‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 136 sur 240 · POUDRE FULMINANTE ET CAPSULES · texte numérisé non relu

POUDRE FULMINANTE ET CAPSULES

Voici les mesures de sûreté, formant un ensemble plein d'intérêt et propre à compléter les conditions consignées dans le rapport général des travaux de 1855 :

1° On a établi dans le lieu où se font les dissolutions une aire en terre recouverte de sable fin, parce qu’on a remarqué que, quand le sol est en dallage ou en pavage, et qu’un ballon a été cassé, il reste entre les jointures des pavés ou des dalles des portions de poudre fulminante qui, sous le pied d’un marcheur ou par un frottement quelconque, déterminent une détonation ;

2° Les fulminates produits sont tenus dans de hauts baquets construits exprès et remplis d’eau recouvrant ces produits jusqu’au moment de leur emploi ;

5° Le laboratoire servant au broyage et à la filtration est carrelé ; M. Gévelot pense que ce mode est à préférer, parce qu’il donne la facilité de laver le sol avec une éponge mouillée. D’ailleurs, dans cet atelier, l’eau détériore une aire en plâtre, et par suite, s’il y tombe du fulminate, on ne peut l’y apercevoir. M. Gévelot avait essayé d'un plancher en plomb, il reconnut que le fulminate attaque ce métal, il y forme des cavités qui ne sont pas sans danger;

4° Le grenier, atelier où l'on grène, légèrement construit, a une aire en plâtre, non pas sujette à être mouillée, elle ne se détériore pas ;

5° La grande table en bois sur laquelle se fait le grenage est recouverte d’une toile cirée très-lisse; elle rend facile le lavage avec une éponge humide, pour enlever le pulvérin résultant de cette opération;

6° Dans ce grenier sont établies des tablettes en bois blanc, à hauteur d’appui, pour déposer les matières humides et les ustensiles nécessaires au grenage; afin d'éviter les chances d’accident, on n’apporte que successivement au grenier ces matières humides destinées à être grenées ;

7° Le séchoir, disposé sur une longue étendue, bâti légèrement, est garni d'une aire en plâtre. Là des châssis à tabatière, ouvrant au midi, sont garnis dev itres dépolies. La dessiccation se fait à l’aide de l’air atmosphérique seulement;

8° Les matières à sécher sont placées sur des cadres dont l’entourage est de bois blanc, et dont le fond est formé d’un filet de tissus fibreux, dit soie végétale, sur lequel on pose une double feuille de papier non collé; sur ce papier, on met la poudre à sécher, et l’on place les cadres sur des étagères bien disposées pour les recevoir;

9° La pièce où l'on tamise est garnie d'une aire en plâtre; la table occu-

POUDRES

pant le milieu est recouverte d’une toile cirée, sur laquelle on passe la poudre pour en séparer le pulvérin; cette opération s’exécute dans un tamis de soie, garni à l’intérieur d’une peau blanche; il est pourvu d'un couvercle également en peau;

10° La poudre, séparée du pulvérin, se conserve, loin des ateliers, dans une poudrière ; celle-ci est munie à l'intérieur de tablettes très-larges et solides, à hauteur d'appui; on y dépose la poudre, divisée en bouteilles de zinc ou de cuivre verni; celles-ci sont emballées dans des boites garnies à l’intérieur et exactement, de façon qu’elles soient à l’abri de tout choc;

11° Les ateliers où se font les charges sont très-éloignés des autres parties de la fabrique ; ils ont une aire en plâtre. On n’apporte la poudre qu’en petites quantités et au fur et à mesure du besoin. Hors le temps où l’on fait emploi de la poudre, la bouteille de métal qui la contient est placée dans sa boîte, garnie et fermée. Celte précaution a pour but de préserver la poudre de l’action des capsules, qui détonent et qui sont lancées quelquefois à une grande distance;

12° Une presse à volant est employée au pressage des capsules à double décharge; l’action de cette presse diminue beaucoup la possibilité des détonations ;

15° L'établi de pressier est recouvert en plomb, et le plomb est recouvert en bois, sur le point où portent les mains de fer à charger ; le bois empêche le plomb de se détériorer, comme cela pourrait avoir lieu par suite du mouvement de va-et-vient des mains de fer;

14° La table des chargeurs est recouverte de toile cirée, chaque jour nettoyée avec une éponge mouillée, afin d’enlever le pulvérin résultant du travail;

1 5° Les ouvriers qui travaillent à la charge sont payés à la journée ; cette mesure prévient les accidents dus à la précipitation avec laquelle opèrent des ouvriers qui sont à leurs pièces.

La presse à volant que nous venons de mentionner fait disparaître la chance d’accident pour les femmes occupées à la champ fies capsules; mais l’ouvrier n'en court pas moins de risques; il serait vivement à désirer, comme le conseil de salubrité en a émis précédemment le vœu, que les presses fussent disposées de manière que l’ouvrier qui passe les mains ne fût jamais placé devant ni derrière les rouleaux.

11 serait nécessaire aussi d’enjoindre aux fabricants de capsides de placer les presses de façon que Yaxe du cylindre fût toujours perpendiculaire aux tables de charges. Dans le cas où une main serait projetée, elle ne pourrait blesser les ouvriers, ni faire détoner la poudre qui se trouve sur les tables ou à côté.

XII. NOUVELLES CONDITIONS ACCEPTEES PAR l.E CONSEIL D’HYGIÈNE DE LA SEINE.

(Du 1 1 octobre 1858 )

1° Substituer aux poteaux montants sur lesquels sont fixées les cloisons, une charpente en fer, très-légère et recouverte seulement de toile imperméable ,

• PULPE DE DETTElîAVES (DÉPÔTS DE) . 393

2° Remplacer la table en bois par une plaque de plomb supportée par trois tringles en fer ;

5° Entourer cette plaque d'un bouclier en tôle de onze centimètres d’épaisseur ;

4° Fixer aux murs de l’atelier deux autres boucliers, près de l’un desquels on posera la poudre à manipuler, et derrière l'autre celle qui est prête à porter au séchoir ;

5° Faire passer la poudre à travers les tamis, non à l’aide d’une spatule, mais au moyen du frottement seul de la main ;

6° Établir au-dessus du magasin à poudre fulminante un paratonnerre avec conducteur isolé ;

7° Renfermer les lourilles qui contiennent l’acide nitrique dans un magasin isolé et éloigné des ateliers ;

8° Fixer la quantité de poudre fulminante que pourront renfermer ces magasins. Cei:e quantité ne pourra jamais ctre dépassée ;

9° Donner aux magasins de poudre la forme circulaire, et les faire précéder d’une petite pièce formant vestibule;

10° Construire les ateliers de fabrication en charpente de fer, enveloppée seulement de toile imperméable, et revêtir le sol de bitume ;

11° Entourer les ateliers de talus en terre de trois mètres au moins de hauteur, afin qu’en cas d’explosion les projections ne puissent s’étendre et atteindre les autres constructions ;

12° Couvrir ces ateliers et magasins en ardoise ou en feuilles de zinc de petite dimension ;

15° Adjoindre toujours un architecte au délégué du conseil qui est appelé à l’examen des demandes pour l’établissement des fabriques d’amorces fulminantes.

POUDRE AUX MOUCHES, Voir au mot Cobalt , t. I, p. 425. POUDRETTE (Dépôt de). Voir Engrais, 1. 1, p. 601, et Vidanges. POUSSIER DE MOTTES (Carbonisation du). Voir Combustibles (Industrie des). Voir t. I, p. 444.

POUZZOLANES, t. I, p. 402.

PRODUITS CHIMIQUES. Voir, au mot Acides, l’article Annexe aux acides, t. I, p. 176.

PRÉCIPITÉ DE CUIVRE (Fabrication du). Voir, au mot Cuivre (Industrie du), l’article Cendres bleues, t. I, p. 558. PRUSSIATE DE POTASSE. Voir Potasse, t. II, p. 349.

PULPE DE BETTERAVES (Dépôts de) (non classés).

Dans certaines contrées, les dépôts de pulpes de betterave dans des silos mal enlretenus, et au centre d’habitations, don-

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