GAZ RICHE
Gaz-feu.
Sous le nom de gaz-feu, on a voulu substituer au gaz hydrogène carboné de l’éclairage actuel le gaz oxyde de carbone, dans le double but de l’éclairage et du chauffage, — d’où le nom de gaz-feu ; mais l’usage de ce gaz offre trop de danger, en cas de fuite. On a construit depuis quelques années des appareils à chauffage de toute nature destinés à être alimentés par le gaz d’éclairage ordinaire, ou par le gaz portatif. On peut, comme cela se pratique en Amérique et en Angleterre, faire toute espèce de cuisine avec le gaz et chauffer même les appartements. Dans ce cas, tous les appareils et conduites de gaz sont sévèrement soumis à l’accomplissement de tous les règlements sur la matière.
Gaz riche.
C’est un gaz fabriqué avec les produits de la distillation du boghead mêlé à la sciure de bois. — Il offre plus de sécurité que le gaz portatif. — 11 jouit d’un pouvoir éclairant remarquable. — Ne contient pas de soufre. — H y a une usine de ce gaz à la gare de Choisy-le-Roi (Seine), chemin de fer d’Orléans.
On consultera avec beaucoup de fruit sur la fabrication du gaz en général le rapport fait au conseil municipal de Paris sur la question du Gaz d’éclairage (1854). C’est un modèle pour tout ce qui touche à cette question. On y a fixé ainsi les conditions du pouvoir éclairant :
« Le gaz doit être tel, que, sous une pression ordinaire, il donne pour les becs de l’éclairage public les intensités de lumière ci-après : Première série, consommant cent litres à l’heure, 0,77 de l’éclat d’une lampe carcel brûlant quarantedeux grammes d’huile à l’heure. — Deuxième série, consommant cent quarante litres à l’heure, 1,10 de 1 éclat d’une lampe carcel brûlant quarante-deux grammes d’huile à l’heure. — Troisième série, consommant deux cents litres à l’heure, 1,72 de l’éclat d’une lampe carcel brûlant quarante-deux grammes d’huile à l'heure.
GAZ D'ÉCLAIRAGE
Causes d’insalubiuté. — Danger d’explosion.
Danger d’asphyxie, si les appareils ne sont pas bien clos.
Causes d’incommodité. — Odeurs désagréables.
Fumée.
Odeurs fétides pendant l’extraction et le transport des résidus des cuves et des eaux d’épuration du gaz.
Dégagement de vapeurs ammoniacales et d’acide sulfureux.
Infiltrations ammoniacales dans les citernes, les puits voisins, sous les pavés des voies publiques et dans les cours des habitations particulières.
Odeur des carbures.
Prescriptions. — Éloigner toutes ces usines des centres de population, et les reléguer hors des villes. — Ne faire de concessions à ce principe que dans les cas rares où il y a à la fois besoin de quantités considérables de gaz et conditions de pente de terrains impossibles à obtenir par l’éloignement. (Voir toutes les prescriptions imposées par les ordonnances de police.)
Et, de plus, — dans tous les cas où le gaz éclairera de grandes réunions d’hommes (casernes, hôpitaux), conduire au dehors les produits de la combustion, et disposer les becs dans une lanterne de manière que la lumière ne frappe qu’obliquement la vue des hommes.
Avoir partout des robinets de sûreté. — Les disposer de façon qu’on puisse les faire agir rapidement sans besoin de clef ou autre moyen détaché et éloigné d’eux.
Dans toutes les fabriques, absorber les hydro-carbures produits. — On se sert avantageusement dans ce but, dans les fabriques de gaz portatif obtenu à l’aide d’un charbon très-riche (le boghead), du résidu de sa propre combustion. — Quand ce boghead est entièrement brûlé, il est blanc et peut en outre servir aux mouleurs en bronze, à l’égal du poussier de charbon ou de la fécule. Il est formé en grande partie de poudre alumineuse.
Placer les compteurs à gaz dans un endroit isolé, aéré et ventilé , qui dispense de se servir d’une lampe de sûreté; —