‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 142 sur 240 · POIX NOIRE · texte numérisé non relu

POIX NOIRE

Fumée de la forge.

Bruit des marteaux.

Danger d’incendie.

Prescriptions. — Opérer sous la holte d’une cheminée, qui s’élèvera, selon les localités, à quinze ou vingt mètres du sol.

Aérer fortement l'atelier, et donner à la cheminée un puissant tirage.

Ne pas avoir d’ouvertures sur la voie publique.

Si l’usine est considérable, avoir une pompe à incendie et tous ses accessoires.

Poix-résine. — Késine jaune.

Si, au lieu de soutirer le produit résidu de la distillation de la térébenthine pour le laisser refroidir, on le brasse fortement pendant qu’il est encore très-liquide, avec environ 10 pour 100 d’eau, il perd sa transparence, prend une couleur jaune sale, et retient environ 6 pour 100 d’eau. C’est la poix-résine; elle diffère de la précédente par son eau d’interposition et par son opacité. C'est, en somme, un mélange de résidu de la distillation de la térébenthine, de galipot et d’eau.

Brui sec.

C’est le résidu de la térébenthine ou de la gemme privée de toute l’essence.

Brui gras, ou poix navale.

C’est un mélange de poix noire et de goudron végétal auquel on ajoute quelquefois du goudron minéral ou de houille.

Poix noire.

-Ile est le produit de la combustion lente, dans un four circulaire ouvert au sommet et dont la sole est inclinée, des résidus de l’épuration delà gemme connus sous le nom de grichons. Elle coule de plus en plus colorée, donnant une très-forte odeur empyrcumalique, dans un réservoir plein d’eau d’où on l’extrait. — Puis on la coule en pains circulaires.

C’est dans les Landes, mais surtout dans le département de

la Drôme, qu’il existe une grande quantité de fours à poix. Ils sont formés par une cavité ovoïde, profonde de deux mètres et large de un mètre cinquante centimètres environ; on y dépose les copeaux de pins et de sapins, et on les soumet à la distillation. Les chambres où sont reçus les produits constituent des espèces d’étuves où l’on fait prendre des bains de vapeurs balsamiques contre les catarrhes et les rhumatismes.

Térébenthines.

On désigne sous le nom de térébenthines certains produits sécrétés par les végétaux, formés d’essences et de résines, et ne contenant ni acide benzoïque ni acide cinnamique.

La famille des conifères fournit presque toutes les térébenthines. 11 faut en excepter quelques-unes que l’on trouve en assez grande quantité : le copahu , fourni par le copaifera officinalis (légumineuses) ; le baume gilead ou de la Mecque , qui possède une odeur très-suave, et qui est produit par le balsamodendron opobalsamum (burséracées) ; enfin, la térébenthine de Chio, fournie par la térébinthe ( pistaica terebenthus , térébenthacées), et dont le nom est devenu générique des autres térébenthines. Elle est très-estimée, et possède une odeur de fenouil.

Celles qu’on rencontre pour la presque totalité dans les arts sont :

La térébenthine de Strasbourg , que l’on obtient en Suisse en faisant des trous à l’aide d’une tarière dans le mélèze ( larix europea) ; on adapte un canal en bois à chaque trou pour amener la térébenthine dans une auge. La récolte annuelle dure de mai à septembre, et donne trois à quatre kilogrammes de térébenthine. L’arbre peut ainsi en fournir pendant quarante ans et plus.

La térébenthine d’Alsace, de Venise, que l'on connaît sous ces différents noms, est produite dans les Vosges pari abiespectinata. On en récolte assez peu; elle possède quelquefois une odeur agréable de citron.

La térébenthine, ou baume du Canada , est produite par 1 abies

TÉnÉBENTIIlNES. 407

balsamea. On l’obtient, comme la précédente, en enlevant les utricules qui se déposent entre l'écorce et l’aubier.

La térébenthine de Boston, qui nous vient d’Amérique, est produite par le pinus palustris, en Virginie.

La plus employée en France est celle de Bordeaux, produite dans les Landes par le pinus maritima. On 1 obtient en faisant au pied de l’arbre des incisions horizontales tous les huit jours, toujours les unes au-dessous des autres; le liquide se rend dans un réservoir.

Ce liquide, qui comprend de la terre et des débris de feuilles, porte le nom de gemme. — Le produit solidifié sur 1 arbre s appelle galipot ou barras. Le galipot, enlevé seulement tous les deux ans, forme une variété qui porte le nom de galette. — On l’enlève avec un instrument appelé barrasquet.

Détails des opéhations. — Pour la tiltration de la térébenthine, on met en usage trois procédés :

Premier procédé. — Sur le double fond percé d’un tonneau on dispose des nattes de paille maintenues par un cercle intérieur; la résine molle est versée sur ces nattes, et la température des rayons solaires la fluidifie assez pour la faire filtrer. On recueille le produit dans un vase inférieur. 11 faut avoir soin de recouvrir le tonneau lorsque le soleil est caché ou que la pluie menace de tomber. Cette térébenthine porte le nom de térébenthine au soleil , elle est des plus estimées. Le procédé n’est plus que rarement mis en pratique. On se borne à la filtrer sur de la paille.

Deuxième procédé. — On fait usage d’une caisse carrée de sept à huit pieds, formée de madriers en sapin hermétiquement joints; le fond est incliné et déborde dans un récipient inférieur; un deuxième fond horizontal reçoit la térébenthine, que le soleil fluidifie assez pour la faire couler à travers les joints des planches étroites de ce faux fond.

Troisième procédé. — On a employé avec avantage un sac maintenu cylindrique par un cylindre extérieur d’un tissu d’osier, et dans lequel on peut faire arriver un courant de vapeur d’eau. On laisse d’abord couler spontanément la térében-

thine mise dans le sac, puis, quand les produits deviennent visqueux, on favorise leur passage en les faisant traverser par un courant de vapeur qui leur rend leur fluidité.

La térébenthine filtrée est mise en tonneaux que l’on empile dans des magasins bien dallés en pente et très-propres. Les fuites que le temps détermine donnent un nouvel écoulement; celle térébenthine est plus pure et plus limpide encore, on la recueille dans la partie la plus basse du dallage.

Causes d’insalubrité. — Odeur insalubre. —Dangers d’incendie.

Prescriptions. — Voir Fabriques de goudron et travail des arcansons.

Ksscnce de térébenthine.

L’huile volatile ou essence de térébenthine est incolore, plus légère que l’eau ; elle bouta 150°. Elle est insoluble dans l’eau, se dissout dans l’alcool, et dissout facilement les résines, le soufre, le phosphore. Elle brûle avec une flamme fuligineuse; mêlée à une quantité suffisante d’alcool, elle donne une flamme parfaitement pure.

Détails des opérations. — On l’obtient en distillant avec de l’eau la térébenthine ordinaire, celle de Bordeaux, dans un grand alambic en fer, ou mieux en cuivre, muni d'un serpentin refroidi. On l’obtient aussi de la distillation des produits solidifiés ou autres résidus de la filtration de la térébenthine.

Comme elle est très-souvent colorée et très-acide, on la redistille avec un peu d’eau pour l’avoir incolore.

Cent vingt-cinq kilogrammes de térébenthine donnent environ quinze kilogrammes d’essence et cent dix de colophane.

Causes d’insalubrité. — Dangers d’incendie et d’empoisonnement. Voir ou mot Bulles , l’article Huile de schiste , l. II, p . 91.

Toiles grasses et toiles goudronnées pour emballage et pour bAcIies

(l'° classe, par assimilation à la fabrique des toiles vernies). — Décision ministérielle du 8 janvier 184-1.

Détail des opérations. — La fonte des graisses et du goudron dans de larges chaudières, et le trempage des toiles ou leur im-

Page 1