‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 39 sur 240 · RECTIFICATION DES HUILES DE HOUILLE · texte numérisé non relu

RECTIFICATION DES HUILES DE HOUILLE

Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie pour causes multiples.

Causes d’incommodité. — Odeurs et vapeurs empyreumateuses fort désagréables.

Dégagement de gaz inflammable. (Gaz hydrogène prolo et bicarboné. — Hydrogène. — Acide carbonique. — Carbures volatils).

Prescriptions. — (Toutes celles applicables à la fabrication des huiles de térébenthine.)

Ne pas autoriser plus de deux alambics de cent kilogrammes de capacité.

Faire rendre les produits de la distillation dans des condensateurs placés en dehors du lieu où sont établis les alambics et fourneaux.

Séparer les magasins du local des appareils à distillation.

Rectification des huiles de houille»

On peut rectifier ces huiles par simple distillation, en séparant les produits à différents moments de l’opération, de manière à obtenir des huiles propres aux divers usages. Généralement on commence par les traiter avec 1 pour 100 d’acicle sulfurique concentré, on bat le mélange pendant deux heures et on le laisse reposer : en ajoutant une certaine quantité d’eau après l'action de l’acide et battant de nouveau, on peut déjà séparer une huile beaucoup plus pure par simple décantation. C’est cette huile qu’on rectifie avec 4 pour 100 de chaux dans de petites cornues en fer, placées sur deux rangs parallèles, sur un fourneau allongé. Un serpentin, qui débouche au dehors de l’atelier pour éviter l'inflammation des vapeurs perdues par le foyer, sert à recueillir le nouveau produit. Une deuxième rectification, qui ne donne presque lieu à aucune perte, rend le produit bien supérieur.

On a proposé un grand nombre de modifications à ce procédé; voici une des principales.

A la suite de la chaudière à distiller le goudron est un générateur de vapeur chauffé par la chaleur perdue du foyer de l’a-

HUILES

lambic et prolongé en colonne surmontée par un réservoir; ce dernier porte une soupape qui règle à une pression constante la vapeur du générateur, en donnant issue à tout excès.

De ce réservoir part aussi un tube qui porte la vapeur dans la double enveloppe de trois chaudières successives, fermées, ayant chacune le cinquième de la surface de la chaudière principale. Ces trois chaudières successives communiquent à leur partie supérieure par des tubes; elles contiennent le liquide à rectifier.

La dernière chaudière correspond à un réfrigérant de Liebig, formé par deux tubes concentriques, entre lesquels circule un courant d’eau froide.

Il résulte de cette disposition que, en même temps que l’on chauffe l'alambic pour obtenir l’huile brute, on produit une certaine quantité de vapeur à quatre atmosphères environ, c’està-dire à cent quarante-cinq degrés, qui sert à rectifier l'huile brute. En chauffant d’abord la première chaudière de rectification, on dégage les produits les plus volatils, qui vont se condenser entièrement dans les deux suivantes ; mais peu à peu celles-ci s’échauffent suffisamment pour laisser distiller la plus grande quantité de l’huile volatisée dans la première. La température des chaudières s’élève à un tel point, que la distillation marche dans toutes les trois, surtout dans la première, de sorte que la plus éloignée du point d’arrivée de la vapeur contient les produits les plus volatils, lesquels passent peu à peu dans le condensateur.

Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie.

Causes d’incomjiodité. — Mauvaise odeur des eaux d’épuration et des résidus des opérations.

Eaux chargées de matières susceptibles de se décomposer.

Prescriptions. — Isoler les ateliers construits en matériaux incombustibles.

Opérer sous le manteau de larges cheminées dans des chaudières fermées et surmontées d’un entonnoir qui conduise les vapeurs odorantes dans une cheminée haute.

Ne jamais écouler sur la voie publique les eaux de décantation.

RECTIFICATION DE l’iIUILE DE SCHISTE. 91

— Les faire parvenir par un canal souterrain à l’égout le plus voisin.

Quand on traite à froid, la première prescription n’a pas lieu d etre faite.

Isoler avec soin du fourneau toutes les matières combustibles.

Ne rien brûler des tonneaux à huile, ni de sciure de bois ayant servi à l’épuration.

Ne faire aucun dépôt d’huiles sans y être autorisé spécialement.

Avoir une pompe à incendie.

lluile rousse (Fabrique d’), extraite des cretons et débris dégraissés à liante température (1™ classe). — 14 janvier 1815.

Détail des opérations. — Ces opérations donnent toujours lieu à la production d’odeurs très-désagréables. A l’article Fabrique de Dégras, 1. 1, p. 525, ou d’huile épaisse à l’usage des tanneurs, on peut lire les inconvénients attachés à cette industrie. Ici, les matières premières varient, mais leur nature et leur emploi sont aussi incommodes. C’est par suite de la décomposition des matières grasses à une haute température, dans des chaudières en fonte ou en fer, que les odeurs détestables se répandent dans l’atmosphère. La fabrication de ces huiles n'offre rien de particulier à signaler. (Voir, au mot Suifs ( Industrie des ), l’article Cretonniers.)

Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie.

Causes d’incommodité. — Odeurs détestables pendant la fonte des matières.

Prescriptions. — Toutes celles appliquées à la fabrication des huiles de résine et à celle de térébenthine pour la ventilation et la construction des ateliers.

nulle de schiste (Fabrique d') (souvent 1” classe, et, par exception, 2*, par assimilation).

Acétification de l’huile de schiste (1'* classe, si la fabrique de rectification est considérable; 2’ si elle a peu d’impoi tance).

Détail des opérations. — Les schistes bitumineux ont été traités pour fournir par distillation sèche des carbures liquides que

HUILES

l’on peut appliquer à l’éclairage, comme ceux de la houille. On a d’abord opéré la distillation dans des cornues cylindriques et verticales en fonte. On les chargeait par le haut et on retirait les résidus par la hase ; les produits étaient condensés comme à l’ordinaire.

On a substitué à ces cornues des cônes creux emboîtés en tôle, l’intervalle qu’ils laissent entre eux permettant de chauffer l’intérieur, puis l’extérieur, de manière à faire' pénétrer la chaleur jusqu’au centre, ce qui était difficile avec les cornues. Les produits peuvent être rectifiés comme ceux de la houille, mais cette industrie prospère peu parce que ses produits sont plus chers que ceux de la houille.

On distille ainsi beaucoup d’espèces de schistes, et il faut, quand il s’agit d’accorder des autorisations, bien déterminer la nature du schiste qui sera travaillé, car il y en a qui donnent des odeurs très- désagréables. — Il y a dans l’industrie un schiste venant d’Angleterre dont les vapeurs sont si intolérables qu’il conviendra toujours d’en proscrire la distillation. Habituellement l’odeur est limitée dans un espace très-restreint; telle est celle produite par le Boghead , schiste argileux et bitumineux d’Ecosse (bitume, soixante-dix-sept, — argile, vingt-deux, — eau, un sur cent). Le schiste d’Écosse ne contient pas de goudron, mais quelques traces de matières résineuses. — Le schiste du Dorshire donne 22 pour 100 d’huile. — Celui d’Écosse cinquante-six, et quarante-sept quand il est rectifié.

La fabrication de l’huile de schiste par la distillation des schistes, quelques précautions que l'on prenne, donne toujours lieu à de très-mauvaises odeurs, et devrait toujours être placée dans la première classe.

Il n’en est pas de môme de la rectification ou de l’épuration de cette huile, quand toutefois elle n’est pratiquée que sur une petite échelle. La classification de la fabrique dépend alors des quantités d’huiles rectifiées par jour. — Dans le premier cas, on peut assimiler l’épuration d’une petite quantité à un établissement de deuxième classe. Dans le deuxième, l’accumulation d’une grande quantité de produits inflammables et l’odeur

Page 1