‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 181 sur 240 · CIGARES · texte numérisé non relu

CIGARES

TABACS (Industrie des).

Tabac (Fabriques de) (2" classe). — la octobre 1810. — 15 janvier 1815.

Les diverses sortes de tabac que l’on fabrique comprennent : les poudres ou tabac à priser, le scaferlati ou tabac à fumer, les cigares, les carottes ; selon leur origine et leur état, les tabacs français ou étrangers prennent telle ou telle forme.

Détail des opérations. — Les boncarets ou ballots de tabac, venus des lieux de production, sont ouverts et divisés en fragments cylindriques. Cela fait, on les soumet à Y écabochuge , opération qui consiste à couper les caboches ou extrémités formées de grosses côtes dans certains tabacs ; puis à Yépoulardage qui comprend la séparation du sable et des poussières, et le triage pour leur destination ; l’époulardage donnant lieu à une production abondante de poussière est une des opérations les plus insalubres et les plus pénibles de la fabrication.

Le mouillage consiste à arroser les feuilles avec une dissolution au dixième de sel de cuisine pour les rendre souples, susceptibles d’être confectionnées, et pour empêcher l’action des insectes et la putréfaction. -

L ’écôtage est exécuté par des femmes ; celles-ci prennent d’une main les feuilles par un bout, séparent de l’autre main la grande côte, la rejettent pour la brûler avec les grosses nervures et les caboches. En sont exceptées les côtes du tabac étranger qui entrent dans le tabac de cantine.

Cette combustion, dégageant une odeur désagréable et une fumée abondante, ne doit se faire que dans un endroit séparé de toute habitation. (Voir Brûlerie des côtes de tabac.)

Cigares.

Les cigares sont faits par des femmes ; elles roulent entre leurs doigts des débris longitudinaux de feuilles, les serrent elles revêtent d’une robe mouillée, c’est-à-dire d’une feuille convenablement taillée, ne présentant aucune déchirure; avec un peu de colle de pâte, elles fixent l’extrémité de la robe sur le corps du cigare. Les cigares, convenablement fabriqués, sont desséchés

TABACS

à une température qui ne dépasse pas trente degrés, puis encaissés.

Rôles.

Les rôles sont les tabacs à mâcher ou â chiquer ; il faut pratiquer cinq opérations pour les obtenir.

1° Le filage qui se fait au rouet, c’est un cylindre de bois mobile d’abord sur son axe et ensuite sur un autre axe perpendiculaire au premier. Le fileur saisit des mains d’un enfant les feuilles de tabac tendues en écheveaux, et des mains d’un autre les robes toutes préparées ; il les dispose autour des feuilles, et, les appuyant sur le rouet qu’un troisième enfant fait mouvoir, il les tord et en enfile un boudin d’un mètre environ. Ce boudin est enroulé sur le cylindre ; l’ouvrier recommence alors une nouvelle torsion par le rouet, en roule un nouveau boudin et ainsi de suite.

2° Le rôlage consiste à prendre les rouets des tileurs quand ils sont pleins, à dévider les boudins, à les enrouler sur des bobines (simples chevilles de bois), de manière à former des rôles de poids variés, mais fixés par les dimensions. Les bouts sont ensuite coupés et maintenus par une ficelle.

5° Le pressage. Les rôles sont introduits dans des moules ou trous cylindriques de dimensions convenables disposées sur une table de manière que des cylindres de bois percés en leur centre, pour laisser passage aux chevilles, pénètrent dans les moules et puissent y peser sur les rôles. On dispose sur un charriot des lits horizontaux d’une hauteur de un mètre cinquante avec les rôles ainsi préparés, on avance le charriot sur le plateau mobile d’une presse hydraulique, on met celle-ci en mouvement, les cylindres de bois aplatissent fortement les rôles, en font sortir une partie de leur jus, après quoi ou les enlève.

Les rôles sont soumis au ficelage. On élève pour cela les chevilles sur lesquelles on les avait enroulés à l’atelier des rôleurs ; on les remplace par une ficelle plombée-, on les expose pendant quelques jours à l'étuve chauffée à quarante degrés, puis on les livre aux débitants.

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