PHOTOGRAPHIE
Mesures générales.
Chaque soir, les débris d'allumettes, ou les allumettes de rebut, seront consumés par petites portions. Le foyer de ces combustions partielles sera placé dans un angle de mur de la cour de la fabrique, et si cela ne se pouvait pas, les débris seraient transportés, en vase clos, dans un local où les précautions ci-dessus énoncées seraient praticables.
Après la sortie des ouvriers, toutes les pièces de la fabrique seront visitées ; on réunira dans des étouffoirs de tôle les allumettes tombées, et le sol sera soigneusement balayé.
Les feux seront éteints, et tous les foyers et cendriers seront fermés, soit avec des portes de tôle bien jointes, soit avec des briques.
Aucun approvisionnement de bois, de papiers, de carions, de soufre ou d’autres matières combustibles, ne doit avoir lieu dans les ateliers ni dans les étuves.
Des rapports spéciaux feront connaître celles de ces mesures qui devront être appliquées entières, ou modifiées, dans les ateliers autorisés antérieurement.
Conditions commîmes eux fabricants et aux marchands.
Emballage et vente.
Les allumettes à mastics inflammables par frottement seront livrées dans des enveloppes closes, de bois, de carton ou de fer-blanc.
11 est défendu à tous les fabricants et marchands de réunir lesdites allumettes en paquets enveloppés en boites, qui en contiendraient chacun plus de quatre cents.
Tout transport, étalage ou mise en vente de ces allumettes, soit en boites, soit en vragues, sont rigoureusement prohibés.
PHOTOGRAPHIE (Fabrique d’objets tour la) et Fabrique de
PRODUITS CHIMIQUES SPÉCIALEMENT DESTINÉS A CETTE INDUSTRIE (5” cl., par assimilation).
Détail des opérations. — Plusieurs fois, le conseil de la Seine a été consulté pour donner son avis sur les inconvénients que pourraient présenter certains établissements spéciaux, suffisamment indiqués par le titre de ce chapitre. L’extension extraordinaire qu’a prise depuis une dizaine d’années l’art de la photographie, explique la création d’ateliers exclusivement destinés aux objets requis par celte industrie. Les grandes villes seules en sont en général le siège. La fabrication des instruments de cuivre, des plaques, etc., etc., consiste habituellement à souder
FOURS A TLATRE PERMANENTS.
et étirer des lames d’argent avec des plaques de cuivre, à une température et sous une pression peu élevées. — Quelquefois, il s’y joint un laminoir.
Quant à la fabrication spèciale des produits chimiques mis en usage pour la photographie, voir article Produits chimiques , t. I, p. 176.
Causes d’incommodité. — Celles d’un atelier où se pratiquent le laminage et la soudure. — Fumée. — Bruit.
Prescriptions. — S’il y a un moteur à vapeur (voir Machines à vapeur , t. II, p. 181), ne prendre aucun point d’appui sur les murs mitoyens et disposer les supports des coussinets de manière que les murs n’éprouvent pas d’ébranlement sensible. Aérer convenablement l’atelier.
]\Te brûler que du coke, ou tout autre combustible ne donnant pas plus de fumée que le bois.
PICRIQUE (Acide). Voir Acides, l. I, p. 159.
PIPES (Fabrique de). Voir Céramique {Industrie) , t. I, p. 360 et
PLANTES MARINES (Combustion des). Voir Soude.
PLATRE (Industrie du).
Fours à plâtre permanents (2* classe, autrefois 1”). — 15 octobre 1S10. — 20 juillet 1818.
On désigne sous le nom de plâtre le sulfate de chaux anhydre provenant de la calcination ménagée du gypse ou sulfate de chaux cristallisé contenant environ 20 pour 100 d’eau. — Le plâtre cru est de la chaux sulfatée mêlée à un peu de chaux carbonatée, que la cuisson réduit à de la chaux sulfatée anhydre unie à un peu de chaux vive. — Le plâtre reprend son eau de cristallisation quand on le gâche et donne lieu à une élévation sensible de température. La masse, d’abord liquide, se solidifie en cristallisant et prenant un volume considérable; il faut, pour que ce phénomène se produise, que le plâtre n’ait été cuit qu’à une température inférieure à deux cent cin-
PLATRE
quante degrés, car, au delà de ce terme, il ne reprend son eau de cristallisation qu’au bout d’un temps très-long et sans faire prise.
Le gypse en masse grenue ou en cristaux d’un volume considérable est calciné par les mômes procédés.
On emploie généralement un four formé par trois murs supportant une charpente en bois ou en fer, suivant la hauteur à laquelle elle est placée; on dispose entre ces murs une masse à peu près cubique de moellons en plâtre cru ; les plus gros forment, sur un carrelage de gypse en plaques minces, plusieurs voûtes construites à sec, c’est-à-dire, sans être reliées par un ciment quelconque. Ces voûtes ne sont séparées entre elles que par deux forts moellons servant de pieds-droits; elles ont trente-cinq à quarante-cinq centimètres de largeur ou d’ouverture et une profondeur égale à celle du four. On superpose sur ces voûtes des moellons graduellement moins volumineux.
On entretient sous les voûtes un feu de branchages ou de bois sec. Quand la flamme a atteint la moitié de la hauteur de la masse, on charge de nouveau avec des pierres plus petites; après douze heures de chauffe environ, quand la déshydratation est avancée, on bouche les ouvertures avec des moellons, on recouvre de gypse en menus fragments que la chaleur de la masse suffit à dépouiller d’eau.
La cuisson est souvent insuftisante pour les gros morceaux, on le reconnaît en ce qu’ils conservent à leur centre un noyau brillant; presque toujours aussi leur surface est trop cuite et ne peut plus faire prise avec l’eau; mais la masse ne doit présenter ni l’un ni l’autre de ces défauts, si la cuisson a été bien faite.
Le mode de cuisson du plâtre qui vient d'être décrit ressemble à celui déjà donné pour la fabrication de la chaux grasse au moyen des fours discontinus. — On emploie aussi les fours continus à foyer latéral qui ont été décrits également à propos de la chaux grasse, et, dans ce cas, on peut substituer au bois la houille, le coke...
Quelquefois, au lieu d’un foyer spécial, on utilise les embou-
PLATRE ALÜNÉ.
chures de cheminées des fours à carboniser la houille (voir Gaz, fabrication du coke, t. II, p. 31). On règle la distribution des flammes à l'aide de registres et on fait arriver les produits de la combustion au moyen de conduites en maçonnerie sous une grille chargée de pieri’es à plâtre. Cette grille repose suides moellons de gypse; les pierres qu’elle supporte sont graduellement dépouillées de leur eau; celle-ci passe avec les gaz delà combustion dans une grande cheminée commune à plusieurs fours semblables.
Tendant ces opérations il y a dégagement de vapeurs d’eau, d'un peu d’acide carbonique et production d’un peu de soufre, lorsqu’il renferme quelques filons de ce corps; mais celui-ci n’y existe pas à l’état de vapeur : mêlé à la fumée et traversant des masses en ignition, il est converti en gaz acide sulfureux.
Le plâtre cuit doit être broyé avant d’être livré à la consommation; on opère ce broyage tantôt au moyen de moulins en fonte à noix cannelée, analogues à de grands moulins à café, tantôt à l'aide de meules verticales en pierre, roulant dans une auge aussi en pierre. Au centre de cette auge est un crible ordinairement conique, à travers lequel le plâtre tombe dans les magasins; on a soin de le conserver à l’abri de l’humidité; au besoin même, on l’enferme dans des tonneaux pour l’empêcher de s'éventer , car en absorbant l’eau atmosphérique, il perd la faculté de faire prise.
Plâtre des mouleurs.
Pour fabriquer le plâtre des mouleurs, lequel doit se gâcher facilement, posséder une grande plasticité et une parfaite blancheur, on a recours au moyen suivant : on opère la cuisson dans des fours semblables aux fours de boulangers que Ton chauffe à peine au rouge brun; on enfourne la pierre en plaquettes choisies d’épaisseur à peu près égale et d’environ cinq centimètres. Avec l’habitude, on arrive facilement à donner au four le degré de température nécessaire à une calcination suffisante.
PLATRE
Plâtre aluné (produit breveté).
Le plâtre aluné diffère du plâtre ordinaire en ce qu’il fait prise plus lentement avec l’eau et possède une plus grande dureté : on emploie ordinairement des matières de premier choix à sa fabrication. On casse la pierre à plâtre en fragments assez petits; on en charge un four à réverbère, analogue au four à soude, et chauffé à l’air chaud; quand la cuisson est terminée, on laisse refroidir le plâtre, puis on le place dans de grandes caisses en bois et à claire-voie, que l’on plonge dans un bain d’eau contenant 10 pour 100 d’alun. Après quelques minutes d’immersion, on retire la caisse, on la laisse égoutter au-dessus du bain, et on la vide sur une aire préparée dans ce but. Ce plâtre est recuit dans le même four, mais à une température plus élevée que la première fois et qu’on pousse même jusqu’au rouge; après refroidissement on pulvérise.
On a perfectionné ce procédé en ne faisant qu’une seule cuisson; pour cela on mélange le plâtre cru et l’alun en poudre, on chauffe comme précédemment et on obtient le même résultat.
Stuc.
Le stuc est une pâte obtenue en délayant le plâtre récemment cuit et très-fin dans une solution de colle de Flandre, blanche, encore chaude, jusqu’à ce qu’on ait un produit assez mou. On y ajoute diverses matières colorantes quand le mélange est sec, on le polit à la pierre ponce, — puis avec la pierre à aiguiser et le tripoli (acide silicique mélangé à quelques matières étrangères, — alumine et oxyde de fer), — puis à l’eau de savon et à l’huile.
Causes d’incommodité. — Dégagement de vapeurs d’eau et d’un peu d'acide carbonique, — quelquefois de gaz acide sulfureux.
Dégagement de fumée et de vapeurs variables selon la nature du combustible employé.
Poussière quand on broie à la demoiselle.
Action sur la santé des ouvriers et sur la végétation, quand le