis en fer et s'ouvriront en dehors.

Un seul châssis de fer vitré doit éclairer l’étuve; il sera vertical et élevé de deux mètres au-dessus du sol extérieur. Un volet de tôle sur châssis de fer, de dimension égale au vitrage, sera tenu levé par une corde facile à brûler; de sorte que si les vitres venaient à être brisées, la flamme sortant par la baie brûlerait la corde; le volet s’abattant aussitôt, le passage seraiL fermé. Une disposition semblable sera ménagée dans chacun des conduits entre les étuves et une cheminée commune, afin que le feu puisse être étouffé spontanément.

Le sol des étuves sera recouvert constamment d’une couche de sable fin, épaisse de 0m,04 à 0",05.

5* Atelier où l’on dégarnit les presses. — Les allumettes y seront retirées des caisses pour être immédiatement empaquetées. Cet atelier aura deux portes à la disposition des ouvriers ; elles s’ouvriront en dehors.

Les allumettes sèches y seront réunies en des caisses de tôle, munies de couvercles, fermant à crochets; elles devront être portées dans des caisses closes jusqu’à l’atelier ci-après.

6° Atelier d’empaquetage et d’emballage.

Conditions relatives aux opérations.

Préparation de l’émulsion dite pâte de phosphore.

L’addition de la fleur de soufre dans l’émulsion du phosphore est formellement interdite.

L’émulsion doit se préparer ainsi : L’on apportera la solution de gomme,

chauffée dans une pièce voisine à 75 ou 80 degrés centésimaux; on versera cette solution dans un matras de cuivre maintenu solidement dans l'ouverture circulaire d’une table ou d’un établi.

La fonte et le délayement du phosphore auront lieu par petites quantités ajoutées successivement dans le matras aux deux tiers empli de la solution gommeuse.

Le battage ne sera commencé qu’après la cessation des étincelles produites par le phosphore, c’est-à-dire quand la température du mélange sera descendue au-dessous de 60 degrés centésimaux.

Broiement des matières premières.

Le chlorate, si on l'emploie, doit être détrempé dans une solution de gomme, avant que d’être soumis au broiement à froid.

Les matières premières, les couleurs, les résines, etc., seront également broyées à part avec les mêmes précautions.

Soufrage et trempe.

Le fourneau servant à fondre le soufre et à chauffer le bout des allumettes doit être isolé. La chaleur sera transmise par l'intermédiaire d'un bain-marie contenant une solution de chlorure de zinc, ou d’un bain de sable .

La température du soufre liquéfié ne doit pas être portée au delà de 140 degrés centésimaux.

I n couvercle facile à poser permettra de fermer la chaudière et d’étouffer à l’instant même le feu qui prendrait au soufre par le contact accidentel d’un corps enflammé.

On peut se dispenser de l'établissement d’un bain-marie, si le fourneau est surmonté d’une hotte de tôle et d’une cheminée convenables, pour donner, en cas d’incendie, issue à la totalité des produits de la combustion du soufre.

Dessiccation de la plte inflammable.

Les presses à contenir les allumettes seront de fer ou de tôle.

Les coussins séparant chaque rangée d'allumettes pourront être de carton et de laine réunis par la colle forte.

Les porte-presses, disposés autour des étuves, seront séparés, de deux en deux rangées verticales, au moyen de feuilles de tôle, fixées debout perpendiculairement au mur et au sol de l'étuve.

La porte de l’étuve doit rester ouverte pendant tout le temps qu'on y travaille.

Le chauffage des étuves doit se faire au moyen d'un calorifère à circulation d’eau.

Le foyer sera son extérieur.

Une gaine en briques ou en carreaux de plâtre introduira l’air autour et au bas de l’étuve, et devra ventiler ainsi en même temps que sécher.

vernois. me. isn II.

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