AMORCES ET POUDRES FULMINANTES
La nature des matériaux de construction joue un grand rôle dans les effets des explosions. D’après cette considération, le conseil vous a proposé de tolérer l’emploi des clôtures en planches, là où elles existent, sans cependant en faire une règle générale. Mais, en même temps, il a été d’avis d’exiger que les murs lussent construits avec des plâtras, au lieu de moellons. Cette prescription a été appliquée à la fabrique d’amorces fulminantes de l’administration de la guerre, située au fortLépine, commune de Montreuil. De plus, comme il entrait dans les plans de cette administration de faire autour des ateliers des plantations d’arbres qui, déjà employées dans les poudrières, ont diminué de beaucoup l’étendue des accidents, en cas d’explosion ; le conseil a pensé qu'en attendant la crue des arbres destinés à défendre l’accès de l’atelier de préparation du fulminate, il convenait d'établir en avant de cet atelier une rangée de pieux de deux mètres cinquante centimètres de hauteur, distant l’un de l’autre de cinquante centimètres, et sur une largeur de quatre mètres. Enfin, dans les amorces de guerre, la poudre, au lieu d’être retenue, comme pour celle du commerce, par une simple compression, est fixée par un vernis. Ce procédé, conseillé depuis longtemps par M. Gay-Lussac, rachète par la sécurité plus grande du transport l’inconvénient de rendre l’inflammation moins facile. Cette circonstance, qui fait disparaître d’une manière presque absolue le danger que présente habituellement le travail ultérieur des capsules, a permis de suivre le plan proposé par l’administration de la guerre pour la position des ateliers qui, dans une usine ordinaire, eussent dû recevoir d’autres destinations respectives propres à isoler plus complètement celui où se prépare le fulminate de ceux où l’on confectionne les capsules.
Voici à quelles conditions le conseil a pensé que l'autorisation pouvait être accordée :
1° Le fulminate humide sera renfermé dans des peaux nouées, puis immergées dans des baquets pleins d’eau et munis de couvercles ;
2° Les baquets seront portés à bras sur des civières ;
3° Le bateau destiné au transport abordera le plus près possible des deux fabriques, et ne contiendra que le nombre de personnes nécessaires à l’opération ;
A° Le transport aura lieu en présence d’un préposé de l’administration et de l’un des propriétaires ;
5“ Avis devra être donné à l’autorité trois jours à l'avance de l’époque du transport ;
6° Les époques seront réglées par l’administration et ne dépasseront pas le nombre de six par an ;
7° Enfin, une corde, munie d'une bouée, sera attachée a la peau renfer-
DOCUMENTS RELATIFS A l’IlNDUSTRIE DES POUDRES. 59]
mant le fulminate, afin d'en faciliter le sauvetage dans le cas où le bateau serait coulé bas.
XI. AVIS DU CONSEIL DE SALUBRITÉ DE SALUBRITÉ DE LA SEINE: ( I 8 42 . )