‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 198 sur 240 · VERNIS A L’ALCOOL · texte numérisé non relu

VERNIS A L’ALCOOL

VERNIS (Industrie des).

Vernis (Fabriques tic) (I '• classe). — 15 octobre 1810. — 14 janvier 1815.

Vernis h l’esp rit-ile.vin (Fabriques tic) (“2* classe). — 51 mai 1815.

Le mot de vernis s’applique aux résines et gommes-résines en solution ou en suspension dans un liquide approprié, qui forment, en se desséchant à la surface des corps, une matière solide, brillante, adhérente, transparente et inattaquable par l’air et par l’eau pendant un temps plus ou moins long.

Détails des opérations. — La fabrication des vernis consiste donc à mettre ces corps sous forme de solution ou de suspension à un état de division extrême : les liquides employés sont l’éther, l’alcool, l’essence de térébenthine, l’huile de lin lilhargyrée ou non ; ils sont applicables à un grand nombre de résines ou gommes-résines. Celles-ci, pour les vernis peu colorés ou qui doivent être parfaitement incolores, doivent subir un blanchiment à l’acide sulfureux qui a été décrit; on y a rarement recours, parce qu’on a des qualités naturelles suffisamment belles.

On a proposé de blanchir les résines en les dissolvant dans du carbonate de soude, et en les précipitant de leurs dissolutions alcalines par un courant d’acide sulfureux.

Vernis à l’éther.

L’éther sert à faire un vernis ; on dissout pour cela dans l’éther du copal ambré mis en poudre fine et on abandonne le mélange au repos. Ce vernis est siccatif à un très-haut degré; c’est pour atténuer sa vitesse d’évaporation qu’on imprègne légèrement les surfaces à recouvrir avec de l’essence de romarin.

Usages. — Le vernis à l’éther sert à réparer les accidents qui arrivent aux émaux sur bijoux.

Verni» à l’alcool.

L’alcool donne les vernis qui doivent être incolores, brillants, souples, c’est-à-dire non sujets à s’écailler ou à se fendiller ; l’alcool dissout d’autant plus de matières résineuses qu’il est moins hydraté : on a recours à trois méthodes pour obtenir la solution.

VERNIS

1 °Par digestion. — On met le mélange de matières résineuses et d’alcool dans une bouteille qu’on ne remplit qu’aux trois quarts; on bouche et maintient pendant quelques jours la bouteille à une température ordinaire ou môme à une plus élevée, en employant une étuve, en agitant de temps en temps jusqu’à ce que la dissolution soit complète ; il ne reste plus qu’à filtrer.

2° Au bain-marie d’eau chaude. — C’est l’application d'une chaleur encore plus élevée que dans le procédé précédent; on y a recours quand les résines sont trop lentes ï dissoudre à la température ordinaire.

5° A feu nu. — L’emploi de la chaleur vive, produite directement par un foyer, est beaucoup plus appliqué que les deux précédentes méthodes, parce qu’il permet de fabriquer très-rapidement. 11 offre un grand désavantage quant à la qualité des produits et de plus grands risques d'incendie. On emploie de grands matras en cuivre placés sur un fourneau en tôle garni de terre; on y met les deux tiers de l’alcool et les résines; on chauffe et on remue avec un bâton de bois blanc. Quand l’alcool bout et monte en écume, on l’arrose par une addition d’une petite quantité de l’alcool mis en réserve et on recommence chaque fois cette addition jusqu’à dissolution parfaite ; alors, on ajoute le reste de l’alcool, s’il y en a, et on passe sur un tamis. Le vernis tombe dans une tourie en grès qu’on a chauffée préalablement pour éviter sa rupture ; on le conserve en vases bien ferqnés.

Verni» à l'essence.

Les vernis à l’essence sont moins siccatifs que les vernis à l’éther et à l’alcool, parce que l’essence étant toujours oxydée, au moins pendant l’évaporation, laisse une couche d’essence grasse qui ne se résinifie complètement qu’aprèsun temps un peu plus long et variable avec les matières qu’elle tenait en dissolution. Cette propriété rend les vernis plus solides, plus durables, moins fragiles et plus faciles à polir; ils gagnent en qualité avec le temps ; c’est le contraire pour les vernis à l’alcool.

On les fait à froid ou à chaud ; les moyens sont sensiblement

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