‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 160 sur 240 · TITRE II DE L’ORDONNANCE DU 28 FEVRIER · texte numérisé non relu

TITRE II DE L’ORDONNANCE DU 28 FEVRIER

Sel (le cuisine et autres substances alimentaires .

8. Il est expressément défendu à tous fabricants, raffineurs, marchands en gros, épiciers et autres, faisant le commerce de sel marin (sel de cuisine), dans le ressort de la préfecture de police, de débiter et vendre comme sel de table et de cuisine du sel retiré de la fabrication du salpêtre, ou extrait des varechs, ou des sels provenant de diverses opérations chimiques.

Il est également défendu de vendre du sel altéré par le mélange des sels précédents ou par le mélange de toutes autres substances étrangères.

9. Il est défendu d’ajouter frauduleusement au lait, aux fécules, amidons, farine, ou à toute autre denrée, des substances étrangères, même quand ces substances n’auraient rien de nuisible.

10. Les commissaires de police de Paris, et les maires ou les commissaires «le police dans les communes rurales, feront, à des époques déterminées, avec l’assistance des hommes de l’art, des visites dans les ateliers, magasins et boutiques des fabricants, marchands et débitants de sel et de comestibles quelconques, à l’effet de vérifier si les denrées dont ils sont détenteurs sont de bonne qualité et exemptes de tout mélange.

1 1 . Le sel et toutes substances alimentaires ou denrées falsifiées seront saisies, sans préjudice des poursuites à exercer, s’il y a lieu, contre les contrevenants, conformément aux dispositions de la loi précitée du 27 mai 1851 .

12. Il est défendu d’envelopper aucune substance alimentaire quelconque avec les papiers peints, et notamment, avec ceux qui sont défendus par l’article 2 delà présente ordonnance.

Sel ammoniac. Voir Alcali, t. I, p. 200.

Sel d'étain. Voir au mol. Étain [Industrie de V), les articles Prolochlorure et Rirlilorure d'étain, t. 1, p. CAO.

Sel de Saturne. Voir Plomb ( Industrie du), t. Il, p. 512.

Sel de soude. Voir Soude, t. Il, p. 541.

Sel de verre. Voir Céramique [Industrie), t. 1, p. 572.

SIROP DE FÉCULE. Voir Amylacées ( Matières ), I. I, p. 237>. SOIE (Battage de i.a). Voir Battage drj fis et des laines , l. I, p. ‘269. SOIES BB COCHON. Voir Cuirs (Industrie des), t. 1, p. 516.

SOUDE

SOUDE (Industrie de la).

Soude (rnlM'ication «le la), «n <lécom]H>Ki(ion du Kiiliule de Motidc

[•>' classe). — 15 octobre 1810. — 14 janvier 1815.

Cette fabrication a lieu dans des fours en briques, dits fours de décomposition.

(Voir Fabrication du sulfate de potasse, t. II, p. 349, et Fabrication du sous-carbonate de soude , t. II, p. 444.)

Causes d’incommodité. — Fumée abondante.

Odeur désagréable, si l’on n’enlève pas de l’usine les sulfures de calcium et autres résidus avant leur décomposition.

Prescriptions. — Construire les fours en briques et fer.

Mettre les fours de décomposition et les chaudières à évaporation en communication avec la cheminée de tirage, toujours à large section, de manière à entraîner les gaz à une grande hauteur dans l’atmosphère.

Ventiler énergiquement les ateliers.

Se! «le soude sec (rnbricaiion du). — Sous-ciii'bonale «le souile »ee

'5* classe). — 14 janvier 1815.

Soudes naturelles.

Détail des opérations. — Les soudes naturelles de Narbonne, Alicante, Malaga, etc., qu'on vendait exclusivement autrefois, proviennent des cendres de plantes qui croissent sur le bord de la mer ou dans des terrains salés, et fournies presque toutes par la famille des chénopodées et des licoïdées. On a réservé le nom de soude aux produits de celte incinération, et donné le nom de potasse aux cendres des végétaux terrestres, proprement dits.

Ces plantes sont récoltées, séchées, puis incinérées dans des fosses circulaires de un mètre et demi de diamètre environ et un mètre de profondeur; les cendres s’agglomèrent peu à peu, on les enlève quand il y en a une quantité suffisante, et on les livre au commerce sous le nom de soudes brutes ou carbonate neutre impur. Elles contiennent des oxydes de fer et de manganèse.

Le mitron d’Égypte est un sesquicarhonate : on le croit formé

SOUPE AIVTIFICIELLE.

par double décomposition du chlorure de sodium et du carbonate de chaux; il se produit dans les lacs d’Égypte : il vient s’effleurir sur les bords, puis est entraîné par des filets d’eau dans les lacs, dont l’évaporation laisse une croûte saline, confusément cristalline et translucide, qu’on expédie en Europe. — L’Afrique, la Hongrie, la Colombie, l’Inde, la Chine, en fournissent également.

Soude artificielle (carbonate neutre de soude).

Ce produit est toujours fabriqué par le procédé que donna Leblanc, lors de la Révolution, quand les soudes étrangères ne pouvaient pas arriver en France. On décompose le sel marin par l’acide sulfurique pour avoir du sulfate de soude, et celui-ci par un mélange de craie et de charbon pour avoir le carbonate.

Le carbonate de soude cristallisé que l’on vend dans le commerce contient 56 pour 100 d’eau ; il est efflorescent; cent parties d’eau en dissolvent soixante parties, et à trente-six degrés, huit ceid trente-trois parties; au delà elle se dissout moins : ce sel possède son maximum de solubilité à trente-six degrés ; celui du commerce contient toujours des quantités très-faibles de sulfate de soude, de potasse, de chlorure de potassium, etc...

Le sulfate de soude, qui sert à fabriquer le carbonate, est produit comme il est dit à la fabrication de l’acide chlorhydrique, t. I, p. 152.

Ce sulfate est mêlé à un mélange intime, formé d'un poids égal de craie et de la moitié de son poids de charbon bien divisé; on y ajoute même du poussier grossier de charbon pour diviser la masse et faciliter la lixiviation.

Si l’on ne mettait que juste la quantité de craie nécessaire pour transformer en sulfure de calcium le sulfure de sodium qui provient de l’action du charbon sur le sulfate de soude, on n’obtiendrait rien, car il se reformerait de la craie et du sulfure de sodium, quand on voudrait dissoudre le mélange dans l’eau. — Mais si l’on met un équivalent de craie de plus, il se forme un équivalent de chaux libre, qui se combine à deux équivalents de sulfure de calcium et forme un oxysulfure qui ne se décompose

SOUUli.

plus en présence de l’eau. — On sait, du reste, qu’une trop grande quantité de charbon peut décomposer une partie du carbonate et éliminer de la soude caustique.

On a d'abord employé des petits fours rectangulaires; après diverses modifications, on a reconnu qu’il était avantageux d’employer de grands fours elliptiques de vingt à vingt-cinq mètres de surface de sole. Ces fours sont composés d’un foyer sur lequel on brûle de la houille, et d’un autel ou mur en briques réfractaires bien cimentées à l’argile, qui sépare le foyer de la sole.

A l’extrémité du four sont deux carneaux qui aboutissent à une cheminée élevée dans l’axe du four. Ce four est muni de quatre portes latérales et d’une cinquième placée à l’extrémité, près delà cheminée; elles sont garnies d’un rouleau de fer destiné à faciliter le jeu des râbles de fer. Quatre ouvertures circulaires sont pratiquées sur la voûte ; elles sont rondes, garnies d’un manchon de fonte et d’un obturateur, et destinées à opérer les chargements. On les supprime quelquefois pour assurer plus de solidité à la voûte, et on charge alors par les portes latérales.

On fait quelquefois passer la fumée et les 11 amines perdues dans des cheminées traînantes qui servent à chauffer des chaudières d’évaporation.

Le four est d’abord chauffé au rouge dans toute son étendue; alors on introduit le mélange; on ferme les ouvertures; la masse se fond superficiellement d’abord; on la remue en tous sens, eL on laisse en repos chaque fois. — Au troisième brassage, la masse est pâteuse ; on remue presque continuellement dès cet instant. — La réaction s’opère, il se dégage de ïoxyde de carbone qui brûle; quand la flamme diminue, va cesser, on se hâte de retirer la soude pour empêcher son agrégation trop énergique, on la refroidit le plus promptement possible, ce à quoi on arrive en la coulant en plaques dans des moules de fonte.

On se sert quelquefois de fours à doubles compartiments, quand on ne veut pas condenser l'acide chlorhydrique à cause de son peu de valeur.

L’un de ces deux fours sert à faire le sulfate de soude; il est

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