GAZ DE L’EAU
Les produits de la décomposition passent dans des réfrigérants qui condensent les huiles volatiles non décomposées et vont ensuite dans un gazomètre.
Gaz de l’eau.
On a fabriqué avec succès le gaz d’éclairage en se servant de l’hydrogène de l’eau et le chargeant d’une huile volatile à une haute température. L’appareil se composait de trois cornues verticales; l’eau arrivait par la partie supérieure de la cornue gauche, la traversait, remontait par la deuxième cornue en traversant le charbon de bois incandescent contenu dans chacune d’elles. Le gaz qui se produisait traversait la troisième cornue, dans laquelle il rencontrait l’huile de schiste, ou de houille, qui se décomposait en coulant le long de chaînes de fer. Les gaz se rendaient au gazomètre après avoir traversé des réfrigérants. — On remplace avantageusement l’eau par un courant de vapeur d’eau que fournit une chaudière chauffée par la chaleur perdue du four. On prive le gaz obtenu de l’acide carbonique qu’il contient en le faisant passer sur de la chaux, et mieux encore sur du carbonate de soude, qu’il change en bicarbonate.
Le gaz obtenu par la vapeur cl' eau surchauffée a besoin d’être très-bien préparé, sans quoi il contient quelquefois jusqu’à 35 pour 100 d’oxyde de carbone, dont le dégagement est trèsdangereux. — 11 n’a pas d ’ odeur, mais ce caractère peut constituer un péril, en n’annonçant pas les fuites. On pourrait y remédier en y mélangeant une certaine proportion d'un carbure d’hydrogène. — L’usage de ce gaz offre encore d’autres inconvénients, c’est par exemple detre, quand il est mélangé à l’azote de l’air, plus léger que l’air lui-même, — de passer là où d’autres gaz passent peu ou ne passent pas du tout. Une ventouse constamment ouverte devrait être pratiquée à la partie supérieure de tous les appartements où l’on se servirait de ce gaz. — Enfin sa puissance d’éclairage est inférieure à celle du gaz de houille. Si celle-ci est égale à 9, celle du gaz à l’eau est égale à 5 seulement.
GAZ D’ÉCLAIRAGE
Ces trois dernières sortes de gaz ne présentent ni sulfure ni ammoniaque, puisque les matières premières ne sont ni sulfurées ni azotées; il n’y a pas d’épuration à faire, et leur emploi est éminemment favorable à la conservation des peintures et au travail dans les ateliers des matières métalliques comme l’argent, etc.
Gaz portatif.
Afin d’éviter l’emploi de longues conduites de gaz qui finissent toujours par présenter quelques fuites coûteuses et dangereuses, on a cherché à transporter le gaz et à l’amener sur des voitures dans les établissements où il doit être consommé. On s’est servi d’enveloppes imperméables qui contenaient le gaz, et à l’aide d’une espèce de filet on le comprimait pour le faire passer dans le gazomètre particulier.
Pour faire occuper un volume moindre au gaz destiné au transport, on le renferme dans des cylindres en cuivre épais, terminés par des calottes sphériques dont les clouures sont étamées pour préserver de toute fuite ; ces cylindres sont essayés sous une pression de soixante atmosphères, bien qu’ordinairement ils n’en doivent pas supporter une supérieure à trente-cinq; sous une pression de trente-deux atmosphères, on réduit à un volume de trente-cinq litres onze cent vingt litres de gaz de la houille; comme il faut un volume de gaz de l’huile trois fois moins considérable pour produire le même effet, on voit qu’il est avantageux de se servir de ce dernier gaz. La compression s’exécute à l’aide d’une pompe foulante dont le corps de pompe est rempli d'huile pour rendre parfait l’ajustage du piston et empêcher toute tuile; l’huile absorbe du gaz tant qu’elle n’est pas saturée, elle peut être entraînée par le gaz, mais elle se dépose dans u tube à houle et n’arrive pas jusqu’au cylindre. Ce gaz coûte trois fois plus cher que le gaz ordinaire, mais il a une puissance éclairante trois fois plus grande. Cela tient à la nature du charbon employé, qui est un schiste bitumineux d Ecosse, le boghead.