‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 32 sur 240 · GRAISSE D’OS · texte numérisé non relu

GRAISSE D’OS

graisses qui ont déjà subi un premier degré de fusion, et surtout quand on veut en mélanger plusieurs sortes ensemble.

Graisse d'asphalte.

On fabrique sous le nom de graisse d'asphalte une matière employée dans l’est de la France au graissage des essieux de voitures et de quelques machines ; c’est un mélange d’huile de pétrole et d’huile de naphte avec du savon gris. On emploie môme en Suisse une graisse qui semble de l’huile de pétrole épaissie par de la chaux.

Graisse des eaux savonneuses.

Dans le traitement des laines, on fait subir à celles-ci un graissage avec des huiles d’olive et un dégraissage avec du savon; les eaux provenant de ce traitement sont décomposées par Y acide sulfurique; on recueille la matière grasse surnageante ; on la fait déposer au bain-marie, on la décante ; on peut, par expression encore, retirer de’ la matière grasse du dépôt, en opérant d’abord à froid, puis à chaud, s’il est nécessaire.

Les graisses de Turcoing proviennent d’un graissage et d’un dégraissage semblables, mais le beurre remplace l’huile d’olive.

Autrefois, pour débarrasser la laine du suint, on la mettait dans de l’urine putréfiée étendue de trois fois son poids d’eau. Dans ce procédé, — on maintient le bain à quarante ou cinquante degrés, en ayant soin de remuer de temps en temps. Après une demi-heure de digestion, on rince à grande eau.

L'est sans doute l'ammoniaque dégagée qui saponifie la matière grasse et facilite son enlèvement.

Ce procédé, qui donne lieu à un dégagement continu d’odeurs putrides, est maintenant abandonné pour être remplacé par une simple dissolution de savon dont les inconvénients sont bien moindres, au moins pendant le travail. Voir Lavoirs ( Industrie des).

Graisse d'os.

Les os que l’on destine à la fabrication de la gélatine et du noir animal peuvent être avantageusement privés de la graisse

58 GI’.AS (industrie des corps).

qu’ils renferment. Cette graisse existe surtout dans les parties les plus spongieuses qu’avoisinent les extrémités des os; on sépare celles-ci des parties cylindriques et dures, propres à la fabrication des objets de tabletterie ; puis on divise les os ordinaires en fragments, à l’aide d’une hachette.

Les os doivent être frais ; ils ne donneraient presque point de graisse, s’ils avaient subi une dessiccation préalable, parce que la matière grasse aurait remplacé l’eau incorporée dans le tissu osseux, et qu’elle ne pourrait s’en séparer que par une longue ébullition. On place ces os dans une chaudière de fonte, on les fait bouillir dans l’eau en les remuant de temps en temps pour faciliter la séparation des globules de graisse ; tant que ceux-ci arrivent à la surface, on les agite à l’aide d’une cuiller peu profonde ; puis on remplace les os épuisés par de nouveaux. (Voir Suif d’os.)

Graisse noire.

Sous ce nom, on connaît dans les arts le produit de la concrétion par la chaux des huiles de goudron, de bitume et de résine. — On distille la résine avec 5 à 10 pour 100 de chaux pour neutraliser l’acide acétique qui se forme pendant la distillation ; on concrète le produit distillé avec 2 à 5 pour 100 de chaux. Comme celte graisse coule facilement quand elle est échauffée, on a augmenté considérablement la dose de chaux, mais alors on a donné lieu à la production incommode et nuisible d’une grande quantité de cambouis.

Graisse muciligne.

On a modifié cette fabrication en distillant la résine toute seule, séparant les premiers produits acides et aqueux, et concrétant les derniers avec 10 de suif, 10 de talc et 5 pour 100 de chaux. L’huile est versée dans un tonneau muni d’un agitateur, on y ajoute le suif fondu, puis le talc, enfin la chaux, et on coule dans des caisses. Le suif empêche la graisse de durcir et le talc de couler.

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