‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 224 sur 240 · ELAN'C DE ZINC · texte numérisé non relu

ELAN'C DE ZINC

à déversement, où on l'épure encore par quelques lavages comme les précédents. Le zinc métallique est enlevé chaque fois à l’aide d’une pelle trouée; on le broie et le lave pour en retirer une matière employée en peinture sous le nom de gris-perle , et on utilise le zinc résidu des derniers lavages à la fabrication du sulfate ou du chlorure, ou môme à être refondu en saumons.

Dans Y usine de Grenelle , les cornues qui servent à la distillation du zinc sont remplacées par des creusets allongés en terre réfractaire, supportés sur un petit bloc et recouverts d’une brique en argile percée d’un trou de six centimètres de diamètre, pour laisser dégager les vapeurs de zinc. Ces creusets sont disposés dans un fourneau : la flamme du foyer les entoure avant de se diriger vers la cheminée. L’oxydation a lieu au moyen de courants d’air ménagés dans de petites portes en tôle qui ferment la seconde voûte qui reçoit les produits delà volatilisation. Les autres dispositions de l’appareil sont à peu près les mêmes.

On avait appliqué aussi à la distillation du zinc la chaleur produite par sa combustion, de manière à supprimer la plus grande partie du combustible; mais ce procédé ne semble pas avoir eu de suites.

Usages. — Le bique de zinc sert à enduire les caries glacées et à fabriquer les papiers peints ; on l’emploie dans la peinture en détrempe et surtout dans la peinture à l’huile et à l’essence pour remplacer la céruse. Il n’a pas, comme celle-ci, les inconvénients de noircir par les émanations sulfureuses, ni d’être pour ceux qui le fabriquent ou le manient un sujet constant d’empoisonnement; absorbé à l’intérieur, il ne produit presque aucun effet malfaisant, à moins de doses forcées; aussi son emploi devient de plus en plus répandu. Mais il ne saurait remplacer tout à fait le carbonate de plomb. (Voir, au mot Plomb , cet article, t. II, p. 514.)

Je joins ici la note de M. Sorel concernant la peinture à l’oxychlorure de zinc.

« Le liquide qui, dans cette peinture, remplace l’huile, l’essence de térébenthine et les autres liquides ou excipients employés dans les peintures ordinaires, est une solution aqueuse

ZINC

de chlorure de zinc dans laquelle, dit M. Sorel,je fais dissoudre un tartrate alcalin. Ces sels possèdent au plus haut degré la propriété de retarder l’épaississement de la nouvelle peinture avant son emploi. J’ajoute au liquide, pour donner du liant et de la ténacité à la peinture, delà gélatine ou de la fécule que je fais passer à l’état d’empois en chauffant le liquide. 11 ne faut pas chauffer assez pour transformer la fécule en dexlrine ou en glucose.

« Pour former la nouvelle peinture, on ajoute au liquide cidessus une poudre qui doit être de l’oxyde de zinc, au moins en grande partie, et les substances colorées dont on fait usage pour les peintures ordinaires.

« La nouvelle peinture possède les propriétés suivantes : 1° 11 n’est pas nécessaire de la broyer; il suffit de délayer la poudre avec le liquide. — 2° Elle est plus belle et aussi solide que les peintures à l’huile ; elle couvre davantage et ne noircit pas par les émanations sulfureuses, comme les peintures à la céruse ou autres à base de plomb. — o° Elle n’a absolument aucune odeur et elle sèche très-promptement. On peut donner une couche toutes les deux heures en hiver et une couche par heure en été; ce qui permet de peindre un appartement dans un seul jour et de l’habiter le jour même. — 4° Elle résiste à l’eau et à l’humidité, à l’eau, même bouillante, et peut être savonnée comme les peintures à l’huile. — 5° A cause du chlorure de zinc qu’elle contient, cette peinture est éminemment antiseptique et parfaitement propre à préserver les bois de la pourriture. — 6° Elle possède au plus haut degré la propriété de diminuer la combustibilité des bois, des tissus et du papier, et de rendre ces matières ininflammables. — T Elle ne présente aucun danger pour ceux qui la préparent ni pour ceux qui l’emploient. »

Le blanc de céruse employé en peinture est extrêmement lent à sécher : pour parer à cet effet, on a eu recours à l’huile de lin lilhargirée; mais on retombe dans l'emploi d’une substance plombifère et dans tous ses inconvénients; on y a substitué avantageusement l’huile de lin manganésée par

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