RECTIFICATION DE L’HUILE DE SCHISTE
donneront lieu à des chances d’incendie qui placeront celle industrie dans la première classe. En effet, les vapeurs produites sont trois fois plus lourdes que l’air. Quand elles retombent sur terre, elles peuvent nuire à la végétation, et, si elles atteignent un foyer incandescent, déterminer un incendie.
Causes d’insalubrité. — Quelquefois action délétère sur la végétation environnante, produite parla poussière noire qui s’attache aux feuilles et par l’huile essentielle qui bouche les pores du végétal.— Cette action n’est pas toujours facile à constater.
Causes d'incommodité. — Odeur le plus souvent limitée à l’atelier de la fabrique, mais pouvant être portée au loin par le vent.
Odeur produite au moment du chargement et du déchargement des cornues.
Odeur au moment du soutirage et du transport des résidus goudronneux, — dont on répand toujours sur le sol une certaine quantité.
Fumée épaisse et noire.
Odeur fétide des résidus.
Prescriptions. — Isoler l’atelier de distillation.
Couvrir en fer la partie de l’atelier qui est au-dessus des cornues. — Faire supporter le dôme par des colonnes en fer.
Faire partir des cucurbiles des conduits souterrains chargés de mener à des caisses en fer-blanc les produits obtenus.
Surmonter les caisses d’un pavillon assez large et bien clos, de façon qu’à l’instant où la matière bouillante y pénètre les vapeurs odorantes qui s’en échappent puissent s’élever librement et se condenser à l’instant contre les parois froides du pavillon.
Recevoir dans des étouffoirs le coke qui sort des cornues.
. Ne pas jeter les eaux de fabrique sur la voie publique ni dans les cours d’eau, surtout s’il y a sur leur trajet des fabriques d’impression sur étoffes.
Brûler avec beaucoup de précautions sous la hotte des fourneaux à cornues les résidus de la rectification de l’huile.
Fermer toutes les portes et croisées de l’atelier au moment où I on charge et décharge les cornues.
HUILES
Avoir une pompe à incendie.
Faire évaporer les eaux de lavage sous le cendrier.
Proscrire loul puisard.
nulle «le schiste (DépAtg «I’) et «le divers liquides oléo-scliisteiix ou
d'alcool (2* classe, par assimilation à ceux d'huile de térébenthine), nuile «le scliisle (Oépôts «!') en petite quantité (un à deux litres).
soumis îi la simple surveillance de l’autorité locale. — Décision ministérielle du 5 décembre 1849.
Sous le nom d’huiles de schistes bitumineux il existe un assez grand nombre de produits qu’il faut au moins énumérer, parce qu’ils sont pour la plupart tenus en dépôt et vendus pour l’éclairage. Presque tous sont plus ou moins mélangés à des huiles essentielles; il en résulte qu’ils doivent à juste raison être classés comme l’huile de térébenthine elle-même.
Ces liquides combustibles, dont les dépôts et l’usage habituel doivent être surveillés et réglementés, sont : Y huile de schiste (voir sa composition et préparation); le gazogène (liquide Piobert), mélange en proportions à peu près égales d’alcool et d’essence de térébenthine très-rectifiée ; le gaz liquide , analogue au précédent, mais moins concentré; Yoléide gaz, mélange de goudron et d’esprit de bois; V essence de pétrole (voir sa préparation et Alcool).
Tous ces liquides, très-prompts à s’enflammer, ont souvent donné lieu à des accidents graves, par suite de la mauvaise construction des appareils d’éclairage et par la négligence des personnes qui s’en servent. Il y a donc lieu de prescrire des mesures très-sévères sur les conditions à observer pour le dépôt et pour l’usage habituel à litre de matière combustible employée à l’éclairage.
Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie, — et danger de brûlures souvent mortelles par suite de l’emploi de ces huiles dans l’éclairage habituel des habitations.
Causes d’incommodité. — Odeurs désagréables produites pendant la combustion.
Vaporisation de la portion des huiles essentielles mêlée au mélange, — et danger d’asphyxie ou de feu.
Prescriptions. — Ne jamais instituer de dépôts en grand
IIUILE DE SCHISTE (DÉPÔTS d’).
(c’est-à-dire, contenant au delà de vingt-cinq à trente litres) dans l’intérieur des villes'.
Les disposer sous des hangars isolés des habitations, — aérés, ventilés et établis de manière que les marchandises soient abritées du midi.
Ne conserver ces liquides que dans des bidons, eslagnons, ou autres vases métalliques cylindriques en tôle galvanisée avec bouclions en cristal et à vis, hermétiquement fermés. — Jamais dans des dames-jeannes ou des vases de verre.
Si le dépôt a lieu dans une cave ou magasin fermé, construire ce magasin en matériaux incombustibles, et recouvrir tous les bois apparents d’une triple couche d’enduit formé de craie, de gélatine et d’alun, à nu.
Avoir constamment dans ce magasin, ou près de lui, une quantité de terre ou de sable lin proportionnée a l’importance du dépôt et destinée à absorber les épanchements de liquide ou à l’éteindre s’il était enflammé.
Conduire les liquides, de l’usine à l’entrepôt, dans des tonneaux ou barriques à parois épaisses entièrement cerclés de fer.
Pour les dépôts d’huile de schiste spécialement, il faudra éviter d’ouvrir les croisées vers les habitations voisines, à cause de la mauvaise odeur.
Établir une cheminée d’appel dans chaque chambre ou pièce de dépôt.
Ne jamais y pénétrer qu’avec des lampes de sûreté.
Avoir une pompe à incendie.
Ne permettre aux épiciers ou débitants d’avoir en dépôt que un ou deux eslagnons de la capacité de dix à douze litres.
Leur imposer l’obligation d’enfermer ce. liquide dans une pièce séparée et d’y avoir constamment vingt-cinq centimètres cubes de sable lin. Leur recommander la plus grande précaution à l’instant du transvasement pour le débit. — Ne le faire jamais près d’une lumière.
Quant aux marchands d’appareils et de lampes spécialement destinés à l’usage de ces liquides combustibles, n’autoriser que les lampes dont le réservoir n’aura qu’un seul et même orifice
HUILES
pour recevoir l’huile et pour y placer la mèche. De celle façon on sera assuré que la lampe sera forcément éteinte au moment où on l’emplira de liquide.
Ne laisser vendre au public que des lampes ainsi construites, et sur lesquelles sera inscrite la recommandation expresse des précautions à prendre dans l’usage de ces liquides combustibles.
Uuiln fie térébenthine et huile d'uspic (Distillation en grand de I )
(1" classe). — 15 octobre 1810. — 14 janvier 1815. Voir Térébenthine.
Détail des opérations. — L’huile d’aspic ou de spic volatile est retirée de la grande lavande ( lavendula spica.) Pour l’obtenir, on emploie le moyen général d’extraction des liuiles volatiles : on place la plante dans la cucurbite d’un alambic avec de l’eau, on ajuste et on lute le chapiteau ; on adapte un réfrigérant, on chauffe et reçoit les produits distillés dans un récipient florentin. Il se forme deux couches : l’une inférieure, c’est de l’eau trèsaromatique; l’autre, qui surnage, est onctueuse, d’une saveur âcre, d’une odeur très-forte, c’est l’huile volatile.
Cette huile volatile laisse déposer, comme beaucoup d’autres, une huile solide analogue au camphre.
Usages. — Elle sert en parfumerie, et possède les mômes propriétés que les autres essences; c’est-à-dire, qu’elle peut être employée à dissoudre les résines et se mêler aux corps gras.
Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie.
Danger d’asphyxie et d’empoisonnement spécifique par les vapeurs de cette essence sur les ouvriers, si les ateliers de fabrication ou de dépôt ne sont pas bien aérés.
Causes d’incommodité. — Odeur désagréable.
Prescriptions. — Disposer tous les appareils à distillation dans un atelier dont la partie supérieure se termine par une cheminée d’appel à fort tirage, s’élevant à vingt-cinq ou trente mètres audessus du sol.
Plafonner en plâtre l’atelier de distillation.
Elever la cheminée à vingt ou vingt-cinq mètres, selon les localités.
Daller ou bitumer le sol des ateliers.