‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 21 sur 240 · FOURNEAUX ET FOURS · texte numérisé non relu

FOURNEAUX ET FOURS

Fourneaux de faïence et de terre, Poêles. Voir Céramique [Industrie), 1. 1, p. 564.

Fourneaux (Hauts).

Fourneaux à la Wilkinson.

Fours il chaux. Voir Chaux, t. 1, p.59G.

Fours ü coupelle. Voir Fer [Industrie du), et Essayeurs, t. I, p. 619.

Fours à cuire les bouteilles. Voir Céramique ( Industrie ), t. I, p. 575 et 575. Fours il cuire les cailloux. Voir Céramique [Industrie), t. I, p. 556.

Fours d’étenduge. Voir Céramique (Industrie), 1. 1, p. 576.

Fours «X glaces. Voir Céramique (Industrie), t. I, p. 575.

Fours à pipes. Voir Céramique (Industrie), t. I, p. 569.

Fours il porcelaine. Voir Céramique (Industrie), t. I, p. 567.

Fours il vitres. Voir Céramique (Industrie), t. I, p..576.

FROMAGES EN GRAND (Dépôts de) dans les villes (5e classe). — 14 janvier 1815.

Causes d’insalubrité. — Aucune.

Causes d’incommodité. — Odeur très-désagréable. Prescriptions. — N’opérer ces dépôts que dans des caves.

Ne point les faire communiquer avec la voie publique. ' Aérer les caves par une cheminée d’appel qu’on fera monter jusque sur les toits et par des soupiraux ouverts sur la cour intérieure de la maison.

Ne jamais verser sur la voie publique les eaux du lavage des fromages.

Ne jamais permettre une trop grande accumulation de mar-

* Pour les causes d’insalubrité, d’incommodité, et les prescriptions relatives à la fonderie des métaux, voir, au mot Fer (Industrie du), l’article Hauts fourneaux, Fourneaux fl réverbère, etc.

Fourneaux il réverbère.

GAZ (ATELIERS OU L*ON PRÉPARE LES MATIÈRES GRASSES Du). 29

chandises dans les boutiques ouvertes sur la voie publique. — Les bien venti 1er.

FRUITS A L’EAU-DE-VIE (Industrie des). Voir Conserves de substances alimentaires, t. I, p. 470.

FULMINANTES (Matières). Voir Poudres ( Industrie des).

GALIPOT. Voir Résineuses (Matières).

GALONS ET TISSUS D’OR ET D’ARGENT (Brûleries en grand des). Voir Brûleries, t. I, p. 545.

GAZ D’ÉCLAIRAGE

Gaz (Ateliers où l'on prépare les matières grasses propres à la production du) (2* classe). — 31 mai 1S33.

Ces matières peuvent être de natures très-diverses. Toutes les huiles, toutes les substances oléagineuses, servent à la préparation du gaz. Ces préparations n’ont rien d’insalubre par elles-mêmes, mais l’accumulation d’une grande quantité de matières inflammables constitue un véritable danger pour la salubrité.

Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie.

Causes d’incommodité. — Odeurs de matières rances et grasses. Vapeurs produites pendant la fusion des corps gras.

Fumée.

Prescriptions. — Isoler l’usine.

Placer les chaudières à fusion sur des fourneaux construits en briques réfractaires. — Couvrir ces chaudières.

Mettre sous une hotte qui communique avec une cheminée dontla hauteur variera de dix à quinze mètres, à partir du sol.

Placer au dehors de l’atelier des chaudières l’ouverture des foyers et cendriers.

Ne laisser aucune partie de bois apparente. — Les recouvrir de plâtre. — N’éclairer les ateliers qu’avec des lampes de sûreté, ou derrière des verres dormants.

Aérer et ventiler les ateliers.

N’y brûler aucun débris de tonneaux gras.

Gaz hydrogène (Grands établissements d’éclairage par le), tant les

usines où le gaz est fabriqué que les dépôts où il est conservé

(2* classe). — 10 août 1824.

Détail des opérations. — Le gaz hydrogène qui sert à l’éclairage est un mélange d'hydrogène proto et bicarboné et de divers autres gaz que l’on cherche à lui enlever autant qu’il est possible.

L’hydrogène pur ne donne une flamme éclairante qu’aulant qu’il tient en suspension des matières solubles, combustibles ou non; il en est de même du gaz d’éclairage, qui ne doit son éclat qu’à la quantité variable de carbone qui brûle dans sa flamme.

On obtient le gaz en soumettant à la distillation pyrogénée des matières très-riches en carbone et en hydrogène et contenant peu ou pas d’oxygène ; les matières grasses, huileuses, résineuses, bitumineuses, la houille surtout, sont propres à la fabrication du gaz.

Gaz de la houille.

La houille qui sert à la fabrication du gaz doit être aussi peu chargée de bisulfure de fer qu’il est possible; elle doit être desséchée, parce qu’elle donne alors plus de gaz ; la quantité en est d’autant plus grande qu’elle est plus grasse et plus riche en hydrogène libre, c’est-à-dire en hydrogène en excès pour former de l’eau avec l’oxygène qu’elle contient toujours.

Détail des opérations. — La décomposition de la houille a lieu dans des espèces de demi-cylindres en fonte grise ou en argile, fermés à l’une de leurs extrémités, ouverts à l’autre; ayant les angles arrondis ; le diamètre en est de soixante-six centimètres; la hauteur trente-trois centimètres; la longueur d’environ deux mètres ; les cornues de fonte coûtent plus cher que celles d’argile, elles se carburent, s’oxydent, se ramollissent assez facilement, et durent moins longtemps que celles d’argile. Ces dernières ne présentent pas ces inconvénients; mais, d’un autre côté, elles résistent moins aux changements de tempéra-

GAZ DE LA HOUILLE

ture, s’incrustent plus facilement, ce qui apporte souvent une hésitation dans leur emploi. Ces cornues sont placées horizontalement et chauffées au rouge cerise clair, pendant toute la durée delà distillation, par un seul foyer qui sert pour deux, trois, et même cinq, mais plus généralement par deux foyers pour cinq cornues; on les charge de houille quand elles sont chauffées au rouge, puis on adapte un obturateur garni d’argile qu’on serre à l’aide d’une vis de pression. La distillation dure de trois à quatre heures; il n’y aurait pas avantage à la prolonger au delà à cause de l’emploi du combustible qu’il faudrait augmenter pour n’obtenir qu’une faible quantité de gaz. La tète de la cornue, c’est-à-dire la portion qui sort du fourneau et se termine par l’obturateur, porte le tuyau qui donne issue au gaz.

On chauffe avec de la houille ou du coke; on entretient la combustion avec de l’air chauffé dans des tubes en fonte ou mieux en terre à creusets qu’on dispose dans des carneaux où passent les produits de la combustion avant de se rendre à la cheminée. Quand la décomposition est complète, on enlève l’obturateur, le coke incandescent ne doit pas donner de flamme, on le retire à l’aide de longs crochets en fer, et on le fait tomber dans une brouette en fer qui sert à le porter au dehors ; on l’étend sur le sol et on l’éteint avec quelques seaux d’eau. Le tirage du foyer est déterminé par une cheminée de trente-trois mètres, quelquefois même d’une hauteur plus considérable. L’emploi de l’air chaud appliqué à la combustion présente, outre l’avantage d'une grande économie de combustible, celui de ne pas porter à une température aussi élevée la cheminée et la maçonnerie qui succède au foyer, ce qui les endommagerait fortement. Par l’emploi de ces fours, on brûle environ le tiers du coke produit pour obtenir tout le gaz qu’on peut avantageusement retirer.

Fabrication spéciale du coke. — Le coke qui résulte de la décomposition de la houille par le procédé précédent est peu dense, et, bien qu’utilisable quand la chaleur n’a pas besoin d’èlre trèsélevée, il ne peut être appliqué au chauffage des locomotives et à la réduction des minerais; aussi était-on obligé de laisser

52 gaz d’éclairage.

perdre le gaz et d’opérer dans de grands fours pour obtenir un coke propre à ces derniers emplois; parce qu’alors la pression qu’exerce la masse sur elle-même ne peut pas être vaincue par celle exercée par le dégagement du gaz et qu’elle ne se soulève pas; d’ailleurs, la décomposition y est beaucoup plus lente que dans les cornues ordinaires. Le coke obtenu par le procédé suivant est très-dense et d’un prix plus élevé que celui des cornues; le gaz qui est produit est de bonne qualité, mais en quantité moindre.

Le four présente une longueur de sept mètres, une largeur de sept mètres quatre-vingts centimètres, une hauteur de quatrevingts centimètres. La sole est en pente d’environ trente centimètres; pour faciliter le dégagement, les parois de ce four sont chauffées à l’aide du gaz produit et d’un foyer supplémentaire entretenu au coke ou à la houille. Les produits de la combustion du foyer parcourent toute la surface intérieure de la sole, redescendent par des carneaux inclinés pour se rendre à une cheminée traînante qui est commune à tous les fours disposés dans le même massif. Une cheminée centrale placée sur chaque four sert au chargement de la houille et au dégagement des gaz.

Les extrémités des fours sont terminées chacune par une porte à coulisse, qu’on peut lever à volonté à l’aide d’un treuil mobile sur des galets roulants sur deux rail-ways, soutenus par des montants de fer.

Quand on commence une opération, on chauffe au rouge la sole du four, on soulève les portes à coulisses, et, à l’aide d’un grand entonnoir en tôle, on déverse dans le four un waggon de houille, dont on fait basculer la caisse comme autour d’une charnière à l’aide d’une roue dentée; ce waggon glisse sur un chemin de fer solidement soutenu qui règne au dessus de tous les fours. Cinq waggons déversent successivement cinq mille kilogrammes de houille, qu’on étend au fur et à mesure de leur introduction à l'aide de grands rahles en fer; puis on enlève l’entonnoir de tôle, on le remplace par un obturateur pesant garni de lut argileux pour empêcher toute perte de gaz.

La distillation commence aussitôt; les gaz elles vapeurs se

GAZ DE LA HOUILLE

rendent par un tube horizontal placé à la partie supérieure de la cheminée centrale du four et vont dans un barillet commun à tous les fours. L’opération est terminée en soixante-douze heures; on enlève le coke à l’aide de repoussoirs montés sur des galets roulant sur les rails d’un chemin de fer. Ces repoussoirs entrent dans le four, dont on a enlevé les deux portes à l’aide d’engrenages, et la plate-forme chasse devant elle tout le coke, qui vient tombera l’autre porte, où on l’éteint avec de l’eau. Quand le four est ainsi débarrassé, on procède à un nouveau chargement et à une nouvelle opération. On ne recueille presque jamais le gaz quand on fahriquele coke, parce qu’on l’emploie au chauffage des fours, ou à la production de la vapeur pour faire fonctionner les appareils.

Pendant cette distillation, il se dégage de l’eau, de l’hydrogène proto-carboné et bicarboné, de l’hydrogène libre, de l’oxyde de carbone, de l’azote, des carbures d’hydrogène plus ou moins condensables, du colcotar ou goudron minéral, des sels ammoniacaux, du sulfure de carbone, de l’hydro-sulfate de chaux, du coke.

Le tube qui sert au dégagement du gaz des cornues vient plonger dans un cylindre commun à tous les fours, appelé barillet , contenant de l’eau destinée à empêcher toute communication entre les cornues et le reste de l’appareil, et à éviter l’accès de l’air dans les réservoirs de gaz. Ce barillet condense une partie de l’eau et du goudron; il est muni d’un trop-plein pour maintenir le liquide à un niveau constant et laisser écouler l’excès qui arrive constamment.

La pression que supportent les cornues est quelquefois de vingt et trente centimètres d’eau, à cause de la pression qui résulte de ce que les tubes plongent de quelques centimètres dans le barillet, de celle qui provient du frottement du gaz dans l’appareil, et de la pression du gazomètre lui-même. On obvierait à ces inconvénients en plaçant les usines dans les parties basses des villes : cette disposition diminuerait la pression qu’exerce la colonne d’air qui existe souvent entre les fabriques de gaz et les localités éclairées par l’usine; on alténnuerail en

VEItXOIS, HYG. I.ND. II.

GAZ D’ÉCLAIRAGE

même temps les perles qui résultent de fuites des cornues ù travers lesquelles le gaz comprimé s’échappe sans profit.

Comme il arrive quelquefois que ces usines ne peuvent être placées de manière à éviter cette surcharge de pression, on emploie des moyens mécaniques pour aspirer le gaz au fur et à mesure de sa production afin de le faire rendre au gazomètre. La force nécessaire à la marche de ces appareils est fournie parla chaleur perdue des fours qui servent à chauffer les cornues; la cagniardelle est un de ces appareils; on le remplace dans quelques usines par trois grandes cloches métalliques qui, par un mouvement alternatif de soulèvement et d’abaissement, aspirent le gaz et le refoulent dans un autre tube et de là dans un barillet, puis dans le régulateur , enfin dans les appareils d’épuration. Pour empêcher qu’un vide partiel se fasse dans les cornues par une aspiration trop rapide, on fait usage d’un régulateur à eau.

Épuration physique. — Le gaz sorti du régulateur passe dans des réfrigérants où il se refroidit et se dépouille de la plus grande partie des matières liquéfiables qu’il contient encore, et au nombre desquelles sont l’eau, les sels ammoniacaux et les produits goudronneux.

Ces appareils sont de diverses formes et de nature variable, selon les usines. Plusieurs fabricants font un mystère de leurs moyens d’épuration; souvent ils sont formés d’une série de longs tubes en fonte, ayant la forme d’un V renversé, qui sont fixés à la partie supérieure de caisses qui forcent le gaz à passer d’une série de tuyaux dans une autre. Pour obtenir un gaz mieux épuré qu’il ne l’est ordinairement au sortir des réfrigérants, on le fait passer dans un grand cylindre en fonte séparé en deux cases par une cloison verticale; chaque case est surmontée d’un large trou d'homme destiné à remplir le cylindre de coke; on ferme ensuite avec des obturateurs. Le gaz qui vient des réfrigérants est obligé de passer dans ce cylindre en suivant les deux cases, qui communiquent entre elles à la partie inférieure. Le coke fait l’office d'un filtre. 11 retient les globules de diverses natures qui flottent dans le gaz, celui-ci sort par un

GAZ DE LA HOUILLE

tube à la partie supérieure et va dans les épurateurs à chaux et à plâtre.

Épuration chimique. — Elle a toujours pour but, quel que soit le procédé, de dépouiller le gaz hydrogène carboné des gaz étran gersavec lesquels il peut se trouver mélangé et qui proviennent ordinairement de la décomposition des pyrites sulfureuses que l’on rencontre dans la houille. Voici les principaux procédés :

l°Le sulfhydra te et le carbonate d’ammoniaque se trouvant avec l’acide sulfhydrique en quantité notable dans le gaz qui a subi une première épuration physique, on s’est servi depuis longtemps, pour l’en priver, de lait de chaux ; on fait usage maintenant de grandes caisses en tôle ou en fonte, divisées en deux compartiments contenant des claies espacées, sur lesquelles on place huit à dix centimètres de chaux hydratée pulvérulente. Le gaz arrive par la partie inférieure et se trouve obligé de filtrer dans les deux séries de claies avant de se rendre au gazomètre. Les caisses d’épuration sont fermées par un couvercle dont les bords plongent dans une rainure remplie d’eau pour intercepter toute introduction d’air; ces couvercles sont mobiles à l’aide d’une chaîne passant sur une poulie et s’enroulant sur un treuil ; on les soulève chaque fois que l’on veut renouveler la chaux.

On a substitué à cet appareil simple quatre appareils semblables, disposés autour d’un réservoir à cloche qui permet d’isoler un des quatre épurateurs en faisant communiquer les trois autres entre eux, de telle sorte que l’on peut renouveler la chaux de l’épurateur libre; pour cela, on a divisé le réservoir central en cinq compartiments, et, à l’aide de positions que l’on change suivant les communications à établir, on force le gaz à traverser les six cases des trois épurateurs avant d’aller au gazomètre.

Le secret du fabricant consiste dans la disposition par laquelle il multiplie les contacts de la chaux, soit sèche, soit liquide, avec les gaz résultant de la distillation du charbon.

2° A l’emploi de la chaux, qui n’uffre pas une purification complète, on a associé le chlorure de manganèse, et, à défaut

56 GAZ d’éclairage.

de celui-ci, le sulfate de fer ou de manganèse. Les sels ammoniacaux sont entièrement décomposés par les sels métalliques avant d’arriver à la chaux; celle-ci ne développe plus dans le voisinage des usines une odeur incommode et insalubre lors du nettoyage des caisses et du transport des résidus, parce qu’elle n’agit plus sur les sels ammoniacaux et n’en dégage plus l’ammoniaque. L’épurateur au chlorure de manganèse ou à tout autre sel se trouve entre le réfrigérant et l’épurateur à la chaux; la solution marque dix degrés ou douze degrés; elle est contenue dans trois vases cylindriques en fonte fermés, disposés en étages, et agités sans cesse mécaniquement afin d’empêcher tout dépôt, de présenter au gaz qui arrive par l’épurateur le plus inférieur une plus grande surface et de le dépouiller plus complètement.

Après un certain temps de service, on soutire les liqueurs des épurateurs par un robinet placé près du fond du plus inférieur, on les laisse déposer dans le réservoir et on décante le liquide pour l’évaporer de manière à obtenir par refroidissementdu chlorhydrate d’ammoniaque qu’on peut livrer au commerce.

5° On a appliqué à l’épuration du gaz le sulfate de chaux, et, par économie, les plâtres de démolition réduits en poudre dans un moulin en fonte; il décompose le carbonate d’ammoniaque, forme du sulfate d’ammoniaque non volatil à la température ordinaire et du carbonate de chaux insoluble. — On mêle ce sulfate de chaux humide avec un dixième de son volume de coke mouillé, on dispose ce mélange par couches sur des claies qu’on place dans des caisses. Ces caisses sont traversées par le gaz immédiatement après sa sortie de la colonne à coke. L’épuration se fait assez bien pour que le papier de cureuma ne soit plus rougi par le gaz, ce qui indique l’absence d’une matière alcaline. On change le plâtre chaque fois que le papier de curcuma rougit au contact du gaz, et on lessive méthodiquement pour en retirer du sulfate d’ammoniaque.

4° On a proposé et mis depuis en pratique un procédé dans lequel on emploie du sulfate de chaux mélangé d’oxyde de f°‘

GAZ DE LA nOUILLE.

obtenu en précipitant l’oxyde de fer de son sulfate par la chaux, agitant à l’air le mélange pâteux qui en résulte pour laisser suroxyder le fer; dans ce cas, il n’y a besoin que d’un système d’épuration, le sulfate de chaux opère comme dans le cas précédent, l’oxyde de fer attaque l’acide sulfhydrique, forme du sulfure de fer, isole du soufre et de l'eau ; on lessive la masse pour en retirer les sels ammoniacaux, et on expose à l’air le résidu pour le laisser sulfatiser et l’employer comme précédemment.

5° On peut rapprocher de ce dernier procédé l’emploi d’un mélange de sulfate de plomb et d’oxyde de plomb ; il se formerait de la même manière du sulfate et du carbonate d'ammoniaque avec un peu de cyanure et de sulfure de plomb, à cause des acides cyanhydrique et sulfurique libres.

L’épuration du gaz est d’une haute importance pour la santé publique comme pour la qualité du gaz. En le privant de son ammoniaque, on augmente son pouvoir éclairant en même temps que l’on empêche ses effets désastreux sur notre économie. L’hydrogène sulfuré que lui enlève la chaux est par luimême infect et très-dangereux; en brûlant, il donnerait de l’acide sulfureux, qui est aussi délétère; d’un autre côté, la présence des vapeurs sulfureuses dans le gaz d’cclairage serait la cause de la destruction facile des peintures à la céruse dans les établissements qu’il éclaire ; on sent combien il y a nécessité de le faire disparaître entièrement. On peut joindre encore à ces résultats la non-obstruction des tuyaux par les sels ammoniacaux, puisqu’on les condense au fur et à mesure de leur production; le moindre danger des eaux de citerne par l’infiltration des eaux ammoniacales; la faible odeur du gaz, puisqu’il n’a plus que celle des huiles pyrogénées, qui n’exerce aucune action délétère; on a môme rendu presque inodores les résidus de la désinfection à la chaux; entin les sels ammoniacaux retirés de cette épuration en compensent largement les frais.

La houille n'est pas le seul corps qui sert à la production du gaz d’éclairage : le bois l’a précédée dans cet emploi, mais on n’y a plus recours maintenant. Lune des matières qui sert et a

GAZ D’ÉCLAIRAGE

servi le plus est l’huile; on comprend qu’il n’y a pas économie à obtenir du gaz avec des substances premières qui pourraient donner seules un éclairage assez parfait sans leur faire subir une opération coûteuse.

Gaz de 1 huile ou des substances oléagineuses.

On se sert d’huiles de poisson brutes, d’huiles de graines, de térébenthine, de naphle, des résidus de savonneries, des eaux savonneuses. L’appareil consiste en une cornue à gaz, contenant du coke destiné à diviser l’huile, pour en accélérer la décomposition en multipliant la surface; l’huile tombe en filet réglé par un robinet d’un réservoir à niveau constant. L’huile, forcée de traverser le coke incandescent, se décompose, et le gaz qui en résulte vient se rendre au gazomètre par un tube en pente pour laisser écouler l’huile non décomposée qui serait entraînée par le gaz. La température doit être constante : trop faible, elle empêche la décomposition de l'huile; trop élevée, elle décarbure trop fortement le gaz et diminue considérablement son pouvoir éclairant.

Le gaz produit n’a pas besoin d’être épuré. — On le fait passer par un réfrigérant pour reprendre l’huile qu’il pourrait encore contenir.

Le gaz provenant de la décomposition des eaux savonneuses alimente la ville de Reims.

Gaz de résine (gaz Light).

La résine, à une chaleur rouge, donne en abondance un gaz d’un pouvoir éclairant double de celui du gaz obtenu des autres substances. 11 ne contient pas de matière sulfureuse, et n’agit donc pas sur les peintures, — il n’altère ni les becs ni les métaux. 11 y a deux ou trois méthodes pour l’obtenir. Voici la plus usitée. La résine, déposée avec les huiles volatiles des opérations précédentes dans un réservoir chauffé par la chaleur perdue du four, se liquéfie complètement, et filtre à travers une gaze métallique, tombe par un robinet dans un entonnoir et de là dans une cornue à gaz contenant du coke incandescent.

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