VERNIS GRAS
les mêmes que ceux qui viennent d’être décrits ; on ne bouche pas les tourics avant que le refroidissement ne soit parfait, parce que, sans cela, on aurait un vernis louche et laiteux, ce qui serait dû à une petite quantité d’eau ; ainsi refroidi, le vernis à l’essence se clarifie spontanément.
Vernis gras.
Les vernis gras sont faits avec de l’huile de lin pure, rendue souvent plus siccative par les moyens qui ont été cités (voir au mot Huiles ( Industrie des), l’article Huile de lin, t. Il, p. 78), et avec le succin ou le copal ; ce sont les seules matières résineuses qui entrent dans sa composition.
On pourrait dissoudre le copal dans l’huile à trois cent seize degrés; mais l’altération, qui résulte de l’emploi de ce moyen, l’a fait abandonner.
Pour rendre le copal miscible à l’huile, il faut le fondre isolément à feu nu, ce qui présente d’assez grandes difficultés pour certaines variétés : puis on y ajoute peu à peu l’huile chauffée elle-même à cent cinquante ou deux cents degrés en agitant vivement. Quand on doit fondre plusieurs résines, dont les points de fusion sont sensiblement différents, il faut opérer séparément pour chacune d’elles ; le succin et le copal dégagent pendant leur fusion une certaine quantité d’huile volatile et de vapeur d’eau qui se répandent dans la fabrique. On considère le vernis au copal, comme une suspension du copal dans l’huile plutôt que comme une dissolution; il ne pourrait plus se contracter à cause de l’état de division dans lequel se trouvent ses molécules et de l’interposition de l’huile.
La fusion s’opère dans de grands matras en cuivre placés sur un foyer; on remue avec une spatule pendant toute la durée de la fusion ; on chauffe au charbon de bois ou même au coke.
La fabrication des vernis, employant un grand nombre de liquides et de matières solides visqueuses, facilement inflammables, offre de grandes chances d’incendie; en même temps qu’elle répand dans l’air une quantité considérable de vapeurs odorantes, parfois très-désagréables. Il suffit de citer un petit
VERNIS
nombre de ces matières pour faire sentir toute l’importance des inconvénients précités :
Éther,
Copal,
Alcool,
Succin,
Esprit-de-bois,
Mastic,
Essence de térébenthine et
Sandaraque,
autres,
Gomme-gutte
Camphre,
Benjoin,
Caoutchouc,
Élémi,
Huile de lin,
Sang-dragon,
Cires,
Gomme laque
Térébenthines,
Aloès,
Galipot,
Colophane.
Voici la composition la plus habituelle des trois espèces de
vernis :