BOUGIES STÉARIQUES (FABRIQUES DE
une bâche en fonte placée sous le foyer des générateurs de vapeurs. Ce tube est destiné à brûler , en les obligeant à traverser une masse de charbon incandescent, les gaz infects, l’acide sulfureux, les matières grasses et autres, entraînés pendant l'opération. Un agitateur, formé d’une tige mobile dans le sens vertical et d’une plaque, sert, par un mouvement alternatif de haut en bas, à mêler la matière grasse et l’acide que sa densité tend toujours à faire occuper le fond du vase.
On introduit la matière grasse dans la chaudière avec 8 ou 15 pour 100 d’acide sulfurique, selon les qualités des graisses employées ; on soutient une température de cent dix ou cent quinze degrés, pendant douze à dix-huit heures. On puise de temps en temps un échantillon du liquide par la porte supérieure et on le laisse refroidir sur une soucoupe : c’est à la consistance que donne le refroidissement à la matière et à la disparition de la teinte violacée qu'on juge de l’approche de la tin de l’opération.
Quand on juge que l’opération est terminée, on laisse refroidir pendant deux ou trois heures; on retire, à l’aide d’un siphon, tout le mélange liquide, on le fait couler dans un récipient rempli d’eau au tiers, c’est là qu’un courant de vapeur décompose les acides sulfogras en présence de l’eau à cent degrés. Les acides gras isolés sont lavés avec de l’eau bouillante qui arrive par le conduit qui a amené le mélange liquide.
L’eau acide, chargée d’acide sulfoglycérique et d’autres matières étrangères, passe dans un deuxième récipient, puis dans un troisième, tous deux maintenus par des jets de vapeur à une température de cent degrés pour achever de décomposer les matières grasses entraînées et faciliter leur réunion à la surface ; au sortir de ces trois récipients, l’eau s’écoule dans une série de grands réservoirs en briques cimentées au bitume, où elle donne encore quelques matières grasses qui subissent une nouvelle saponification.
Quand on a épuré les acides gras, on les soutire dans un réservoir spécial pour les employer à l’alimentation de l’appareil distillatoire ; ce réservoir est légèrement chauffé par de l’eau
SUIF
d’un retour vers le générateur ; celte eau circule dans une double enveloppe ; on décante la matière grasse reposée et on la fait arriver dans une chaudière plate en cuivre, fermée par un couvercle bombé en cuivre étamé. Celte chaudière est destinée à opérer la dessiccation des acides gras au moyen de la chaleur perdue du foyer dont les flammes viennent sous des voûtes chauffer les tubes en fonte d’un serpentin horizontal. Ce serpentin est traversé par de la vapeur d’eau qui en sort avec une température de trois cents degrés pour se rendre par un tube terminé en pomme d’arrosoir dans une chaudière distillaloire en cuivre. Celle-ci a la forme de la chaudière à saponification, elle est chauffée par l’intermédiaire d’un double fond contenant du sable et fermée par un couvercle boulonné, muni d’un trou d’homme et d’un tube pour l’introduction des corps gras.
Quand les acides gras ont acquis une température de deux cent cinquante degrés, on fait arriver la vapeur chauffée aussi à deux cent cinquante ou trois cents degrés, ce dont on s’assure au moyen du thermomètre. A cette température, les dernières portions de graisses neutres se dédoublent en acides gras et glycérine ; ces corps gras sont décomposés et entraînés par la vapeur ; ils passent dans un vase intermédiaire avant de se condenser dans un serpentin à double hélice. Le vase intermédiaire est muni d’un robinet inférieur et sert à séparer les premiers produits de la distillation qui sont formés presque entièrement de matières impures qu’il faut rejeter.
Le condensateur est terminé par un vase florentin ; il s’établit deux couches : l’une inférieure, c’est l’eau ; l’autre est formée par les acides gras, on la décante.
Il reste dans la chaudière G à 7 pour 100 d’un résidu brun, inodore, qu’on soutire par un tuyau de vidange, et qui prend par refroidissement la consistance de l’asphalte.
On a modifié cet appareil, de manière à rendre la distillation continue.
La graisse saponifiée par l’acide sulfurique a un point de fusion plus élevé ; ce point de fusion s’élève encore par la distillation.
BOUGIES DE BLANC DE BALEINE (FABRIQUE De).
Les acides gras obtenus par la saponification à l’aide de l’acide sulfurique sont soumis à une pression à froid, puis à une pression à chaud, comme ceux de la saponification parla chaux. Les tourteaux obtenus sont refondus dans des cuves sur de l’eau privée de sels calcaires par demi-millième d’acide oxalique.
On espère pouvoir bientôt saponifier avec économie, à l’aide de la vapeur surchauffée seulement.
Bougies de cire.
Ces bougies se font avec de la cire blanche contenant 2 ou 5 pour 100 de suif, pour lui donner du liant, et la rendre moins cassante. On ne peut les mouler, parce qu’il se formerait beaucoup de soudures qui les rendraient défectueuses; on les forme en faisant couler sur les mèches maintenues verticales de la cire fondue qui se solidifie au fur et à mesure. On arrondit les bougies entre deux planches de noyer poli.
Bougies de blnnc de baleine (Fabrique de) (5* classe). — 9 février 1825.
Les cachalots ont dans la têle une énorme cavité divisée par des cartilages; les interstices en sont remplis par une matière huileuse qui laisse déposer par refroidissement une matière blanche cristalline qu’on nomme cétine ou blanc de baleine. On la purifie en la soumettant à la presse à chaud, et faisant ensuite digérer avec une solution peu concentrée de potasse qui détruit les matières animales étrangères, les change en une bouillie noire et savonneuse; on sépare celle-ci, puis, quand le bain est devenu limpide, on le lave à l’eau bouillante, et on le coule dans des cristallisoirs.
Le blanc de baleine fond à quarante-neuf degrés, il est transparent, il sert à fabriquer des bougies d’un prix assez élevé.
Ces bougies se font toujours par moulage, et, pour éviter la texture cristalline et cassante qu’elles prendraient si l’on opérait avec de la cétine pure, on y mêle environ 5 pour 200 de belle cire blanche, on coule à une température de soixante degrés, et remplit le vide qui s’opère par le retrait en y coulant du
SUIF
blanc de baleine. Ces bougies peuvent cire colorées facilement par différentes substances préalablement broyées à l’huile, et qu’on a soin de mêler au blanc de baleine fondu; elles sont ensuite frottées au sortir du moule pour leur donner du brillant, avant de les livrer au commerce.
L’huile qui surnage la cétine dont elle vient de se séparer par refroidissement est très-propre au graissage des machines par sa fluidité et sa très-lente oxydation ; d’ailleurs, elle peut servir à l'éclairage.
Causes d’insalubrité. — Aucunes.
Causes d’incommodité. — Fumée.
Odeur pendant la fonte et le moulage. (Par les anciens procédés.)
Par les nouveaux. (Saponification des acides gras par la chaux.) 11 n’y a pas d’odeurs.
Bruit des presses.
Écoulement des eaux de lavage des acides.
Prescriptions. — Dévorer la fumée selon les ordonnances. Élever une cheminée à trente mètres.
Donner aux eaux de fabrique un écoulement facile .
Ne jamais fondre le suif en vases découverts.
Ne se servir que de suifs déjà épurés.
Ne fondre des suifs en vert qu’avec une autorisation spéciale.