‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 205 sur 240 · VERT · texte numérisé non relu

VERT

Vert-Ue-gris. Voir t. I, p. 557.

Vert de Scheele. Voir Cuivre ( Industrie du), 1. 1, p. 559.

Vert «le Sclixveinfurst. Voir Cuivre {Industrie du), 1. 1, p. 559.

VESSIES DE COCHON (Préparation en grand des). Voir Boxjauderies, t. I, p. 324.

VIANDES (Conservation des). Voir t. I, p. 483.

VIDANGES

La désinfection des matières fécales, soit au moment de leur production, soit à celui de leur enlèvement, et de leur départ et travail dans les fabriques de poudrette et d’engrais, a donné lieu à un très-grand nombre de travaux, soit de la part des savants et des chimistes, soit de la part des industriels euxmêmes. — Beaucoup des procédés proposés sont imparfaits et insuffisants. Mais il est certain, d’un autre côté, que, si les industriels exécutaient ponctuellement les prescriptions de 1 autorité, en employant pour la désinfection des matières la quantité voulue des substances recommandées, on parviendrait à faire disparaître presque complètement la mauvaise odeur qu elles produisent. Une de ses principales causes est sans contredit le foyer permanent de vapeurs ammoniacales produites par la décomposition rapide des urines. Supprimer l’accumulation de ce

VIDANGES

liquide a donc toujours été la préoccupation des conseils de salubrité. C’est dans ce but qu’a été discutée et promulguée, au sein du conseil de la Seine, l’ordonnance sur les séparateurs (8 novembre 1851), et qu’après protestation d’un certain nombre de propriétaires, et enquête fort longue, cette ordonnance a été maintenue à la suite d’un rapport fait en novembre 1857 (voir ces pièces).

On trouvera dans la collection des documents que j’ai réunis sous le nom de vidanges tout ce qui touche à la police de cette partie de l’hygiène publique et à la question scientifique et industrielle de l’utilisation de ses produits.

Je ne veux ici donner qu’une indication générale et succincte de quelques procédés de désinfection, toujours utiles à connaître et à recommander.

Les sels métalliques seuls ou associés aux sels à base de chaux; les sels de fer, de manganèse, de zinc, de plomb et de cuivre surtout, produisent par double décomposition un sel ammoniacal, du sulfure et du carbonate du sel employé. — On peut ajouter au sel métallique du plâtre qui décompose le carbonate d’ammoniaque et un peu de charbon qui absorbe les odeurs particulières autres que celles dues aux sels ammoniacaux. — La quantité de sulfate de fer varie de un à deux kilogrammes par eent litres de matières fécales, ou de quarante à quatre-vingts kilogrammes par voiture d’une contenance de quatre-vingts baquets. On doit l’employer en dissolution dans son poids d’eau. Les sels de chaux, la tourbe, la terre argileuse calcinée et le charbon sont des désinfectants faibles. Le mélange suivant suffit à la désinfection de quatre-vingts hectolitres de matières. — Sulfate de fer, vingt-cinq kilogrammes. Terre argileuse, cinquante kilogrammes. Sulfate de chaux, dix kilogrammes. Charbon animal, deux kilogrammes. — On introduit le sulfate de fer en dissolution par quantité de cinq kilogrammes, en laissant un jour d’intervalle. On devra un peu calciner la terre argileuse; les autres corps sont mis en poudre.

Un mélange de dix parties de détritus d’algues marines et une partie de chaux par tonneau est souvent employé sur le bord de

VIDANGES

la mer. — Le pyrolignite de fer en dissolution dans la proportion de deux kilogrammes de ce sel par hectolitre de matière à désinfecter est souvent utile. — On peut y ajouter du charbon grossier provenant de la calcination des matières de peu de valeur, jusqu’à disparition de l’odeur. On peut encore recommander un mélange des matières, à parties égales, avec du plâtre et de la boue, — ou trois à quatre parties de coaltar sur cent parties de plâtre en poudre.

Depuis quelques années, le sieur Duglairé a fait faire sous le contrôle de l’autorité des essais sur un nouveau moyen de désinfection des latrines publiques, et, par suite, des matières fécales. (Voir Urinoirs et Latrines publiques , t. II, p. 576.) Ce procédé a pour base l’écoulement continu et le mélange constant d’une solution concentrée d’un sel de magnésie (le sulfate), destiné à précipiter les autres sels des matières. Il se forme instantanément du phosphate ammoniaco-magnésien qui se mêle aux matières solides. Le liquide urinaire désinfecté ne contient presque plus que de l’eau, et peut couler dans les égouts sans inconvénients. — Les matières solides sont presque dépourvues d’odeur, — qui disparait ainsi dans les cabinets, et on peut livrer de suite ces matières à l'agriculture. — Le sulfate de zinc agirait ici comme le sulfate de magnésie.

La préfecture de la Seine a autorisé depuis quelque temps l’écoulement direct des urines dans les égouts. Cette mesure, en enlevant une des causes les plus actives de la décomposition des matières, contribuera puissamment à l'assainissement et à la désinfection de la ville. Le système adopté par elle pour les vidanges est celui qui est basé sur l’adoption dés séparateurs. Elle admet les fosses mobiles. La méthode dite atmosphérique n'a pas réussi. Le système nouveau, appelé hydro-barométrique, serat-il plus heureux? Dans ces deux derniers cas, pour que l'entreprise commerciale prospérât, il faudrait revenir aux fosses communes : et alors le progrès ne serait pas en faveur de l’hygiène publique.

Causes d’ insalubrité. — Odeurs infectes. — Dégagement de gaz putrides et insalubres. (Hydrogène sulfuré. — Ammoniaque.)

Causes d’incommodité. — Inconvénients de la vidange des fosses.

Prescriptions. — Toutes les prescriptions à imposer à ceux qui se chargent de la vidange sont données avec grands détails dans les documents administratifs que j’ai joints à cet article.

Je ne rappellerai ici que les principales :

N’autoriser de semblables entreprises que quand le directeur aura fourni la preuve qu’il possède un matériel convenable et suffisant d’exploitation.

Soumettre à des peines très-graves tous ceux qui n’emploieront pas la quantité voulue de substances désinfectantes, — et donneront écoulement aux liquides sur la voie publique, avant que le brassage ait été assez longtemps pratiqué, et que les liquides soient devenus inodores.

N’opérer jamais que de onze heures du soir à six heures du matin.

Luter les tonneaux, soit avec le plâtre, soit avec la terre glaise.

Documents relatifs aux vidanges .

Page 1