‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 178 sur 240 · BOUGIES STÉARIQUES (FABRIQUES DE · texte numérisé non relu

BOUGIES STÉARIQUES (FABRIQUES DE

dinaire, toujours à l'aide de la chaleur, pour maintenir les acides gras en fusion.

Les acides gras, privés autant que possible d’acide sulfurique et de chaux, sont soutirés dans des vases coniques en fer-blanc de trois litres et demi environ, qui permettent facilement la sortie des tourteaux. Ils sont cristallins, mais jaunis par l’acide oléique qui se trouve interposé entre les cristaux d 'acides margarique et stéarique ; on les en débarrasse à l’aide d’une forte pression.

La première pression a lieu à froid : chaque pain, de deux kilogrammes environ, est enveloppé d’une serge et placé sur le plateau d’une presse hydraulique puissante ; ces pains sont empilés et séparés l’un de l’autre par une plaque de zinc. La pression doit être graduée ; l’acide oléique sort presque tout entier, il faut pourtant s’aider d’une température de quarante degrés pour en retirer les dernières portions.

Celte seconde pression se fait en enveloppant les pains avec une serge et des étendelles ou étreindelles de tissus de crin épais; puis, les disposant verticalement entre les plaques de fonte que l’on plonge chaque fois dans l’eau bouillante; la presse hydraulique est horizontale. A l’aide de différents procédés, on peut éviter d’enlever chaque fois les plaques pour leur donner une température convenable ; on emploie pour cela des courants d’eau chaude ou de vapeur circulant dans les plaques.

L’acide oléique exprimé se rend par un conduit dans un récipient où il dépose par refroidissement une partie des acides stéarique et margarique qu’il a dissous à la température de l’expression.

Les pains d’acides gras, retirés de la presse, sont exposés à l’air pour les faire blanchir pendant trois ou quatre jours ; on leur fait subir un dernier raffinage.

Celui-ci consiste à les épurer de la chaux qu’il peuvent retenir en les fondant dans une cuve avec de l’acide sulfurique étendu à trente degrés, puis on enlève cet acide par des lavages à l’eau ordinaire. On décante de nouveau le mélange d’acides gras dans une cuve contenant de l’eau chauffée à la vapeur ; en-

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fin, on le clarifie avec des blancs d’œufs, on laisse reposer, puis on coule en pain. On emploie cent blancs d’œufs pour mille kilogrammes d’acide stéarique.

Pour obvier à la friabilité des acides gras employés à la fabrication des bougies stéariques, leur donner plus de cohésion et d’homogénéité, enfin l’aspect des bougies de cire, on y ajoutait quelquefois une certaine quantité d’acide arsénieux, variable entre un millième et un cent vingtième; cette addition se faisait en maintenant les acides gras fondus à une température de quatre-vingts degrés environ et brassant jusqu’à parfait refroidissement. Un pareil mélange est formellement défendu par les règlements de police, parce que les vapeurs arsenicales, caractérisées par leur odeur alliacée, occasionnent des accidents graves. Ce dégagement de vapeurs arsenicales se faisait surtout au moment où la bougie commençait à brûler à cause de la séparation partielle de l’acide arsénieux. Cet inconvénient était luimême un obstacle à la réussite matérielle du procédé.

Saponification par l’acicle sulfurique, voir 1. 1, p. 55. — La saponification des corps gras s’opère par les acides, par la chaleur et par la vapeur d'eau chauffée, tout aussi bien que par les alcalis.

L’acide sulfurique peut réagir sur les principes immédiats des graisses, les décomposer et former des acides doubles, acides sulfostéarique, sulfomargarique, sulfoléique et sulfoglycérique.

Cette propriété permet de se servir des graisses qu’il n’y aurait pas avantage à employer si l’on saponifiait par la chaux. Telles sont celles qui proviennent des eaux savonneuses, du dégraissage des laines, les graisses d’os, les résidus des graisses de cuisine, les résidus d’huile, les raclures d’intestins, etc.

L’appareil qui sert à cette décomposition est formé d'une chaudière en fer cylindrique dont le fond hémisphérique, à double enveloppe, est chauffé par la vapeur; un tube inférieur sert à l’écoulement de l’eau condensée. Cette chaudière est doublée en plomb ; elle est surmontée d’une chambre en tôle plus mince, plombée aussi, munie de deux fenêtres latérales, d'une porte ou large trou d’homme et d’un tube communiquant avec

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