‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 182 sur 240 · SCAFERLATI (TABAC A FUMER HACHÉ · texte numérisé non relu

SCAFERLATI (TABAC A FUMER HACHÉ

Carottes.

Les carottes a priser ou à pulvériser et les carottes à fumer sont semblables aux rôles, quant à leur fabrication ; il suffit de remplacer le rôlage au sortir du rouet par le carottage. Pour cela, on coupe par bouts égaux le tabac déroulé de dessus le rouet, on place huit de ces bouts dans un moule et on les soumet à une forte compression pendant vingt-quatre heures; on les ficelle et les rogne au sortir du moule.

Scaferlati (tabac à fumer haché) •

Les opérations relatives à la fabrication des différents tabacs à fumer sont : le hachage, la torréfaction, le séchage et la mise en paquets.

Le hachage s’effectue au moyen de machines mues par la vapeur; elles comprennent : 1° un couteau doué d’un mouvement alternatif de va-et-vient, n’ayant d’effet qu’en s’abaissant; 2° une toile sans fin qui s’avance à chaque coup de couteau et se meut d’une manière discontinue, afin de n’offrir au couteau que l’épaisseur réglée des feuilles à couper. Celles-ci sont engagées et fortement serrées dans une coulisse entraînée par la toile sans fin.

La torréfaction a pour but de donner le frisé au tabac et de lui conserver son arôme en empêchant sa fermentation ; pour cela, on tue les ferments en les coagulant par une chaleur de soixante degrés. On emploie des tables formées de tuyaux juxtaposés dans lesquels passe un courant de vapeur de cent vingt degrés à haute pression ; on y laisse le tabac pendant quelques minutes. On substitue à cet appareil des plaques de tôle chauffées presque au rouge sur lesquelles on ne fait que projeter rapidement le tabac.

Le séchage que subit le scaferlati torréfié a lieu dans une étuve à seize ou vingt, degrés sur des claies serrées, où on le retourne souvent.

Le tabac séché est dépouillé des côtes et des filaments réduits en poussière, puis empaqueté. Celte opération est faite par des enfants et des hommes et demande une grande activité.

VKItNOIS, HYG. IND. II.

TABACS

Tabac de cantine>

Le tabac de cantine est obtenu de la môme manière; il est formé de tabac indigène ou de tabac étranger de basse qualité; on y môle les côtes provenant de l'écollage des tabacs étrangers.

Tabac en poudre.

La fermentation qu’a subie cette espèce de tabac le différencie autant des autres que son état physique; son odeur et son montant, dus à du carbonate d’ammoniaque, sont plus largement développés. — Après avoir subi le mouillage, le tabac est bâché par des procédés moins exacts que ceux employés pour le scaferlati; on fait usage de plusieurs couteaux rangés sur la surface cylindrique d’une roue mobile autour de son axe ; la surface, armée de lames, vient frotter contre le tabac, poussé par une toile sans fin.

Fermentation en masse. — La fermentation est double ; on commence par la fermentation en masse. Une masse de tabac à fermenter pèse de vingt à quarante mille kilogrammes; on dispose sept à huit tas semblables dans une grande salle dont les parois et le plancher sont en chêne : cette salle n’a plus de libre qu’un étroit corridor et un faible espace entre les tas et le plafond.

On place au centre de chaque las un tube creux en bois dans lequel descend un thermomètre ; on mêle au tabac du centre une certaine quantité de tabac déjà en fermentation pour bâter l’opération qui dure jusqu’à quinze mois. L’air ne doit jouer aucun rôle dans la fermentation, sans quoi il se formerait de l’acide acétique; il y a élévation de température jusqu’à soixante-dix et quatre-vingts degrés, dégagement de carbonate d’ammoniaque et de nicotine, et presque tout l’acide du tabac disparaît. Si la température s’élevait trop, et elle peut aller jusqu’à carboniser la masse, on pratique des tranchées qui la font bientôl baisser.

Le moulinage est la mise en poudre du tabac ; le moulin est formé d’un cône creux en fonte dont le sommet est en bas; il est couvert intérieurement de rainures héliçoïdales ; un cône

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